Pourquoi je défends Polanski (Le Point, le 15 octobre 2009)

Pourquoi je défends Polanski

Abuser d’une fille de 13 ans est, évidemment, un crime grave.

Et être un artiste de génie n’a jamais constitué, pour quelque crime que ce soit, une circonstance atténuante.

Cela étant dit, et vu le vent de folie qui est en train de souffler sur les esprits, il convient aussi de rappeler les évidences suivantes.

1. L’illegal sexual intercourse – en français, détournement de mineure – dont Roman Polanski s’est reconnu coupable il y a trente-deux ans n’est pas, pour autant, le crime de sang, voire le crime contre l’humanité, que dénoncent, depuis dix jours, les vengeurs lâchés à ses trousses. C’est un crime, oui. Mais il y a des degrés dans l’échelle du crime. Et vouloir tout mélanger, essayer de nous faire croire qu’un viol serait un crime de même nature que celui, par exemple, dont fut victime Sharon Tate, sa femme, éventrée quelques années plus tôt alors qu’elle était enceinte de huit mois, prendre le risque, autrement dit, car c’est bien de cela qu’il s’agit, de voir Roman Polanski rejoindre Charles Manson dans le pénitencier dont celui-ci aura, au même instant, dès le 1er janvier 2010, la possibilité légale de demander à sortir, c’est une insulte au bon sens, une atteinte à la raison, la porte ouverte à toutes les confusions.

2. Cette affaire est d’autant plus insensée que la principale intéressée a choisi de pardonner, de tourner la page et, si possible, d’oublier. « Laissez-moi tranquille ! supplie-t-elle chaque fois que la Justice Spectacle, ou le Spectacle tout court, reviennent braquer leurs projecteurs sur ce pan de son passé, laissez-moi tranquille et oubliez, par la même occasion, cet homme dont je considère, moi, sa victime, qu’il a suffisamment payé ! ». Mais non. On a là des défenseurs des droits des victimes qui savent mieux que la victime ce qu’elle veut et ce qu’elle ressent. On est là face à des gens qui lui passeraient bien sur le corps, à la victime, plutôt que de lâcher leur proie et de renoncer à la délicate ivresse de punir. C’est honteux.
3. Quand la victime se désiste, n’appartient-il pas à la société, c’est-à-dire au juge, de poursuivre ? Oui, sans doute. D’un point de vue judiciaire strict, c’est en effet le droit de la société. Mais ce ne sera ni la première ni la dernière fois que le point de vue judiciaire strict manquera et aux exigences de la compassion et à celles de l’intelligence. Et de même que je ne me suis jamais privé de pointer, dans le Droit de cette Amérique que j’aime, des usages ou des peines qui, comme dans tous les systèmes de Droit, font entorse à la pure idée démocratique, de même il n’y a aucune raison de ne pas le dire : arrêter aujourd’hui un homme dont on a conclu, jadis, au terme de quarante-deux jours de prison, qu’il n’était pas un pédophile, le traquer comme un terroriste, l’extrader comme un ancien nazi, est peut-être conforme à la loi, mais certainement pas à la justice.

4. Serait-ce, comme on l’entend partout, que sa célébrité « sanctuarise » M. Polanski ? Non, bien entendu. J’ai passé mon existence à tenter de tirer de l’oubli des vies minuscules, des victimes sans visage et sans nom – et je tiendrais donc le même discours, exactement le même, si M. Polanski n’était pas M. Polanski. Sauf que… Je n’aurais pas à le tenir, justement. Car il n’aurait pas été arrêté. Son dossier serait enterré depuis des années. Et il ne se serait pas trouvé de magistrat pour, à la veille d’une élection (car les magistrats californiens sont des élus du peuple, comme les maires et les shérifs), décider cette arrestation médiatisée. La célébrité ne protège pas Roman Polanski, elle le dessert. Loin que Roman Polanski se cache derrière son nom, c’est lui, son nom, qui le désigne. Et s’il y a bien un « deux poids deux mesures » dans cette affaire, c’est celui qui fait de lui, Polanski, non pas un justiciable ordinaire, mais un symbole – et qui, de son éventuelle comparution, ferait un « grand bazar » politico-cathodique davantage qu’un procès équitable.

5. Car le fond de l’affaire est bien dans le parfum de justice populaire qui flotte autour de tout cela et transforme les commentateurs, les blogueurs, les citoyens, en autant de juges assermentés au grand tribunal de l’Opinion – les uns pesant le crime ; les autres le châtiment ; on a même vu l’un de ces vertueux, apparemment expert en castration chimique, proposer, pour ce nouveau Dutroux (sic), un traitement définitif… Etranges enragés qui ne trouvent rien à redire quand c’est un vrai puissant qui, sous nos yeux, se conduit en prédateur de mineures (ah, les « frasques » de M. Berlusconi…), mais deviennent implacables quand c’est un faux puissant qui n’a, comme Polanski, d’autre arme que son talent… Singuliers moralistes qui prennent un malin plaisir à se passer en boucle les détails de cette affaire sordide pour, ensuite, jeter la pierre…

Ce lynchage est un trouble à l’ordre public autrement plus sérieux que le maintien en liberté de Roman Polanski.

Cet acharnement de tricoteuses et de tricoteurs, cette volonté de voir au bout d’une pique la tête d’un artiste, sont l’immoralité même.

De deux choses l’une, messieurs les justiciers. Ou bien Polanski était ce monstre – et il ne fallait pas lui donner d’oscar ni de césar ; il fallait boycotter ses films ; il fallait le dénoncer aux autorités chaque fois qu’il venait, en famille, passer des vacances dans sa maison de Suisse. Ou bien vous n’avez rien trouvé à redire, jamais, à ses apparitions annoncées sur tous les tapis rouges de tous les festivals du monde ; vous sentez bien, comme moi, la formidable hypocrisie de ce procureur, affamé de reconnaissance et de gloire, qui se réveille un beau matin pour le livrer, tel un trophée, à la vindicte d’électeurs chauffés à blanc – et il faut, comme sa victime, prier pour qu’on le laisse, enfin, en paix.


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77 commentaires

  • Abbey Peruzzi dit :

    And what does thé « victim » say about all this more than
    a quarter of a century later?? Leave this man alone! I am
    astounded at the American lust for lynching. What about thé
    statute of limitations? Thank you, BHL, for your profound intelligence
    and for defending Mr Polanski, a véritable creative genius.

  • balog dit :

    je trouve personnellement que les abus sexuels sur mineurs ne doivent pas avoir de prescription et que Polanski aurait dû être jugé à l’époque mais échapper à la justice en fuyant le pays pendant 30 ans , donne-t-il un blanchiment du délit? et le fait de vieillir et de ne plus avoir un appétit de loup, pardonne-t-il? maintenant il y a le problème de la justice américaine qui a eu l’air d’oublier et qui revient à la charge 30 ans après !!!!! Polanski devait se comporter comme un homme honorable et ne pas abuser d’une mineure, moi , je ne lui accorde aucune excuse même s’il est un artiste de talent , qu’il a réalisé des chefs d’oeuvres cinématographiques,

  • Natoussia dit :

    Monsieur Lévy,

    Déjà, bien que ne partageant pas votre opinion, je trouve votre argumentation intelligente.
    Elle pointe à mon sens certains éléments essentiels, dont il faut parler dans cette histoire: pourquoi l’affaire, pourtant connue de tous depuis, a t elle été si peu porteuse de sens avant cette arrestation si médiatisée, et provoque un tel tollé aujourd’hui? Où étaient-ils, ces détracteurs si violents, lors des cérémonies et des honneurs offerts au réalisateurs pendant toutes ses années de cavale? Et puis le discours vengeur de ceux qui profitent de l’affaire pour vitupérer contre ces maudits « artistes, qui se croient tout permis » est vraiment insupportable.

    En revanche, j’ai du mal à accepter l’évocation, au début de votre billet, d’une hiérarchisation des crimes. Est-ce bien décent de vouloir argumenter que le viol de mineur est d’une moindre gravité que l’assassinat d’une femme enceinte? Ca me fait un peu penser à ces jeux de questionnements qu’on se fait à l’école maternelle: « tu préfères qu’on te coupe un bras ou qu’on te crève les yeux? ». Et puis demandez donc à des femmes violées si elles n’auraient pas préféré être assassinées, vous risqueriez d’être surpris. Vous n’êtes pas sans savoir qu’un viol handicape une femme, sa vie sexuelle, émotionnelle, sociale, pendant tout le reste de sa vie. Donc ne nous amusons pas à comparer des choses incomparables, un crime est un crime.

    De plus, je vous trouve bien léger avec l’idée de Justice. Oui, effectivement, la victime souhaite qu’il n’y ait pas d’autre procès, ele n’aspire qu’à la tranquilité. Mais c’est le cas de beaucoup de victimes qui ont eu un mal fou à se remettre d’une quelconque forme d’agression, et de ses conséquences. Mais est-ce une raison pour passer outre le passage devant les tribunaux? Est ce le rôle de la Justice d’abandonner les charges contre une personne accusée de crime, simplement pour ne pas blesser la victime? Vous savez bien que la jusice n’est pas au service de la victime, mais de la société. Or, Polanski a fui son procès. En commettant un crime de cette gravité, il se doit d’être jugé par des personnes qui représentent la société. Il ne s’agit pas d’une petite escroquerie, qui pourrait être enterrée sans trop poser de problèmes moraux, mais d’un viol sur mineure.

    Enfin, votre réflexion sur le fait que Polanski serait en réalité victime de son talent, et qu’il n’aurait pas été traité de la sorte s’il n’avait pas été si connu, me paraît douteuse, fallacieuse, et teintée de mauvaise foi (sauf votre respect). Si on suit vos dires, imaginons qu’un quelconque monsieur Smith commette aux Etats-Unis un crime et, pour fuir son procès, parte s’installer en France. Croyez-vous vraiment qu’on lui aurait en France fichu la paix royale dont le grand réalisateur Polanski a bénéficié pendant 32 ans?

    Interminable discussion. Malgré toutes vos réserves, que je trouve souvent justifiées, je persiste à penser qu’une certaine forme de complaisance est offerte à M. Polanski par ceux qui l’admirent, dont vous faites partie, et qui refusent d’accepter qu’il soit jugé pour ce qu’il a fait il y a 32 ans : le viol d’une gamine de 13 ans.

  • Kamami dit :

    Bonjour,

    Je suis entièrement d’accord avec cette fine analyse, qui explicite le sentiment de malaise que je ne savais comment exprimer dans cette affaire.

    Les aigris et les jaloux ont sonné l’hallali.

    Félicitations !

    Thierry

  • esther ekstein dit :

    la lettre BHL nous fait réflaichir et fait appel à notre compréhension

  • esther ekstein dit :

    la lettre de mr. BHL fait appel a notre compréhension
    Je crois que mr. Polanski un rescapé de la guerre l’assasinat de sa femme a payé sa dette et laissons le traquille

  • esther ekstein dit :

    mr. polanski a payé sa dette c’est un rescapé de la guerre je trouve qu’il faut faire appel
    a de la comprehension et le laisser tranquille

  • PAT dit :

    J’adhere M. Levy, d’une maniere generale a vos idees, mais la, j’avoue que je suis tres mal a l’aise lorsque je lis votre commentaire. Je ne peux pas admettre que meme pour M Polanski, que justice ne soit pas faite, en droit le viol est un crime, cet acte porte une atteinte considerable physiologiquement et psychologiquement. Un homme quel qu’il … Lire la suitesoit, doit etre juge, meme au bout de qq annees et dans ce cas la, je ne vois plus le grand artiste qu’il est, meme si celui-ci a vecu des choses douloureuses, mais je ne vois que l’ignominie de son acte, je me solidarise qu’avec la victime, qui rappelons-le, n’ etait qu’une enfant

  • Pierre dit :

    Cher BHL, les raisons que vous avez ici et ailleurs évoqué en défense de Roman Polanski sont les miennes et celles de beaucoup d’autres par le monde. Ce drame n’avait plus aucune raison d’exister après 32 ans de faits, après les dénégations de viol exprimées en sa défense par le cinéaste, après la demande de Mme Samantha Geimer faite à la justice et à l’opinion publique de son pays d’être enfin laissée en paix de vivre sa vie, après autant d’acharnement judiciaire montré par les juges américains pendant l’instruction de toute la procédure à charge, se souciant plus de leur image médiatique, de leur pouvoir que de la présomption d’innocence et des déclarations à décharge faites par l’accusé et qui auraient dû arrêter les poursuites en attente d’un procès équitable. Mais voilà ils ont préféré faire de lui un fugitif, un traqué pendant toute sa vie de sorte que l’intime conviction de culpabilité soit acquise une fois par toute par l’opinion publique. Il manquait une dernière étape qui enfin est arrivée un jour là où on s’attendait le moins, là où par toute une longue culture et histoire de neutralité, de tolérance, on n’aurait jamais cru possible la mise en place d’un véritable guet-apens pour l’appréhender. C’est ce visage de collabo sans ménagement qui colle à d’autre pays que je reproche à la Suisse. Elle s’est déclarée dans cette obligation (le traquenard donc) au dépit de toute sa longue tradition. A ce point il devait y avoir des raisons presque de vie ou de mort pour y consentir, pour s’y soumettre. Pour permettre une pareille issue, malgré toutes les dénégations, cette fois-ci elles devaient être beaucoup plus fortes et puissantes que dans le passé. Et pour quelle raison, cher BHL, sinon une image à redorer, une nouvelle fiabilité morale à reconquérir après la déroute de leurs grandes institutions financières, après la grande pression sur les comptes cachés des clients américains et sur le secret bancaire parti en fumé. S’ils pensent que tout a un prix, alors je m’oppose qu’il soit payé par Roman Polanski.

  • Serge dit :

    42 jours de prisons + 32 ans d’exil + $500.000 payés à la victime + nouvel emprisonnement = une punition suffisante. La victime a pardonné. Pourquoi la loi doit-elle continuer à faire souffrir celle qu’elle prétend protéger? Tournons la page et fichons la paix à la victime et à Polanski. Ce serait simple mais l’affaire profite aux médias, aux légalistes fanatiques et aux Banques Suisses qui ont besoin de détourner l’attention des récentes concessions fiscales faites aux Américains … Alors?

  • Pat dit :

    I must be dreaming!Had it been your daughter or your granddaughter that was given drugs at the age of 13 and than rapped, I bet you would NOT have been as easy going with Polanski!This man was judged in court and was sentenced for 42 days.Did he think he was above the Law!He should have taken his sentence like a real man(actually what real man has to drug and rape a 13 year old to have sex!

    Why do you think this girl say she pardonned her abuser, Well she want to move on and not be reminded all the time of the crime that was commited to her.Justice will prevail!

