Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Jean-Pierre Chevènement

Bernard-Henri Lévy et Jean-Pierre Chevènement...

Jean-Pierre Chevènement


Ancien ministre. Président d’honneur du Mouvement des Citoyens.

Les dates-clef de Jean-Pierre Chevènement

1939 : naissance de Jean-Pierre Chevènement à Belfort.
1962 : Mémoire, à l’Institut d’études politiques de Paris, sur «La droite nationale face à l’Allemagne» ; il prétend y réconcilier « le provençal Maurras » et « Barrés, l’homme des marches de l’Est ».
1963 : entrée à l’ENA (promotion Stendhal).
1964 : Jean-Pierre Chevènement milite à « Patrie et Progrès », un groupe nationaliste-social, pro-Algérie française, prônant l’élitisme technocratique.
1966 : fonde, avec Georges Sarre, Didier Motchane et Alain Gomez le Centre d’Études, de Recherches et d’Éducation Socialistes (CÉRÈS).
1971 : Jean-Pierre Chevènement apporte son soutien à François Mitterrand.
1979 : a la charge de rédiger le programme socialiste en vue de la présidentielle de 1981.
1981 : Jean-Pierre Chevènement est nommé ministre d’État, ministre de la Recherche et de la Technologie.
1984 : ministre de l’Éducation nationale.
1988 : ministre de la Défense.
1991 : Jean-Pierre Chevènement démissionne pour cause de guerre du Golfe.
1992 : fait campagne contre la ratification du traité de Maastricht.
1996 : Jean-Pierre Chevènement s’associe à l’appel « SOS Jeunesse, pour que la France ne se suicide pas par la dénatalité » lancé par l’association d’extrême-droite, « l’Alliance Population et Avenir » que préside un ancien de « Patrie et Progrès » Philippe Rossillon ; sa signature figure aux côtés de celles de Christine Boutin, Philippe de Villiers et Jean Foyer.
1997 : ministre de l’Intérieur du gouvernement Jospin.
1997 : Jean-Pierre Chevènement apporte son soutien au colloque organisé par Charles Pasqua sur « Les Valeurs de la République » au Sénat ; y prennent la parole – entre autres – Marie-France Garaud, Alain Griotteray, Vladimir Volkoff.
1998 : victime d’un grave accident d’anesthésie ; plongé dans le coma pendant huit jours.
1999 : Le Mouvement Des Citoyens confie sa section jeunesse du Hainaut à un transfuge du PCN, le Parti communautaire national-européen, groupuscule fascisant qui se revendique du « national-bolchevisme ».
2002 : Jean-Pierre Chevènement est candidat à l’élection présidentielle ; recueillant 5,33% des suffrages, il passe aux yeux de certains, et en particulier de Bernard-Henri Lévy, pour l’un des artisans de la défaite de Lionel Jospin et de la présence de Le Pen au second tour.
2007 : soutient Ségolène Royal.

Les oeuvres-clef de Jean-Pierre Chevènement

- Invention du souverainisme à la française. Nouvelle fusion du nationalisme et du socialisme.

Jean-Pierre Chevènement et Bernard-Henri Lévy

Ils remontent au temps du Groupe des Experts de François Mitterrand. Celui-ci charge Bernard-Henri Lévy du dossier de l’autogestion qui est, en principe, la chasse gardée du patron du CERES. Se nouent là une rivalité, puis une antipathie et, très vite, une querelle idéologique entre les deux hommes. Bernard-Henri Lévy, en 1981, dans un retentissant article du Matin de Paris, dénoncera le « maurrassisme » de Jean-Pierre Chevènement. Il s’opposera à lui dans un débat télévisé au sujet de la Bosnie organisé sur France 3 par Christine Ockrent. La question Saddam Hussein, soutenu par Chevènement, seront l’occasion, à deux reprises, de passes d’armes entre les deux hommes. Sans parler de la campagne présidentielle de Ségolène Royal dont ils seront les deux pôles magnétiques, parfaitement antagoniques. La chronique de cette opposition, le récit de cette double postulation de la candidate Ségolène Royal, se trouvent consignés dans Ce Grand Cadavre à la renverse (Grasset 2007). Pour Bernard-Henri Lévy, Jean-Pierre Chevènement n’est pas seulement le  » complice  » des Hortefeux et autres Eric Besson, il est celui qui leur a préparé la voie.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Jean-Pierre Chevènement

« Comme d’habitude tout se tient : saddamisme hier ; philoserbisme aujourd’hui » (Le Point, 5 mars 1994).
« L’extraordinaire aisance avec laquelle il retrouve la manière d’un Drumont qui eût pu chanter, lui aussi, dans son Vers un capitalisme national, l’insigne chance que nous avons de servir « non plus seulement l’esprit maison, mais l’esprit de la Maison France» (Le Matin de Paris, 29 avril 1982, « Réponse à Jean-Pierre Chevènement »).
« Le gros oeil faussement étonné de Jean-Pierre Chevènement. Sa mine d’entêtement perpétuel que l’on prend pour du caractère alors qu’elle n’est, sans doute, que l’expression d’une manie obscure. Cette voix mielleuse, fielleuse, un peu trop ronde, qu’il a, comme le geste de se caresser la main pendant qu’il parle, empruntée à Mitterrand » (Le Point, 16 janvier 2007).
« Chevènement, l’attracteur du pire par excellence, l’anti-de Gaulle, l’homme dont le succès ne s’explique que par cette façon d’aller, dans chaque famille, chercher et fédérer ce qu’il y a de plus rance, de plus navrant » (Le Point,4 janvier 2002).
« Chasserons-nous enfin Chevènement de nos têtes, et Milosevic du cœur de l’Europe ? » (Le Monde, 8 avril 1999)
« Chevènement est, fondamentalement, un idéologue maurrassien. Il a les réflexes d’un maurrassien, il a l’idéologie d’un maurrassien. » (Marianne, février 1999).
« Il incarnait cette « droite dans la gauche », cette « droiche », qui n’était pas la meilleure façon, et c’est peu dire, de sortir du totalitarisme ». (Ce Grand Cadavre à la renverse, Grasset, 2007)

Citations de Jean-Pierre Chevènement sur Bernard-Henri Lévy

« C’est tellement ridicule que ça ne mérite même pas un commentaire. Je m’abaisserais à polémiquer avec cet individu. » (6 novembre 2007, cité par Rue 89)
« La place que font les médias au sieur Bernard-Henri Lévy, milliardaire déguisé en philosophe, est révélatrice du profond abaissement intellectuel, moral et même spirituel de ce moment de notre Histoire » (9 octobre 2007, blog de Jean-Pierre Chevènement)
« Bernard-Henri Lévy est à lui seul une métaphore de l’idéologie dominante, celle des classes dominantes, selon Marx, bref celle du capital financier globalisé: le petit télégraphiste de l’Empire » (cité par Le Nouvel Observateur en ligne, le 22 juin 2008).

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