Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Jean Genet

Bernard-Henri Lévy et Jean Genet...

Jean Genet

Ecrivain.

Les dates-clefs de Jean Genet

NB : Ces notes s’appuient sur la chronologie établie par Albert Dichy.

19 décembre 1910 : Naissance à Paris de Jean Genet, d’une mère célibataire de 22 ans, Camille Gabrielle Genet, ouvrière lingère, et de père inconnu.
1911 : A sept mois, Jean Genet est abandonné par sa mère aux bons soins de l’hospice des Enfants assistés. Le pupille est envoyé dans une famille nourricière, les Régnier, petits artisans établis dans le village d’Alligny-en-Morvan.
1919 : Camille Gabrielle Genet meurt à Paris, durant l’épidémie de grippe espagnole, sans jamais avoir revu son fils.
1920 : Jean Genet commet ses premiers vols des chapardages plutôt à l’église d’Alligny-en-Morvan.
1923: Il est reçu premier de sa commune aux épreuves du certificat d’études primaires. Aucun enseignement de niveau supérieur ne lui sera donné.
1924-1925: Contraint de quitter l’école et sa famille nourricière, il va d’apprentissage en apprentissage dans de petites entreprises, chez des particuliers, en milieu rural, s’évadant à chaque fois, à chaque fois repris et replacé ailleurs. Il séjourne à l’hôpital Sainte-Anne de Paris, dans un service de psychiatrie enfantine, puis, également à Paris, il suit un traitement de neuropsychiatrie au Patronage de l’enfance et de l’adolescence, d’où il s’enfuit encore.
1926 : Après deux incarcérations l’une à la prison de la Petite-Roquette à Paris, l’autre à la Maison d’arrêt de Meaux toujours pour les mêmes motifs : vagabondage et absence de titre de transport, il est passe en jugement. Le Tribunal l’envoie en Touraine, dans « un bagne d’enfants », la colonie agricole pénitentiaire de Mettray, qui sera au cœur de son univers romanesque et poétique et même cinématographique, si on pense au documentaire qu’il écrira à la fin de sa vie sur Mettray, Le Langage de la muraille, mais que malheureusement il ne pourra réaliser.
1929 : Devançant l’appel, il s’engage pour deux ans dans l’armée. D’abord incorporé dans le sud de la France dans un régiment d’infanterie, il se portera ensuite volontaire pour servir dans l’armée du Levant et sera affecté, à Damas, en Syrie, à la construction d’un fort militaire.
1931 : Il se réengage pour deux ans, choisissant cette fois de servir au Maroc, dans un régiment de tirailleurs.
1933 : Libéré, il revient à Paris, rend visite à André Gide, traverse la France à pieds, voyage en Espagne.
1934 : Nouvel engagement dans l’armée pour trois ans, qui seront portés à quatre l’année suivante.
1936-1937 : Déçu d’être confiné en France alors qu’il avait souhaité servir une fois de plus en Afrique du Nord,
Jean Genet déserte. Pour échapper aux poursuites, il erre dans toute l’Europe : en Italie, en Albanie, en Yougoslavie, de nouveau en Italie, en Autriche, en Tchécoslovaquie, en Pologne, en Allemagne, en Belgique, et retour en France. Il relatera cette errance dans Journal du voleur. A Paris, il est arrêté par deux fois. La première interpellation, pour vol, lui vaut d’être condamné à un mois de prison, mais il bénéficie d’un sursis et il est relâché. La seconde, pour vol, falsification d’identité et port d’arme prohibée lui vaut d’être reconnu comme déserteur. Il est condamné à cinq mois de prison.
1938- 1942 : Années mouvementées durant lesquelles il est réformé de l’armée pour « déséquilibre » et « amoralité », arrêté huit fois pour vol et huit fois incarcéré. C’est au cours de ces années-là que Genet écrit le roman Notre-Dame-des-Fleurs et le poème Le Condamné à mort.
1943: Jean Genet rencontre Jean Cocteau qui, enthousiaste du Condamné à mort, mais pas de Notre-Dame-des-Fleurs, du moins à la première lecture, lui trouve un éditeur. Genet est arrêté pour le vol d’une édition rare de Verlaine et risque la relégation perpétuelle. Grâce à Cocteau, qui le présente à ses juges comme « le plus grand écrivain de l’époque moderne », il n’est condamné qu’à trois mois de prison. Mais une nième affaire de vol l’envoie au camp des Tourelles, bientôt placé sous le contrôle de Joseph Darnand , secrétaire général au Maintien de l’Ordre et chef de la Milice. Genet va-t-il être déporté ?
