Simone Veil

Simone Veil

Femme politique

Les dates-clefs de Simone Veil

13 juillet 1927 : Naissance à Nice de Simone Jacob.
1944 : Simone Jacob est arrêtée à Nice, ainsi que le reste de sa famille. Son père et son frère Jean sont déportés en Lituanie, où ils disparaissent. Sa sœur Denise, entrée en résistance à 19 ans, est déportée à Ravensbrück. Sa mère, sa sœur Madeleine et elle-même sont envoyées à Auschwitz-Birkenau, puis à Bobrek.
1945 : En janvier, « marche de la mort » des trois femmes jusqu’à Bergen-Belsen. En mars, peu avant la libération du camp de Bergen-Belsen par les Britanniques, la mère de Simone Jacob meurt du typhus. Seules survivantes de la famille, Simone, Madeleine et Denise reviennent en France en mai. Simone s’inscrit à la faculté de droit et à l’Institut d’études politiques de Paris, où elle rencontre Antoine Veil, son futur mari.
1956 : Ayant renoncé à la carrière d’avocate, bien qu’elle fût déjà licenciée en droit et diplômée de l’Institut d’études politiques de Paris, elle passe le concours de la magistrature ; et elle y est reçue. Elle s’occupera des affaires judiciaires au ministère de la Justice jusqu’en 1964. C’est ainsi que, mandatée par Edmond Michelet, garde des sceaux de 1959 à 1961, elle mènera une mission en Algérie, défendra les dossiers des femmes combattantes engagées dans la guerre de libération,  dénoncera la mise à mort par guillotine de nombreux membres du FLN condamnés tels des droit-communs et non des prisonniers politiques.
1970 : Elle devient secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature.>
1971 : Elle entre au conseil d’administration de l’ORTF.
1974 : Valéry Giscard d’Estaing étant président de la République, elle devient ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac.
1975 : Elle fait adopter par le Parlement le projet de loi sur l’interruption volontaire de grossesse, dépénalisant ainsi l’avortement. La loi entre en vigueur le 17 janvier.
1976-1979 : Elle reste ministre de la Santé dans les gouvernements de Raymond Barre.
1979-1982 : Elle est élue, le 17 juillet 1979, présidente du Parlement européen. C’est la première fois qu’une femme occupe ce poste. Elle cesse ses fonctions au début de l’année 1982.
1988 : Elle déclare, lors des législatives : « Entre un Front national et un socialiste, je voterai pour le socialiste ».
1990 : Elle s’élève contre la création de fichiers informatisés aux Renseignements généraux.
1993-1995 : Elle est ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement d’Edouard Balladur. Elle met en place le PAC (Praticien adjoint contractuel). Elle quitte le gouvernement quand Jacques Chirac devient président de la République.
1998-2007 : Elle fait partie de la haute juridiction du Conseil constitutionnel. En 2007, elle sort de son devoir de réserve pour appeler à voter « oui » au référendum sur la Constitution européenne. Elle annonce également, une fois complètement dégagée de son devoir de réserve, son intention de soutenir Nicolas Sarkozy lors de l’élection présidentielle. Elle exprime néanmoins ses réticences quand est évoquée la création d’un futur ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale.
2008 : Le 15 février, elle s’oppose avec force à l’idée de confier la mémoire d’un enfant juif victime de la Shoah à chaque élève de CM2. Le 20 novembre, elle est élue à l’Académie française au fauteuil de Pierre Messmer.
2009 : Elle est promue Grand officier de la Légion d’Honneur sans être passée par les grades inférieurs.
2010 : Elle reçoit le Prix Heinrich Heine.