  • behzad ali dit :

    Under American law a defendant or a prosecutor can under the supervision of the judge bargain for a plea to avoid going to trial. In some cases, the prosecution might feel that convincing the jury beyond a reasonable doubt of the validity of all charges together could be risky. The District Attorney, an elected official, might also think that a high profile case might hurt his future an therefore elect to plea bargain. A defendant might also go for a reduced sentenced in a plea bargain in exchange for a guilty plea on one of the charges or a reduced charge in order to avoid a hostile jury and a maximum sentence. In some cases you could in reality have a completely innocent defendant plead guilty to a lower charge to avoid jail because of the fear that an impartial jury could not be found (e.g a black male being tried in Alabama 30 years ago.) In the Polanski case one must not forget that his Guilty plea for rape was entered as a result of a plea bargain and therefore his attorneys had bargained for his punishment. The times have changed and one could argue that a jury today could be much less lenient that one picked in Los Angeles during the sex, drugs and rock and roll age and therefore easier to convince. The only crime that the D.A can, in my opinion, successfully prosecute is his actual no show in court and flight.

  • Un cityen agacé dit :

    Je constate que vous aimez toujours autant faire la morale et vous poser en donneur de leçons, M. Levy.
    Cependant, malgré tous vos prétendus dons de philosophe, vous semblez avoir un bien piètre perception de la réalité car ce qui a soulevé la vindicte populaire dans cette affaire, ce n’est pas tant les actes de M. Polanski qui, comme vous le rappelez sont anciens et avaient été grandement oubliés.
    Non, ce qui a soulevé tant de colère c’est la précipitation avec laquelle vous et tant d’autres vous êtes jetés dans sa défense, réclamant à grands renforts de mauvaise rhétorique sa libération, son impunité, voire sa béatification immédiate (relisez certains commentaire set vous verrez que j’exagère à peine).

    Vous avez beau jeu maintenant de défendre votre position et chercher à retourner la situation à votre avantage mais ce serait oublier que cette vindicte populaire que vous dénoncez avec tant de ferveur est apparue en réaction à votre défense et non antérieurement. Vos arguments sont donc faussés à la base et ne font que démonter une certaine malhonnêteté intellectuelle de votre part.

    Ce que les gens n’admettent pas. c’est de voir la « classe artistique » se ruer ainsi pour protéger l’un des siens alors que dans le même temps, elle réclame une justice sans pitié à l’encontre de tous ceux qui troublent leurs intérêts (pirates, paparazzis…) Il y a là une inégalité flagrante.

    Vous citez par ailleurs M. Berlusconi… Mais je n’ai vu personne prendre la défense de cet individu. Vous érigez des moulins à vents pour mieux les démolir.

    Tout ce que nous souhaitons, c’est l’égalité des droits. Que nul ne bénéficie de privilèges. Car un « sans nom » qui aurait été extradé de la même façon n’aurait certainement pas bénéficié de tels soutiens médiatiques et politiques.

    Je déplore moi aussi certains excès chez ceux qui réclament la tête de M. Polanski. Mais c’est là le risque que l’on encourt en éveillant la colère du peuple. en défendant l’indéfendable comme vous l’avez fait (les mots « erreur de jeunesse » par exemple, vous rappellent-ils quelque chose ?)
    Laissons faire la justice, calmement, paisiblement. Comme vous auriez dû le faire dès le début au lieu de la dévoyer par vos pétitions.

    Et faites un peu votre autocritique au lieu de chercher à reporter la faute. Admettez que vous vous êtes trompé en volant si précipitamment au secours d’un fugitif, légitimement arrêté. vous en sortirez peut-être grandi.

  • BOUTELOUP dit :

    Un très grand merci à Bernard-Henry Lévy pour son courage, et ce n’est pas parce que les états unis sont une démocratie qu’il ne faut pas critiquer leur justice, ou au bout de 30 ans il n’y a pas de precription et ou on se permet de torturer pendant deux heures un condamné à mort parce que le personnel chargé de le tuer n’a même pas les connaissances médicales suffisantes pour trouver les veines de l’accusé. Oui on a vraiment là l’amérique qui fait peur comme l’a dit Frédéric Mitterrand. Et voilà maintenant le parti socialiste main dans la main avec le front national pour lancer l’assaut contre Frédéric Mitterand. Les socialistes sont décidemment tombés sur la tête!

  • Lolita dit :

    Je dirais deux choses sur ce non évenement:

    1. Que le droit et le droit et il ne convient pas de s’en déroger parce qu’on s’appelle polanski ou Berlusconi.

    2. Je dirais a M. Lévy qu’avant d’écrire cet article avec cette promptitude, qu’il s’imagine que la victime fut sa propre fille: ca change les regards qu’on porte sur un évenement.

  • Un cityen agacé dit :

    Je crois que 2 ou trois choses méritent d’être (re)précisées dans cette affaire :

    1) A tous ceux qui parlent de prescription sans connaître le droit : la prescription n’ *jamais* eu pour but de protéger les fugitifs mais bien d’éviter le début de poursuites trop longtemps après les faits. Dans le cas de M. Polanski, les mandats d’arrêts successifs lancés par la justice américaine ont pour effet d’interrompre la prescription. (aussi bien en droit américain qu’en droit français) Merci donc de ne plus utiliser ce faux argument.

    2) Le pardon de la victime n’a *jamais* constitué un motif d’arrêt des poursuites (ni en droit français, ni en droit américain). Il suffirait sinon à un citoyen aisé d’acheter le silence de ses victimes pour pouvoir agir impunément (celà semble bien être le cas en l’espèce). cela introduirait une flagrante inégalité devant la loi ce qui irait à l’encontre de notre déclaration des droits de l’homme et de celle de l’ONU. Merci donc de ne plus utiliser ce faux argument.

    3) le fait d’avoir souffert dans sa vie n’a *jamais* constitué une excuse pour des crimes (tout au mieux, une possible circonstance atténuante). De telles circonstances ne peuvent en aucun cas éviter des poursuites judiciaires, elles peuvent être retenues pour alléger la peine mais ce n’est pas l’objet du débat actuel. Merci donc de ne plus utiliser ce faux argument.

    4) L’exil n’est pas une peine reconnue en droit français ou américain. De plus, M. Polanski étant citoyen français et n’ayant pas la nationalité américaine, je vois mal comment on pourrait parler d’exil dans son cas. Il a fui la justice du pays où il a commis un crime. Ce n’est pas un exil.

    5) Il ne nous revient pas de juger M. Polanski, mais simplement de laisser faire la justice.
    Quant à ceux qui critiquent la justice américaine, je me permets de rappeler que qu’aucun système judiciaire n’est parfait mais qu’au moins aux Etats Unis, la justice est parfaitement indépendante du pouvoir exécutif, ce qui est un gage de bon fonctionnement démocratique et qui n’est pas toujours le cas en France. Méfions-nous donc de trop vouloir donner de leçons.

  • cyberies dit :

    Pourquoi Bernard-Henri Lévy défend Roman Polański ?

    http://www.swietapolska.com/news/swpolska3228.html

  • S.P. dit :

    Le plus inquiétant Monsieur Levy c’est que vous ne vous rendez même pas compte (je l’espère) que la méthode que vous utilisez pour prendre le parti de Monsieur Polanski est une méthode utilisée par les négationnistes de la Choa.

    Voici un extrait du livre de Pierre Bridonneau où il analyse les stratégies de dévoiement de l’histoire par les négationnistes. Titre du livre : Oui, il faut parler des négationnistes (L’école révisionniste). Éditions du Cerf, 1997.

    Il cite le plus célèbre d’entre eux (communiste déporté) qui tente de minimiser le caractère monstrueux des SS:

    « Ce contact direct avec les SS me les fait voir sous un tout autre jour que celui sous lequel ils apparaissaient vus du camp. Pas de comparaison possible: en public, ce sont des brutes, pris individuellement, des agneaux. »

    Et voici l’analyse de Pierre Bridonneau sur cette minimisation que je vous invite à relire et relire encore :

    « C’est l’image d’Épinal dans toute sa splendeur. L’ogre du petit Poucet était un père attentif et affectueux pour ses filles. Heydrich, le bourreau de la Tchécoslovaquie, était un homme très cultivé et un excellent violoniste. Et alors? Que peut-on tirer de cette vérité première? Rien. Si l’agneau devient une brute dans un autre environnement, c’est le comportement de la brute qui est en question. »

    Source : http://www.anti-rev.org/

    Peut-être vous est-il tout simplement impossible d’admettre que Monsieur Polanski puisse être (la justice nous le dira) un monstre pris individuellement ?

    Cordialement

  • elseneur dit :

    Il ne faudrait pas oublier qu’en France même les infractions sexuelles sont sanctionnées infiniment plus sévèrement que les agressions invalidantes et même que les meurtres, voire les assassinats. Le postulat étant que la vie des « victimes » est foutue et que la moindre relation sexuelle même « consentie » crée chez la victime un traumatisme indélébile.
    La victime de Polanski est dérangeante :

    – Elle a eu une vie épanouie et ne semble n’avoir souffert que d’une seule chose : la persécution des journalistes.
    – Elle a touché une forte somme au civil.

    Le raisonnement de meute consiste à dire que la victime n’a le droit à la parole que lorsqu’elle accuse c’est à dire lorsqu’elle conforte le système répressif. La raison invoquée : si cette victime là s’en est tirée, des milliers d’autres sont suicidées ou en asile psychiatrique. Bien évidemment, il est criminel de demander à vérifier en détail la réalité de ces tragédies. Personne ne s’inquiète qu’on trace à la victime un avenir fatalement apocalyptique. Et personne ne demande à ce qu’on étudie les réelles conséquences d’une relation illégale avec un/une mineure. Il suffirait pourtant d’invoquer l’autorité parentale et la nécessité sociale d’éviter la corruption par l’argent de mineurs dépendants pour continuer à prohiber ces relations sans pour autant faire l’amalgame avec des viols sordides ou des agressions d’enfants. Il est scandaleux que des groupes d’intérêt judiciaires, socio-associatifs ou psychiatriques aient recours au mythe de la destruction de la victime pour justifier leur rôle essentiel dans le châtiment implacable du coupable. Des études indépendantes prouvant l’ absence de corrélation entre relation consentie par un adolescent pubère et atteinte traumatique ont été mises sous le boisseau aux Etats-Unis et tout récemment au Royaume Uni.

    La victime a été payée ? La meute s’inquiète naturellement que des notables fortunés puissent acheter leur victime. Ils pourraient également se demander avec profit si ce n’est pas justement l’appât du gain qui pousse les victimes à modifier les circonstances de l’acte en y introduisant un élément de peur ou de contrainte morale qui n’était pas présent au départ. A noter que le désir fervent de scandale sexuel et d’enquête « criminelle »poussera les enquêteurs à suggérer cette contrainte qui permettra en même temps à la victime de se dédouaner de toute pensée lubrique, curieuse ou intéressée.

    Enfin, et là je rejoins un peu les critiques faites aux défenseurs de Polanski, il est difficile de défendre le cinéaste sans étudier de plus près l’extension récente de la notion de viol et d’abus sexuel, les amalgames sur le sujet justement dénoncés par Finkelkraut et les conséquences véritables de relations non contraintes avec des adolescent(e)s pubères.
    Que l’accusé soit un cinéaste ou un citoyen ordinaire.

  • Martine Mounier dit :

    La qualification de lynchage est un argument habile mais logiquement irrecevable : car enfin il ne peut vous échapper, Monsieur BHL que, précisément, pour que l’arbitraire d’un « pour ou contre » ne prenne pas le pas sur la Justice, il est dans l’intérêt de tous qu’elle ne soit rendue ni unilatéralement, ni précocement. Et surtout pas, en dehors d’un Tribunal.

  • Perrigaug v dit :

    Merci Monsieur Lévy pour votre analyse intelligente et humaniste de triste événement.
    J’ai entendu : »comment? vous emmenez des élèves voir : »le bal des vampires »:un film de pédophile!Que l’on puisse juger et condamner sans rien savoir de la réalité me choque terriblement
    Seule cette adolescente devenue femme doit être maintenant entendue et respectée.
    V

  • Christo dit :

    Je lis votre billet et je m’arrête à votre récrimination sur: « les uns pesant le crime ».
    Mais Monsieur BHL, peser le crime, n’est-ce pas exactement ce que vous faites au tout début de votre billet ; je vous cite : (…) essayer de nous faire croire qu’un viol serait un crime de même nature que celui, par exemple, dont fut victime Sharon Tate (…) ?
    C’est marrant comme ce qui vaut pas pour l’Opinion vaut cependant pour le grand philosophe !

  • Martine Mounier dit :

    L’argument de lynchage est certes habile, mais il est logiquement irrecevable : précisément parce que pour éviter l’arbitraire d’un « pour ou contre » populiste, la Justice ne doit être rendue ni unilatéralement, ni précocement dans des pétitions. La cohérence voudrait donc que pour apaiser les esprits et rendre à la défense son droit, Monsieur Levy milite davantage pour un procès équitable que pour un non-procès.

  • pascal brotons dit :

    Je trouve votre article assez méprisant au sujet du peuple et de sa vindicte, peuple qui ne saurait faire preuve de recul et suivrait un panurge médaitico-journalistique et vos propos laissent transparaitre le dédin que vous portez à ce bas peuple en vous érigeant enbien pensant envers et contre cette « populace » avec je suppose l’espoir que l « Histoire » vous donnera raison. Cette attitude est la votre et c est votre droit mais de grace cessez de nous préter des intentions tronquées pour argumenter votre raisonnement . Pensez vous que l’ on puisse réguler la paix sociale à coups de dollars lorsque l’ on a commis un crime grave (dixit votre définition de l abus sexuel sur mineur) méme si ce crime grave à vos yeux relève d’ une erreur de jeunesse?Ce qui me désole également c’est que vous preniez appui sur le désir d’ oubli de la victime en feignant ne pas savoir que pour qu’une victime commence à se reconstruire il faut que son statut de victime soit reconnu et que l’accusé demande pardon pour son acte et laisse le libre arbitre à celle ci de commencer ou pas le long chemin qui conduise au pardon. Hors dans ce cas précis il n ‘ en est rien car en prenant la fuite Mr Polanski n’a pas laissé d’autre choix à sa victime que d’essayer d’ oublier pour se sauver elle méme. Vous semblez redouter la justice populaire qui s’érigerait en pesant le crime et le chatiment mais je me rends compte en lisant votre article que vous agissez de la sorte lorsque vous jugez que 42 jours de prison que 32 ans d’exil « forcé » sur les terres arides et inhospitaliéres de France assorties du délestage de qques milliers de dollars sont le juste prix à payer pour un artiste! Quant aux oscars et césars décernés reconnaissez que le « bas peuple tricoteur armé de banderilles » n y est pour pas grand chose non mais cherchez plutot du coté de la classe politique et du monde artistique des gens qui ont jugé en ame et conscience (justice du peuple haut perché et bien pensant) que le plateau chargé du talent artistique de la balance pesait bien plus que celui de l’homme coupable d’égarement ou de crime grave ( c’est au choix …)
    Ce qui me surprend c’est votre regard sur la justice américaine qui me semble plus juste que la notre en jugeant l’acte et non la personne ce qui met chaque américain égal face à la justice.

