Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy
Le 3 Décembre 2009, par Bernard-Henri Lévy, pour Le Point
Lettre ouverte au Président Lula sur le cas Battisti – Le Point du 3/12/2009

Monsieur le Président de la République.
Je sais que le débat autour du cas de Cesare Battisti, cet ancien apôtre de la « lutte armée », accusé d’actes de terrorisme dans l’Italie des années 70, fait rage dans votre pays.
Et je sais aussi que le jeu des institutions brésiliennes, l’épuisement des procédures prévues dans votre Constitution, le partage des voix au sein de la Cour suprême puis sa décision, à une voix de majorité, de laisser faire l’extradition, font que c’est désormais à vous, et à vous seul, qu’il appartient de décider si l’ancien « enragé », devenu écrivain, doit ou non être renvoyé en l’Italie.
Je voudrais vous dire d’abord, Monsieur le Président, que nul n’a plus que moi le terrorisme en horreur.
Et je voudrais qu’il soit clair que la lutte contre ce terrorisme, la lutte contre le droit que s’arrogent certains, en démocratie, de faire eux-mêmes la loi et de recourir aux armes pour faire entendre leur voix, est une des constantes de mon existence.
Si je m’adresse néanmoins à vous, c’est parce qu’il n’est justement pas établi que Cesare Battisti soit ce terroriste que dépeint la presse et dont les crimes, s’il les avait commis, ne mériteraient aucune indulgence.
Il a été condamné comme tel, je le sais bien, par un tribunal régulier, dans un pays dont je ne songe évidemment pas un instant à mettre en doute le caractère démocratique.
Mais il arrive aux meilleures démocraties (la France en sait quelque chose qui, pendant la guerre d’Algérie, prit des libertés avec la liberté ; ou les Etats-Unis de George W. Bush, au lendemain du 11 Septembre ; ou d’autres) de connaître des ratés et de commettre des injustices.
Et le procès de Cesare Battisti, ce procès qui l’a reconnu coupable par contumace, il y a vingt et un ans, des meurtres du gardien de prison Santoro et de l’agent de police Campagna soulève, en la circonstance, au moins trois vraies questions.
La première touche aux éléments sur la foi desquels Cesare Battisti a été jadis condamné : ce sont, pour l’essentiel, les témoignages d’un repenti, c’est-à-dire d’un criminel qui a troqué, à l’époque, sa propre impunité contre la dénonciation de ses éventuels complices – Cesare Battisti avait fui au Mexique, puis en France ; il n’était plus là, ni pour protester, ni pour se défendre, ni même pour être véritablement informé de ce qui lui arrivait ; et le repenti, Pietro Mutti, lui a donc tranquillement mis sur le dos la totalité des crimes de l’organisation dont ils étaient les militants.
La deuxième touche à un point précis du mécanisme de la justice italienne et au fait que, contrairement à ce qui se passe dans votre pays ou dans le mien, les condamnés par contumace n’ont, s’ils sont rattrapés, pas droit à un nouveau procès où ils pourront réellement s’expliquer : en sorte que, si vous décidiez de laisser faire la procédure d’extradition, l’intéressé irait, sitôt rentré en Italie, droit à la case prison à vie (puisque telle est la peine, sans appel, qui fut prononcée lors du procès par contumace) et serait le seul condamné de cette sorte qui n’aurait jamais eu le loisir de rencontrer ses juges, de leur être physiquement confronté et de pouvoir répondre en personne, de visage à visage, des crimes qui lui sont imputés.
Et puis j’ajoute enfin ce « détail » : Cesare Battisti, que je suis spécialement venu rencontrer, il y a deux ans, dans sa prison de Brasilia, nie, et a toujours nié, les crimes en question ; nombreux sont les juristes qui, après examen du dossier et au vu des mensonges très nombreux, et avérés, dont le repenti Mutti avait coutume d’émailler ses « confessions », estiment plausible, je dis bien plausible, son innocence ; en sorte que vous courez aujourd’hui le risque de voir un homme dont le seul crime serait, dans cette hypothèse, d’avoir adhéré, dans sa jeunesse, aux funestes théories de la violence révolutionnaire finir ses jours en prison.
J’aime le Brésil, Monsieur le Président.
J’aime l’exemple qu’il donne, à l’Amérique latine et au monde, d’une fidélité aux idéaux de justice en même temps qu’aux principes de mesure et de sagesse.
