Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son Actualité

20 Novembre 2014 

(English) « André Glucksmann in His Voltairean Garden », by Bernard-Henri Lévy, published on the Huffington Post and the World Post.

andre-glucksmannHow many of us remember that Europe is a new and unprecedented political creation born from the triple rejection of Nazism, Communism, and colonialism?

How many continue to venerate the models of lucidity and courage, the examples of combativeness and greatness, that were the Vaclav Havels, the Sakharovs, the founders of Solidarnosc, the fiery dissidents of the Soviet Union?

And how many of us, conversely, have not rested easily since learning that the memories of Auschwitz, Kolyma, and the struggles against empires — in short, the « never again » that supposedly is the foundation of postmodernity — did not prevent the genocide of the Tutsis, or the massacre of one in four or five Chechens, or, relatively, the revival, surrounding the business in Ukraine, of sovereignism, which has been promoted to the status of nearly universally shared common sense.

I don’t want to offend anyone.

But in looking around, studying the intellectual map of an era dominated by the regretful certainties of the secure and well-established, the timorous, and the blasé, in listening to the fracas of the ersatz radicalism of those who fancy themselves rebels when all they are is angry or indignant, I encounter only a handful of the genuine article — first among them my colleague and friend André Glucksmann. ...

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19 Novembre 2014 

BLOC-NOTES : Glucksmann en son jardin voltairien

avec-andre-glucksmannCombien sommes-nous à nous souvenir que l’Europe est un objet politique nouveau, sans précédent, car né du triple refus du nazisme, du communisme et du colonialisme ? Combien à continuer de vénérer ces modèles de lucidité et de courage, ces exemples de combativité et de grandeur, que furent les Vaclav Havel, les Sakharov, les fondateurs de Solidarnosc, les dissidents de feu l’Union soviétique ? Et combien, inversement, à ne plus vivre tout à fait en repos depuis que nous savons que le souvenir d’Auschwitz, les mémoires de la Kolyma et des luttes contre les empires, bref, le « plus jamais ça » supposé fondateur de la postmodernité, n’ont empêché ni le génocide des Tutsis, ni le massacre d’un Tchétchène sur quatre ou sur cinq, ni, aujourd’hui, toutes proportions gardées, le regain, autour de l’affaire ukrainienne, d’un souverainisme promu au rang de bon sens presque universellement partagé ? Je ne veux faire injure à personne.
Mais j’ai beau chercher, scruter la carte intellectuelle d’une époque dominée par la triste science des assis, des peureux et autres revenus de tout, j’ai beau tendre l’oreille au fracas que fait la feinte radicalité de ceux qui se croient « rebelles » quand ils ne sont qu’« en colère » ou « indignés », je n’en vois qu’une poignée – au premier rang desquels mon vieux compagnon et ami André Glucksmann. ...

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17 Novembre 2014 

La dernière séance (A propos de la « dernière » de la pièce de Bernard-Henri Lévy, Hôtel Europe – article paru, ce 16 novembre, sur le site de la Règle du Jeu)

Bernard-Henri-Levy-Jacques-WeberIl y avait tout un vrac d’émotions, ce dimanche, dans le regard de ceux qui s’étaient retrouvés devant le théâtre de l’Atelier. Du bonheur à la mélancolie… De la colère à l’enthousiasme… Bien sûr, il crachinait un peu sous les peupliers de la Place Charles Dullin. Les jolies femmes s’étaient réfugiées sous l’illustre porche qui en tant vu. Les hommes bravaient l’intempérie en parlant de Husserl ou du retour de Sarko. Les clochards du quartier guettaient le nabab qui offrirait une tournée générale… Un joli dimanche pluvieux ? Mieux que ça. Un dimanche fraternel. Avec tous les parfums d’une dernière séance… ...

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17 Novembre 2014 

(English) France’s Prime Minister Knows What’s in a Name, by Bernard-Henri Lévy, published in the World Post

bhlworld postThis is not the first time that Manuel Valls has proposed changing the name of the French Socialist Party.

Truth be told, he is doing it today a bit less clearly than he did the day after the defeat of Mrs Royal in France’s 2007 presidential election. Less clearly, too, than in October of that same year, when, in a review of my book, Left in Dark Times, he urged his fellow party members to dig « deep into their history and into their name. » And less clearly than in May 2009, when he earned a scolding from those who were then the party’s pundits.