  • Simon dit :

    merci au commentaire n°3 qui exprime le fond de ma pensée beaucoup mieux que je n’aurai su le faire. IL est grand temps que l’intelligensia parisienne se réveille et retombe les pieds sur terre.

  • Simon dit :

    je vois que les n° de commentaires ne sont pas chronologique, je parlais du commentaire du « citoyen agacé ».

  • EPAPEL dit :

    Nous n’êtes qu’un philosophe de pacotille qui ne connaît rien au droit ou plutôt pense que c’est le peuple qui n’y connaît rien. Vos arguments sont immoraux, scandaleux et à la limite ignobles. La confusion c’est vous qui l’apportez et tenez la poignée de cette porte.

    Le droit :
    – majorité sexuelle en dessous de laquelle il n’y a pas de consentement légal : 15 ans en France
    – rapport sexuel avec un mineur n’ayant pas atteint la majorité sexuelle (même s’il l’accepte) = viol + pédophilie
    – le détournement de mineur n’a rien à voir avec une relation sexuelle avec un mineur (et M Polanski n’est pas poursuivi pour cela mais pour relations sexuelles illégales)
    – la prescription ne joue que par rapport à un crime dont on n’a pas trouvé le coupable y compris en France
    – le retrait de plainte n’arrête les poursuites au civil mais pas au pénal : plainte ou pas une fois constaté le crime demeure

    La morale :
    – avoir eu des malheurs aussi graves soient-ils ne donnent pas à un droit de commettre un crime sans être sanctionné
    – 47 jours de détention pour un viol est une farce et une escroquerie : en fait il n’a pas payé
    – un autre que M Polanski n’aurait pas été arrêté au bout de 32 ans dites vous, c’est tout à fait vrai car il serait passé directement par la case prison sans possibilité de fuite et il aurait purgé sa peine depuis belle lurette
    – la fuite de longue durée ne constitue pas un brevet de prescription
    – vous dissociez loi et justice mais quand il n’y a plus de loi il n’y a plus de justice
    – personne n’a traité M Polanski de monstre, il a simplement commis un crime qui se doit d’être jugé
    – il n’y a pas de contradiction à récompenser une personne pour ce qu’elle fait de bien tout en la punissant pour le mal qu’elle a fait
    – le retard dans la réaction par rapport à un crime ne vaut pas amnistie
    – personne n’a parlé de crime contre l’humanité ni de crime de sang : vous inventez
    – la compassion c’est pour les victimes, pas les coupables
    – amalgamer l’action de la justice américaine et de la police suisse avec les méthodes nazies est ignoble
    – ce n’est pas parce que certains sont des enragés qu’il faut mettre tout le monde dans le même sac : vous méprisez la plus grande partie de la population parce qu’elle ne pense pas comme vous.
    – L’extrémisme de votre attitude vous incite simplement à adresser les extrêmes de l’autre bord, comportement que vous condamnez dans d’autres contextes
    – ce n’est pas parce des criminels ayant commis de crime plus grave ont la possibilité de sortir d’une prison (un jour la peine est purgée) qu’il est anormal que M Polanski y entre.
    – ce lynchage est un trouble à l’ordre public dites vous : mais c’est vous et vos semblables qui sont troublés or vous n’êtes pas l’ordre public et vous n’avez pas de légitimité à le définir
    – d’habitude vous ne vous gêner pas pour traiter d’antiaméricanisme primaire le personnes qui pointent les défauts des états-unis quand vous êtes d’un avis contraire
    – l’hypocrisie du procureur et son ambition ne valent pas une amnistie, et alors du moment qu’il fasse son travail, je vous signale au passage que ce sont des propos diffamatoires
    – M Polanski n’a que sont talent … et son fric et une armée de meilleurss avocats et le soutien de toute sa corporation

    En définitive vous dites n’importe quoi du moment que ça arrange votre point de vue, le truc c’est vous le dites avec éloquence à la télévision en abusant de votre notoriété : on appelle les personnes qui font ça des sophistes.

    Ce qui choquant et qui trouble l’ordre public, c’est qu’une certaine élite défende avec un tel acharnement et un véritable instinct grégaire l’un des siens contre toute évidence. La réaction du public n’est qu’une réaction par rapport à ça, simplement proportionnelle aux vociférations initiales.

    L’immoralité c’est de jouer l’inversion des rôles et des codes : c’est que vous faites et vous en êtes pitoyable.

  • Tom dit :

    >Quand la victime se désiste, n’appartient-il pas à la société, c’est-à-dire au juge, de poursuivre ?
    >Oui, sans doute. D’un point de vue judiciaire strict, c’est en effet le droit de la société.
    >Mais ce ne sera ni la première ni la dernière fois que le point de vue judiciaire strict manquera
    >et aux exigences de la compassion et à celles de l’intelligence.

    Il faut donc préférer l’arbitraire du jugement des amis haut placés de M. Polanski à l’application dure mais démocratique de la loi. Nous avions très bien compris la première fois, inutile d’insister.

    >De deux choses l’une, messieurs les justiciers. Ou bien Polanski était ce monstre – et il ne fallait pas lui
    >donner d’oscar ni de césar ; il fallait boycotter ses films

    Comme vous boycottez d’ailleurs Heidegger ? Il conviendrait de faire abstraction de la qualité d’artiste de M. Polanski, pour considérer sa qualité de fugitif.

    >Ou bien vous n’avez rien trouvé à redire, jamais, à ses apparitions annoncées sur tous les tapis
    >rouges de tous les festivals du monde 

    On comprend mal en quoi le silence d’hier justifierait celui d’aujourd’hui. Encore un argument pitoyable énoncé avec aplomb; vous auriez pu être acteur ou politicien, M. Levy, mais cessez donc de vous faire appeler « philosophe » !

  • S.P. dit :

    L’ouvrier d’en bas que je suis aurais préféré que vous preniez la défense de monsieur Polanski sous un autre angle ou du moins que dans votre texte enrichissant figure des arguments supplémentaires et plus accessibles et acceptables à ma compréhension d’homme de non lettre, de non juriste, de non membres du club fermé des décidant de ce que doit être ce monde, comme par exemple :

    L’âge pour le mariage des filles était de 12 ans sous l’Ancien Régime, ce qui fait que l’arbre généalogique de nombre d’entre nous doit comporter des ancêtres à l’image de Roman Polanski.

    Ou bien que d’après le Quid, les filles de 12 ans peuvent se marier avec consentement parental, au Québec, en Bolivie, au Chili, en Colombie, en Espagne, en Irlande, en Uruguay et au Venezuela.

    Ou bien encore affirmé que la pédophilie ce n’est pas de coucher avec une fille non pubère, et que prétendre le contraire minimise la VRAIE pédophilie, celle qui s’attaque à des enfants qui ne sont pas pubères justement.

    Voilà les arguments que les penseurs comme vous ce doivent à tout pris d’intégrer dans leur message, sans pour autant en renier le sens premier bien évidement (Mon désir n’est pas, surtout pas, de vouloir vous empêcher de dire ce que vous avez à dire) sous peine de ce voir, le jour ou ceux d’en bas décideront de nouveau de prendre la bastille, du mauvais coté de la guillotine.

    Je cite en conclusion Louis Lagrange (savant mathématicien et astronome) qui le lendemain de la mort par guillotine de son collègue Lavoisier (Savant également, fondateur de la chimie moderne et fermier général) au motif que pour les révolutionnaire, la République n’avait pas besoin de savant !

    « « Il ne leur a fallu qu’un moment pour faire tomber cette tête, et cent années, peut-être, ne suffiront pas pour en reproduire une semblable.  » (Louis Lagrange 9 mai 1794).

    Décrété que la République n’a pas besoin de philosophes serait une tragédie alors de grâce pensez à ceux qui ne gravite pas à l’intérieur de votre cercle lorsque vous prenez position sur des sujets aussi sensible pour la vindicte populaire.

    Cordialement

  • elseneur dit :

    Commentaire 3 :
    « rapport sexuel avec un mineur n’ayant pas atteint la majorité sexuelle (même s’il l’accepte) = viol + pédophilie »

    Vous prêchez une loi que vous ignorez mais que vous souhaiteriez infléchir à votre convenance. Les associations, ligues intéressées ou autres lobbies y sont d’ailleurs en partie parvenu à force d’intimidations et de chantages.

    – En 1977, date des faits, Polanski serait, en France, tombé sous le coup de la loi sanctionnant l’ATTENTAT A LA PUDEUR SANS VIOLENCES. C’est ce qui correspond aux « relations illégales » mentionnées. Il s’agissait d’un délit et non d’un crime.

    – Aujourd’hui, il existe un délit d’ATTEINTE SEXUELLE SUR MINEUR DE 15 ANS (ou de 18 ans en cas de position d’autorité). La « pédophilie » est un amalgame médiatique (ça va de l’assassinat d’enfants au viol de nourrissons en passant par une relation consentie avec un mineur légal de 17 ans) qui n’a aucune valeur juridique.
    Si, comme la transaction passée par RP avec la justice américaine le laisse supposer, la victime était consentante mais mineure, c’est de ce délit que RP devrait être estimé coupable. A l’appui de cette thèse :

    – La fille était formée et avait déjà eu des relations sexuelles. Ayant déjà posé nue pour RP lors d’une précédente rencontre, elle ne pouvait ignorer qu’elle serait sollicitée sexuellement en acceptant un tête à tête dans une villa avec RP.
    – Elle n’a rien dit de ce qui s’était passé à sa mère mais en a parlé au téléphone avec son boyfriend. C’est sa, soeur qui a raconté les faits à leur mère.

    Cette analyse des faits était partagée par tous avant qu’il ne soit arrêté. Pourquoi la France aurait-elle hébergé un violeur fugitif ? Pourquoi aurait-il été récompensé internationalement sans qu’on lui demande au préalable de régler ses comptes avec la justice américaine ? Le jugeait-on dangereux ou pervers ?
    RP a certainement commis une faute dans l’Amérique  » sex, drugs and rock and roll » des 70s qui n’est plus celle d’aujourd’hui. Ce n’est pas un violeur. Il n’a donc pas à être pourchassé 30 ans après les faits comme un assassin ou un génocidaire.

  • Un cityen agacé dit :

    Cher(e) elseneur,

    relisez vos textes de loi. Par définition, une mineure de 13 ans ne peut pas donner son consentement à des rapports sexuels avec un adulte. C’est pourquoi M. Polanski est poursuivi pour viol par la justice américaine.
    Je dis bien poursuivi car pour ma part, je ne porte aucun jugement. C’est à la justice de l’Etat de Californie (ni à vous, à moi, à quelque philosophe, ministre, artiste ou que sais-je) de décider ou non de sa culpabilité.

    La loi, et la procédure pénale en particulier, existe avant tout pour protéger les citoyens. Et tous ceux qui veulent la dévoyer par des pétitions ou des déclarations d’innocence préemptives devraient réfléchir un peu plus. Ils ne rendent service, ni à la justice, ni à M. Polanski.

    Et par pitié, laissez la victime en dehors de tout ça, elle a assez souffert dans cette affaire sans que vous cherchiez, par vos propos insidieux, à l’utiliser comme moyen de défense.

  • daniel dit :

    Monsieur lévy c’est pas beau de censurer mon commentaire

  • Pol00 dit :

    Non mais ça sert à rien de virer mes commentaires, je les remettrai à chaque fois. Un rapport sexuel avec une fillette de 13 ans ne peut être considéré comme consenti et relève forcément du viol et Polanski doit payer pour son crime, parce que c’est bien un criminel que vous tentez d’excuser. En prison !

  • Pol00 dit :

    Et si on le traque comme un ancien nazi c’est qu’il a fuit comme un ancien nazi !

  • pascal brotons dit :

    J ai rédigé récemment un commentaire qui allait à k encpntrv de vos idées et vous remercie pour l honnéteté intellectuelle dont vous faites preuve et votre probité pour ne pas l avoir censuré.Merci

  • Pierre dit :

    Une étrange coïncidence que celle qui touche Nicolas Cage ! Il risque au fait de finir derrière les barreaux de la même prison promise à Roman Polanski.
    Une histoire d’impayées d’impôts qui retentie avec fracas sur « the ghost ». Possible que ce soit ça la raison de vie et mort dont palais-je jadis ?

  • Vincent dit :

    On pourrait écrire un livre entier sur le mur, qui semble infranchissable, entre un texte comme celui de Mr. BHL et les commentaires de certains au sujet de ce texte. Il faudrait essayer de voir où cela bloque, où est le mur. Je crois qu’on ne peut pas voir où est ce mur en usant de réthorique. Parce que c’est cela que je vois dans certaines réactions qui essayent de démonter point par point les arguments de mr. BHL : de la réthorique. Ils le savent, je crois, au fond d’eux, de toute façon. On me dira évidemment « la réthorique, c’est BHL qui la fait », et on continuera alors sans arrêt, sans arrêt, ce jeu de ping-pong psychotique, fermé sur lui-même comme une prison.

    Ce qu’il faut, c’est voir « d’où » cela parle. D’où BHL parle-t-il, avec ses arguments ? (Ses arguments que l’un ou l’autre pourra contrer sur tel ou tel point, ou telle ou telle formulation de phrase, ou alors même s’accrocher à la « reprise médiatique d’un bout de discours séparé de son contexte » comme « erreur de jeunesse » fut repris à la TV alors que pourtant le début de son discours était sans équivoque)
    Et ceux qui veulent Polanski en prison, d’où parlent-ils ?
    Il faut se poser ces questions en oubliant les arguments pour une seconde. (Il est possible de les reprendre ensuite, il le faut bien, mais ils doivent être éclairés par ceci.)

    Eh bien, et EN DEHORS DE TOUT ARGUMENT POUR OU CONTRE, je suis désolé de le dire, mais chez les gens qui veulent RP en prison, il y a, dans les meilleurs des cas, une indifférence (indifférence face à la demande -aidée par un arrangement financier ou non, ce n’est pas le problème- de la victime, indifférence face au fait que la loi et la vraie justice ne se rencontrent pas dans cette affaire), et au pire, la haine que l’on a vue dans les forums -appels au meurtre, insultes de tout genre… je les ai lus-.

    Et même dans l’indifférence, il y a peut-être pire car c’est tout de même une acceptation de l’idée qu’un homme qui n’est plus le même qu’il y a 32 ans, et qui apporte tant de rêve au monde, finisse sa vie en prison. Finisse sa vie en prison. EPar juridisme. Est-ce juste de l’indifférence ? C’est extrêmement froid.

  • Vincent dit :

    On pourrait écrire un livre entier sur le mur, qui semble infranchissable, entre un texte comme celui de Mr. BHL et les commentaires de certains au sujet de ce texte. Il faudrait essayer de voir où cela bloque, où est le mur. Je crois qu’on ne peut pas voir où est ce mur en usant de réthorique. Parce que c’est cela que je vois dans certaines réactions qui essayent de démonter point par point les arguments de mr. BHL : de la réthorique. Ils le savent, je crois, au fond d’eux, de toute façon. On me dira évidemment « la réthorique, c’est BHL qui la fait », et on continuera alors sans arrêt, sans arrêt, ce jeu de ping-pong psychotique, fermé sur lui-même comme une prison.

