Rikers Island, la prison de DSK (extrait de American Vertigo, de Bernard-Henri Lévy – Eds Grasset)

rikers island 2A l’été 2004, parcourant les Etats-Unis sur les traces d’Alexis de Tocqueville – voyage dont il tirera son best-seller, American Vertigo – Bernard-Henri Lévy eut la triste chance de pouvoir pénétrer à Rikers Island, la prison de l’Etat de New York où se trouve aujourd’hui détenu Dominique Strauss Kahn. La description est saisissante. Avec l’autorisation de Bernard-Henri Lévy et avec celle des Editions Grasset, nous la reproduisons ici. C’est à notre connaissance l’une des très rares peintures, de l’intérieur, de ce qui est devenu, depuis 48 heures, le séjour de l’ancien directeur du FMI.

Laurence Roblin

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Le texte :

[…] Rendez-vous avec Mark J. Cranston, du New York City Correction Department, ce mardi matin, 5 heures, dans le Queens, à l’entrée d’un pont qui, ne menant officiellement nulle part, n’a, lui non plus, pas vraiment de nom. Paysage de lagunes désolées dans la lumière brouillée du matin. Barbelés électrifiés. Hauts murs. Un check point, comme à l’orée d’une zone de guerre, où se croisent les matons, presque tous noirs, qui viennent prendre leur service et, en sens inverse, entassés dans des bus grillagés qui ressemblent à des autocars scolaires, les prisonniers, majoritairement noirs aussi, ou hispaniques, que l’on va conduire, fers aux pieds, vers les tribunaux du Bronx et du Queens. Un badge de sécurité avec ma photo. Fouille. De l’autre côté de l’East River, dans la brume, un bateau blanc, genre vaisseau fantôme, où l’on enferme, faute de place, les criminels les moins dangereux. Et, très vite, collés, finalement, à New York (l’aéroport La Guardia est si proche qu’il y a des moments, quand le vent souffle dans le mauvais sens, où le bruit des avions oblige à hausser le ton ou même interrompre les conversations) les dix bâtiments de briques rouges qui composent cette forteresse, cette enclave coupée de tout, cette anti-île d’Utopie, cette réserve.

La salle commune, gris sale, où l’on rassemble, assis sur de vagues bancs, les prévenus de la nuit. Une cellule plus petite, la 14, où l’on a isolé deux prisonniers (blancs – est-ce un hasard ?). Un dortoir plus soigné, aux draps nets, où un écriteau indique, comme dans les bars de Manhattan, que la zone est « smoke free ». Un homme, étrangement hagard, qui, me prenant pour un « health inspector », se précipite pour se plaindre des moustiques. Et, avant d’arriver au quartier de détention proprement dit, avant l’enfilade des cellules, toutes identiques, semblables à de minuscules box de chevaux, un labyrinthe de couloirs coupés de grilles et ouverts sur une série de « lieux de vie » que l’on me montre avec grande insistance : une chapelle ; une mosquée ; un stade de volley-ball d’où monte un chant d’oiseaux lointain ; une bibliothèque où chacun peut, me dit-on, venir consulter des manuels de droit ; une autre pièce, enfin, où l’on a ouvert trois boîtes aux lettres marquées « grievance », « legal laid » et « social services »… A première vue, l’on croirait un hôpital vétuste mais à l’hygiénisme obsessionnel : l’énorme matonne, au ceinturon bardé de clefs, qui me guide à travers ce dédale, ne m’explique-t-elle pas que la première chose à faire, quand on accueille un délinquant, est de le passer sous la douche pour le désinfecter ? ne me dira-t-elle pas, plus tard, de sa bonne grosse voix de surveillante qui finit par les aimer, à force, ses délinquants qui la hèlent au passage, l’insultent parce qu’on les a privés de parloir ou de cantine, simulent un bruit de pétard qui ne la fait pas ciller, l’arrêtent parfois pour lui confier leur envie de vivre ou de mourir, que la seconde urgence est de les scanner psychologiquement pour identifier les tempéraments suicidaires ? C’est quand on y regarde de plus près que les choses se compliquent…

