Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy
Le 18 Mai 2010, par Bernard-Henri Lévy, pour Le Point
Pourquoi il faut défendre, plus que jamais, Roman Polanski – par Bernard-Henri Lévy

Pourquoi il faut défendre, plus que jamais, Roman Polanski.
Sur l’affaire Polanski, je ne veux plus polémiquer.
Ni avec Tim Burton, qui, interrogé sur la situation de son camarade, n’a rien trouvé d’autre à répondre qu’un vague « nous sommes tous pour la liberté d’expression, on se bat pour ça tous les jours » – ce qui, dans le meilleur des cas, ne veut rien dire et, dans le pire, s’appelle se défausser et se moquer du monde. 
Ni avec Michael Douglas, à qui RTL demandait s’il comptait signer la pétition que nous venions de lancer avec Jean-Luc Godard et qui, soit dit en passant, se contentait de demander la communication à la justice suisse de tous les éléments nécessaires pour décider de donner suite ou non à la demande d’extradition californienne – et qui a répliqué par un développement embarrassé d’où il ressortait qu’il « admirait » Polanski mais qu’il s’agissait là de « quelque chose de judiciaire » qui devait être « affronté de façon interne ».
Ni même avec Gilles Jacob, président du Festival, dont il faut bien dire qu’il a eu, lui aussi, toujours sur la même antenne, une réaction qui ne lui ressemble pas : « il y a le cinéaste et le citoyen ; le cinéaste est un immense cinéaste ; mais il y a le citoyen et personne n’est à l’abri des lois » – non, cher Gilles Jacob ! pas vous ! pas ça ! je ne peux croire que vous ne soyez, vous, informé de l’état exact du dossier et du fait que votre ami Roman Polanski n’est justement pas, depuis trente-trois ans, à l’abri des lois !
Je n’ai même pas envie de m’emporter contre les quelques-uns – peut-être cinéastes « immenses » mais, à coup sûr, pleutres « citoyens » – qui nous ont fait savoir que « oui, bien sûr, la pétition pour Polanski… la justice… le droit… mais mes intérêts de cinéaste ? est-ce qu’un cinéaste peut, par amour de la justice et du droit, risquer de passer à côté d’un trophée cannois ? et est-ce que c’est bien le moment de s’afficher aux côtés de ce prestigieux collègue, palme d’or 2002 pour « Le pianiste », mais devenu désormais, en vertu du seul caprice d’un procureur californien en campagne électorale (car les magistrats américains sont, comme on sait, élus), un personnage infréquentable ? »
Non. Je veux juste rappeler à qui veut et peut encore les entendre des vérités de fait et de bon sens.
Polanski, d’abord, n’a pas « fui » la justice américaine comme le répète partout l’Opinion pavlovisée : il est rentré aux Etats-Unis ; il était en France et il est rentré aux Etats-Unis pour y purger, au pénitencier de haute sécurité de Chino, la peine de prison convenue, comme il est d’usage aux Etats-Unis, entre les parties – son avocat, celui de sa victime, le district attorney de l’époque ainsi que, naturellement, le juge qui les réunissait et prenait acte de l’accord.
Polanski, du coup, a payé ; il a commis, certes, un délit, mais il a payé pour ce délit ; et il a payé, soit dit en passant, alors qu’aucun des 44 délinquants sexuels convaincus, la même année, dans le même comté de Los Angeles, de délits de même nature n’a jamais, contrairement à lui, et contrairement à ce que croient, à nouveau, les justiciers du dimanche répétant comme des ânes que sa célébrité l’a « protégé », passé un seul jour derrière les barreaux.