1944 : Genet est libéré, en début d’année, grâce à l’intervention d’amis envers lesquels il n’exprimera jamais la moindre reconnaissance. Il termine la rédaction du Miracle de la rose, rencontre Jean-Paul Sartre au café de Flore, déplore la mort de son compagnon, Jean Decarnin, tombé sur les barricades lors de la libération de Paris. Les œuvres de Genet commencent à circuler sous le manteau, car elles sont jugées pornographiques par la censure et parfois plus que pornographiques : François Mauriac les dira « excrémentielles ». Certaines sont, par ailleurs, terriblement provocantes, comme Pompes Funèbres, dont Genet commence la rédaction en 1944 et où l’on trouve un éloge de la Milice (c’est pourtant un milicien qui tua Decarnin) ainsi qu’ une vision érotisée d’… Adolf Hitler.
1947 : Les Bonnes, première pièce de Genet à être jouée, est inspirée par l’affaire criminelle des sœurs Papin. Elle est créée au théâtre de l’Athénée, à Paris, dans une mise en scène de Louis Jouvet.
1948 : Création de ’Adame Miroir au théâtre Marigny à Paris par les ballets Roland Petit. Jean Cocteau et Jean-Paul Sartre lancent une pétition demandant la grâce définitive de Jean Genet. Cette grâce sera accordée l’année suivante par le président Vincent Auriol.
1949 : Haute surveillance est créée au théâtre des Mathurins, à Paris, par la compagnie Jean Marchat.
1950 : Jean Genet tourne Un chant d’amour, film qui sera longtemps clandestin. Il aura d’autres projets de films, mais Un chant d’amour restera comme le seul qu’il ait réalisé.
1952 : Après la publication du Saint Genet, comédien et martyr de Sartre, Genet brûle tous ses inédits. Il va davantage se tourner vers le théâtre, le cinéma, les essais sur l’art, etc.
1964 : Son jeune amant, l’acrobate de cirque Abdallah, rencontré en 1955, se suicide. Genet veut renoncer à tout projet littéraire et écrit son testament.
1966 : La pièce Les Paravents, qui traite, entre autres, de la guerre d’Algérie, est créée à l’Odéon-Théâtre de France dans une atmosphère d’émeute.
1967 : A la suite d’une prise massive de somnifères, Genet est trouvé sans connaissance dans une chambre d’hôtel de Domodossola.
1968 : Aux USA, il participe aux manifestations contre la guerre du Vietnam.
1969 : En France, il manifeste, avec Marguerite Duras, pour les travailleurs immigrés.
1970 : Entré illégalement aux Etats-Unis, il donne des conférences dans les universités et répond aux questions des journalistes sur les Panthères Noires, dont il a pris la défense. De retour en France, il intervient à la télévision en faveur d’Angela Davis, qui a été arrêtée. Après les évènements de « Septembre noir », il visite les camps palestiniens et rencontre en secret Yasser Arafat.
1971 : Il proteste contre l’assassinat de George Jackson qui a été exécuté à l’intérieur même de sa prison. Il se rapproche de Michel Foucault, animateur du Groupe d’Information sur les prisons. Il manifeste, dans le quartier parisien de la Goutte d’or, en faveur des immigrés qui risquent l’expulsion. Il fait partie, avec Gilles Deleuze, du comité Djellali, qui lance un Appel des intellectuels aux travailleurs arabes.
1974 : Il soutient la candidature à l’élection présidentielle de François Mitterrand. Gilles Deleuze publie un livre sur lui : Glas.
1977 : Dans Le Monde du 2 septembre paraît un article, intitulé Violence et brutalité, dans lequel Genet approuve la violence de la bande à Baader, de même qu’il a vu, dans l’attentat palestinien contre les athlètes, aux Jeux olympiques de Munich, en 1972, l’avènement d’un terrorisme qu’il appelait de ses vœux.
1979 : Atteint d’un cancer de la gorge, il commence une chimiothérapie.
1982 : Il est à Beyrouth, avec Layla Shahid, lorsqu’ont lieu, les 16 et 17 septembre, les massacres de Sabra et Chatila. Il entre à Chatila le 19 et prend connaissance des horreurs commises par des miliciens chrétiens. Il écrit un article, Quatre heures à Chatila, que publiera, au début de l’année suivante, la Revue d’études palestiniennes.
1983: Il commence à rédiger Le Captif amoureux, où il développe, sous une forme mi-documentaire mi-romanesque, son engagement palestinien.
1986: Il meurt, le 15 avril, dans une chambre d’hôtel parisien. Le 25, il est enterré au Maroc, dans le cimetière espagnol de Larache, face à la mer. En mai, Le Captif amoureux sort en librairie.

