Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

« Le PS doit disparaître », suite du feuilleton dans le Journal du Dimanche

Le Journal du Dimanche, par Cécile Amar, pour Le Journal du dimanche

psLes socialistes répondent à BHL
Le Journal du Dimanche – Dimanche 26 Juillet 2009

Cachez ce débat que je ne saurais voir. Telle pourrait être la nouvelle devise de la rue de Solferino. Malgré les critiques internes, malgré la charge lancée la semaine dernière dans nos colonnes par Bernard-Henri Lévy sur le thème « le PS doit disparaître, changer de nom, se dissoudre », officiellement, tout va bien. « Martine est comme le clown de notre enfance, décrypte un ancien collaborateur. »
« Si vous tapez dessus, elle remonte toujours un peu plus haut. » La première secrétaire, bravache, adopte la stratégie Mitterrand, tenir sous les sifflets en espérant que ça passe. Et du coup, la ligne officielle, c’est « BHL RAS ».

« J’ai l’impression que Solferino ne parle qu’à nous-mêmes, comme s’ils vivaient dans leur bulle socialiste », se désespère Catherine Lemorton, députée non cumularde de Toulouse. Mercredi matin, le secrétariat national, instance suprême du PS, s’est réuni pour la dernière fois avant les vacances, sans Aubry qui bouclait ses affaires lilloises. Au menu : la réforme des collectivités locales, la rentrée scolaire et surtout pas le débat qui agite les socialistes en interne et en externe. « BHL je l’aime bien, mais je n’ai pas envie de lui répondre, confie Martine Aubry au JDD. Le communisme est mort et enterré, nous, nous sommes à la recherche de nos valeurs, ce n’est pas pareil. Et de toute façon, BHL annonce notre mort tous les ans depuis vingt ans… » Circulez, y a rien à voir !

Un risque de « troubles graves de la personnalité »

« Ils font comme si ça n’existait pas », croit savoir Arnaud Montebourg, membre de la direction mais en froid avec Aubry pour cause de défense trop aiguë des primaires. « BHL c’est une torpille tombée sur la vieille maison, on ne parle que de ça, et malheureusement, il a raison. » Montebourg le cheval fou promet d’appuyer le philosophe, le 23 août, à Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), pour sa traditionnelle rentrée politique. Rares sont les socialistes qui vont aussi loin que lui. Manuel Valls, par qui le scandale était arrivé, ne partage pas entièrement la prophétie du philosophe (voir ci-dessous). Le Lyonnais Gérard Collomb ne veut pas, lui non plus, engager le pronostic vital du PS. Mais il admet : « Le parti est replié sur lui-même, il ressasse les mêmes formules périmées et a un vrai problème de direction. Quand les corps vivants ne se renouvellent plus, c’est qu’ils sont proches de la mort ; les partis c’est pareil. »

L’avocat Jean-Pierre Mignard, président de Désirs d’avenir, reconnaît que le PS doit changer. « Le constat de BHL est abrupt, il ne prend aucune précaution mais après tout, il est libre, reconnaît ce proche de Ségolène Royal. Le PS doit être le parti d’un nouveau pacte historique. Il faut réconcilier l’entreprise et les salariés, relancer la distribution sociale, se préoccuper de la sauvegarde de la planète, devenir le parti de l’Etat de droit maximum et redonner de l’élan à l’Europe démocratique. Le PS doit lever les tabous qui font qu’il n’ose pas dire ce qu’il fait localement. Sinon, il sera atteint de troubles graves de la personnalité. Ce qui ne veut pas dire la mort, mais la folie… »

« L’échec du PS est l’échec de la pensée de BHL »

Dans le camp Aubry, pas de pitié pour BHL. « Moi, je suis vivante », a envie de lui crier Marylise Lebranchu, désarmée par l’ »attitude nietzschéenne mortifère » de l’intellectuel de gauche. L’amie d’Aubry sonne la charge contre le philosophe : « Il a des raccourcis et une brutalité dérangeants. L’intellectuel qu’il est ne nous parle pas de la question sociale qui est pourtant forte et violente, de cette angoisse de déclassement. Il n’évoque jamais la tentation néolibérale du PS : est-elle responsable ou non des échecs ? BHL parle un peu ex nihilo. J’ai envie de lui dire: « Venez ! »"

Pouria Amirshahi, secrétaire national aux droits de l’homme, va plus loin. Pour ce proche de Benoît Hamon, Bernard-Henri Lévy aurait dû prendre sa part de responsabilité dans les déroutes électorales de son camp : « L’échec du PS est l’échec de sa pensée. Il est le compagnon de route, y compris nourricier, du PS. BHL, c’est un mélange de défense du système et de bonne conscience compassionnelle. » Bernard-Henri Lévy, en parlant, a voulu rendre service à son camp, faisant l’impasse sur les intérêts de boutique des socialistes. Au fond, tous ou presque ont besoin que le PS survive pour être élus, réélus ou pour exister tout simplement. Nietzsche, pourfendeur de l’instinct grégaire, écrivait dans Ainsi parlait Zarathoustra : « Veux-tu avoir la vie facile ? Reste toujours près du troupeau et oublie-toi en lui. » Ainsi pourrait parler la forteresse Solferino.

Un commentaire »

  1. Generally I do not post on blogs, but I would like to say that this post really forced me to do so! really nice post.

    Commentaire par ElenaLisvato — jeudi 6 août 2009 @ 17:22

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