L’affaire Polanski, en d’autres termes, naît à l’instant très précis où le juge de l’époque, sous la pression de l’opinion et d’une presse chauffée à blanc par la notoriété sulfureuse de l’auteur de « Rosemary’s Baby », choisit de déchirer l’accord ou, plus exactement, de ne pas l’homologuer ; et elle renaît il y a sept mois quand un procureur, en mal de publicité et, encore une fois, en campagne électorale, décide, comme dans les westerns et comme il l’annoncera d’ailleurs, assez imprudemment, lors d’une réunion de « fund raising », de ramener Polanski mort ou vif à ses électeurs – et puis quand il convainc la Suisse où le cinéaste se rendait, trois fois par an, depuis des années, pour y passer, en famille, dans un chalet acquis avec la bénédiction des autorités, toutes les vacances scolaires, de l’appréhender comme un terroriste.
Et quant au dernier rebondissement enfin, quant, à l’actrice anglaise qui, sous la pression, elle, d’une avocate bien connue à Los Angeles et ayant notamment à son tableau de chasse le scalp de Tiger Woods, quant à cette Charlotte Lewis qui retrouve la mémoire au bout de vingt-cinq ans pour venir réclamer, à la dernière minute, son quart d’heure de célébrité ou, peut-être, ses trente deniers et qui, par parenthèse, donnait, il y a dix ans, dans une interview à News of the World, une tout autre version de l’affaire (pas 16 ans, mais 17… « je voulais être sa maîtresse »… sans parler de la partie de la confession qui soulève le cœur et qui, évoquant la période antérieure à sa rencontre avec le réalisateur de « Pirates », raconte une enfant de 14 ans vendant ses charmes à « des hommes plus âgés » et avouant qu’elle « ne sait plus » avec « combien d’hommes » elle a « couché à l’époque pour de l’argent »), quant à ces prétendues « révélations » donc, quant à cette « nouvelle affaire » produite de toutes pièces et reprise aussitôt, en boucle, sans l’ombre d’une vérification, par les médias du monde entier, tout cela confirme bien qu’il s’agit dans cette histoire, non de droit, mais de chasse à l’homme.
J’ai déclaré, dès dimanche, que ce pathétique chantage ne changeait pas d’un iota ma détermination à défendre Polanski.
Et s’il ne change rien, c’est que j’ai le sentiment, ce faisant, de défendre, non un ami (je répète, pour la énième fois, que je ne connaissais, avant l’affaire, pas encore Roman Polanski), mais le Droit.
Bernard-Henri Lévy
Publié également le 26 Mai 2010
» A New York, le dernier fantôme de Marienbad
Voir l'article du 11 Mai 2010
» Les mots de Sartre. Le jour où Proust et Joyce se sont rencontrés. La mort de François Baudot.


Le 20 avril 1981...
BHL invité au Petit Journal de Noël, de Yann Barthès, Canal +
je suis d’accord qu’on le laisse tranquille avec toutes ces vieilles histoires je lui souhaite de profiter pleinement de la vie , de sa famille et SURTOUT DITE LUI QUE BEAUCOUP DE FANS LE SOUTIENNE DONT MOI ……..
Commentaire par DOMINIQUE — mercredi 19 mai 2010 @ 20:43
merci Mr Lévy pour la clarté du rappel des faits, et la défense de Roman Polansky.
à 20 ans je vivais à Londres tout près de la maison louée par Mr Polansky. des dizaines de gamines passaient des heures devant sa porte pour le rencontrer et rêvaient de lui.il était un sex symbole et elles auraient fait n’importe quoi. il était harcelé par ces groopies.
Commentaire par bolot — mercredi 19 mai 2010 @ 07:35
Il y en a marre des gens qui se mettent à insulter et à vouloir ridiculiser ceux qui défendent Polanski en les assimilant dès lors à des pro-pédophiles. Il y en a marre des personnes qui crient haut et fort que Polanski doit payer, qu’il a fuit, que c’est un pédophile, que c’est un violeur.. On est dans le fallacieux, ces personnes n’ont jamais cherché à connaître les faits, ils ne connaissent pas la vérité mais pire ne font aucun effort pour la savoir et pire encore prennent un plaisir sadique à répandre ces bassesses. Ils sont dans le déni et le tort.