    Ce qu’il faut, c’est voir « d’où » cela parle. D’où BHL parle-t-il, avec ses arguments ? (Ses arguments que l’un ou l’autre pourra contrer sur tel ou tel point, ou telle ou telle formulation de phrase, ou alors même s’accrocher à la « reprise médiatique d’un bout de discours séparé de son contexte » comme « erreur de jeunesse » fut repris à la TV alors que pourtant le début de son discours était sans équivoque)
    Et ceux qui veulent Polanski en prison, d’où parlent-ils ?
    Il faut se poser ces questions en oubliant les arguments pour une seconde. (Il est possible de les reprendre ensuite, il le faut bien, mais ils doivent être éclairés par ceci.)

    Eh bien, et EN DEHORS DE TOUT ARGUMENT POUR OU CONTRE, je suis désolé de le dire, mais chez les gens qui veulent RP en prison, il y a, dans les meilleurs des cas, une indifférence (indifférence face à la demande -aidée par un arrangement financier ou non, ce n’est pas le problème- de la victime, indifférence face au fait que la loi et la vraie justice ne se rencontrent pas dans cette affaire), et au pire, la haine que l’on a vue dans les forums -appels au meurtre, insultes de tout genre… je les ai lus-.

    Et même dans l’indifférence, il y a peut-être pire car c’est tout de même une acceptation de l’idée qu’un homme qui n’est plus le même qu’il y a 32 ans, et qui apporte tant de rêve au monde, finisse sa vie en prison. Finisse sa vie en prison. Et cela, par pur juridisme.
    Est-ce juste de l’indifférence ? C’est extrêmement froid en tous cas.

    Donc au-delà des arguments, pensons juste cela, d’abord. Crée-t-on de la beauté ou de la laideur, en suivant ces articles de loi ?
    Et réaliser cela, demande d’aller un peu, un instant, au-delà des mots, comme l’a montré dans un symbole incroyable le récent décès de l’écrivain Jacques Chessex, en pleine défense de Polanski.
    Il voulait préciser sa pensée, face à un détracteur qui ne l’écoutait pas et s’en était parti.
    Non pas que son interlocuteur est en quoi que ce soit responsable (il ne l’est bien sur pas), mais ce fut un incroyable symbole.
    Chessex est mort comme si il y avait un au-delà des mots, pour défendre une affaire comme celle-là. En somme, ou l’on aime, ou l’on n’aime pas. C’est tout. Voilà à mon avis le mur que l’on voit partout dans les 10 millions de messages des forums. BHL pourra sûrement être contré sur tel ou tel point, mais si c’est le cas ce sera des points de pure réthorique, car il parle de l’évidence, il dit la vérité, c’est tout. La vérité, c’est d’apporter de belles choses, de la beauté, de la vie, de la vraie justice, au monde. C’est aussi ce que fait Polanski, qui n’est plus le même homme qu’en 1977.
    Alors après, des arguments pourront contrer ceci avec de la réthorique, mais l’important c’est ce qu’il y aura derrière ces arguments, d’où ils parleront.

  • Vincent dit :

    Désolé j’avais envoyé par erreur un message non terminé;
    je l’ai renvoyé ensuite fini.

  • Un citoyen agacé dit :

    Cher Vincent,

    je crois rêver quand je lis vos propos. Heureusement que vous êtes là. Détenteur de *la* Vérité Universelle. La seule, l’unique, pour nous la rappeler à nous autres pauvres mortels qui n’avons pas votre clairvoyance.

    Bon j’admets, je vous taquine un peu, mais avec de telles envolées lyriques, vous avouerez que c’est mérité.

    Je ne peux pas perler pour autrui mais je n’ai pas vraiment de colère envers M. Polanski. Non, ma colère est dirigée contre ceux qui se sont précipités pour prendre sa défense avec une arrogance incroyable, parfois prétendant le faire « au nom de la France » ou « des français » qui ne leur ont certainement rien demandé.

    Alors oui, quand on est (comme vous semblez l’être) sous le coup d’une forte émotion, la justice peut paraître froide. Mais cela n’empêche pas pour autant qu’elle soit nécessaire.
    Nous ne vivons pas dans un monde idéal. Les êtres humains font des erreurs, commettent des crimes. Ils doivent assumer leurs responsabilités.

    Dans le cas de M. Polanski, je ne vois rien de tel. Il a fui la justice, il ne semble pas vraiment exprimer de remords pour son geste. Il est donc nécessaire que la justice intervienne, pour le mettre face à ses responsabilités certes, mais aussi pour la valeur d’exemple. Pour monter à tous la gravité de son acte et que de tels agissements ne restent pas impunis.
    Car autrement, comment pourrons nous nous étonner si d’autres font comme lui, ne percevant plus la gravité de cet acte. Tous ceux qui auront défendu, croyant ou non bien faire, auront alors leur part de responsabilité.

    Enfin, pour finir sur une note un peu plus légère, et pour ceux qui apprécient la langue de Shakespeare : http://www.thenation.com/doc/20091026/trillin

  • Rachel Leonard dit :

    Monsieur Lévy,
    Dans l’affaire Calas, Voltaire défendait un innocent.
    Dans l’affaire Dreyfus, Zola défendait un innocent.
    Vous voilà sur les antennes, sur le web, dans « Le Point » et dans « Libération », exigeant la libération de Roman Polanski. De quel droit, et pour quel motif, osez-vous réclamer la libération d’un pédophile en cavale depuis trois décennies? Est-ce parce que son crime est « vieux de 30 ans », parce qu’il a « 76 ans », et parce que c’est un « rescapé de la Shoah » ?
    D’abord, vous semblez oublier que Polanski est incarcéré pour s’être enfui et non pour viol de mineure.
    Pour le blanchir, vous évoquez sur Europe 1 son « erreur de jeunesse » alors qu’il avait quarante ans bien sonnés.
    Pire, dans votre Bloc-notes du « Point », vous osez classer les crimes par ordre de souffrance, et d’après votre savante analyse, le viol est en bas de l’échelle. Qu’en savez-vous ? Pourquoi ignorer que la vie sociale et sexuelle d’une femme abusée est brisée à vie ?
    Si l’ancienneté de la faute, si le grand âge du violeur justifient sa libération, alors, selon votre logique, nous pouvons aussi laisser vivre en paix tous les criminels de guerre.
    Avoir vécu l’horreur de la Shoah, Monsieur Lévy, ne dédouane pas un homme d’avoir drogué, attouché et sodomisé une fillette de 13 ans, ni ne le soustrait à la loi. Honte à vous d’évoquer la souffrance et le génocide de millions de juifs pour réhabiliter un salopard.
    Auriez-vous défendu un pédophile s’il avait été cantonnier de son métier ? Auriez-vous évoqué le talent du cinéaste si sa victime avait été votre fille ou votre nièce ? Vous n’auriez vu que le bourreau, Monsieur, et vous n’auriez osé rédiger une pétition aussi scandaleuse où, pour réclamer la libération d’un homme, vous diminuez sa faute.
    Parlons de votre rhétorique dans votre article de « Libé »… affubler les socialistes de ridicules épithètes, faute d’arguments… vous êtes tombé bien bas, Monsieur Lévy. Je trouve même un brin fasciste votre désir de faire taire ceux qui ne partagent pas vos opinions en effaçant leurs messages. Quelle ironie sous la plume de celui qui critique le Front National !
    Avec votre pétition, vos discours sur Europe 1, votre Bloc-notes du « Point » et votre article de « Libé », vous prouvez être un élitiste qui n’est socialiste que de nom ; vous vous associez à un violeur d’enfants, vous insultez toutes les femmes, toutes les victimes de pervers, et vous confirmez que la France reste le pays des droits de l’homme, et de l’homme uniquement.
    Citez Gide, citez Rousseau aussi longtemps qu’il vous plaira ! Vous n’êtes ni un Voltaire, ni un Zola. Restez dans votre tour d’ivoire, et ne cherchez donc plus à utiliser votre notoriété pour libérer des criminels et façonner l’opinion publique qui vous désavoue.

  • elseneur dit :

    « Par définition, une mineure de 13 ans ne peut pas donner son consentement à des rapports sexuels avec un adulte. »

    Vous lisez ce qu’on écrit ?

    « laissez la victime en dehors de tout ça, elle a assez souffert dans cette affaire »

    Vos pleurnicherie ne sont que le faux-nez d’un pénalisme sadique. La victime se porte bien : elle ne se plaint que d’avoir été persécutée par les journalistes. Elle gêne les marabouts car elle ne présente pas, 32 ans après, les signes de traumatisme inévitables qui justifient l’existence et la rétribution des dit-marabouts.

  • Un citoyen agacé dit :

    et pour ceux qui ne lisent pas l’anglais, voilà ma (très modeste) adaptation :

    Peut-être une erreur de jeunesse?
    Mais il fût puni pour cette faiblesse…
    Si loin de LA, exilé si longtemps
    Jour après jour au réveil, il le sent
    les gens qui comptent lui manqueront
    Plus pour lui, les Lakers ne joueront
    Pour juste un petit coup de pas de chance
    le voilà condamné à vivre en France.
    Bafoué et maltraité
    N’a-t-il pas souffert assez?
    Mais pourquoi ces gens se vexent-ils?
    Il a juste violé une petite fille.

    Pourquoi vouloir tant le condamner
    pour une petite collégienne sodomisée?
    Cet homme est brillant, ça va sans dire
    Un vrai auteur (il y a bien pire)
    Bourré d’oscars c’est mérité.
    Il connaît le monde entier.
    Notre petit monde, le seul qui compte
    qui fait pression, sans aucune honte.
    Les peoples vraiment seraient bétas
    de suivre les règles des gens d’en bas.
    Chantons tous les louanges de l’ami Roman
    Qui n’a fait que violer une pauvre enfant

  • Un citoyen agacé dit :

    Cher(e) Elseneur,

    Oui, j’ai parfaitement lu ce que *vous* (je en connais pas de « on ») avez écrit à savoir (et je vous cite :
    « rapport sexuel avec un mineur n’ayant pas atteint la majorité sexuelle (même s’il l’accepte) »
    Si vous n’appelez pas ça admettre le principe du consentement sexuel des mineurs…
    J’ajoute qu’en l’espèce, le consentement (ou plutôt son absence) n’es pas vraiment sujet à débat. Bien qu’on l’ai fait boire et droguée, elle a encore trouvé la force de dire « non! » à plusieurs reprises (relisez sa déposition).
    Je passe sur les « pleurnicheries » (ce n’est pas moi qui pleurniche pour défendre un violeur d’enfant) et le « pénalisme sadique » : ah bon, demander qu’on laisse faire la justice, c’est du pénalisme. J’aurais cru plutôt à du bon sens. (entre parenthèses, le mot « pénalisme » n’existe même pas, j’aurais donc du mal à me défendre de cette accusation) , Quant au sadisme, par contre je m’élève en faux. Je ne tire aucun plaisir de la souffrance.
    Et j’ignorais que vous connaissiez si intimement la victime pour nous livrer ainsi le fond de sa pensée. Oui elle veut qu’on la laisse tranquille, je me contente de respecter son souhait et vous demander d’en faire autant (j’ajoute que, contrairement à vous, je reste parfaitement calme et courtois).
    Cependant, je trouve qu’en l’utilisant comme vous l’avez fait pour excuser les agissements de M. Polanski, vous faites preuve de bien peu d’élégance (encore une fois, je vous cite :)
    « La fille était formée et avait déjà eu des relations sexuelles. Ayant déjà posé nue pour RP lors d’une précédente rencontre, elle ne pouvait ignorer qu’elle serait sollicitée sexuellement en acceptant un tête à tête dans une villa avec RP. »
    On passe sur le fait qu’un homme de 40 ans passés demande à une mineure de poser nue pour lui (c’est déjà assez écoeurant comme ça), mais je vois mal en quoi le fait qu’elle ait accepté de poser nue et avoir eu des relations sexuelles avec une autre personne autorise à la violer.

    Maintenant et très sincèrement, je n’ai que faire de M. Polanski. Mon indignation s’adresse à tous ceux qui prennent sa défense. En feriez vous vraiment autant s’il n’était pas une « célébrité »?
    Très probablement, on ne parlerait même pas de l’affaire. C’est ce principe d’une justice à deux vitesses qur je trouve profondément répugnant.

  • Un citoyen agacé dit :

    chère Rachel Leonard,

    bravo et merci pour votre excellent commentaire. que je partage pleinement.

    Et concernant le mépris affiché par notre « philosophe » pour le peuple, je conseille à tous la lecture de cet excellent billet qui démonte point par point ses propos fallacieux :
    http://www.agoravox.fr/actualites/medias/article/affaire-polanski-geimer-les-63077

    Je crois qu’il est temps pour monsieur Levy de présenter des excuses publiques et je renouvelle ici mon appel au boycott de toutes les oeuvres des signataires de « la pétition de la honte »

  • elseneur dit :

    « Si vous n’appelez pas ça admettre le principe du consentement sexuel des mineurs… »

    Ce principe existe puisque je vous ai cité l’article de loi sur l’atteinte sexuelle! Il suffit de le lire !

    Le problème, c’est que les victimes sont payées. Et que cette corruption scandaleuse mène à la corruption de la vérité. Elle permet à une accusatrice majeure de transformer une relation consentie en viol. Elle permet à une mineure de racheter sa honte et de ne pas passer pour une grue. Elle permet aussi, hélas, de douter parfois de vrais viols.

    Vous vous basez sur le document de l’accusation qui n’est qu’une des versions des faits, celle soumise par l’accusation au grand jury. lle n’a pas été retenus d’ailleurs. La version de Polanski est différente. Il est certain qu’il y a eu relation illégale. Il est certain aussi que la mère a eu un rôle incitateur, il n’y a donc pas eu détournement de mineure.
    Polanski a commis une faute certaine. Pour autant, quand vous dites qu’il a forcé le consentement de la mineure, vous n’en savez rien. Par ailleurs, il y a un anachronisme flagrant à se prononcer aujourd’hui sur un coït des années 70. A cette époque, le tabou sur la sexualité mineure était très érodé : c’est l’époque du film « Pretty baby » et des revues pornographiques avec des mineures étaient en vente dans les sex-shops de New-York. En Hollande ces revues ont eu pignon sur rue pendant toutes les années 70. Les temps ont changé et se sont mis en phase avec vos dégoûts. Des excès criminels ont pu justifier ce retour de bâton.