Les œuvres-clefs de Jean Genet

NB Les dates citées sont celles de la première parution.
Poésie
- Le condamné à mort, édition hors-commerce, Fresnes, 1942
- Chants secrets, avec : Le Condamné à mort et Marche funèbre, L’Arbalète, Décines, Lyon, 1945
- Le Condamné à mort, Marche funèbre, La Galère, La Parade, Un chant d’amour, Le Pêcheur du Suquet, L’Arbalète, Décines, Lyon, 1948

Romans et autres textes
Notre-Dame-des-Fleurs, « Aux dépens d’un amateur » ( Paul Morihien), Monte-Carlo, 1944
Miracle de la rose, L’Arbalète, Décines, Lyon, 1951
Querelle de Brest, l’Arbalète, Décines, Lyon, 1947
Pompes funèbres, Bikini « aux dépens d’un amateur » (Paul Morihien), 1948
Journal du voleur, Gallimard, Paris, 1949
‘Adame Miroir, argument pour ballet, Morihien, Paris, 1949
L’Enfant crimineltexte radiophonique, Morihien, Paris, 1949
Lettres à Leonor Fini, Loyau, Paris, 1950
Jean Cocteau, Empreintes, Bruxelles, 1950
Conférence de Stockholm, texte radiophonique pour la radio suédoise, musée-bibliothèque Pierre-André Benoit, Stockholm, 1955
Le Funambule, l’Arbalète, Décines,Lyon, 1958
d’Alberto Giacometti, L’Arbalète, Décines, Lyon, 1958
Le Captif amoureux, posthume, Gallimard, Paris, 1986
Lettres à Roger Blin posthume, Gallimard, Paris, 1986
« Chère Madame», correspondance avec Ann-Bloch, Merlin Verlag, Hambourg, 1988
Lettres à Olga et Marc Barbezat, L’Arbalète, Décines, Lyon, 1988
L’Ennemi déclaré, recueil de textes et entretiens, Gallimard, Paris, 1991
Lettres à Ibis, L’Arbalète/ Gallimard, 2010

Théâtre
Les Bonnes, L’Arbalète, 1947
Haute surveillance, Gallimard, Paris, 1949
Le Balcon, L’Arbalète, Décines, Lyon, 1956
Nègres, L’Arbalète, Décines, Lyon, 1958
Les Paravents, L’Arbalète, Décines,Lyon, 1961
Elle, posthume, L’Arbalète,1989
Splendid’s, posthume, L’Arbalète, 1993

Cinéma
Ulysse ou Les Mauvaises rencontres, court métrage perdu, réalisé par Alexandre Astruc et où Jean Genet apparaît en Cyclope, auprès de Cocteau en Homère, Juliette Gréco en Calypso, Christian Bérard en Poséidon, etc (1948)
Film sans titre d’une durée de trois minutes, réalisé par Jean Genet qui y apparait auprès de Violette Leduc, Java, etc (1950)
Un chant d’amour, court métrage de 25 minutes, réalisation : Jean Genet (1950).
Le Bagne, posthume, scénario dialogué, L’Arbalète, 1994
NB : Beaucoup d’autres scénarios, écrits par Jean Genet, qu’ils aient été ou non réalisés, sont encore à paraître.

