Nicolas Sarkozy

 

Nicolas Sarkozy


23ème président de la République française. Avocat de profession, il a occupé, avant cela, les fonctions de maire de Neuilly-sur-Seine, de député, de porte-parole du gouvernement, de ministre du Budget, de ministre de la Communication, de ministre de l’Intérieur, de ministre de l’Économie et des Finances et de président du conseil général des Hauts-de-Seine. Président de l’UMP, Nicolas Sarkozy remporte l’élection présidentielle de 2007 avec 53,06 % des voix au second tour, face à Ségolène Royal. Il prend ses fonctions de président de la République le 16 mai 2007.

Les dates-clef de Nicolas Sarkozy

1955 : naissance à Paris de Nicolas Sarkozy.
1974 : Nicolas Sarkozy adhère à l’Union des démocrates pour la République (UDR), où il rencontre Charles Pasqua et milite pour l’élection de Jacques Chaban-Delmas à la présidence de la République.
1976 : Nicolas Sarkozy adhère au Rassemblement pour la République (RPR) nouvellement créé, sous le parrainage de Charles Pasqua ; il devient responsable de la section de Neuilly.
1977 : élu conseiller municipal de Neuilly-sur-Seine en 1977.
1980 : président du comité de soutien des jeunes à la candidature présidentielle de Jacques Chirac.
1982 : premier mariage avec Marie-Dominique Culioli.
1983 : succède à Achille Peretti à la mairie de Neuilly-sur-Seine, à 28 ans.
1984 : Nicolas Sarkozy rencontre Cécilia Ciganer-Albéniz qu’il épousera le 23 octobre 1996.
1987 : chargé de mission pour la lutte contre les risques chimiques et radiologiques au ministère de l’Intérieur.
1993 : Nicolas Sarkozy est nommé ministre du Budget et porte-parole dans le gouvernement formé par Édouard Balladur. Le 13 mai, Erick Schmitt, alias « Human Bomb », retient en otage 21 enfants dans une classe de maternelle de Neuilly. Nicolas Sarkozy, toujours maire de la ville, négocie directement avec « HB », et obtient la libération des enfants.
1995 : il choisit Édouard Balladur contre Jacques Chirac et devient son directeur de campagne.
1997 : Nicolas Sarkozy secrétaire général du RPR, dont Philippe Séguin est le président.
1999 : sévère défaite de la liste qu’il conduit pour les élections européennes de 1999 ; annonce alors sa démission de sa fonction intérimaire de président du RPR ; renonce à toute responsabilité au sein du parti ; et dit se retirer de la politique nationale.
2001 : publication de Libre.
2002 : Jacques Chirac, élu pour la seconde fois, le nomme ministre de l’Intérieur.
2004 : nommé ministre d’État, ministre de l’Économie, des Finances et de l’Industrie dans le troisième gouvernement de Jean-Pierre Raffarin. Nicolas Sarkozy est  élu, le 28 novembre, président de l’UMP.
2005 : ministre d’État, ministre de l’Intérieur et de l’Aménagement du territoire, « numéro deux du gouvernement » de Dominique de Villepin.
2007 : élu Président de la République.
2008 : épouse Carla Bruni.

Les oeuvres-clef de Nicolas Sarkozy

Georges Mandel, le moine de la politique, biographie de Georges Mandel, Grasset, 1994,
Libre, Robert Laffont et XO, 2001
Ensemble, XO Éditions, 2007.

Nicolas Sarkozy et Bernard-Henri Lévy

Les deux hommes se connaissent bien. Et depuis longtemps. Bernard-Henri Lévy, dans les années 1980, quand Nicolas Sarkozy fait ses débuts en politique, est encore inscrit sur les listes électorales de Neuilly et il semble qu’un des tout premiers gestes de Nicolas Sarkozy, au lendemain de son élection à la Mairie, soit de l’inviter à déjeuner par l’intermédiaire de Thierry Gaubert. Quand le futur Président rencontre Cécilia et que Bernard-Henri Lévy rencontre Arielle Dombasle, les deux couples se voient régulièrement. On les voit à Marrakech. A Val d’Isère où ils skient ensemble. Un été, à la Réserve de Beaulieu, près de Nice. A Antibes. Arielle Dombasle, dans son film intitulé La Traversée du Désir et qui fut diffusé, début 2009, à la Fondation Cartier, à Paris, a, entre autres témoignages, celui de Nicolas Sarkozy et ce témoignage, on le voit bien, a été recueilli au bord de la mer, dans un climat de vacances, une dizaine d’années, ou davantage, avant l’entrée à l’Elysée.

Nicolas Sarkozy salue, en 1994, dans l’émission 7 sur 7 qu’anime alors Anne Sinclair, le livre de Lévy, La Pureté Dangereuse. Dans un autre de ses livres, Le Lys et la Cendre, Lévy fait plusieurs fois état de contacts suivis, et amicaux, avec celui qui est, alors, en pleine guerre de Bosnie, l’un des ministres vedette de Balladur et, à ce titre, l’un des rares, à tenter d’infléchir la politique du Premier Ministre dans le sens d’un soutien à la Bosnie martyre. Lévy soutient Nicolas Sarkozy lors de ses diverses traversées du désert. Il lui consacre plusieurs de ses chroniques du Point. Il s’insurge contre les tentatives de diabolisation par une gauche qu’il dit atteinte, quand elle parle de Sarkozy, par le mauvais virus de  » l’Idéologie française « . Nicolas Sarkozy, de son côté, vole à son secours, lors d’un face à face avec le prêcheur islamiste Tariq Ramadan resté dans les Annales, car Tariq Ramadan avait tenté de clouer au pilori Lévy ainsi que d’autres intellectuels supposés assignés à leur appartenance au judaïsme.

