Le 18 juin 1992…

… Bernard-Henri Lévy est parmi les tout premiers à entrer dans Sarajevo.

Bernard-Henri Lévy-bosnie-1992On peut dire ce qu’on veut de Bernard-Henri Lévy. Mais il y a un mérite qu’on peut difficilement lui enlever : le courage physique et moral. On est en juin 1992. Les Bosniaques, en majorité musulmans, sont bombardés dans Sarajevo et dans le reste de la Bosnie. Sarajevo est soumise à un siège moyenâgeux. On tue les enfants. Presque aucun occidental, à part John Burns du New York Times et quelques journalistes français  (dont je suis moins familière : qu’ils me pardonnent…) n’a pu entrer dans la ville. Il n’y a pas de route. Pas de pont aérien. Pas de communication, absolument aucune, avec l’extérieur. Rien. Et voilà Bernard-Henri Lévy qui, accompagné de Gilles Hertzog, décide de franchir les barrages serbes, de forcer le blocus et d’entrer dans la ville sous les bombes. Le pire est qu’il y parvient ! Traversant la Serbie, la Croatie en feu, puis la Bosnie centrale, il réussit, avec une audace (ou une inconscience…) inouïe, à braver les interdictions et entre, le 18 juin donc, dans cette ville que le monde a abandonnée. Cette épopée est racontée par le menu aux pages 29 à 58 de son « journal de Bosnie » intitulé « Le Lys et la Cendre ». Elle aura un rôle décisif dans le voyage, quelques jours plus tard, au retour de Lévy, du Président François Mitterrand. Et c’est là que naîtra l’amitié de Bernard-Henri Lévy avec le Président bosniaque Izetbegovic. Que ceux qui accusent Bernard-Henri Lévy d’être « contre l’islam », que ceux qui osent prononcer à son propos le mot d’« islamophobie » repensent à cette séquence. Ils étaient abandonnés de tous, les Musulmans d’Europe. Ils étaient condamnés par tous les puissants et même par les élites des pays arabes. Tout le monde ou presque s’était résigné à les voir rayés de la carte de l’Europe. Et il y a eu une poignée de journalistes, quelques humanitaires, pour venir à leur secours. Au premier rang de ceux-ci : le futur auteur de « Bosna ! », Bernard-Henri Lévy. Sait-on qu’aujourd’hui encore, presque vingt ans après, quand les bosniaques entendent « BHL », ils traduisent « Bosnie Herzégovine Libre » ? Sait-on que, quand il fallut ressortir de Sarajevo, la voiture de Lévy fut canardée par des miliciens serbes et que Lévy dut la vie sauve à un adjudant français, l’adjudant Philippe Barbieux, qui, au mépris des ordres qui interdisaient aux casques bleus de faire usage de leurs armes, mit en joue les miliciens et réussit, par miracle, à les intimider et à faire cesser les tirs ? L’engagement de Bernard-Henri Lévy en Bosnie n’a pas encore reçu tous les commentaires qu’il mérite. Je prépare une série de posts et de notices sur le sujet. Mais j’attends aussi les témoignages de tous ceux qui, sur le terrain, pendant ces années d’enfer, ont vu Lévy à l’œuvre. Un Lévy qui, quand l’Europe démissionnait, fut au nombre, au tout petit nombre, de ceux qui sauvèrent l’honneur.
Liliane Lazar.

photo : (c) Alexis Duclos


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