Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Message de Bernard-Henri Lévy aux amis de Jean-Baptiste Botul

Autres Archives, par Bernard-Henri Lévy

philosophy-kant-07-11 Plusieurs blogueurs se sont fait l’écho de la lettre qu’a écrite Monsieur Frédéric Pagès, de L’Association des amis de Jean-Baptiste Botul, à Bernard-Henri Lévy qu’il souhaitait convier, ce mercredi 30 juin, dans un restaurant de la rue d’Aligre, à Paris, à l’occasion de l’attribution du Prix Botul 2010.
Bernard-Henri Lévy, absent de Paris, n’a pu répondre à cette invitation mais a tenu à adresser une lettre de réponse et de regret à Monsieur Frédéric Pagès et à ses amis.
Cette lettre vient d’être portée à Monsieur Pagès. Bhl m’en a envoyé copie. Je la publie aussitôt.
Liliane Lazar.

A Monsieur Frédéric Pagès.
Association des amis de Jean-Baptiste Botul.
C/O Restaurant La Commune.
3, rue d’Aligre.
75012 Paris.

Voyageant, en ce début d’été, entre Königsberg et le Paraguay, je ne peux hélas répondre à l’invitation que vous m’avez aimablement adressée. Je le regrette d’autant plus que j’attache une grande importance, vous le savez, aux études botuliennes et à leur rayonnement planétaire. Et sans doute aurais-je même pu vous offrir, à cette occasion, les quelques pièces et documents que j’ai pu rassembler au cours de ma campagne botulokantienne de cet hiver et qui ne dépareraient pas, j’en suis sûr, vos copieuses archives: coupures de presse néo-zélandaises, mexicaines ou pakistanaises ; extraits de blogs inuits et mandchous; forums en ligne soupesant, du Vénézuela au Tibet, la solidité de mon adhésion à votre Confrérie; ou extraits de correspondance attestant que tels ou tels chroniqueurs, se targuant d’une perspicacité à retardement, usurpent à mon humble avis le titre de chevaliers blancs du botulisme. Mais peu importe. J’ose croire que ce n’est que partie remise et que vous penserez encore, l’an prochain, à m’associer à vos doctes travaux. Et je nourris surtout le secret espoir que mon absence aura au moins pour effet de lever vos dernières réticences à m’attribuer le Prix que vous allez décerner ce soir et dont vous conviendrez que nul ne le mérite, cette année, plus que moi. Kantiennement votre.

Bernard-Henri Lévy

Un commentaire »

  1. c’est tout simplement génial, tout y est ! Bravo et bons voyages
    Bien à vous

    Commentaire par Diane — lundi 5 juillet 2010 @ 09:03

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