Salman Rushdie

Salman Rushdie


Salman Rushdie : à cause de la fatwa lancée contre lui, en 1989, par l’ayatollah Khomeiny, un symbole de la liberté d’écrire bafouée. Mais aussi – et on l’oublie trop – un des plus grands écrivains vivants.

Les dates clef de Salman Rushdie

1947 : naissance de Salman Rushdie à Bombay.
1961 : Salman Rushdie quitte son pays à l’âge de quatorze ans pour vivre au Royaume-Uni.
1989 : après la publication des Versets sataniques, la fatwa fait basculer la vie de Salman Rushdie dans la clandestinité et la proscription.
1998 : le gouvernement iranien dit qu’il n’essaiera plus de faire appliquer la fatwa, mais que la loi islamique interdit de l’annuler.
2007 : Salman Rushdie reçoit le titre de chevalier par la reine d’Angleterre.

Les oeuvres-clef de Salman Rushdie

Les Enfants de minuit, Stock, 1983.
Les Versets sataniques, Bourgois, 1989
Patries imaginaires, Bourgois, 1993
Le Dernier Soupir du Maure, Plon, 1995
Le Sourire du Jaguar, Plon, 1997
La Terre sous ses pieds, Plon, 1999
Furie, Plon, 2001
Haroun et la mer des Histoires, Plon, 2004
Shalimar le clown, Plon, 2005
L’Enchanteresse de Florence, Plon, 2008

Salman Rushdie et Bernard-Henri Lévy

Bernard-Henri Lévy a été l’un des tout premiers, dès février 1989, avec Jacques Derrida, Christian Bourgois et quelques autres, à se porter au secours de l’écrivain persécuté. Le combat pour Salman Rushdie, pour les droits du roman, pour la liberté d’expression et de création, est un des grands combats de sa vie. En témoigne, entre autres, le petit volume des Questions de principe VI, publié en 1999 et sous-titré Avec Salman Rushdie, qui reprend toutes ses interventions, sur le sujet, depuis 1989. A noter, dans ce volume, le récit de leur première rencontre, en octobre 1992, à Helsinki, sous l’égide de leur ami commun le Suédois Gabi Gleichman : Bernard-Henri Lévy devait prendre la parole dans le cadre de l’Assemblée annuelle du Conseil Nordique et il cède son temps de parole à Salman Rushdie qui fait, ainsi, sa toute première apparition publique après la fatwah. A noter, aussi, le grand reportage publié par Le Monde en 1998 et où B.H.L. raconte un Salman Rushdie « en liberté ». Le défi était le suivant : alors que toutes les interviews, depuis dix ans, de l’auteur des Versets Sataniques se passaient sous haute surveillance, alors que Rushdie n’était visible qu’entouré de « gorilles » de Scotland Yard, Lévy l’invite à passer une journée « normale », l’accompagne dans cette journée normale, la raconte heure par heure, raconte une flânerie dans Londres, une visite d’exposition à la « Portrait Gallery », un déjeuner au restaurant – et fait, de ce récit, un bras d’honneur aux terroristes. Le reportage a un grand retentissement dans l’ensemble de la presse européenne. Et ce fut, de l’aveu même de l’intéressé, comme un ballon d’oxygène dans sa vie de proscrit. A noter, encore, que c’est Lévy qui, en 1993, organise la première visite de Rushdie à Paris, assure, grâce et avec François Pinault une partie de sa protection, lui fait rencontrer ses confrères français ainsi que des représentants de la presse française et internationale. Et ce, malgré l’opposition sourde, et parfois résolue, d’une grande partie de l’appareil d’Etat craignant des « rétorsions » de la part des islamistes. Bref, B.H.L. s’est dépensé sans compter pour celui qui, entre temps, est devenu un ami. Aujourd’hui, quand Bernard-Henri Lévy est à New-York, Salman Rushdie est l’un de ses familiers. C’est ensemble par exemple que les deux hommes, Salman Rushdie et Bernard-Henri Lévy, ont vécu la nuit électorale de la victoire de Barack Obama.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Salman Rushdie

Au Prince Charles qui, lors d’un déjeuner à l’ambassade britannique à Paris, s’était plaint de ce que la protection de Salman Rushdie « coûte cher », Bernard-Henri Lévy répond : « et la famille royale d’Angleterre, combien est-ce qu’elle coûte à votre pays ? » (Mars 1991)
Défendre Rushdie c’est défendre la statue, la mémoire, l’héritage de Voltaire. (Propos recueillis par Jean Birnbaum, Le Monde, 15 février 2008).
« L’affaire Rushdie sonne le glas du monde ancien. Elle marque l’apparition de cette nouvelle variante du fascisme qu’est le fascislamisme. » (Le Point, 12 février 2009).
« C’est l’année où il serait bon que Salman Rushdie ait le Prix Nobel de Littérature» (Le Point, 10 janvier 2003).

Citations de Salman Rushdie sur Bernard-Henri Lévy

« L’un de mes premiers soutiens ; et, peut-être, le plus constant » (Octobre 1992, Helsinki, allocution au Conseil Nordique).
« Bernard-Henri Lévy a écrit un livre sur la pureté ; j’ai soutenu la même chose toute ma vie » (avril 1995, Nouvel Observateur, propos recueillis par Elizabeth Schemla)
« Il y a quelques semaines, dans une salle de projection mal chauffée à Paris, j’ai vu une copie de travail du film d’un bon ami, le premier qu’il réalisait. Il y a toujours une sorte de tension quand on découvre l’œuvre d’un ami. J’ai donc été soulagé et heureux de me rendre compte que je trouvais facilement d’excellentes choses dans ce film. […] Mon ami c’est, bien sûr, Bernard-Henri Lévy et le film Le Jour et la nuit. » (Le Journal du dimanche, 23 février 1997).


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