Tanger

Tanger, la ville


Tanger est une ville située au nord du Maroc et c’est sa principale porte sur l’Europe.
Elle est ouverte sur l’extrémité occidentale du détroit de Gibraltar, à environ 15 kilomètres des côtes espagnoles.

D’abord établie sur la colline de la kasbah, la ville s’est progressivement étendue sur les massifs la bordant à l’ouest en direction du cap Spartel (plateau du Marshan, Vieille Montagne) puis, au long de la plage, en direction du cap Malabata.

Les rivalités européennes pour le contrôle de la ville démarrent à la fin du XIXème siècle. La France, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Allemagne multiplient les missions diplomatiques et commerciales pour placer leurs pions mettant la ville au centre des rivalités internationales.

En 1923 Tanger devient zone internationale et zone franche.
Cette époque est celle du grand rayonnement international de Tanger, tant dans le domaine culturel que dans celui des affaires. En 1956 elle revient, pour de bon, sous souveraineté marocaine.

Les oeuvres-clef sur Tanger

– Paul Bowles, Le Thé au Sahara, Gallimard, 1980.
– Daniel Rondeau, Tanger, Nil, 1997.
– Thierry de Beaucé, La Chute de Tanger, Gallimard, 1984
– Bernard-Henri Lévy, Comédie, 1997

Tanger et Bernard-Henri Lévy

Comédie, le livre publié par Lévy, en 1997, est un livre dont l’action se passe à Tanger et c’est un livre qui, par ailleurs, est un portrait de Tanger.

Bernard-Henri Lévy a acquis une maison à Tanger, un ancien bordel, jouxtant le mythique Café Hafa. Il a demandé à la célèbre architecte Andrée Putman de la rénover et, de proche en proche, de la reconstruire complètement. Un film de Benoît Jacquot, diffusé sur France 5, raconte cette aventure architecturale hors-normes. Andrée Putman n’a-t-elle pas dit elle-même qu’elle considérait cette maison comme un de ses chefs d’œuvre ?

Et puis il y a, enfin, les rapports avec Paul Bowles. « Quel est votre lien avec l’écrivain Paul Bowles, lui demande Olivier Zahm en 2008 ? Est-ce la ville de Tanger ? » Et Lévy de répondre : « oui ; mais dans le sens inverse de ce qu’on pourrait croire ; ce n’est pas Tanger qui m’a fait rencontrer Bowles ; mais Bowles qui m’a fait découvrir Tanger. J’avais lu Un Thé au Sahara. Et je suis vraiment venu, la première fois, prolonger dans le réel ma lecture de ce livre admirable. A chaque coin de rue, à chaque terrasse de café, je voyais les ombres, les fantômes, parfois les personnages de chair, du roman. Et j’ai fini par aller le voir pour lui dire à peu près ceci : « j’ai voulu connaître cette ville à cause de vous ; comme souvent avec les grands artistes, j’y découvre, depuis que je suis là, l’incarnation de vos chimères ; j’ai voulu vous rencontrer pour voir à quoi pouvait bien ressembler l’auteur et de ces chimères et de cette ville ». Car, pour moi, il était l’auteur, l’inventeur, de Tanger. Et c’est avec l’auteur et inventeur de Tanger que je suis devenu ami. On s’est vus, en tout cas, jusqu’à la toute fin. »

BHL, écrivain de Tanger. BHL, héritier des Bowles, Burroughs et autres écrivains de la Beat Generation qui ont fait de Tanger une ville « littéraire ». Tanger existe, dans la littérature, par des écrivains – au premier rang desquels Bernard-Henri Lévy.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Tanger

« Il n’y a pas la mer à Tanger » (Comédie, Grasset, 1997)

« A Tanger, on discute avec des morts (Freud, Derrida et maintenant Joe McPhilips), tellement plus marrants que la plupart des vivants » (Propos recueilli par Jean-Pierre Elkabbach, au micro de Europe 1, en octobre 1997)

« Le détroit de Gibraltar est le plus grand cimetière de Marocains du monde. C’est quand j‘ai compris ça, quand j’ai compris que j’avais sous les yeux, en me réveillant, cet ossuaire marin de tous les pauvres gens qui avaient rêvé d’Europe et qui s’y étaient noyés, que j’ai moins, beaucoup moins, aimé et la ville et ma maison » (conversation, en avril 2004, avec le directeur de l’Ecole Américaine de Tanger, Joe McPhilips).


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