Et je serais consterné de voir « Lula » écorner une tradition d’accueil qui est l’honneur de son pays et fait que plusieurs milliers d’hommes et de femmes, venus de dizaines de pays, y ont aujourd’hui trouvé refuge.
Battisti est, comme disait un célèbre écrivain français, « un individu sans importance collective ».
Ne reposent sur ses épaules aucun de ces grands intérêts géostratégiques qui déclenchent, d’habitude, les mobilisations.
Et je ne vous cache pas que cette solitude, cette éminente faiblesse contribuent à faire de lui, en Europe, l’objet d’une campagne de presse aussi féroce que disproportionnée.
N’empêche.
J’allais même dire : raison de plus.
Défendre des principes quand l’affaire est lourde d’enjeux bien visibles et le personnage capital, nous l’avons, tous, maintes fois fait – c’est facile.
Défendre les mêmes principes quand la cause est plus complexe, que le héros n’a pas bonne presse et que l’on sait, par-dessus le marché, que sa vision du monde et la vôtre demeurent aux antipodes, voilà qui est plus difficile mais, je crois, non moins nécessaire.
C’est la raison pour laquelle, Monsieur le Président, j’attends avec impatience, et confiance, votre arbitrage.
Bernard-Henri Lévy
* Ce texte est également publié dans la Folha de São Paulo et distribué par le New York Times Syndicate.
Publié également le 10 Décembre 2009
» Pour saluer Beate et Serge Klarsfeld - le Point du 10 décembre 2009
Voir l'article du 26 Novembre 2009
» Jean-Baptiste Descroix-Vernier, Nietzsche et les « voyous publics », le Point du 26/11/2009.


Le 20 avril 1981...
BHL invité au Petit Journal de Noël, de Yann Barthès, Canal +
M. Levy,
je suis italien, et d’abord je excuse pour mon francais.
Mon premier sentiment à votre lettre c’est la rage, rage parce que vous concentré vos évaluations vers le système judiciare italien et non vers ce qui a fait M. Battisti.
Pour vous est souffisant ce qui dit le terroriste Battisti et non les quatre (quatre!) proces ou il a été consideré coupable.
Ce qui est claire c’est que vous considerez notre systeme antidemocrate et expression d’un pays ou le pouvoir de l’etat frappe et detruit la vie d’un pauvre homme.
Mais les pauvres sont ceux qui ont été tués et surtout les pauvres qui ont perdus leurs péres, leur fils, leur amis à cause d’une ideologie folle.
Est ce que vous avez jamais pensé à leur condition psycologique que détruit jour par jour leur hame? Et leur incredulité en écoutant vos mots qui parle de disproportion? Mais quelle est pour vous la valeure « proportionné » d’une vie ?
Quelle est la correcte « proportion » pour une vie bloqué sur une chaise?
Vos mots sont plains de « superiorité » e d’arrogance vers les pauvres qui ont vue leurs vies détruites et de servilisme un peu ridicule vers M. Lula
Commentaire par gpf — lundi 3 janvier 2011 @ 23:09
sono un giovane cittadino italiano, studente di Giurisprudenza, e scrivo per difendere il mio Paese e il Diritto italiano. mi scuso che il mio intervento sia nella mia lingua, spero di esser comunque compreso. vorrei innazitutto notare la scarsa conoscenza dei fatti che sta alla base del suo intervento, nonch… Mostra tuttoé contestare nel merito la sua posizione. il sig. Cesare Battisti (da nn confondere con l’omonimo eroe irredentista ucciso dagli austriaci) non è stato condannato solamente per gli omicidi del Commissario Santoro e dell’Agente Campagna, dei quali fu esecutore materiale, ma anche per gli omicidi di Lino Sabbadin (macellaio di mestre, al quale partecipò materialmente) e di Pierluigi Torregiani (commerciante, del quale fu tra gli ideatori ed organizzatori). mi domando perchè abbia omesso di citare questi due casi: per ignoranza, per dimenticanza o per dolosa omissione? forse perchè è difficile giustificare l’uccisione di due semplici cittadini la cui unica colpa è stata quella di aver precedentemente reagito a delle rapine subite. così i PAC pensarono bene di punire questi borghesi. per questi reati il Battisti è stato processato e condannato con sentenze passate in giudicato. e non credo che lei voglia mettere in dubbio la legittimità di questi provvedimenti, emanati nel rispetto di tutte le garanzie dello Stato di Diritto che caratterizzano l’ordinamento italiano. ma è stato condannato in contumacia, potrebbe ribattere, senza possibilità di