Marcel Proust (1871-1922) a dit: C’est étonnant comme la jalousie qui passe son temps à faire des petites suppositions dans le faux, a peu d’imagination quand il s’agit de découvrir le vrai.>>
On n’a pas de temps à perdre avec les gens qui font l’autruche.
C’est impossible devant cette ignominie, face à ce cauchemar que subit bien éveillé Roman Polanski de ne rien faire, d’opiné et de se dire tranquillement il y a une justice pour cela laissons la faire.
Non c’est impossible car il faut bien avouer que c’est totalement aberrent cette détermination de la justice californienne à vouloir la peau de Roman Polanski. C’est d’un ridicule inimaginable mais pourtant bien réel toutes ces personnes qui disent comme Tim Burton qu’ils l’admirent mais que bon ce n’est pas parce qu’il est célèbre qu’il faut le favoriser. D’une ce n’est pas car il est cinéaste qu’il faut et qu’on se doit de le soutenir mais car c’est purement immoral de laisser faire ce qui est en cours.. Roman Polanski n’est plus un être humain aux yeux de certains mais une proie. non pas une proie qu’on attrape et tue mais une proie qu’on torture, qu’on relâche, qu’on recapture qu’on relâche.. c’est une chasse à l’homme dont on veut après le coup fatal pouvoir exhiber la tête dans les rues (californiennes par exemple). Qui veut d’une justice sale, lâche, honteuse et irrespectueuse.. Personnellement je refuse d’associer le mot justice à l’image d’un procureur se baladant fièrement en trimbalant la tête d’un être humain INNOCENT par la main. Non la main de la justice n’est pas celle qui frappe le plus fort possible celui qui est désarmé et qui est le plus faible. Ce n’est plus justice qui a lieu mais injustice.. Il faut défendre Roman Polanski car ne rien dire c’est accepté c’est être d’accord, c’est à l’heure qu’il est se rendre complice de ce qui se trame.
Heureusement qu’il y a Yann Moix , Bernard-Henri-Lévy, Jean-Luc Godard, et pleins d’autres qui clament leur soutien et qui expliquent pourquoi. Malheureusement les voix ne sont pas écoutées, les écrits mal lu.. les gens croient ce qu’ils veulent croire sans faire l’effort de chercher où se trouve le bon sens et par conséquent leurs pensées s’avèrent à l’image de ces torchons écrit par certains journalistes qui dans la hâte de pondre (leurs oeufs d’autruches,) leurs scoops minables et éclaboussant, écorchent les noms des écrivains.
Il en va désormais du sens moral et de la citoyenneté de chacun de faire son possible pour sortir ce cinéaste de l’engrenage dans le quel il est enfermé et pour le soutenir. Oui, bien sûr j’aurais pu dire cet homme mais avec cette histoire on va bientôt finir par considérer ce métier comme une tare, une chose à cacher, une chose dont on ne peut plus être fier sous peine de ne plus pouvoir être défendu et ceci même si pour pouvoir exprimer son talent et son art la route fût parcourue d’obstacles et d’embuscades.
Il est temps que le mot justice reprenne sa forme originelle et retrouve sa définition.. pour se faire il faut libérer Roman Polanski. Sa famille mérite d’être au près de lui, ses enfants méritent de retrouver leur père.
Il résonne une évidence que Roman Polanski mérite d’être lavé de ces humiliations et de ces lynchages.
Il devient urgent de le laisser tranquille et de cesser de vouloir condamner l’auteur de Rosemary’s baby.
Commentaire par CG_Polanskiste — mardi 18 mai 2010 @ 19:22
Je ne peux qu’adhérer aux propos très dignes de BH Lévy ; digne a été aussi le silence de Polanski ; digne est sa lettre .En face , par contre , les réactions d’acharnement ou de mauvaise foi sont également écoeurantes…Il est scandaleux que le simple DROIT ne puisse l’emporter !
Je veux transmettre à Roman Polanski mon indignation ; et qu’il sache que je l’admire en tant que cinéaste , mais que ça ne rentre pas en ligne de compte dans mon soutien et mon désir de justice.
