Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Le 15 mai 1977…

… retentissait le coup de tonnerre de la « Barbarie à visage humain »

Couverture Barbarie à Visage Humain054Vous savez qu’un des projets de ce site est de mettre à disposition des chercheurs le maximum d’informations fiables et de première main, non seulement sur la vie, les combats, etc., de Bernard-Henri Lévy mais sur son œuvre, je dis bien son œuvre, cette œuvre philosophique et para-philosophique importante dont on sait déjà qu’elle marquera notre époque. C’est pourquoi je me suis attelée, avec un groupe de mes étudiants, au difficile travail de rassembler tous les articles écrits, au moment de leur parution, sur chacun des livres de Bernard-Henri Lévy, et cela depuis 1972. Pour certains de ces livres, j’avais déjà fait ce travail à la naissance de ce site il y a 20 ans. Pour d’autres, le travail avait été fait, mais trop vite et incomplètement. Pour les autres, enfin, il a fallu partir de zéro et c’est un travail qui nous a pris 18 mois et dont certains d’entre vous ont déjà pu découvrir le fruit sur notre site. Nous sommes allés chez l’éditeur de Bernard-Henri Lévy, Grasset, qui a des archives assez complètes. Nous sommes retournés, dans certains cas, aux archives des journaux concernés pour retrouver une critique, ou une polémique, oubliées. Nous sommes allés, quand les journaux ont disparu et ne sont pas disponibles sur internet, dans les grandes bibliothèques, style BNF. Je suis contente du résultat. Pour chacun des livres de Bernard-Henri Lévy c’est une véritable somme d’archives que nous avons mise en ligne. Et c’est aussi, chaque fois, une petite « tranche de vie » ou « tranche de débat intellectuel » qui donne le parfum de l’époque. J’attire aujourd’hui votre attention sur le dossier « Barbarie à visage humain » . Vous y trouverez des articles d’auteurs disparus comme Maurice Clavel. Des textes parus dans des journaux qui n’existent plus comme L’Aurore ou Le Matin de Paris. Des polémiques incroyables et dont on a oublié la virulence. Et, au milieu de tout cela, le compagnonnage de deux hommes, Bernard-Henri Lévy et André Glucksmann qui ont fait front, ensemble, dans la tempête. C’est passionnant.

Liliane Lazar

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