    Votre parti-pris (et celui de tous les pénalistes sadiques) apparaît clairement quand vous dites que RP a « drogué » la jeune fille : on pourrait croire qu’il a versé, à son insu, une drogue puissante capable d’anesthésier ses défenses. Il lui a, en fait, PROPOSÉ de prendre un cachet d’une drogue récréative que la fille avait déjà expérimentée et qui vise à la relaxation à l’instar d’une dose modérée de boisson.
    Ce n’était pas une chose à faire mais dans les années 70 ça se faisait y compris parmi les mineurs ! Ayant séjourné sur un campus à la fin des années 90, j’ai pu constater que nombre d’étudiantes SE saoulaient la gueule (on ne les saoulait pas de force) , histoire d’être plus détendues pour passer à la casserole. Que ceux qui connaissent les EU me démentent…

  • Vincent dit :

    Cher « Citoyen agacé »,

    Vous dites : [ Cher Vincent, je crois rêver quand je lis vos propos. Heureusement que vous êtes là. Détenteur de *la* Vérité Universelle. La seule, l’unique, pour nous la rappeler à nous autres pauvres mortels qui n’avons pas votre clairvoyance. Bon j’admets, je vous taquine un peu, mais avec de telles envolées lyriques, vous avouerez que c’est mérité … ]

    L’affaire qui nous occupe les vaut bien, comme toute affaire où la vie d’un homme est en jeu (il a 76 ans).

    Vous dites : [ … Je ne peux pas parler pour autrui mais je n’ai pas vraiment de colère envers M. Polanski. Non, ma colère est dirigée contre ceux qui se sont précipités pour prendre sa défense avec une arrogance incroyable … ]

    Content de le savoir. Mais en ce qui concerne les soutiens de Polanski, vous vous trompez totalement.
    Les soutiens, si il y avait eu une autre affaire de ce style avec un illustre inconnu (donc, si il y avait eu un cas où un inconnu avait commis une même faute que RP il y a 30 ans, été aussi roulé par son juge, fui pour les mêmes raisons, pas été récidiviste, vécu une vie honorable de réinsertion pendant 30 ans, et surtout, dont la victime aurait demandé l’arrêt des poursuites, et qui avait ensuite été piégé à 76 ans, par intérêt banquier), les soutiens de RP donc auraient tout autant pensé que c’est une arrestation bête et méchante. Alors vous me direz : « Mais ils n’auraient pas eu autant de ramdam, autant de gens dans autant de pétitions ». Donc en vous suivant, ça voudrait dire que tout un chacun n’aurait jamais le droit de se mobiliser pour une cause, du moment qu’il ne se mobilise pas en même temps pour chaque autre cause du monde. Je ne vois ici aucun procès en culpabilisation possible. Avez-vous lu le journal ce matin ? Avez-vous fait qqch pour aider une centaine de causes ? Je suis sûr que non, et je l’avoue, moi non plus. C’est impossible car il y a mille choses terribles par minute. De la même manière que tous les lecteurs de journaux voient chaque jour des guerres et des famines et trouvent ça terrible sans pour autant partir les armes ou la caméra à la main pour aider le monde entier (sauf parfois Kouchner ou BHL, pour mémoire), il y a des tas de gens (et pas seulement des privilégiés, je n’en suis pas) qui ont soutenu RP, car en plus de l’injustice de la situation il y a la vie et le cinéma de RP. Et ce n’est pas du copinage, ça, c’est de la passion. Je crois que vous comprenez bien la différence… En tous cas si vous la comprenez, s’il-vous-plaît ne faites pas semblant de ne pas la comprendre, on irait plus vite.

    Vous dites : [ … Alors oui, quand on est (comme vous semblez l’être) sous le coup d’une forte émotion … ]

    En effet je le suis, comme énormément de gens partout dans le monde, et encore une fois pas seulement des privilégiés.
    Mais contrairement à la rage qu’on a vue sur internet, notre émotion est constructive.
    D’ailleurs, quand on y pense, c’est incroyable… Il y a autant d’exemples de gens froids, cyniques, qui font tuer ou laissent tuer des foules entières (et là je ne suis pas parano, ce n’est pas internet qui le dit, c’est les journaux sérieux et les livres d’histoire), et qui sont « multi-récidivistes » n’est-ce pas, et qui ne se repentent pas, et qui font le crime à l’heure actuelle, et qui sont soutenus par des gouvernements… et la population lit ça dans le journal et tourne la page.
    Et là, là, pour une fois qu’un gouvernement veut que ne soit PAS emprisonné un créateur de rêve (ce n’est pas une excuse pour un crime encore une fois, j’écris cette parenthèse en soupirant), un homme qui s’est repenti et qui est tout sauf « récidiviste », eh bien, que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ? Je vous le donne en mille : on veut qu’il « crève en prison »!!
    J’ose espérer qu’un malentendu est à l’origine de ça. Alors il n’y a pas de honte, tout le monde peut être aveuglé un jour ou l’autre (je l’ai moi-même souvent été mais il n’y avait pas la vie d’un homme à la clé, donc ici c’est important), et on peut changer et ça peut même aider à d’autres choses dans la vie, mais, de grâce, de grâce : que cet aveuglement s’arrête.

    Vous dites : [ … la justice peut paraître froide. Mais cela n’empêche pas pour autant qu’elle soit nécessaire. Nous ne vivons pas dans un monde idéal … ]

    Nous devrions. Ou plus exactement on devrait essayer d’y tendre, c.à.d. faire passer la morale avant le droit, en somme que les articles de loi soient « éclairés » par la morale.
    Concrètement, à l’heure qu’il est, ça voudrait dire : simplement, intelligemment, considérer cette arrestation comme le petit piège qu’elle est (un ministre suisse pour donner un prix, un autre pour mettre les menottes), et donc non recevable, et libérer RP comme le gouvernement français, et aussi Mme Geimer, le demandent.

  • Vincent dit :

    Cher « Citoyen agacé »,

    Permettez-moi d’être plus clair :
    Je ne refuse pas la « froideur » dans certaines situations, mais lorsqu’elle a raison d’être. Tout comme la passion est bonne quand elle a raison d’être.
    Votre passion à vous (colère et pas haine, je veux bien le croire en ce qui vous concerne), cette colère donc, n’a pas de raison d’être, car elle est aveuglée envers les faits (sur le contexte de toute l’affaire RP, et sur le pourquoi des soutiens).
    Les soutiens, eux, leur passion a totalement raison d’être, car eux ne se trompent PAS sur les faits et le contexte. Car, que ces soutiens soient célèbres ou anonymes, ils connaissaient bien cette affaire (et c’est depuis 1997 si je me trompe que Mme Geimer demande l’arrêt des poursuites).
    Mais les « anti-RP », eux, on peut leur dire quoi que ce soit, ils ne voient pas les faits et le contexte, ils mettent devant leurs yeux une « grille de non-lecture » qui les aveugle.
    Même si on leur répète cent fois qu’à situation égale avec un anonyme l’arrestation serait tout aussi scandaleuse, que RP s’est repenti, qu’il a fui simplement parce qu’il risquait 50 ans de prison, etc, et que ni le génie ni les souffrances indicibles que Polanski a vécues ne sont des excuses mais que ces choses rendent tout simplement cette histoire d’un gâchis encore plus incroyable… Eh bien rien à faire. Rien à faire.
    Parce que ces anti-RP ont simplement une vision tronquée, à la base.
    Il faut bien voir ça.
    Comme le texte sur ce site agoravox que vous recommandiez dans un ancien message… ce texte a des propos profondément malhonnêtes, souvent assez haineux, jouant le propos hors du contexte… tout sauf un texte sérieux, je suis désolé, ce n’est pas recevable, on ne peut pas parler. Ce mélange de confusion et de rage est harrassant à lire. Et que dire des messages en-dessous : dans un film, je n’y croirais pas. On dirait une parodie de parodie de parodie de foule lyncheuse… La paranoïa montre son côté imparable, ce n’est plus la peine de parler. Quoi que BHL fasse, on l’attaquera : par ex. j’y ai lu au sujet de BHL, je cite :
    [ « Rappelez vous le patacaisse de ce monsieur pour le Darfour, qui lui a permis de faire des tribunes partout et d’écrire des bouquins… quid depuis plus de nouvelles ce n’est plus porteur… » ]
    (fin de citation).
    C’est imparable. Si mr. B.H.L. n’avait rien fait pour le Darfour, on dirait « il s’en fiche ».
    Quand il fait quelque chose pour le Darfour, on dit « c’est pour ses tribunes ».
    Quand il fait ensuite des choses pour d’autres causes que le Darfour, on dit « il arrête parce que ce n’est plus porteur ».
    Cette paranoïa est imparable !! Absolument imparable ! Comment voulez-vous sortir de ça ?!
    Le problème c’est que ces anti-RP ont des « impressions floues » qu’ils collent devant les faits, et ça les aveugle. Dans l’affaire Polanski, ces fausses impressions semblent mener le débat et peuvent jouer un rôle sinistre, et ça c’est effrayant, terrible. « Il sera peut-être trop tard » comme le disait justement Finkielkraut.

    Donc (bien sûr on peut mettre divers sens derrière ces mots mais je crois qu’on se comprend), je suis d’accord pour que, dans certains cas de la vie, une « froideur » soit au-dessus de la passion, et pour que parfois la passion soit au-dessus de la froideur. Mais pour savoir quand laquelle doit éclairer l’autre, c’est très simple : il faut voir quand laquelle (ou quand quelle combinaison des deux) rend le monde plus noble qu’hier, et pas plus laid qu’hier, parce que c’est pour ça que nous sommes sur terre, n’est-ce pas.
    Et souvent, pour savoir si c’est le cas, il faut calmement voir la vérité, le contexte des choses. Et les fausses impressions floues aveuglent complétement pour voir ça. Une fois qu’elles s’estompent, on voit l’évidence, et l’évidence c’est qu’il faut libérer RP.

  • Un citoyen agacé dit :

    Cher Vincent,

    j’ai lu avec intérêt vos commentaires. Votre plaidoyer est éloquent et je crois évidemment en votre sincérité.
    Vous dites que les impressions sont floues. C’est vrai et c’est pourquoi la justice doit être objective, se fonder sur des faits et non des sentiments. En cette affaire, les faits sont avérés (cf mon commentaire précédent),
    Je crois fondamentalement au droit d’expression, au droit de se mobiliser pour une cause mais je vois aussi une différence énorme entre se mobiliser pour protester contre un génocide, contre des abus de Droit, contre des épidémies, des famines… Et se mobiliser pour chercher à empêcher le procès d’un violeur d’enfant.
    Entendons nous bien, je ne suis pas de ceux qui hurlent et réclament la tête de M. Polanski. Je veux simplement que le Droit soit appliqué, que justice puisse être rendue, pour lui comme pour tout un chacun.
    Si son repentir est sincère (je n’en ai vu aucune preuve) je serais partisan qu’il soit retenu comme circonstance atténuante (la récidive est une circonstance aggravante mais son absence n’excuse pas les actes passés). Mais pour que tout cela puisse être pris en compte, le procès doit avoir lieu.
    Et c’est pourquoi je suis choqué de voir une telle levée de boucliers avant même que l’audience n’ait débuté. Car en réclamant la libération immédiate, sans comparution de RP, ce n’est ni plus ni moins que l’impunité pour un crime grave que vous demandez.

    Je crois comprendre que vous appréciez l’oeuvre de RP. C’est votre droit le plus absolu. Mais cela n’a rien à voir avec une affaire de justice.

    Vous évoquer la théorie d’un « piège suisse », très franchement je n’y crois pas un seul instant. Connaissant un peu les rouages de l’administration, je crois pouvoir vous assurer que la police ne communique guère avec la culture, même en Suisse.

    Enfin, vous évoquez les prises de position passées de M. BHL. Très bien, mais toutes les causes ne sont pas justes. Et en l’espèce, celle-ci ne l’est pas.

  • elseneur dit :

    Ecoutez Vincent,

    On ne défend pas une « vipère lubrique », on ne défend pas un « violeur d’enfants », voilà tout. Ou alors, c’est qu’on est une vipère ou un violeur soi-même. Logique d’intimidation dont F. Mitterrand a commencé à faire les frais.
    Enfermez un accusé dans un carcan de honte libidinale absolue et la meute salivera, impatiente de s’en repaître.
    Au besoin, la meute habillera sa haine d’un froid courroux pénalophile.

    Pour analyser cette affaire, vous ne pouvez vous dispenser d’une étude de la justice de moeurs aux Etats-Unis.
    Cette justice-là n’a rien à voir avec la justice ordinaire. C’est la justice des « délinquants sexuels » fichés à vie et dont la photo et l’adresse sont disponibles sur le net. C’est la justice d' »enfants » condamnés et fichés pour des jeux sexuels consensuels entre mineurs d’âge équivalent. C’est la justice qui permet de considérer que chaque photo de mineure nue présente sur un ordinateur constitue un crime distinct et ainsi de condamner un accusé à la prison à vie pour des délits visuels. C’est la justice qui condamne des individus fichés à vivre sous les ponts, loin de tout lieu où il pourrait croiser un mineur. Qui fiche un urineur en public ou un « mooner ». Alors, pensez donc ! RP qui débarque de Woodstock, à 76 ans, avec un costard 70s « relations illégales » retaillé en « viol sur enfant » en 2009 !

    Si cette justice-là blanchit RP, comment pourra-t-elle décemment continuer sa chasse aux pervers les plus ténus , pervers dont la définition s’élargit sans cesse ? Les partisans de la guillotine pour tous n’auraient pas fini de hurler si cette justice-là libérait RP !

  • Jori dit :

    L’assassin de la joggeuse avait été condamné pour le viol d’une enfant de 13 ans à 11 ans de prison.
    Il avait été condamné en 2002, en France, et avait été relaché en 2007, 5 ans plus tard seulement. Il aurait pu, comme Polanski, ne peut tuer une joggeuse à sa sortie, mais, on ne sait jamais ce qui peut se passer.

    Vous, BHL, dites que c’est un crime « moins grave » que le meurtre de la femme de Polanski.

    Et alors? C’est tout de même un crime passible de 11 ans de prison en France, ça me semble assez hideux pour avoir honte d’avoir un tel individu parmi ses amis. Pas une peine légère comme vous semblez presque l’insinuer dans votre note.
    Et ne parlons pas du délit de fuite.

  • mireille dit :

    Je ne savais pas que M. Polanski avait commis ce crime. J’ai appris tout cela il y a trois semaines. Il ne pouvait pas être jugé en France car il l’avait déjà été aux USA. Soit. Il doit beaucoup à ses avocats semble t -il ! Ce qui me bouleverse c’est qu’il y a 30 ans, le monde cinématographique et médiatique français l’a trouvé tout a fait fréquentable. Et en 30 ans aucun journal n’a publié tout ou partie des articles diffusés aux USA, aucun acteur ou réalisateur ou intellectuel n’a bronché. Ce fait était traité comme un secret dans les médias français. A quoi joue-t- on ? Pas vu pas pris ? Un viol sur une jeune fille qui est en train de construire sa sexualité n’est pas grave ? De plus Monsieur Polanski se paie le luxe de demander le classement de ce dossier. (Polanski has cultivated the image of a sympathetic victim who has been unfairly exiled from the U.S. That however, is not the case. He is not the victim. That title belongs to the 13-year-old he raped.) Lorsque les suisses mettent « cet homme délicieux » en préventive Monsieur BHL attend de la part de chaque français un soutien franc et massif mais il ne fait que provoquer une énorme perturbation à l’ordre public . La population française déteste les violeurs d’enfants et d’adolescents. L’impunité dans laquelle vit Monsieur POLANSKI est un trouble à l’ordre public. L’affection et la considération d’une élite dont Monsieur Polanski semble bénéficier est un trouble à l’ordre public. Seules les élites américaines et suisses semblent le comprendre

  • Vincent dit :

    Elseneur, vous commencez votre message avec « ecoutez Vincent », je crois que c’est une erreur, vous vous addressiez à qqn d’autre, je crois.
    (car je suis moi aussi convaincu qu’un procès serait tout sauf calme, equilibré… ils voudront faire un exemple… c’est ça que vous dites n’est-ce pas).