Par contre , que cette détention (car c’en est une ..) le prive de pratiquer son art et nous prive de ses films , ça ne fait que renforcer ma colère!
Merci , BH Lévy , de votre soutien , de la continuité de votre combat , et des informations que vous nous donnez.
Commentaire par Cousty — mardi 18 mai 2010 @ 17:07
Je suis tout à fait d’accord avec BHL. Roman Polanski doit être défendu coûte que coûte.
Avec cette dernière affaire concernant l’actrice Charlotte Lewis qui accuse R. POLANSKI de l’avoir violentée à 16 ans c’est le pompon. Heureusement qu’internet existe et que l’on pu retrouver une interwew de 1999 Journal Anglais News of the World ou cette actrice disait qu’elle voulait être la maitressde Polanski mais que lui n’en avait pas envie . Ensuite c’est à 17 ans qu’ils ont eu une relation qui a duré, selon ses dires, 6 mois avant que cette dernière ne séduise W.BETTY. Escort girl à 14 ans, comment croire cette femme ??? Elle a voulu enfoncer R.Polanski auprès de la justice Suisse pour le remercier d’avoir eu le premier rôle dans « Pirates ». C’est vraiment calmonieux. En attendant la Justice américaine n »a toujours pas levé les scellés sur le témoignage clef du Juge Gundson. De quoi la justice américaine a peur ???
J’espère que la justice Suisse en tiendra compte et demandera la levée des scellés afin de prendre sa descision pour l’extradition. Courage Mr Polanski
Nous sommes beaucoup à vous soutenir.
Commentaire par ROSY38 — mardi 18 mai 2010 @ 15:14
Cher Monsieur, je vous lis et je suis comme vous soulevez d’horreur par toute cette affaire.
Il me semble dans ce cas précis que l’on oublie la responsabilité parentale, la mère de la victime connaissait le milieu et me semble t’il ,ici, qu’il peut s’agir d’une opportunité pour celle-ci d’avoir voulu faire de sa fille la nouvelle Natassia Kinski? Puisque ressemblance il y avait, je me pose cette question, n’y aurait-il pas une magouille la-dessous?
Si elle ne voulait pas que « relation sexuelle » se passe, elle aurai peu être présente au shooting,non?
Le milieu étant si pourri pour les cinéaste juifs à son époque et Polanski parlant si ouvertement de son attirance pour les jeunes femmes sur le plateau de Pivot.Que tout peut-être envisagé, comme louche.Je souhaite que mon pays, la Suisse, qui se dit neutre, de prouver sa neutralité et de relâcher Polanski ou de le juger, mais avec tout les documents et le respect qu’on doit aux personnes.
Ici il n’y a que guerre et règlement de comptes.Encore merci, à vous pour défendre une certaine loi qui se perd.
Et honte à toutes ses personnalités qui ont peur de perdre une palme en prenant position, il n’y a que le courage qui survit à la grande Histoire.
Commentaire par Finger — mardi 18 mai 2010 @ 12:11
pourquoi lorsqu’une gamine est violée en banlieue parisienne tout le monde s’en fout et que brusquement ont s’arrête à des élucubrations d’une actrice en mal de publicité !! c’est hallucinant !! monsieur lévy est certainement le dernier à cautionner le viol mais le premier a défendre le droit de chacun !! cela rappelle l’affaire montant !! dans la vie du tout à chacun !! les hommes peuvent mettre enceinte n’importe quelle naive sans être obligé de se marier !! (après tous ON A 3 JOURS POUR DECLARER UN ENFANT !!!) ils peuvent même la laisser toute seule !! mais un acteur doit rendre des comptes !!!!!!!!!!!! LA JUSTICE POUR TOUT LE MONDE !!
dans certains cas on PROTEGE LES GRANDS DANS D AUTRES ON LES FUSTIGE DANS LES DEUX CAS SANS AUCUNE RAISON
Commentaire par moutier — mardi 18 mai 2010 @ 11:52