But that he has returned to the subject from the vantage point of his present position — which is, like it or not, the head of the majority — obviously gives his suggestion new weight. ...

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12 Novembre 2014 

BLOC-NOTES : Manuel Valls et le nom des socialistes

bloc notes vallsCe n’est pas la première fois que Manuel Valls lance cette idée d’un changement de nom du Parti socialiste.
Et il le fait, à tout prendre, avec moins de netteté aujourd’hui qu’au lendemain de la défaite de Ségolène Royal ; ou, en octobre de la même année, quand, rendant compte d’un certain Grand Cadavre à la renverse, il proposait à ses camarades de trancher « dans le vif de leur histoire et de leur nom » ; ou qu’en mai 2009 quand il fut tancé par la première secrétaire, Martine Aubry. ...

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10 Novembre 2014 

Bernard-Henri Lévy réagit à sa visite « mouvementée » en Tunisie sur France 24

Bernard-Henri Lévy réagit à sa visite \"mouvementée\" en Tunisie sur France 24

Photo 2 Suède (Vidéo) « BHL dégage », « Non aux intérêts sionistes en Tunisie ». C’est par ces cris et avec des pancartes et drapeaux palestiniens que des dizaines de manifestants tunisiens ont accueilli dans la nuit de vendredi à samedi de l’écrivain et philosophe français Bernard-Henri Lévy à son arrivée à l’aéroport de Tunis –Carthage. Invité de l’Entretien de la chaîne arabophone de FRANCE 24, Bernard-Henri Lévy est revenu sur ces événements.

8 Novembre 2014 

Kafka à Istanbul

erol-ozkorayCette tribune de Bernard-Henri Lévy a été écrite pour la presse turque en défense d’Erol Ozkoray, cette figure du journalisme indépendant turc, qui a été condamné, à la suite d’un procès injuste, à onze mois de prison pour avoir insulté le président Erdogan.

Erol Ozkoray est un ami et un combattant des causes justes.
En janvier 2012, nous avions, avec Charles Aznavour, Robert Guédiguian, Michel Onfray et Serge Klarsfeld, lancé ensemble un appel pour le respect du génocide arménien.
De passage à Paris, il m’a fait l’amitié de venir voir Hôtel Europe, la pièce que j’ai écrite pour dénoncer les démissions de l’Europe : hier en Bosnie ; aujourd’hui en Ukraine, en Syrie ou à Lampedusa ; en ce moment même, à Kobané.
Je venais de lancer dans Libération et d’autres journaux européens un Dernier appel pour Kobané où je fustigeais, aussi, la démission de la Turquie qui a préféré, pendant un certain temps au moins, bombarder ses citoyens kurdes chez elle que venir prêter main forte à la coalition militaire dont elle est, en principe, membre et qui combat les égorgeurs de L’Etat islamique.
Et c’est ainsi que nous en sommes venus à discuter de la situation en Turquie et de sa situation, lui, Erol, dans ce pays qui est le sien mais dont il se demande s’il ne va pas être contraint de le quitter pour venir se réfugier, ici, en France ou ailleurs en Europe et se plaçant, par exemple, sous la sauvegarde du Pen Club.
Qu’est-ce qui pousse Erol à envisager cette solution de l’exil ? ...

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7 Novembre 2014 

Abdelwahab Meddeb : pour mémoire

Abdelwahab-meddebAbdelwahab Meddeb vient de mourir à l’âge de soixante-huit ans.

Essayiste, poète, spécialiste de l’islam, esprit proche du soufisme, familier de la philosophie occidentale, Medeb étaitl’humanisme fait homme.

D’origine tunisienne, vivant en France et écrivant en français,Medeb était le cosmopolitisme et le mariage des cultures faits homme.

Tenant d’une lecture critique des versets du Coran, appelant à l’interprétation des textes, il était l’islam des Lumières fait homme.

Exégète à la croisée des religions du Livre, il était la laïcité faite homme.

Poète des confins, des sources et du mystère des langues, il était le Jasmin fait homme.

Pour toutes ces raisons, et d’autres encore qui tiennent à l’individu et à l’ami qu’il fut, Abdelwahab Meddeb était et restera le Printemps arabe fait homme.

Bernard Henri Lévy

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