  • Vincent dit :

    Cher Citoyen agacé,
    Il faut admettre qu’on tourne un peu en rond. Je ne veux pas être sec mais je ne vois pas trop quoi ajouter, sinon à me répéter.
    Et je ne veux pas jouer l’avocat, mais comme on vit dans le concret, soyons froids pour un instant, et faisons juste la liste des choses bien concrètes que ce procès, qui je le répète n’a pas moralement lieu d’être, apporterait par ailleurs :

    (et je ne voudrais pas que des « anti-Polanski » aient l’impression que je parle de la victime comme un prétexte et qu’au fond je m’en soucie peu… Je sais moi que je veux réellement son bien-être et je n’ai pas à le leur prouver, ça me suffit de le savoir. Il n’y a pas encore de rayons-X pour la pensée mais si ils s’en procurent ils n’ont qu’à l’utiliser, ils verraient bien…)

    1. La victime (et sa famille) souffrira du procès et des médias. Son passé serait partout en une aux USA, et peut-être qu’une résilience en souffrira.
    2. Le passé de Polanski sera forcément, devant lui à la barre, rappelé par la défense pour plaider les circonstances atténuantes, et croyez-moi c’est le genre de passé qu’on essaie d’oublier.
    3. RP et sa famille seront séparés, peut-être pour 20 ans.
    4. « The Ghost » resterait un film inachevé, car j’ai lu que le mixage n’a pas encore été fait, et Polanski apporte toujours un soin absolu au son. P.ex. son film « Le Locataire / The Tenant » (qui parle justement de paranoïa) est peut-être, comme on l’a dit, le film où il y a le son le plus fascinant de toute l’histoire du cinéma.
    5. Il n’y aura peut-être plus jamais de films de Polanski.
    Voilà, entre autres, quelques points négatifs.

    Il y a un point positif :
    L’article de loi « imprescribilité », pourtant voté UNIQUEMENT pour des affaires totalement différentes que celle-là (celles où la victime ne parle qu’après des années), cet article aura été appliqué à la lettre ! Et avec un timing parfait, par la ministre suisse de la… justice.
    Voilà en gros le seul point positif. Comme on dit : « y a pas photo ».
    Et je dis le seul point positif, parce que, oui, je ne considère pas comme un point « positif » le fait que certains sableront peut-être le champagne au siège du Front National. Ca n’est même pas positif pour eux, ça.
    Ni que quelques lyncheurs exulteraient. D’ailleurs ça c’est important :
    Si Polanski était extradé, QUELQUES lyncheurs exulteraient.
    A mon avis, pas plus. Ce serait juste une sale matinée froide, et comme le disait très bien Finkielkraut la plupart des hurleurs déssaouleraient vite. Les gens ne sont pas majoritairement sadiques, ce n’est pas possible, ils sont aveuglés pour un moment. Et ça changera vite. (Sans comparer, je pense qu’un « abuseur d’adolescente » peut changer, je pense aussi que des gens qui après 30 ans hurlent « qu’il crève » peuvent changer)
    Quand ça changera, si c’est trop tard, il y aura alors un arrière-goût amer. Et en Suisse, croyez-moi, ce sale arrière-goût durerait bien plus que quelques décennies…

  • Un citoyen agacé dit :

    Cher(e) Elseneur,

    Je vous avais répondu mais visiblement mon commentaire a été effacé (charmant de voir qu’un « philosophe » pratique la censure)

    Pour reprendre succinctement mes propos car toute cette histoire commence vraiment à me lasser, je ferais simplement un rappel des faits que vous semblez ignorer.

    Vous cherchez à tout prix à écarter la notion de viol de cette affaire mais c’est pourtant bien ainsi qu’on doit qualifier les faits.
    Tout concorde : la déposition de la la victime, la confession de RP. Tout indique que la victime n’a jamais consenti aux rapports sexuels, qu’elle n’a cédé que sous la contrainte et l’intimidation.
    Alors certes, par la suite, les avocats de RP ont transigé avec le procureur (un « plea bargain » comme cela se fait couramment aux Etats Unis – et qui peut sembler déroutant pour les français).
    Dans cet accord, RP acceptait de plaider coupable à l’accusation de « rapport sexuel illégal avec une mineure » en échange de l’abandon de l’accusation de viol.
    Seulement voilà, en prenant la fuite avant la fin du procès, RP a invalidé ce « plea bargain » et le chef d’inculpation de viol peut à nouveau être retenu contre lui.
    La prescription ne s’applique pas car la justice américaine a lancé à l’encontre de RP des mandats d’arrêts successifs pour en suspendre l’application.
    Tout ceci est parfaitement conforme au droit (US et international)

    Je trouve donc votre indignation et vos propos limite agressifs quelque peu surfaits.

    Demander que la justice s’applique à RP comme à tout autre, ce n’est pas un excès de « pénalisme » ou de « haine », c’est simplement un souci de justice et d’équité.

    Encore une fois, il ne s’agit pas de « guillotiner » RP mais simplement qu’il comparaisse enfin devant la justice. (Et toutes vos divagations sur les excès judiciaires des Etats Unis ne changeront pas le fait que le viol d’une mineure est un crime grave et qui doit être jugé comme tel.)

    Je ne me reconnais nullement dans vos accusations de « foule enragée » ou de « froideur judiciaire », je suis simplement un citoyen qui connaît un peu le droit, qui respecte la justice et qui s’agace un peu de voir tant de personnes remettre en cause les principes fondamentaux du Droit au nom de quelques revendications subjectives.

  • Un citoyen agacé dit :

    J’ajoute un point supplémentaire,

    quand vous évoquez la version de RP, je pense que vous faites allusion aux propos de son livre et de ses déclarations publiques où il affirme que les rapports étaient consentants.
    Je rappelle juste que ces paroles et écrits, qui n’ont aucunement la même valeur que des déclarations faites officiellement devant des représentants de la justice à savoir :

    – la déposition officielle (sous serment) de la victime devant un grand jury (disponible ici : http://www.thesmokinggun.com/archive/polanskicover1.html )
    – la confession (sous serment) de RP devant la cour de LA (dans le cadre de son « plea bargain ») où il reconnait sa culpabilité et admet encourir entre 15 et 20 ans de prison pour ses actes (http://www.thesmokinggun.com/archive/years/2009/0928091polanskiplea1.html)

    Par souci d’objectivité, je mentionne également le rapport du « probation officer » de RP à l’époque qui se montre assez indulgent par rapport aux actes de RP et qui fait état d’un rapport psychiatrique selon lequel RP n’a pas de tendances pédophiles.
    Ce sont là des éléments qui doivent être pris en considération lors du procès, que je souhaite équitable, de RP.

    Mais c’est à un tribunal qu’il revient de juger les actes de RP, pas à vous, à moi, à quelques artistes, philosophes ou ministres. Cela s’appelle la justice et si l’on commence à faire des exceptions, des écarts ou des contournements de cette règle, alors on passe de l’Etat de Droit à celui d’arbitraire.
    C’est ce qu’il faut à tout prix éviter si nous voulons protéger notre fragile démocratie et c’est pourquoi j’attache une telle importance à cette affaire.

  • elseneur dit :

    @ citoyen agacé

    « Tout concorde : la déposition de la la victime, la CONFESSION de RP. Tout indique que la victime n’a jamais consenti aux rapports sexuels, qu’elle n’a cédé que sous la contrainte et l’intimidation… la confession (sous serment) de RP devant la cour de LA (dans le cadre de son « plea bargain ») où il reconnait sa CULPABILITÉ »

    Vous avez eu raison d’écrire « tout concorde » en premier. Votre intention de faire plier les faits devant vos présupposés est ainsi plus nette. Vous jouez, à mon sens intentionnellement, sur les mots. Si RP a, comme vous le dites, reconnu sa responsabilité, c’est uniquement sur le fait d’avoir entretenu des relations ILLEGALES. Il ne reconnaît aucun viol.
    Quant aux déclarations de la jeune fille, le fait qu’elles aient été recueillies sous serment n’est pas un sceau de vérité.
    Ce qui concorde bien en revanche, c’est votre intérêt à poser le « viol d’enfant » en prémices pour légitimer votre droit moral à demander réparation pour une « victime » qui ne demande rien et le sacrifice humain du coupable démocratiquement désigné.
    Vous semblez mal connaître le « plea bargain ». C’est, comme son nom l’indique, un accord global que même des innocents complets peuvent être amenés à accepter, faute d’être sûrs de pouvoir prouver leur innocence au procès.

  • elseneur dit :

    @ Vincent

    « Il y a un point positif :
    L’article de loi « imprescribilité », pourtant voté UNIQUEMENT pour des affaires totalement différentes que celle-là (celles où la victime ne parle qu’après des années), cet article aura été appliqué à la lettre ! Et avec un timing parfait, par la ministre suisse de la… justice. »

    Je n’arrive pas à voir le point positif, à moins qu’il ne s’agisse d’une ironie voilée. Cette »imprescriptibilité » n’a pas fini d’enrichir les cabinets d’avocats et de donner l’occasion à de basses vengeances ou à de sordides intérêts de s’exercer.

    « « The Ghost » resterait un film inachevé »

    Là franchement, je ne vois pas en quoi cet argument peut avoir la moindre validité. Tout accusé à tort ou de façon excessive a certainement des choses à réaliser dans sa vie. Comme l’a bien dit BHL, RP est un exemple, un symbole, du gâchis total d’une vie pour des faits jugés hors contexte si longtemps après des faits sans victime. RP n’est qu’un élément permettant d’éclairer l’aspect effrayant de la justice « sexuelle » aux Etats-Unis. Cela ne signifie pas que RP n’ait rien fait de répréhensible il y a 32 ans mais que la survalorisation excessive du sexuel judiciarisé entraîne non seulement un acharnement excessif (RP) mais aussi des erreurs judiciaires terribles.
    Je conseille très vivement d’imprimer le dossier ahurissant de l’affaire Bernard BARAN (parmi des milliers d’autres !) http://www.freebaran.org/chron.php

  • Un citoyen agacé dit :

    Cher Vincent,

    vous me pardonnerez à votre tour d’être un peu sec, comme je le fais bien volontiers pour vous.
    Il me semble en effet que le clivage est profond dans cette affaire.
    Je crois comprendre vos intentions en défendant RP et d’une certaine façon, elles sont louables. Mais elles vont à l’encontre de la bonne application du Droit et de la justice.

    Je me permets de répondre dans l’ordre à vos remarques :

    1) C’est possible, et c’est regrettable. Un procès plus rapide eût été souhaitable pour le bien psychologique de la victime, mais la responsabilité en incombe à RP qui a fui la justice à l’époque.

    2) Là encore c’est regrettable, mais je pense que ce sont les avocats de RP qui soulèveront son passé pour plaider des circonstances atténuantes.

    3) peut-être (la sentence n’est pas encore rendue) mais je pense que chacun doit assumer la responsabilité de ses actes. RP a commis un crime, il doit assumer, son épouse savait qu’elle épousait un criminel fugitif. C’est regrettable pour ses enfants bien sûr mais d’un autre côté, RP a bénéficié de 30 ans de vie luxueuse alors qu’il aurait probablement été en prison…

    4 et 5) Sans doute regrettable, le film ayant l’air intéressant mais la justice ne peut s’arrêter à de telles considérations.

    En points positifs.
    vous parlez de l’article « imprescriptibilité » mais il s’agit de là de Droit français et qui ne s’applique pas en l’espèce. de toute façon, la prescription a été suspendue par les mandats d’arrêts successifs lancés par la justice américaine.

    J’ajoute ce qui est pour moi le point principal de cette affaire. Le Droit aura été respecté. La justice aura été rendue. Je n’en tirerai que la satisfaction de savoir que l’arbitraire aura été repoussé et que l’égalité des droits reste une valeur réelle. C’est plutôt le contraire, (à savoir que le fait du Prince dépasse la justice et que les puissants sont protégés) qui me laisserait un mauvais arrière goût.

  • Un citoyen agacé dit :

    chère Mireille,

    je crois en effet que peu de gens en France connaissaient cette affaire et cela a permis à RP de mener des jours fastes et tranquilles.

    Le milieu « artistique » est en effet une vaste famille qui a tendance à se serrer les coudes et à pardonner facilement les écarts de ses membres.

    C’est pourquoi il est important de leur faire entendre la réalité qui est que la Loi est la même pour tous et que la justice sera rendue.

    Il faut également saluer les quelques voix dissidentes au sein de ce milieu (surtout aux Etats Unis, mais aussi comme Luc besson en France) qui ont affirmé l’importance de laisser oeuvrer la justice dans cette affaire.

  • Un citoyen agacé dit :

    @ Elseneur,

    Je me contente de constater les faits et je connais très bien le principe du « plea bargain » merci.

    Vous semblez accordez plus de valeur à des déclarations officieuse d’un homme qui à tout à gagner en mentant qu’aux déclarations sous serment d’une jeune fille qui elle n’a rien à gagner à gagner et tout à perdre… C’est votre droit, mais je trouve qu’accuser Samatha Geiner de parjure est une conduite assez déplorable (malgré son pardon à RP, elle n’est jamais revenue sur sa déclaration sous serment. )

    La confession de RP est assez parlante. Il reconnaît les faits (et le fait qu’il encourt 15 à 20 ans de prison).
    le chef d’accusation de « relations illégales » qui fait l’objet du « plea bargain » est l’un des 6 initialement retenus contre lui et équivaut en droit Californien au « statutory rape » (viol staturaire)
    Bref, vous jouez sur les mots.
    Tout cela ne change pas le fait qu’en fuyant, il s’est rendu à nouveau passible des 6 chefs d’accusation, dont le viol pur et simple.

    Peu importe de toute façon, car comme je en cesse de le répéter, ce n’est pas à nous mais à un tribunal de juger RP. C’est seulement ainsi que la vérité ressortira, que justice sera faite et que nous pourrons ainsi mettre cette affaire derrière nous.