difendersi, e ormai non potrebbe neanche avere un nuovo processo. non è così! il Battisti ha avuto la possibilità di prender parte ai processi e di difendersi (come sancito dall’art.24 della Costituzione Italiana) ma se ne è sottratto liberamente, preferendo la fuga, scegliendo di difendersi dali processi e non nei processi. e le condanne non si basano solo sulle testimonianze di un pentito, le cui dichiarazioni sono state comunque ritenute attendibili dai giudici. non si può quindi negare le condanne di battisti sono giuste e legittime ed egli deve essere sottoposto alla pena alla quale è stato condannato. rifiutare questa verità vuol dire essere contro la legge, il diritto e la Costituzione, spero che se ne renda conto. e non è vero che non possa avere un nuovo processo: gli artt. da 629 a 647 del Codice di Procedura Penale italiano prevodono la possibilità di revisione del processo purché, ad esempio, si scoprano nuove prove che dimostrino l’innocenza del condannato. per questo critico soprattutto la forma della sua posizione e le sue conseguenze: non nego che il Battisti sia innocente ma si consegni alla giustizia italiana e dimostri nelle sedi opportune la sua verità. non si può negare il valore della legge e del principio di uguaglianza.se la legge è uguale per tutti, perchè ogni altro comune cittadino deve sottomettersi ad essa mentre Battisti no? forse si sono cittadini « più uguali » degli altri? mi sa che si cada nel solo pregiudizio intellettuale, nel quale cade anche nel caso Polanski, secondo cui un artista debba essere giudicato per le sue opere culturali e non le sue azioni da comune cittadino. la cultura non concede immunità. ogni cittadino va giudicato per le sue azioni al di là dei suoi meriti artistici. si dirà: ma sono passati ormai tanti anni, Battisti è una persona diversa. innanzitutto i reati per i quali è stato condannato Battisti non sono soggetti a prescrizione secondo la legge italiana. la ratio della prescrizione dei reati e delle pene è che il passaggio del tempo faccia venir meno l’esigenza dello Stato di perseguire il colpevole perchè è venuto meno l’allarme sociale provocato dal reato e di conseguenza anche la necessità punitiva. questo non accade in reati così gravi che segnano profondamente la comunità, soprattutto perchè i fatti commessi dal Battisti si inquadrano nel terrorismo che insanguinò l’Italia negli anni 70, lasciando ferite ancora aperte. i tempi sono ancora prematuri per chiudere i conti con questo passato. si dirà: ma che senso ha punire una persona che è ormai diversa da quella che commise tali reati? in effetti la funzione della pena, come previsto dall’art.27 della Costituzione Italiana, è la rieducazione del condannato e il suo reinserimento sociale, ma nel caso di Battisti egli non ha mai rinnegato il suo passato, qualora lo facesse, godrebbe dei numerosi benefici previsti dalla legge italiana ma, ripeto ancora, si assoggetti prima ad essa. si potrebbe ribattere inoltre che i suoi siano stati reati politici e quindi egli sia un perseguitato politico. non è affatto così. compiere delle rapine e uccidere dei semplici cittadini è un atto di lotta politica? non credo proprio. in base all’art.8 comma 3 del codice penale italiano delitto politico è quello determinato da motivi politici. nel caso di specie si tratta di delitti determinati da ragioni criminali e terroristiche non certo politiche, a meno che non si voglia dire che tali terroristi fossero dei partigiani della libertà! e adesso sono io ad invitarla a riflettere su di un aspetto da lei completamente trascurato: le vittime e i loro familiari. il nostro diritto penale è riuscita a mettere al centro il reo ma ha dimenticato la vittima. come rispondere alle esigenze di giustizia delle vittime e dei loro cari? non possiamo dimenticare le tremende sofferenze patite da innocenti a causa del Battisti e delle sue azioni. soprattutto perchè egli non se ne è mai curato. certo punire Battisti non restituirà loro gli affetti perduti, nè bisogna cedere alla sete di vendetta, ma alla sete di giustizia sì. è solo questo che chiediamo: giustizia! che Battisti sia consegnato alle autorità italiane, che sconti la sua pena, che la legge sia applicata, perchè la legge è uguale per tutti!
Commentaire par nicola galati — vendredi 4 décembre 2009 @ 16:31