Cet homme aux pieds entravés. Cet autre, menottes aux poignets, plus gants sur les menottes, depuis qu’il s’est, la semaine dernière, caché huit lames de rasoir dans le cul avant de se jeter sur un maton pour l’égorger. Ces regards de bêtes fauve, difficiles à soutenir. Ces détenus pour lesquels il a fallu inventer un système de passe-plats sécurisé car ils profitaient du moment où on leur glissait leur pitance pour mordre au sang la main du gardien. Le petit hispanique, main sur l’oreille, pissant le sang, vociférant, que l’on conduit à l’infirmerie sous les huées de ses codétenus blacks – le « Rikers cut », m’explique la matonne, l’entaille rituelle faite à l’oreille des bizuths par les caïds des Latin Kings et des Bloods, les gangs qui tiennent la prison. Les hurlements, les « fuck you », les coups de poings enragés contre les portes métalliques, dans le Quartier Haute Sécurité. Plus loin, au bout du Quartier, dans l’une des trois « cellules douches », ouvertes sur la coursive, le spectacle de ce colosse barbu et nu en train de se branler en face d’une autre matonne, impassible, à qui il hurle d’une voix de dément : « viens me chercher, salope ! viens ! ». Et puis le cri d’effroi qui échappe à mon guide lorsque, après deux heures de visite, mort de soif, j’approche mes lèvres d’un robinet, dans le couloir : « non ! pas là ! ne buvez surtout pas là ! »… Voyant ma surprise, elle se ressaisit. S’excuse. Bredouille que non, ça va, c’est juste le robinet des détenus, j’aurais pu y boire finalement, pas de problème. Mais le réflexe est là, qui en dit long sur l’état sanitaire de la prison. Rikers Island est une « jail », pas une « prison ». Elle accueille, soit des prévenus en attente de jugement, soit des condamnés à des peines inférieures à un an. Que serait-ce si c’était un vrai pénitencier ? Comment les traiterait-on s’il s’agissait de criminels endurcis ?

Au retour, reprenant, avec Mark J. Cranston, le pont qui me ramène dans le monde normal et constatant ce dont je ne m’étais pas avisé en arrivant, à savoir que, de là où je me trouve et donc, très probablement, depuis le terrain de volley, l’espace de promenade, voire certaines cellules, on voit, comme si on le touchait, le skyline de Manhattan, je ne peux esquiver cette dernière question : île ou ville ? au bout du monde, ou en son cœur ? et l’impression d’avoir frôlé l’enfer vient-elle de ce que Rikers est coupée ou, au contraire, proche de tout ? Et puis cette autre encore, connexe, qui me vient quand Cranston, soucieux de l’impression que m’a laissée sa « Maison » et désireux de ne rien laisser ignorer de sa contribution à la civilisation américaine, m’explique qu’il y a progrès car l’île était, autrefois, la grande décharge de New York où se déversaient toutes ses ordures : prison ou dépotoir, alors ? sens de cette substitution, sur le même lieu, des laissés pour compte de la société à ses déchets ? et comment l’idée n’effleurerait-elle pas que l’on transforme, ce faisant, les humains eux-mêmes en nouveaux rebuts ? Premières impressions du système. Première information.

Extrait d’American Vertigo, par Bernard-Henri Lévy, Editions Grasset, 2006






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10 commentaires

  • Filiu dit :

    Merci Monsieur !

    BHL, seul défenseur de DSK ? je ne voulais pas y croire, et pourtant…
    Voir tous les bien pensants, de droite et surtout de Gauche qui y vont tous de leur « sous réserve que les faits ne soient pas avérés », me font honte !

    Tout d’abord, Mesdames et Messieurs les « journalistes », si vous aviez fait votre trravail comme il se doit dans le respect de la présemption d’innocence, qui, visiblement à vos yeux n’est qu’une formule convenue, d’avantage destinée à protéger vos culs confortablement installés, je dis ceci.

    Vous vous devez d’entendre les voix de ceux qui connaissent réellment l’homme.
    Vous vous devez d’analyser les seules dclarations publiée à ce jour de la part de l’accusation. A savoir que cette femme de chambre (exemplaire selon le groupe Accord) à raconté dans le détail.
    Pour un habitué comme moi depuis des années de cet hôtel, et ayant séjourné dans toutes les suite mises à disposition de ses clients, je vous demande humblement de jeter un coup d’oeil rapide sur les photos de l’hôtel disponibles sur le site officiel du groupe accord et de répondre ensuite à quelques questions.

    1/ Comment est-il possible qu’une femme de chambre ne sache pas que la suite de DSK ne soit pas occupée, alors même que pour que l’électricité fonctionne, elle doit introduire un carte magnétique qui fait également office de clé pour que l’électricité fonctionne ? La place étant naturellement prise par celle de l’occupant., qiu, jusqu’à preuve du contraire et compte tenu de la somme réclamée dans ce but, est encore chez lui. Ce qui lui donne aussi le droit de se promener dans cet espace dans la tenue qui lui chante…

    2/ Pour ceux qui connaissent cet hôtel et de nombreux autre, la sécurité incendie donne des règles strictes de sécurité en cas d’évavuation précipitée. L(une d’entre elles, en vigueur depuis très longtemps dans cet hôtel, consiste à pouvoir fermer la porte de l’intérieur pur éviter les intrusions extérieures non désirées, mais en aucun cas, n’offre la posibilité de fermer à clé la chambre de l’intérieur, celle-ci s’ouvrant automatiquerment par simple pression sur la poignée.