    Je constate également que je présente des faits et des arguments rationnels et que vous répondez par des affirmations non fondées, des accusation sans fondements et de rhétorique creus (« sacrifice humain »… et puis quoi encore, vous allez nous en faire une brebis innocente?).
    Pour ma part, je n’ai aucun autre intérêt que celui de la justice.
    Si vous n’avez pas d’arguments réels à concrets à présenter pour justifier votre position, je considère qu’il ne sert plus à grand chose de tourner en rond.

  • Vincent dit :

    Cher Citoyen agacé,

    Je sais qu’on ne va pas se convaincre, c’est évident, mais enfin voilà.

    Il est dommage que la justice américaine ou suisse ne prévoie pas d’autres voies, pour ce genre de situation où nous sommes.
    Je ne sais pas, moi… au lieu d’emprisonner RP de cette façon mortifère, qu’on fasse autre chose.
    Par ex. qu’ils lui donnent l’amende la plus élevée de l’histoire de l’humanité, qu’ils prennent tout son argent jusqu’au dernier centime, et tout ce qu’il a ! Et qu’il vive dans une chambre de bonne, mais au moins avec sa famille et en faisant ses films !
    Mais non, il est en prison, et je m’excuse à l’avance de me répéter, mais : avec un procès c’est simple : rigoureusement tout ce qui doit se fermer, on l’ouvrira. (les blessures) Et tout ce qui doit s’ouvrir, on le fermera. (la famille, le cinéma, etc)

    Comme la justice est parfois une machine qui ne pense pas, c’est pour ça qu’il faut penser pour elle parfois, et intelligemment éviter ce genre de situation où le strict légalisme « piège » la vraie morale.
    C’est une machine qui piège.

    Je disais : [« Le passé de Polanski sera forcément, devant lui à la barre, rappelé par la défense pour plaider les circonstances atténuantes, et croyez-moi c’est le genre de passé qu’on essaie d’oublier »]
    Vous dites : [« Là encore c’est regrettable, mais je pense que ce sont les avocats de RP qui soulèveront son passé pour plaider des circonstances atténuantes »]

    Oui, ses avocats, c’est bien ce que je dis. Car forcément ils le feront pour son bien, pour éviter qu’il prenne le maximum et c’est réellement une circonstance atténuante d’avoir vécu ça quelques années avant. Mais donc si on peut éviter un procès c’est bien mieux.

    Je dis : [« La victime (et sa famille) souffrira du procès et des médias. Son passé serait partout en une aux USA, et peut-être qu’une résilience en souffrira » ]
    Vous dites : [« C’est possible, et c’est regrettable. Un procès plus rapide eût été souhaitable pour le bien psychologique de la victime, mais la responsabilité en incombe à RP qui a fui la justice à l’époque » ]

    Oui, et on peut continuer… Sa fuite en incombe au juge corrompu de l’époque…
    D’où la « machine qui piège », dont je parlais.
    Vous comprenez, pour prendre une métaphore, c’est comme si cette machine piègeante était un jeu d’échecs qui rend progressivement l’air irrespirable pour tous les joueurs. Pour tous : pour la victime, pour Polanski, pour tout le monde, et aussi pour les « hurleurs » même si ils ne le savent pas encore… (oui car pour l’instant, ils croient que le monde y gagnera si RP est en prison.)
    Alors autant faire une pause à ce jeu d’échecs, faire calmement un pas en arrière pour regarder la table (et d’ailleurs quand je disais « D’où on parle », dans un autre message, je voulais dire aussi ça quelque part), et donc voir l’absurdité de ce jeu, et arrêter. (Sauf évidemment si on pouvait inventer une nouvelle règle, p.ex. : « que la justice suisse/US prenne maintenant tout l’argent de Polanski et le laissent vivre », mais ça n’est pas possible. Alors…)

    Pour conclure, vous disiez : [« J’ajoute ce qui est pour moi le point principal de cette affaire. Le Droit aura été respecté. » ]

    J’entends votre point de vue.
    Mais, et ce que je vais dire est juste du contexte et pas un argument juridique, que ça ne soit pas mal compris… D’ailleurs il est si difficile de dire qqch dans un forum sans que des gens le comprennent mal et sautent dessus… Il faut 20 lignes pour dire qqch, il faut 3 mots pour l’annuler. Comme dit Alain Finkielkraut, dans une pancarte de manifestation il n’y a malheureusement pas de « notes en bas de page », et il en faudrait peut-être, même si forcément un message, qu’il soit bon ou mauvais d’ailleurs, serait moins entendu…
    Mais donc, ce n’est pas un argument juridique, mais pour faire un pas en arrière je vous invite vivement, si ce n’est pas déjà fait, à lire l’autobiographie de Polanski, voir ses films, et aussi le documentaire de Marina Zenovich, et à bien voir que, pour lui, tout a été détruit dans son enfance, et qu’il a tout reconstruit. Puis, en 1969, pour lui, tout a été à nouveau détruit. Et qu’il a, à nouveau, tout reconstruit après. Je n’essaie pas de vous tirer la larme à l’oeil, mais de rappeler la pure réalité, ça compte quand même. Est-ce qu’on va enfermer qqn comme ça dans un cachot jusqu’à ce qu’il meure ? (car ça dépend du jury, c’est très aléatoire.) A nouveau tout détruire en 2009 ? Non, il ne faut pas.
    Les soutiens, c’est ça qu’ils disent, c’est tout ! Et pas : « Diantre !! Laissez donc tranquille notre
    riche/collègue/artiste/célébrité/etc/etc » (cocher la case correspondante selon le malentendu.)

    Donc au sujet des soutiens, vous admetterez qu’il y a une sacrée différence entre la vision paranoïaque et la réalité…

    Enfin voilà, je ne pense pas qu’on se convaincra, mais c’est juste mon avis.
    Cordialement

  • Vincent dit :

    A Elseneur et Citoyen agacé :

    A Citoyen agacé : vous parliez de censure ici, je crois que vous vous trompez. Il y a des modérateurs et c’est normal !
    Peut-être un détail technique interne à ce site a pu provoquer votre confusion :
    il se trouve que lorsque vous postez un message ici, il apparaît intantanément sur votre ordinateur, mais n’a pas forcément déjà été posté.
    (Donc si qqn m’avait posé une question et que je n’ai pas répondu, désolé mais c’est parce que je ne l’ai pas vu !)

    A Elseneur :
    Oui, quand je parlais du « point positif », bien sûr c’était de l’ironie !
    En effet, suivre cet article d’imprescribilité à la lettre dans cette affaire, c’est un peu absurde, car à l’époque les suisses l’ont voté uniquement en pensant aux victimes qui parlent des années après. (c’était uniquement ça l’argument du référendum) Or dans cette affaire Mme Geimer a parlé tout de suite. Polanski est donc une victime collatérale de cette loi qui englobe tous les cas sans faire le détail.
    Et quand je parlais de The Ghost qui resterait inachevé, je sais bien que ce n’est pas un argument juridiquement valide, je ne parlais pas de justice là, je dis juste que c’est si dommage de couper comme ça une oeuvre. Comme vous dites, c’est un gâchis.

  • elseneur dit :

    @ Vincent
    « Polanski est donc une victime collatérale de cette loi qui englobe tous les cas sans faire le détail. »

    Il est surtout victime de l’esprit qui a porté cette loi : l’état de panique morale dans lequel les populations ont été plongées depuis l’affaire Dutroux et les Marches Blanches. Ces marches ont indiqué aux politiques qu’ils avaient tout à gagner à sacrifier leurs brebis galeuses sexuelles ou à en inventer, ou à en chercher dans le passé. Mettez par là-dessus les groupes d’intérêts (associations, avocats, psys de tout acabit) qui avaient intérêt à faire monter la sauce et vous avez un début d’explication.
    Ce mouvement vient justement des Etats-Unis et a été décrit avec justesse par le reporter Edouard Behr dans son livre « L’Amérique qui fait peur ». Si vous lisez l’anglais et avez un minimum de connaissances juridiques, je vous invite à suivre le lien sur l’affaire Bernard Baran (22 ans de prison pour rien) avec la chronologie de cette chasse aux sorcières à côté de laquelle Salem est une plaisanterie. En France même, l’affaire d’Outreau est loin d’être une exception. http://blogdesinnocents.canalblog.com/

    Evidemment, RP n’est pas complètement innocent. Il faut le répéter : il aurait été reconnu à l’époque (en France) coupable d’attentat à la pudeur sans violence ce qui dans le contexte et pour un délinquant primaire lui aurait certainement valu une condamnation avec sursis. C’est dans cet esprit qu’il a été accueilli en France ou personne, pendant 30 ans, n’a évoqué de « viol ». Il a fallu son arrestation et sa chute pour que les charognards s’en mêlent.

    Mais, bien évidemment, il ne peut être défendu en tant que people ou ancienne victime. Il n’est que le symptome éclatant car célèbre d’un emballement tragique et d’un engouement malsain pour une justice « sexuelle » qui étend sans cesse son champ d’action et de contrôle. Panem et circenses.

  • Un citoyen agacé dit :

    Cher Vincent,

    se convaincre, non… Probablement pas, mais au moins nous parvenons à communiquer de façon raisonnable ce qui n’est déjà pas mal.
    Comme je vous l’ai dit, je comprends bien vos intentions et je les trouve même louables d’une certaine façon.
    D’un point de vue purement factuel, je ne vois pas non plus grand intérêt à mettre RP en prison. Il n’est probablement pas un danger pour la société.Reste la valeur dissuasive de la peine mais en en cas précis, cette valeur est sans doute discutable.

    Néanmoins. et je en peux qu’insister sur ce fait, je reste profondément convaincu que seul un tribunal est en mesure de juger des faits criminels. C’est notre protection contre l’arbitraire et le fait du prince. Des gens ont lutté et sont morts à travers les siècles pour arracher ce droit et je m’inquiète de le voir remis en question si facilement.

    Le temps doit-il tout effacer? Un fugitif qui échappe assez longtemps à la justice doit-il être pardonné pour ses crimes? Ce sont des questions pour le législateur.
    La loi actuelle autorise le procès de RP. Il faut appliquer. Commencer à faire des exceptions, des cas particuliers, c’est remettre en cause l’égalité de tous devant la Loi. Je m’y refuse.

    RP a violé la loi, il l’a reconnu à l’époque, il savait la peine qu’il encourrait. Malgré cela, il a fui la justice. (vous parlez d’un juge corrompu (très franchement, je manque d’éléments suffisants pour avoir un avis, ce que j’ai vu de la procédure me semble régulier) mais aux Etats-Unis, c’est de toute façon un jury qui se serait prononcé.

    Alors le procès doit avoir lieu. Il aurait du avoir lieu il y a 32 ans. L’issue en aurait peut être été plus favorable pour RP à l’époque. Mais encore une fois il a fui, il a aggravé lui même son cas. C’est sa responsabilité.

    Par contre, je suis beaucoup moins indulgent que vous pour tous ceux (artistes, ministres etc…) qui ont pris sa défense. Leurs propres paroles les condamnent. quels arguments ont-il mis en avant. Ils n’ont pas humblement sollicité la clémence de la justice. non ils ont avec une arrogance délirante, exigé qu’on libère leur « ami » au nom de son talent.
    Non, on ne me fera pas croire que ces gens là, souvent les mêmes qui réclament des peines sévères lorsque *leurs* intérêts sont touchés, sont motivés seulement par la mansuétude et la grandeur d’âme.

  • Vincent dit :

    @ Elseneur,

    En effet, je n’ai pas lu ces cas mais je vous crois sur parole, j’avais vu une émission de TV effrayante à ce sujet, sur des cas qui avaient été prouvés comme erreurs judiciaires et où il y avait une vraie hystérie avant de savoir quoi que ce soit. Des gens ont perdu leur travail et bien plus. C’est la crispation avant d’écouter, l’hystérie. Mais d’après mon souvenir, c’était l’entourage de ces gens qui créaient ces rumeurs, pas une association. Il y avait d’ailleurs un téléfilm très noir dernièrement avec Daniel Prévost, un Simenon, sur la rumeur.
    Dans le cas de RP il y a une faute réelle mais la similitude est en cela que les réactions sur internet sont ultra-disproportionnées.
    Au sujet des associations : je ne peux pas parler des autres je n’ai pas lu leur position, mais j’admire vraiment l’association Marche Blanche : elle est contre l’incarcération de RP car elle écoute les victimes et c’est tout. Ca ce n’est pas le puritanisme mais la pureté ! Logiquement ces gens n’ont pas besoin de crisper quoi que ce soit ni de vouer aux gémonies, puisqu’ils croient à une chose vraiment juste. Le reste n’a donc pas lieu d’être.

  • Vincent dit :

    Cher Citoyen agacé,

    [ Probablement pas, mais au moins nous parvenons à communiquer de façon raisonnable ce qui n’est déjà pas mal ]

    Oui en effet, c’est déjà bien.

    [ vous parlez d’un juge corrompu (très franchement, je manque d’éléments suffisants pour avoir un avis, ce que j’ai vu de la procédure me semble régulier ]

    Eh bien voilà, vous manquez donc d’éléments.
    Permettez-moi de vous signaler que dans le documentaire de Marina Zenovich vous verrez quelqu’un qui dit que cette procédure était une imposture. Bon. Mais ce n’est pas un fumeur de joint ami de Polanski qui dit ça. C’est… l’avocat de l’accusation.
    Ce que vous y verrez aussi, c’est que Polanski est parti en Europe deux fois : d’abord avec l’accord du juge, pour gagner un peu d’argent après sa peine de prison. Et il est donc ensuite revenu aux USA, pour une suite possible de sa peine. Il aurait pu rester en Europe! Ce n’est donc pas un type qui essayait de fuir à la première occasion. Ensuite il a vu (entre autres) le juge rompre un accord. Puis, ensuite, le juge lui a proposé un second accord. Comme ce dernier avait déjà menti, RP s’est dit qu’il ne pouvait plus lui faire confiance et risquait trop. Et surtout d’être confiné avec des criminels dangereux. Et c’est là qu’il est parti, la seconde fois, sans revenir.

    Plus tard aux USA les deux avocats (accusation et défense) ont demandé, ensemble, à ce que le juge soit destitué car il n’était pas honnête, ce qui fut fait.

    RP wanted and desired est depuis longtemps en dvd zone 1 (sous-titres anglais seulement).
    J’aimerais qu’il passe à la TV pour que les gens le voient.

    Vous dites : [ « Par contre, je suis beaucoup moins indulgent que vous pour tous ceux (artistes, ministres etc…) qui ont pris sa défense. Leurs propres paroles les condamnent. quels arguments ont-il mis en avant. Ils n’ont pas humblement sollicité la clémence de la justice. non ils ont avec une arrogance délirante, exigé qu’on libère leur « ami » au nom de son talent. » ]

    Je ne peux que vous renvoyer à ce que disais dans mon ancien message.

