J-10 : « Peshmerga », le film de Bernard-Henri Lévy, « un road-movie impressionnant » pour Le Figaro

AVP11

 

Road-movie impressionnant, le documentaire réalisé par Bernard-Henri Lévy suit au plus près les combattants kurdes qui se battent contre Daech.
Bien sûr, c’est du cinéma. Mais c’est aussi la réalité. Une vision de la réalité. Elle frappe. Fort. Les relations de Bernard-Henri Lévy avec le septième art sont pour le moins tourmentées. Ses films n’ont pas été épargnés par la critique. En s’invitant au dernier moment devant les yachts du Festival de Cannes, entouré d’officiers à l’uniforme trop bien repassé, le philosophe en chemise blanche prêtait le torse à une nouvelle salve. On ne donnait pas cher de sa peau. Peshmerga allait être foulé aux pieds comme un tapis rouge.
Les choses ne sont pas aussi simples. Ce road-movie (en salle le 8 juin) -war movie- comme dit un compagnon de route, est impressionnant. Sur les 1000 kilomètres de la ligne de front, on suit au plus près les combattants kurdes en lutte contre les troupes de Daech. Leur vie quotidienne s’expose devant les caméras; leur mort aussi. Il n’y a plus de distance. On respire la poussière des collines, on entend le halètement angoissé des cameramen, on guette l’explosion de la mine fatale. La menace est permanente. Le mot «fin» peut surgir à tout moment; et ce ne sera pas un happy end.
Héros sans maquillage
En voix off, le réalisateur commente les images avec sobriété. Il apparaît peu: moins de risques de balles perdues. Les généraux discutent de leur stratégie comme s’ils étaient à la terrasse d’un bistrot. Ce sont des héros sans maquillage. L’un d’eux prendra une balle dans la tête. Sous les casques lourds, des visages féminins. Des blindés avancent, on libère un village. Ça a l’air simple. Une héroïne rousse surgit comme un ovni. Helly Luv chante la révolution kurde. Trop belle pour être vraie; et pourtant elle l’est.
Un drone survole Mossoul, étrangement calme. La musique originale imprègne le récit de ses touches d’angoisse. Elle est de Nicolas Ker. Ce proche d’Arielle Dombasle passe pour un cinglé dans le métier. La famille de sa mère a été exterminée par les Khmers rouges. Le rêve kurde d’un islam éclairé finira peut-être en cauchemar. Mais sur grand écran, il tient sacrément bien la route.

Bertrand de Saint Vincent

 

http://premium.lefigaro.fr/culture/2016/05/27/03004-20160527ARTFIG00290–peshmerga-ca-tient-la-route.php

Légende photo : François Margolin, Nicolas Ker, Bernard-Henri Lévy, Ala Hoshyar Tayyeb et Halgurd Samad.
Crédit : Yann Revol

 

« Peshmerga », de Bernard-Henri Lévy, en salles le 8 juin prochain, à Paris. 

NouvellePESHMERGA_Levy_Affiche - copie


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