    3/ Comment fermer les portes coulissantes de la chambre à coucher qui sont coulissantes et ne comportent pas de verrou ?

    4/ Pourquoi aller se réfugier dans la salle de bains, qui se trouve à l’opposé de la sortie et quand bien même, pour, à ce moment là, ne pas avoir fermé le loqué qui lui existe à cet endroit et permet grâce à un téléphone de secours situé dans cette pièce d’appeler les secours ?

    5/ Pourquoi, dans l’hôtel le mieux surveillé du monde eus égards aux nombreux risques terroristes à cet endroit de Manhattan, la police n’est-elle pas i,tervenue immédiatement lorsque DSK faisiait, selon les dires d’un témoin sur place son check out dans la plus grande sérénité ,? Pour info, j’ai assisté il y a moins d’un an dans le même hôtel à la venue d’une impressionnante force de police dans la minute qui a suivi une simple dispute conjugale ! Au lieu de ça, il aura fallu attendre plusieurs heures pour trouver DSK qui avait programmé ce vol de longue date, et s’en servir lamentablement pour faire valoir sa tentative de fuite et l’incarcérer pour cette raison sur l’îlr du diable ?

    Je m’élève contre cette parodie de justice qui ne fait honneur, ni à l’Amérique, ni à nos dirigeants qui ont peur de salir leur petite réputation…

    Pauvre système, pauvre France et encore Merci à MR. Bernard Henri Lévy que je serais fier à tout instant d’accompagner dans sa lutte contre la connerie humaine et professionnelle…

    Bien à vous les gens vrais. Battons nous tous ensemble et rêvons d’un jour meilleur…

  • Patricia dit :

    Cette description fait froid dans le dos !

  • Sabine Attias dit :

    Ce que je ne savais pas du monde qui nous entoure (en écho à l’édito de BHL)

    Mercredi après midi.
    Je ne sais toujours pas, moi non plus ce qui s’est réellement passé, Samedi (on dirait que ca fait une éternité) dans cet hôtel de New York.
    Ce que je sais c’est qu’il pleuvait à tout rompre à New York et qu’ici, à Jérusalem, l’implacable soleil nous éblouissait et nous écrasait de par sa puissance moyen orientale.
    Samedi encore, je croyais en l’Homme, en la Justice, même américaine, je croyais à la liberté d’expression, à la liberté d’aller mais aussi de venir, de dire ou de se taire.
    Issue d’une société libre, heureuse, vivante, mouvante, aimante, passionnante je pensais, encore Samedi matin, que dans ces sociétés la, dites occidentalisées, on ne condamnait pas un homme avant de l’avoir jugé, avant de l’avoir laissé s’exprimer, respirer. La présomption d’innocence, est ce une expression obsolète, ringarde, dépassée, rococo, bonne uniquement pour les idéalistes, les rêveurs ?
    On nous aurait prévenu si ca avait été le cas. On nous aurait dit que désormais, les règles ont changé, qu’en une nuit on peut basculer d’un monde de terriens à un monde abyssal, absurde, surréaliste, qu’en une nuit on puisse chavirer dans la quatrième dimension. On nous l’aurait précisé qu’il était si facile de se jeter, affamé de scandale et d’émotions fortes, sur un homme que rien ne condamne, à priori. On nous aurait mis au courant que c’est le dernier qui a parlé, qui a scandé, qui a vociféré qui a raison.
    Personne ne sait aujourd’hui, à cet instant même, ce qui s’est passé ou d’un autre point de vue, de ce qui ne s’est pas passé.
    Alors pourquoi ce malaise, ce dégout, cette profonde tristesse, cette révolte dans le cœur de celles et ceux qui attendent et qui, silencieusement (encore un mot en voie de disparition) espère que ce mauvais rêve va cesser.
    J’en ai lu, j’en ai entendu plus que de raison. Je me laisse le droit et le devoir d’attendre. Je me laisse le droit, et le devoir de penser à cet homme, victime des fantasmes et des délires egocentriques des uns et des autres, esseulé, et retiré d’un monde qui pense, propulsé dans un monde qui juge.
    C’est cruel. C’est infâme. C’est misérable.
    J’ai honte. J’ai mal. Je n’y crois plus, plus comme avant. Certains perdent leur jeunesse, d’autres leur virginité, d’autres encore leurs rêves, leur fortune ou leur liberté, je perds, moi, cette incorrigible optimisme, cette inexplicable confiance, cette débonnaire lueur.
    Ce que je sais, c’est que dépourvue du talent narratif de BHL et a défaut de le rejoindre dans son niveau de langage et dans son éloquence, je le rejoins dans son indignation, dans sa révolte, dans sa stupeur, cette fois la en tout cas.
    Sabine Attias

