Site édité par le professeur Liliane Lazar, Hofstra University, USA

Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Le 25 février 2007…

Le 25 février 2007…

bhl darfour 8-1… Bernard Henri Lévy entre au Darfour avec une unité combattante de l’ALS.
Le témoignage de Abdul Wahid Al Nour, président du Mouvement de Libération du Soudan.
« Ce jour là BHL était à Bahaï dans le nord est du Soudan. Il attendait. Il attendait depuis longtemps et les heures passaient lentement dans la monotonie d’une sorte de Fort Sagane en plein désert, sans rien à faire sinon attendre des nouvelles. Il attend le passage prévu depuis des heures mais les Occidentaux ne savent pas attendre et son impatience est palpable depuis Paris !
Il m’avait été présenté par notre ami commun Richard Rossin, que nous appelons « docteur Richard » et qui avait été le premier, depuis des années, à faire une incursion clandestine de plus de 500 km au Darfour où nous sommes confrontés à une guerre génocidaire.
Bernard avait vu les camps de réfugiés au Tchad où les nôtres qui ont tout perdu attendent un avenir que le monde leur refuse mais en assurant malgré tout un présent dont la précarité se répète jour après jour. Mais l’homme est courageux et a voulu plus, voir plus, savoir plus, afin de pouvoir témoigner plus.
On parlait peu à l’époque de notre calvaire pour marcher vers un Soudan démocratique et laïc dans lequel tous auraient des droits égaux et c’est ce qui intéressait Bernard au-delà du désastre humain. Richard m’avait convaincu de l’importance du témoignage de Bernard et je n’ai pas été déçu.
Ce jour-là, en fait, mes hommes nettoyaient le terrain pour son passage ; ils avaient été accrochés par une colonne de Janjawids ; et Roko et Nimir ne sont pas hommes à laisser place au risque prévisible ; alors Bernard attendait, impatiemment, mais sans savoir le combat en cours et les heures succédaient aux heures, de rendez vous retardé en rendez vous retardé. La sécurité de notre hôte était notre première priorité. Pendant que j’étais en contact permanent avec mes commandants, Richard était régulièrement en ligne avec son ami depuis Paris. Évidemment le doute sur notre sérieux grandissait chez Bernard. Mais, à l’heure du départ enfin décidé, Bernard-Henri Lévy a surmonté ses doutes et a quitté le camp spartiate du désert où il rongeait son frein pour les pistes difficiles du Darfour dans nos mauvais pick up et les nuits à la belle étoile avec les combattants.
Depuis, personne d’autre n’a osé ce périple.
Tous les autres temoignages sont passés, à ma connaissance, par le filtre gouvernemental.
Bernard-Henri Lévy, lui, a pu témoigner des femmes violées, des villages brûlés et des charniers vus ; il a pu rencontrer le général Tarada et parler librement avec mes hommes et surtout aussi avec les villageois.
Il m’a remercié de la liberté qu’il a eue dans ses rencontres et m’a dit avoir été impressionné par la popularité et le comportement de mes hommes avec la population.
Non seulement il a pu faire connaître notre combat dans de nombreux journaux en Europe et en Amérique mais, en plus, il nous a reversé ses honoraires de journaliste.
Il a été un artisan essentiel d’un grand meeting à Paris dans lequel les candidats aux élections présidentielles en France se sont engagés à ne pas nous oublier.
Bernard-Henri Lévy est un ami et, lorsque Roko est passé à Paris, il a tout de suite voulu le voir et l’embrasser. Notre situation n’a pas changé, son engagement non plus. Ils sont peu nombreux les vrais amis qu’on a dans la détresse et le silence des Nations. »

Abdul Wahid Al Nour, président du Mouvement de Libération du Soudan.

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