"Le théâtre de l'Atelier va faire sensation avec la pièce 'européenne' de Bernard-Henri Lévy" (Philippe Chevilley, Les Echos, le 1er septembre 2014)

Première La rentrée culturelle, c’est maintenant : en cette première semaine de septembre nous vous présentons chaque jour sur lesechos.fr un choix de rendez-vous jusqu’en décembre. La première sélection, dédiée au théâtre, est dominée par les spectacles phares du festival d’automne et par des évènements comme la pièce de BHL sur l’Europe ou le retour d’Adjani sur les planches.

Entendez vous les trois coups ? Le théâtre, ça repart et en fanfare, dès cette semaine. Sur fond de conflits des intermittents à régler d’ici la fin de l’année. Avec un nouveau ministre de la culture, Fleur Pellerin qu’on verra peut-être ici ou là aux premières. Pourquoi pas vendredi 5 septembre à la Colline à Paris, pour le nouveau spectacle de Sylvain Creuzevault « Le Capital et son singe » (jusqu’au 12 octobre) – adaptation de l’oeuvre de Karl Marx très rock & roll dont on a vu une première version pas triste à Angers au printemps dernier ? Un démarrage sur les chapeaux de roue pour le Festival d’automne (côté théâtre), dont le menu apparaît particulièrement roboratif.

Difficile de faire le tri. On vous recommande la reprise d’ « Intérieurs de Maeterlinck » mis en scène par Claude Régy avec une troupe japonaise dont on a apprécié la beauté dépouillée à Avignon cet été (du 9 au 27 septembre à la Maison du Japon). Puis, la re-création de « Idiot, parce que nous aurions pu nous aimer », d’après  « L’idiot de Dostoïevski » (du 1erau 12 octobre au Théâtre de la Ville, du 4 au 14 novembre à Nanterre), par le trublion Vincent Macaigne – on se souvient encore de son « Hamlet » halluciné. Autre évènement : « Les Nègres » de Jean Genet revue par l’inoxydable plasticien – dramaturge Robert Wilson à l’Odéon (du 3 octobre au 21 novembre). On est pressé de revoir le spectacle qui avait fait le buzz au festival d’Avignon 2013 : « Les Particules élémentaires », le roman de Houellebecq adapté pour la scène avec énergie et tendresse par le jeune Julien Gosselin (à l’Odéon/Berthier du 9 octobre au 14 novembre).

Les fans du créateur d’images métaphysiques Romeo Castelluci seront comblés avec trois créations : « Go Down Moses » du 4 au 11 au Théâtre de la ville), « Schwanengesang D744 » (du 28 au 30 novembre aux Bouffes du Nord) et « Le Sacre du Printemps » (du 10 au 14 décembre à la Grande halle de la Villette). L’espagnole Angelica Liddell nous propose son dernier opus, une ode fiévreuse à l’amour, en mode vénitien : « You are my destiny (Lo stupro di Lucrecia) » (du 3 au 14 décembre à l’Odéon). Enfin, après le triomphe de « Clôture de l’amour », Pascal Rambert met en scène en son théâtre de Gennevilliers sa nouvelle pièce « Répétition », mise en abîme du théâtre (et du monde) en Russie à l’époque de Tchekhov, avec un carré magique de comédiens : Emanuelle Béart, Denis Podalydès, Audrey Bonnet, Stanislas Nordey (du 12 au 21 décembre et du 6 au 17 janvier au T2G).

Modernes et classiques

Hors festival d’automne, d’autres spectacles prometteurs sont programmés dans les théâtres publics parisiens. On ne ratera pas « Cet enfant »(re)création de Joël Pommerat aux Bouffes du Nord autour des rapports familiaux (sa précédente grande pièce « La réunification des deux Corées » est reprise à l’Odéon en décembre. Rendez-vous au théâtre de la Ville avec le prestigieux Berliner ensemble et Brecht, en deux temps : « Mère Courage », mis en scène par Claus Peyman (du 17 au 26 septembre) et un spectacle de chansons et poèmes du dramaturge, signé Manfred Karge, « Et le requin, il a des dents». Le nouveau directeur du TGP de Saint-Denis, Jean Bellorini présentera le dernier opus de sa troupe « Liliom » de Ferenc Molnar, montré en 2013 au Printemps des Comédiens en plein-air (26 septembre au 12 octobre).

