Shimon Peres

Shimon Peres

Homme d’Etat

Les dates-clefs de Shimon Peres

2 août 1923  : Naissance de Szymon Perski à Wisniew, village situé alors en Pologne, aujourd’hui en Biélorussie.
A partir de 1934  : Szymon Perski devient Shimon Peres après avoir émigré, avec sa famille, en Palestine. C’est là qu’il poursuit ses études, d’abord à l’école de Geula à Tel Aviv, ensuite à l’école agricole de Ben-Shemen. Mais c’est aux Etats-Unis, à New York et à Harvard, qu’il les achèvera.
1945  : Shimon Peres épouse Sonya Gelman.
1947  : Il est enrôlé par David Ben Gourion et Levi Eshkol dans la Haganah, organisation clandestine sioniste, créée en 1920 pour la protection des émigrés et qui a pris, depuis cette date, sous la direction de l’Agence juive, la forme d’une véritable armée. On l’y nomme responsable des ressources humaines et matérielles.
1948 : A la création de l’Etat d’Israël, il se trouve à la tête des services de la Marine nationale.
1953 : Il est nommé directeur général du ministère de la Défense.
1954 : Lors d’un séjour en France, il fait la rencontre de Maurice Bourgès-Maunoury, ministre dans le gouvernement de Pierre Mendès France. Les deux hommes s’associent pour tenter de mettre en place une coopération entre les services de renseignements israélien et français. Leur but est de parer au danger que représente alors l’Egypte pour leurs pays.
1956 : Bourgès-Maunoury devient ministre de la Défense dans le gouvernement de Guy Mollet. La coopération franco-israélienne commence vraiment là : Shimon Peres obtient pour Israël le réacteur nucléaire de Dimona ainsi que le Mirage III.
1959 : Il est élu à la Knesset sur la liste Mapaï (composante du parti travailliste menée par Itzhak Rabin).
1959-1965 : Il est vice-ministre de la Défense. Quittant le poste en 1965, il quitte aussi le Mapaï de Ben Gourion et fonde son propre groupe travailliste, le Rafi.
1968 : Le Rafi se réconcilie avec le Mapaï.
1970 : Shimon Peres est nommé ministre de l’Immigration, des Transports et des Communications.
1974 : Le Likoud et le parti travailliste signent un accord, qui perdurera jusqu’en 1990, de gouvernement d’alternance sous Menachem Begin et Itzhak Shamir. Shimon Peres devient ainsi ministre de la défense dans le gouvernement de Itzhak Rabin.
1977  : Suite à la démission d’Itzhak Rabin, Shimon Peres est, pendant trois mois, Premier ministre par intérim.
1984  : Il prend la tête de l’opposition travailliste.
1984-1986 : Il est à nouveau Premier ministre.
1986-1988 : Il est vice-Premier ministre du gouvernement d’union nationale et ministre des Affaires étrangères.
1990-1992 : Il est ministre des Finances dans un nouveau cabinet de coalition. Redevenu ministre des Affaires étrangères, il entame des négociations secrètes avec l’OLP.
1993  : Il est le rédacteur, avec Mahmoud Abbas, des premiers accords d’Oslo, qui prévoient une autonomie progressive et partielle des territoires occupés et aboutissent à la poignée de mains historique entre Itzhak Rabin et Yasser Arafat.
1994 : Shimon Peres échappe de peu à l’attentat qui coûte la vie à Itzhak Rabin. Il redevient Premier ministre. Le prix Nobel de la Paix est attribué conjointement, cette année-là, à titre posthume à Itzhak Rabin, et à Yasser Arafat et Shimon Peres.
1995 : Itzhak Rabin et Yasser Arafat signent, à la Maison Blanche, les seconds accords d’Oslo, qui précisent l’autonomie des Palestiniens en Cisjordanie.
1996 : Shimon Peres est battu, lors des élections au suffrage universel qui doivent désormais désigner le Premier ministre, par le candidat du Likoud, Benyamin Netanyahou.
1997 : Convaincu que les accords d’Oslo ont ouvert le chemin de la paix, il fonde, pour préparer cette paix future, le Centre Peres.
1999 : Il est nommé ministre de la Coopération régionale par le nouveau Premier ministre, Ehud Barak.
2000 : Battu par Moshe Katsav à l’élection présidentielle, il accepte d’entrer dans le gouvernement d’Ariel Sharon comme vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères. Il qualifie de «tragédie » l’assassinat de Salah Shehadeh du Hamas, mais reste sur la position officielle, parle de « territoires disputés », non « occupés », par Israël et n’envisage pas un retrait total d’Israël hors de ces territoires.
2005 : Il est battu à l’élection interne du parti travailliste et laisse la place à Amir Peretz.
2006 : Il devient le dirigeant, avec Ehud Olmert, du parti centriste Kadima et démissionne de son poste de député travailliste. Il collabore au gouvernement de coalition qu’Ehud Olmert forme avec les travaillistes.
2007 à Novembre 2012 : Il est le neuvième président de l’Etat d’Israël.