  • ma dit :

    cette description est bien sûr une plongée dans ce qu’il y a de + inhumain dans des sociétés telles que les nôtres, de tte manière nous plongeons dans le domaine de l’absurde avec cette affaire. Nous voulons tous que ça soit un mauvais cauchemar et que celui-ci disparaisse rapidement ; je trouve indigne de traiter mr DSK comme un des pires délinquants, c’est injuste et celui-ci est jusqu’à nous jours se dit innocent ;
    et si cette jeune femme – qui d’après tt ce dont a été écrit, est effectivement qq1 de très sérieux, une véritable combattante tt au long de son existence face aux difficultés de la vie – représentait un nouveau mouvement de combat contre la pauvreté et la misère dans afrique, l’afrique musulmane ( où la corruption, la misère, le sida sont en train de détruire tt un continent sous le silence des communautés internationales ) , et si elle était une nouvelle figure de combat contre tt ce dont ces pays ont attendu du FMI comme soutien et ne l’ont pas obtenu ? et si elle s’est pris á DSK – symbole de l’organisation FMI – et aussi symbole d’1 pays qui a été colonisé par les français et dont la trace linguistique en est la marque de la soumission à cette colonisation d’autrefois ? et si cet acte de mise en accusation d’ 1 homme qui se dit innocent devenait une nouvelle forme de terrorisme se dirigeant directement aux hommes de pouvoir de décisif en relation aux inégalités économiques dans le monde, épargnant aux civils un bain de sang avec un attentat ? je n’arrive pas á croire q cette jeune femme Ophélia, ne savait pas qui était DSK.
    tout cela ce ne sont q des suppositions, des questions á l’incursion de l’absurde qui envahit nous vies avec cette affaire là

  • Alex Cramer dit :

    I heard your defense of Strauss-Kahn on CNN in which you claim that you know him so well that he would never sexually assault a woman. what about his aggressive sexual behaviour on the French journalist? Or his affair with a woman at the IMF> of course it was consensual. what sort of promotion did he dangle to her so it would be consensual? and the hotel maid. perhaps at the end of the trial the evidence will show that it was consensual . what kind of married man has a consensual liason with a hotel maid? How did his wife and daughter feel when they learned about this.

  • strentz dit :

    Je vous remercie de prendre votre voix pour NOUS indigner devant cette avalanche de petits Messieurs
    Ils n’ont pour seul créativité leurs nombrils et le gout d’un jugement pour cacher leurs faiblesses
    Merci

  • bouallagui dit :

    je ne vois pas pourquoi on devrais croire cette femme de chambre et ne pas croire dsk je ne vois pas pourquoi la majorité de américains crois cette femme et qu il critique les gens qui crois dsk pour ma part je ne pourrais jamais croire cette femme et je crois qu aujourd’hui en Amérique on déteste les français et surtout les français aisées car il y a des moment je me demande si mon cerveau ne marche pas comme celui des américains . jusque a présent c la parole dsk contre celle de la femme de chambre il n y a pas photos il est impossible qu un homme comme celui la puisse a 62 ans se mettre a violer et en plus une femme de chambre peut séduisante histoire a dormir debout en tous les cas Anne Sinclair a montre au américains qu elle n avais aucun doute sur cette affaire .meme si la justice le condamne je ni croirais jamais

  • marie dit :

    Bravo Mr LEVY de défendre votre ami! je suis avec vs!

  • Daniel Borja dit :

    Il me semblait qu’il était possible ici, initialement, de lire en lien une courte vidéo sur cette prison, extraite du film « American Vertigo ». Dommage, je ne retrouve plus ce document pourtant édifiant. Bravo en tout cas pour votre blog.

  • Grass Nicole dit :

    Plus je lis ce qui ce raconte dans les journaux à la télé j’ai envie de vomir de voir une tel haine ,un tel déchainement médiatique , la mise a mort public d’un homme ne suffit pas il faut continué à humilié sa famille ces proches et amis, j’éprouve un tel dégout devant cette Amérique qui était si grande et qui devient si petite à mes yeux,de l’Amérique je ne veux meme plus en entendre parlé quand à y mettre les pieds , j’espère ne jamais devoir y allé
    Parce qu’il est Français il a droit à un traitement abominable, ce qu’il lui font , par lui , il le font aussi aux français, je me sent blèssé sali en tant que française, merci aux journalistes , aux politiques et j’en passe de nous faire vivre un enfer a travers cette homme , cette homme est toujous innnocent jusqu’à preuve du contraire n’en déplaise à ces rapasse

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