Que se passe-t-il ensuite ? Pourquoi les deux hommes se fâchent-ils ? Et pourquoi, jusqu’à la réconciliation organisée par Alain Minc en juin 2009, cessent-ils complètement de se voir ? J’ai interrogé Lévy. Et voici la chronologie telle que j’ai cru pouvoir la reconstituer.

1. Nicolas Sarkozy et Bernard-Henri Lévy se voient, une dernière fois, à Marrakech, avec l’auteur de Shoah, Claude Lanzmann, au lendemain de la Noël 2006.

2. Nicolas Sarkozy appelle Lévy, à Saint-Paul de Vence, le 23 janvier 2007 pour l’encourager à imiter son vieux camarade André Glucksmann qui vient, dans un article retentissant publié par Le Monde, de se prononcer en sa faveur.

3. Lévy fait, comme il l’a toujours fait, le choix de la gauche, c’est-à-dire, faute de mieux, de Ségolène Royal.

4. Il le fait d’autant plus que plusieurs des discours de campagne de Sarkozy le choquent en profondeur : ceux où Sarkozy propose d’en finir avec l’héritage de mai 1968 ; ceux, aussi, où il demande de rompre avec « l’idéologie de la repentance » en matière, par exemple, de crimes de la colonisation.

5. Bernard-Henri Lévy adresse, en juin, au lendemain de l’élection, une lettre à Nicolas Sarkozy où il l’informe que la campagne, mais surtout leur dernière conversation, celle du 23 janvier, ont eu le singulier destin d’être à l’origine d’un livre qui s’appellera Ce Grand Cadavre à la renverse et qu’il compte, sauf objection du nouveau Président, ouvrir par le verbatim de leur conversation.

6. Sa lettre restant sans réponse, Bernard-Henri Lévy publie le livre dont l’introduction, relatant donc leur conversation, désoblige le nouveau Président.

7. Lévy aggrave son cas en prenant plusieurs fois position contre la politique impulsée par l’Elysée : après le discours de Dakar, par exemple, qu’il attaque sévèrement au micro de Nicolas Demorand, sur radio d’Etat France Inter; au moment, de la venue à Paris du Colonel Khadafi qu’il condamne sans réserves; ou quand Sarkozy est le seul chef d’Etat, avec Ahmadinejad, à féliciter Vladimir Poutine de la victoire électorale de son Parti aux élections de décembre 2007 – là aussi, Bernard-Henri Lévy hurle son désaccord.

Bernard-Henri Lévy a toujours pris soin de distinguer les attaques ad hominem (dans le piège desquelles il n’est jamais tombé) du débat politique (où il tente de conserver, en dépit de la sympathie que l’homme continue de lui inspirer, tout son esprit critique, sa liberté de ton, sa liberté tout court).

Citations de Nicolas Sarkozy sur Bernard-Henri Lévy

« Quoi, réplique-t-il, la voix rauque tout à coup, presque en colère ? Monsieur Emmanuelli, ta famille ? Monsieur Montebourg, ta famille ? Ces gens qui te pissent à la raie depuis trente ans, ta famille ? Est-ce que tu te fiches de moi ou est-ce que tu crois, vraiment, à ce que tu es en train de me raconter quand tu me dis que ces gens-là sont ta famille ? » (23 janvier 2007, cité dans l’Avant-Propos de Ce Grand cadavre à la renverse)

« C’est bien beau les leçons de droits de l’Homme et les postures, entre le café de Flore et le Zénith. Mais ces postures, elles ont laissé pendanthuit ans (les) malheureuses infirmières bulgares dans les prisons libyennes. » (10 décembre 2008, conférence de presse, à l’Elysée, après son premier entretien avec le colonel Kadhafi en visite officielle à Paris)

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Nicolas Sarkozy

« Il a des positions sur la délinquance et sur l’immigration que je n’aime pas. Comme un écho, d’ailleurs, à celles de la droite américane des années 60 : You love your country or you leave it. » (Vanity Fair Italie)

« Quand Nicolas Sarkozy dit qu’il n’est pas un intellectuel et qu’il s’en fait gloire, il tourne le dos à toute une part de l’histoire de France, la meilleure. » (New York Times, propos recueilli par Elaine Sciolino, 21 juillet 2007)

« L’amitié est une chose – et l’ami, en moi, s’est réjoui pour lui. Mais, après, vous avez la politique qui a des raisons que l’amitié n’a point et qui fait que je n’ai, comme vous savez, pas voté pour lui. Alors, je serai peut-être le dernier dans ce cas. Je suis peut-être l’un des rares à n’être pas tenté par l’odeur de la soupe. Mais je me sens très à l’aise avec mon choix, très fier d’avoir voté Royal et absolument décidé à jouer jusqu’au bout mon rôle d’intellectuel critique. » (Le Parisien, 28 mai 2007)


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