Les œuvres-clefs de Simone Veil

L’Adoption, données médicales, psychologiques et sociales, en collaboration avec Clément Launay et Michel Soulié, éditions ESF, 1969
Les Hommes aussi s’en souviennentDiscours du 26 novembre 1974, suivi d’un entretien avec Annick Cojean, Stock, 2004
Une vie, autobiographie, Stock, 2007
Discours de Simone Veil lors de sa réception à l’Académie française et discours de Jean d’Ormesson pour la réception de Simone Veil à l’Académie française,  Institut de France, 2008

Simone Veil et Bernard-Henri Lévy

Il est peu de dire que Bernard-Henri Lévy ne fut jamais du même camp politique que Simone Veil (relisez, pour vous en convaincre, son bloc-notes du 19 avril 1997 : alors qu’elle a pointé le « silence des intellectuels » sur la terreur islamiste qui sévit en Algérie, il la renvoie à ses « amis du gouvernement » qui n’ont, pour répondre (à cette terreur), « pas de politique du tout ». Mais, dans le discours qu’il prononce, le 18 novembre 2007, à Paris, à l’occasion de la remise à Simone Veil du prix Scopus, Bernard-Henri Lévy évoque les cinq raisons pour lesquelles elle reste pour lui « une conscience, une sorte d’étoile fixe » : 1) parce que « c’est la Française qui, avec Claude Lanzmann, a tenu bon sur l’idée de singularité de la Shoah » ; 2) parce que « c’est l’Européenne qui, avec Primo Levi, nous a enseigné de ne pas céder sur le devoir de mémoire » ; 3) parce qu’elle nous donne « une leçon de sérénité et de paix » à la fois sur « la question des justes » et sur « la question du rapport avec les chrétiens » : elle pense, en effet, « que , face aux dangers qui menacent, face aux mauvais présages qui s’accumulent, juifs et chrétiens sont, non pas adversaires, mais alliés » ; 4) parce qu’elle croit à « une Europe dont les deux piliers doivent être la France et l’Allemagne dans la mesure, et dans la mesure seulement, où son socle sera le souvenir, le plus jamais ça, d’Auschwitz » ; 5) parce qu’enfin « elle appartient à cette tradition dont parle Levinas dans le texte de Difficile liberté consacré à Léon Brunschvicg et qui s’appelle le judaïsme français ».

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Simone Veil

« Simone Veil, (c’est) l’histoire malheureuse de l’Europe. Elle (est) sa mauvaise conscience – la victime, en même temps que l’héroïne, lumineuse et glorieuse, de l’Europe sombre. » (Mémoire vive – Questions de principe sept, p.378, bloc-notes du 21 novembre 1998)
« (Dans Une vie,) Simone Veil nous dit d’abord qu’elle n’est pas religieuse et que, petite fille, elle était déjà horrifiée par ceux qui prétendaient qu’il fallait croire en Dieu pour bien se conduire.
Et elle nous dit, ensuite, qu’elle est à la fois sans illusions et optimiste – qu’elle a, à Auschwitz, perdu ses illusions mais qu’elle n’y a perdu, pour autant, ni son goût de vivre ni celui de se battre.
Sans illusions et, pourtant, ne renonçant pas à changer le monde…
Sans illusions et, justement parce que le ciel est vide, prenant le siècle à bras le corps…
Quand elle dit cela, quand elle dit qu’elle est « à la fois sans illusions et optimiste », elle parle comme la grande sagesse biblique obsédée, non par la présence, mais par la rareté de Dieu.
Elle parle comme ces rabbins qui, justement, parce que Dieu, après avoir créé le monde, s’en est retiré et l’a abandonné, concluent qu’il n’a qu’eux, le monde, pour ne pas se décréer et ne pas tomber en poussière.
Elle est fidèle à cette tradition juive humaniste, universaliste, laïque qui fut celle, en 1925, de cette poignée d’intellectuels qui voulurent votre Université et qui en firent ce lieu de savoir et de morale. » (Pour saluer Simone Veil, discours prononcé le 18 novembre 2007, à Paris, à l’occasion de la remise à Simone Veil du prix Scopus de l’Université hébraïque de Jérusalem, repris dans Pièces d’identité, p.1198)


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