    Ceci dit, le texte des pétitions était assez court, et a favorisé le malentendu.
    C’est pour ça qu’ensuite, il y a eu des explications détaillées de p.ex. BHL et Finkielkraut, qui se mobilisent passionnément pour cette cause.
    J’ignore si ces explications ont convaincu certains, ou peu ou beaucoup.
    Sur internet j’ai vu des commentaires acerbes mais j’ignore combien de gens ça représente, est-ce beaucoup, ou est-ce carrément l’extrême-droite qui prend ça comme un prétexte et se manifeste à répétition ? Les convaincus parlent-ils moins ? Aucune idée.

    Est-ce qu’il faudrait plus de clarifications, à la TV p.ex. de la part de quelque pétitionnaire, ou est-ce que ça ne sera pas écouté et juste vu de loin comme une image encore plus agaçante ?

    Elseneur, qu’en pensez-vous ?

  • Un citoyen agacé dit :

    Cher Vincent,

    j’ai dit que je manquais d’éléments. J’aurais sans doute dû préciser. Je manque d’éléments concrets sur la « corruption » du juge de l’affaire. (je crois que personne n’en a ou en tout cas, ils n’ont pas été publiés.)

    Par contre je connais assez bien le dossier. Vous parlez du film de Marina Zenovich comme s’il constituait une preuve mais ce n’est que l’opinion d’une réalisatrice et le film est tout sauf objectif. Le témoignages qu’ils comportent sont assemblés de façon à plaider la cause défendue par la réalisatrice (certains ont d’ailleurs été démentis depuis…) Et certains des arguments soulevés par le film sont franchement assez nauséabonds et/ou hors sujet.).

    concernant le malentendu sur le texte de la pétition. Quand on écrit ce genre de choses, on fait un peu plus attention, on réfléchit, on pense à l’impact que ça va avoir.

    Et j’ai suivi avec attention les différentes déclarations des uns et des autres dans les médias. Je n’y ai rien vu de convaincant.

    Je trouve excessif certains des commentaires mais je comprends et je partage la colère de tous ceux qui voient un gouvernement et des artistes si prompts à les condamner et tout aussi prompts à réclamer l’impunité pour leur ami violeur d’enfant

  • Etienne dit :

    Chers correspondants légalistes,

    Il n’est jamais très fin de récriminer la bêtise en vue de la faire taire. Par là, au contraire, on en grossit les cris de révolte qui sont toujours infondés. Mais enfin quand un peu partout, en octobre 2009, on entend: “Bravo aux Suisses de livrer le pédo à la justice américaine ! Honte à ceux qui osent défendre Polanski !”, on est en droit de se poser des questions fondamentales. Et avant toute chose de se ressouvenir de ce fait, historiquement avéré, que la vindicte populaire, au plus perçant de son hystérie, a toujours cherché appui sur ce qu’elle croyait être la Justice mais qui n’était en réalité qu’une réglementation aléatoire, tributaire des moeurs d’une époque. C’est sur ce socle de conventions que se tient la police pour arrêter ou au contraire protéger des hommes et des femmes en situation régulière ou irrégulière, selon l’époque. Les règles sont là pour être appliquées, certes, mais constituent très souvent aussi une assise confortable à ceux qui n’aiment pas penser ou en sont tout bonnement incapables, lors du débat public… D’où peut-être cet acharnement légaliste contre Roman Polanski ? Evidemment, un abuseur sexuel est un abuseur sexuel. Mais il porte atteinte aux bonnes moeurs s’il vit à l’époque “David Hamilton” et il devient un monstre à castrer au temps d’internet. A-t-on seulement la faculté d’en tenir compte ? “Il n’avait qu’à pas s’évader à l’époque David Hamilton !” Si seulement il avait été soumis à un procès équitable… Ou encore: si seulement il n’était pas resté célèbre jusqu’au temps d’internet ?… Mais enfin voilà, ces questions ayant été largement débattues par des intervenants autrement plus subtils que moi, je propose à la foule lyncheuse et aux gardiens des bonnes moeurs de considérer un instant, et uniquement si le coeur leur en dit, la dangereuse dérive de la pensée binaire à laquelle probablement ils se sont laissés aller, quand ils scandaient, sous toutes les déclinaisons possibles: “La Loi, c’est la Loi.”

    Il y a deux sortes de pensée; la première, concrète, tient compte des faits; la seconde, abstraite, tient compte des idées. Se soustraire à l’une ou à l’autre, c’est se limiter intellectuellement. La résolution d’un problème par la seule pensée concrète appelle une solution quasi mathématique. La solution logique – finale – procède d’un axiome qui effraie l’intellectuel par ce qu’il a de définitif et de sommaire en même temps. C’est elle qui veut qu’on livre un homme à la justice américaine quand cet homme a fait faux bond à la justice américaine. Punkt Schluss. Sans réfléchir plus loin. Sans prendre en considération, par exemple, les avanies et la partialité de la dite justice américaine dans cette affaire. Par cela déjà, on aurait refusé d’épouser automatiquement les directives de certains mandats et l’on se serait mis à agir sous l’influence d’une pensée humaniste. Il est vrai que cette dernière n’est pas le lot de chacun ni de toute profession d’ailleurs: dans l’exercice de sa fonction, une police travaillée par des pensées profondes, ce serait presque dangereux… Il est cependant tout aussi dangereux qu’un gouvernement censé diriger sa police soit en fait dirigé par sa police et qu’il avance, pour justifier une arrestation qui le surprend lui-même, un argumentaire qui ne dépasse pas le niveau de réflexion purement fonctionnel de ses agents coercitifs. Or en Suisse, nous vivons sous ce gouvernement. L’état policier, celui des fiches, des écoutes et des imbéciles sanctions préventives était, aurait-on pu croire, plus ou moins confiné au territoire du pays qui stoppe un académicien de 76 ans dans les conditions que l’on sait. Mais non. Il a fallu assister à l’applaudissement généralisé d’une France qui perd visiblement de son génie.

    Votre génie, ce n’était certainement pas la pudibonderie gueulée par le Front National. Ce n’était pas non plus les incantations à l’angélisme et à l’hygiénisme qui prévallent actuellement dans des cénacles naguère contestataires. Où va le monde si la France elle-même, symbole de la pensée libre, se livre à la chasse aux sorcières? Si des ministres doivent s’excuser à 20 heures sur la première chaîne pour avoir osé dire, écrire et surtout penser – penser ! – librement. C’est le monde à l’envers: c’est le peuple qui devient conformiste, procédurier et ce sont les dirigeants – baillonnés par une opinion publique déchaînée – qui deviennent soixante-huitards ! Non, je ne confonds pas tout, non je ne suis pas hors de propos quand je dénonce ici le mauvais esprit, l’esprit de méfiance, celui de la délation et de la diffamation. Je suis triste que cet esprit se soit emparé du pays de Montaigne et de son “Que sais-je ?”, des sublimes divagations parnassiennes, du culte romantique de l’audace, du surréalisme… Imaginez-vous Voltaire, Guitry ou Gainsbourg venir vous appuyer dans votre “Punkt-Schluss-Fertig” ? La pensée binaire, la pensée informatique, n’a pas fini de ravager l’esprit humain qui se replie peureusement sur l’indubitable des lois, pour être sûr de ne pas se tromper. C’est regrettable. L’union fait la force, souvent pour le meilleur; elle le fait aujourd’hui pour le pire, via internet. Je plains les victimes d’abus sexuels, je plains les victimes de toute forme de lynchage mais je plains aussi les lyncheurs qui confondent rigueur morale et rigidité intellectuelle. Bientôt, leurs courtes raisons débanderont et alors, ils regretteront d’avoir suivi des instincts de mort.
    C’est un Suisse qui vous le dit.

    P.S. Comme le propose très sagement Vincent, regardez “Polanski: Wanted and Desired” avant de vous prononcer sur cette affaire.

  • Un citoyen agacé dit :

    Cher Etienne,

    Effectivement, les temps changent, les moeurs aussi, la loi aussi. A certaines époques et dans certains pays par exemple, un homme pouvait violer une fille de 13 ans en toute impunité, voire même, c’est elle qui se trouvait punie si elle osait en parler.

    Ce n’était pas le cas en 77, ce n’est pas le cas aujourd’hui. Cela s’appelle le progrès (oui, j’ose le dire, ce n’est peut-être pas politiquement correct, mais certains systèmes de valeurs valent mieux que d’autres.)

    Dans tous les arguments qui ont été exposés pour défendre RP, je n’en ai vu aucun qui donne la moindre raison concrète selon laquelle il ne devrait pas passer en jugement.

    Puisque selon vous, demander qu’on laisse faire la justice, c’est de l’hystérie, je doute que vous appréciez mon propos (visiblement vous n’avez pas confiance en la justice, mais qui selon vous doit juger d’un crime?). Pour moi, l’hystérie ce sont ceux qui hurlent, qui demandent sa tête, sa castration, que sais-je, mais aussi ceux qui ne peuvent comprendre cette réaction de colère pour ce qu’elle est et qui cherchent à l’utiliser pour justifier l’indéfendable, ceux qui se sont rués tête baissée pour le défendre sans prendre le temps de la réflexion, ceux qui condamnent par anticipation la justice américaine, avant même le début du procès.

    J’ai vu le film de Marina Zenovich, je l’ai trouvé partial, voire parfois mensonger et manipulateur. Il ne m’a pas du tout convaincu.

    Je l’ai déjà dit mais je tiens à ce que cela soit clair. Je ne me soucie pas de la culpabilité de RP, je m’oppose simplement à cette attitude selon laquelle la justice n’est pas pour tout le monde, que dans certains cas, elle doit passer son chemin… Je trouve cela incompréhensible. Sur quels critères selon vous la justice doit-elle décider qui juger et dans quelles affaires elle a le droit de se prononcer?

    Ce que vous proposez, ce n’est ni plus ni moins que le retour de l’arbitraire, de l’époque où certains échappaient à la justice en vertu de leur rang. Et oui! Si j’en crois leurs écrits, je pense que Voltaire, Montesquieu, tous les philosophes (les vrais) des Lumières, ceux qui ont justement combattu l’arbitraire toute leur vie, seraient de cet avis.

  • elseneur dit :

    @ Etienne

    Votre remarquable intervention mériterait un commentaire détaillé. Le temps me manque.

    “Il n’avait qu’à pas s’évader à l’époque David Hamilton !”

    Après les folles années 70s, « drugs, sex etc… » et leurs inévitables excès, une réaction puissante a commencé au moment même où l’affaire RP à éclaté. Début 1978, le mouvement « Save our children » d’Anita Bryant a connu un succès éclatant. Elle a réussi à mêler dans un même mouvement l’ultra bigoterie de l’Amérique profonde et l’ultra féminisme issu de la révolution sexuelle. L’affaire RP se situe donc à une période charnière. L’Amérique, après des excès, s’apprête à basculer dans une chasse aux sorcières sexuelle démesurée qui se poursuit de nos jours.
    C’est sans doute ce retournement et ses conséquences imprévisibles qui a poussé RP à s’expatrier.

    Le second problème semble résider dans l’incompétence de ses avocats. Ils auraient dû savoir que dans l’Amérique d’aujourd’hui, les relations illégales n’existent plus et que toute relation avec une mineure tombe sous le coup du viol statutaire. On se souvient que Jackson a échappé de justesse à 20 ans de prison pour de simples attouchements. Si RP avait fauté aujourd’hui, il aurait été condamné à la prison à vie. Il semble donc particulièrement maladroit d’invoquer la partialité du juge de l’époque alors que ce qui pouvait passer pour de l’acharnement il y a 30 ans, serait vu aujourd’hui comme un odieux laxisme.
    On remarquera aussi la présence de la « victime » et de sa mère (!) en tenue de gala pour la première du film visant à réhabiliter RP !

  • elseneur dit :

    @ citoyen

    Vous employez le mot « viol » comme si sa définition était immuable. Aujourd’hui, toute relation illégale est un viol. Ce qui amène à traiter à égalité des infractions violentes et/ou manifestement abusives et des situations illégales où la loi sur la majorité sexuelle a été violée quelque soit la maturité sexuelle ou le degré de consentement de la « victime ». C’est une aberration qui conduit à détourner l’attention des prédateurs sexuels violents.
    Vous considérez comme acquis que la fille a refusé son consentement. RP affirme le contraire et détaille les évènements dans son autobiographie. Il est donc particulièrement partial d’invoquer le viol par non consentement comme un fait acquis alors que depuis 30 ans RP est considéré comme coupable d’un détournement de mineur. Il est encore plus partial et anachronique d’avancer l’argument  » de toute façon, même si elle était consentante, c’est un viol légal ».

  • Un citoyen agacé dit :

    Ah bien sûr, j’oubliais….

    Demander qu’un crime soit jugé par un tribunal, c’est une « chasse aux sorcières » et de « l’acharnement judiciaire ».

    Donc, à vous entendre, nous devons croire M. Polanski sur parole. Il a jugé qu’il ne devait pas être poursuivi donc tout le monde doit l’accepter. Et si on ose demander que l’affaire soit jugée conformément aux règles du droit, alors on est forcément un « hystérique » « assoiffé de sang »…

  • VAN HAREN Monique dit :

    Cher BHL,Je suis réconfortée par vos interventions médiatiques en faveur de R. Polanski.
    J’ai lu votre chronique dans le Point. Il n’y a rien à y ajouter.
    Mais une pétition est-elle suffisante et efficace ?
    Je ne peux supporter l’idée qu’ll reste enfermé comme un vulgaire criminel.
    Ne faudrait-il pas imaginer une action collective qui témoignerait de notre immense admiration pour un des plus grands cinéastes contemporains ?
    Je suggère un achat massif des DVD des films de Polanski. Vous seul pourriez initier et justifier cette campagne qui peut-être pourrait impressionner notamment nos amis américains et changer le cours du funeste destin de ce créateur.

  • Un citoyen agacé dit :

    @ VAN HAREN Monique

    Donc si je vous comprends bien, la justice est fonction des ventes de disques? Quelles sont les règles de cette nouvelle justice que vous nous proposez? Si on est disque d’or, on peut violer impunément, disque de platine, commettre un meurtre…. ? On croit rêver!

    Pour ma part, j’appelle depuis le début de cette affaire à boycotter tous les signataires de cette pétition de la honte.

    Chacun ses valeurs je suppose, mais les miennes sont celles de la justice et de l’égalité devant le Droit, pas celles des privilèges accordés au nom de la célébrité ou du succès.

  • Olivier GOARANT dit :

    Je ne comprends absolument pas cette polémique…
    Mr POLANSKI a fuit la justice de son pays, la justice a fini par le ratrapper,
    c’est maintenant à cette même justice de juger et à personne d’autre. Point final !
    Mr LEVY, ce n’est pas à vous ni à moi de juger de sa culpabilité.
    En revanche, trouvez-vous normal de fuir la justice, son pays et ses responsabilités de la sorte ?
    Moi pas…

  • Anna dit :

    Merci pour cette réflexion sur l’affaire R.Polanski. Je trouve personnellement qu’on doit donner à Mr.Polanski la paix. La victime veut l’abandon des suites. Qui gagne dans cette affaire. La bureaucratie judiciaire; ça n’a pas beaucoup de sens.

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