Les œuvres-clefs de Shimon Peres

Nous n’avons retenu ici que les principales traductions françaises.
David et sa fronde – L’Armement d’Israël, Stock, 1971
Le temps de la paix, Odile Jacob, 1993
Conversations, avec Robert Littel, Denoël, 1997
Le Voyage imaginaire Avec Theodor Hetzl en Israël, Editions 1, 1998
Que le soleil se lève, Odile Jacob, 1999
La Force de vaincre, entretiens avec Joëlle Jonathan, Editions Bayard-Centurion, 2001
L’Héritage des Sept, Stock, 2001
Un temps pour la guerre, un temps pour la paix, Robert Laffont, 2003
Soixante ans de conflit israélo-arabe – Témoignages pour l’histoire : Boutros Boutros-Ghali et Shimon Peres, Editions Complexe, 2006
Un chemin vers la paix, Timée, 2007
Pensées et poèmes, Dès, 2008
Mon double rêve – La Double hélice, Baker Street, 2010

Shimon Peres et Bernard-Henri Lévy

Shimon Peres incarne, aux yeux de Bernard-Henri Lévy, la vertu de ces pionniers qui contribuèrent à construire, puis à défendre et à consolider l’Etat d’Israël, des premières luttes sionistes de La Haganah aux combats des partis travaillistes, ou centristes, qu’il dirigea, voire même aux combats de ses ennemis israéliens de tous bords, contre lesquels il se battit, mais auxquels parfois il se rallia, par sagesse politique.  Peut-être ne faudrait-il pas parler ici d’une « vertu », mais d’une « double vertu », d’une « vertu à deux branches »,  d’une vertu, en somme, de « prince-abbé », une vertu qui permet de faire et d’assumer, sans les aimer pour cela, des guerres de ripostes, tout en ouvrant largement à tous les hommes de bonne volonté, qu’ils soient  d’un côté ou de l’autre de la barricade, ce que lui-même, Peres, tel le Don Quichotte qu’il fut et qu’il est encore en son âge avancé, a défini comme « des chemins de parole et de dialogue ».

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Shimon Peres

« Je ne voulais pas achever ce voyage ( Il s’agit d’un voyage au Liban et en Israël pendant la guerre contre le Hezbollah, NDLR) sans aller, comme chaque fois, mais cette fois plus que jamais, rendre visite à Shimon Peres. C’’est Daniel Saada, cet ami d’autrefois, membre fondateur de SOS-Racisme, installé en Israël et devenu, également, son ami, qui m’a conduit jusqu’à lui. « Shimon », comme tout le monde l’appelle ici, a 84 ans. Mais il n’a rien perdu de sa prestance. Ni de son allure magnifique de prince-abbé du sionisme. Il a toujours le même visage, tout en front et en lèvres, qui souligne l’autorité mélodieuse de sa voix. Et j’ai même l’impression, par instants, qu’il s’est incorporé, en prime, une légère amertume dans le sourire, un éclair dans le regard, une façon de se tenir et, parfois, de timbrer les mots, qui n’était pas à lui mais à son vieux rival Itzhak Rabin… « Tout le problème, commence-t-il, c’est la faillite de ce que l’un de vos grands écrivains appelait la stratégie d’état-major. Personne, aujourd’hui, ne contrôle personne. Personne n’a le pouvoir d’arrêter ni de maîtriser personne. En sorte que nous n’avons, nous, Israël, jamais eu tant d’amis, mais que jamais, dans notre histoire, ils n’ont autant servi à rien. Sauf… » Il prie sa fille, une dame d’un certain âge qui assiste à l’entretien, d’aller, dans le bureau voisin, chercher deux lettres d’Abou Mazen et Bill Clinton. «  Oui, sauf que vous les avez, eux. Les hommes de bonne volonté. Mes amis. Les amis des Lumières et de la paix. Ceux que ni le terrorisme, ni le nihilisme, ni le défaitisme, ne feront jamais renoncer. Nous avons un projet, vous savez… Toujours le même projet de prospérité, de développement partagé, qui finira par triompher… Ecoutez… » Shimon a fait un rêve. Shimon est un jeune homme de 84 ans dont l’invincible songe dure, en effet, depuis trente ans, et que la présente impasse, loin de décourager, semble mystérieusement stimuler. Je l’écoute donc. J’écoute ce sage d’Israël m’expliquer qu’il faut simultanément « gagner cette guerre », disqualifier ce « quartet du mal » que constituent l’Iran, la Syrie, le Hamas, le Hezbollah et frayer des « chemins de parole et de dialogue » qui finiront bien, un jour, par mener le Proche-Orient quelque part. Et le fait est qu’en l’écoutant, en réentendant ces prophéties déjà anciennes mais qui, aujourd’hui, je ne sais pourquoi, me semblent affectées d’un coefficient nouveau d’évidence et de force, je me prends à imaginer, moi aussi, la gloire d’un Etat hébreu qui oserait, dans le même temps, presque le même geste, dire et surtout faire les deux choses : aux uns, hélas, la guerre ; aux autres, une déclaration de paix qui ne laisserait soudain plus le choix. » ( article paru dans Le Monde en juillet 2006)


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