La « Lucrèce Borgia » façon feu d’artifice royal et grandes eaux de David Bobée avec une ébouriffante Béatrice Dalle – spectacle vu à Grignan en Juillet – prend d’assaut la MAC de Créteil dans sa version « indoor », attention pour trois jours seulement (du 13 au 15 octobre). Deux créations de choix à la Comédie-Française : « Trahison » de Pinter mis en scène par Frédéric Bélier-Garcia avec Denis Podalydès, Laurent Stocker Léonie Simaga et Christian Gonon au Vieux-Colombier (du 17 septembre au 26 octobre) ; et « Tartuffe »revu par le bulgare Galin Stoev (habitué à bousculer les classiques) avec Michel Vuillermoz dans le rôle titre Salle Richelieu (du 20 septembre au 10 février). Enfin, beaucoup de propositions originales et insolites au Théâtre du Rond-Point piloté par Jean-Michel Ribes _ en point d’orgue, la nouvelle pièce de Yasmina Reza, « Comment vous racontez la partie », avec Zabou Breitman, André Marcon et Dominique Reymond (du 5 novembre au 6 décembre).

Du bon aussi, dans les régions : à Villeurbanne, le TNP accueille « L’école des femmes », co-produit avec les Tréteaux de France – mise en scène de Christian Schiaretti avec Robin Renucci. Puis propose , en collaboration avec le TNS de Strasbourg, un grand rendez-vous de fin d’année avec « Le Graal théâtre » de Florence Delay et Jacques Roubaud : création de « Lancelot du Lac » (du 14 novembre au 3 décembre à Strasbourg, du 11 au 19 décembre à Villeurbanne), puis présentation au TNP uniquement de la Trilogie des Chevaliers (« Lancelot », plus les deux épisodes précédents « Gauvin » et « Perceval ») le week-end des 20 et 21 décembre. Un projet théâtral fou et réjouissant co-mis en scène par Christian Schiaretti et Julie Brochen. Après Avignon et avant paris (en mai 2015) on pourra découvrir l’intégrale d’« Henry VI » de Shakespeare mis en scène par Thomas Jolly au TNT de Toulouse (1er au 12 octobre), puis au TNB de Rennes ,épisodes 1 à 4 (du 6 au 9 novembre) où le projet a été lancé. Quant au compagnon de route de la maison rennaise, Jean-François Sivadier, il va recréer «  La vie de Galilée » de Brecht (du 9 au 3 décembre).

Vaudeville, Histoire et stars

Les Théâtres privés ne sont pas en reste : ils ont même pris souvent les devants, ouvrant leurs portes fin août. Au menu, du vaudeville : les co-auteurs du « Prénom » Alexandre de la Patelière et Mathieu Delaporte sont de retour chez Bernard Murat, au Théâtre Edouard VII, avec une nouvelle comédie « Un dîner d’adieu » porté par le trio Eric Gelsomino, Audrey Fleurot et Guillaume de Tonquédec (à partir du 5 septembre). Sébastien Thiéry signe une nouvelle pièce, forcément absurde et provocante, au Théâtre de la Madeleine ; « Deux hommes tout nus » avec lui-même, François Berléand et Isabelle Gélinas (à partir du 16 septembre).

Eric-Emmanuel Schmitt est toujours aussi prolixe : outre deux comédies –l’une avec Sardou fils (Davy), l’autre avec Sardou père (Michel)– il propose son adaptation du « Joueur d’échec » de Stefan Zweig, interprété par Francis Huster (à partir du 3 septembre au Théâtre Rive Gauche). Les amateurs de pièces historiques ne rateront pas « La Colère du tigre » de Philippe Madral, mis en scène par Christophe Lidon au Théâtre Montparnasse, rencontre au sommet entre Georges Clémenceau-Claude Brasseur et Michel Aumont-Claude Monet (à partir du 5 septembre). Politique-fiction tendance US au Théâtre Hébertot, avec « Les Cartes du pouvoir », adaptation française de la pièce de de Beau Willimon « Farragut North », à l’origine du film de Georges Clooney  « Les marches du pouvoir » _ mise en scène de Ladislas Cholet avec en têtes d’affiche Raphaël Personnaz et Thierry Frémont.

Le Théâtre de l’Oeuvre poursuit sa programmation audacieuse en ouvrant la saison avec « Dispersion» (« Ashes to Ashes ») de Pinter mis en scène et interprété par Gérard Desarthe face à Carole Bouquet (à partir du 16 septembre). Le Théâtre de l’Atelier va faire sensation avec la pièce « européenne» de Bernard-Henri Lévy, « Hôtel d’Europe », mise en scène par le bosnien Dino Mutstafic, avec Jacques Weber (à partir du 9 septembre).

Mais le rendez-vous qui risque d’éclipser tous les autres, c’est le retour d’ Isabelle Adjani sur les planches au Théâtre de Paris dans une pièce de l’américaine Carey Perloff, « Kinship ». Elle y jouera le rôle d’une rédactrice en chef amoureuse d’un jeune reporter (Niels Schneider) dont la mère n’est autre qu’une amie proche (Carmen Maura) du 21 octobre au 25 janvier).

S’il vous reste encore une soirée de libre, ne manquez pas nos autres sélections de la rentrée culturelle…

Philippe Chevilley

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