Jean Genet et Bernard-Henri Lévy

On ne s’étonnera pas que Bernard-Henri Lévy ait fustigé, notamment dans la série télévisée Les Aventures de la liberté, l’apôtre de la violence que fut Jean Genet, notamment quand il célébra, en 1972, après l’attentat de Munich, l’avènement du terrorisme palestinien, la violence étant, pour lui comme pour Sartre, la seule arme dont les Palestiniens disposaient alors. En 1977, dans son article La Violence et la brutalité, Genet écrivait : « Nous devons à Andreas Baader, à Ulrike Meinhof, à Holger Meins, à la RFA en général, de nous avoir fait comprendre, non seulement par des mots, mais par leurs actions, hors de prison et dans les prisons, que la violence seule peut achever la brutalité des hommes. » Bernard-Henri Lévy ne pouvait admettre aucun des mots de ce credo funèbre. Mais il est écrivain, il est même l’un de ces écrivains qui, au-delà de la dénonciation intellectuelle, voire du dégoût, restent sensibles au romanesque de la vie des hommes en général, et des intellectuels en particulier. C’est ainsi qu’à Tanger, il convoqua le fantôme de Jean Genet, comme il convoqua ceux de William Burroughs, Bryan Gysin, Tennessee Williams, Truman Capote, Romain Gary, s’interrogeant sur cette « sainteté » tant recherchée par l’auteur du Bagne, aussi bien que sur le mystère de sa dernière demeure, cette tombe du cimetière de Larache face à la mer.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Jean Genet

« Le beau livre d’Hadrien Laroche, au Seuil, sur le « Le beau livre d’Hadrien Laroche, au Seuil, sur le Dernier Genet, (« dernier » étant à entendre au double sens d’ « ultime » et d’ «infâme »). Les textes de ce dernier Genet. Le fait qu’il les édite en arabe, dans des revues palestiniennes. Je vois deux autres cas de grands intellectuels qui ont choisi, comme lui, de publier hors de leur langue. Foucault donnant, en Italie ses fameux écrits « iraniens », Gary dont il a fallu attendre l’automne dernier pour découvrir, chez Calmann-Lévy, la traduction française de l’Ode au général de Gaulle. Peut-être aussi certains textes d’Althusser. Que fait-on quand on se conduit ainsi ? que fuit-on ? quel risque conjuré – quelle alliance nouvelle, ou renversée ? (…) Le dernier Genet. Cette tache dans l’histoire de sa vie. Cette zone d’ombre. C’est ce que l’on préfère dans la vie d’un écrivain. Ces moments dont on ignore tout et dont on ne sait ce qu’il faut conclure : s’il a trop vécu, ou plus du tout si le peu de traces laissées tient à l’extinction du moteur biographique ou au fait qu’il s’est mis à tourner, soudain, à plein régime. » ( Article daté du 28 juin 1997, repris dans Mémoire vive – Questions de principe sept, pp . 231-232)
« Monstruosité encore, mais « éblouissante » celle-là, et opérant comme une lumière pour tous ceux qui, nous dit Bernard Sichère (dans son livre Le Dieu des écrivains), y reconnaissent leur propre « monstruosité silencieuse » : Proust, Bataille , Genet, Jouhandeau ces quatre écrivains que leur quête de « sainteté » n’a jamais écarté (…) de l’autre sacro-saint principe dont la formule demeure « ne pas céder sur son désir ». ( Article daté du21 mai 1999, repris dans Mémoire vive – Questions de principe sept, p.433)
« Genet à Tanger ? Au Maroc ? Genet était un sans-domicile fixe. Un typique « sans feu ni lieu », dont le non-lieu était la religion. Alors Tanger… Va pour Tanger ! Mais comme un de ces non-lieux. Un de ces points de passage parmi d’autres. Sûrement pas, en tout cas, un ancrage tardif, un port d’attache, un lieu élu. Sûrement pas le côté : j’ai trop bougé, je suis las de ce vagabondage infini, je choisis donc Tanger, je me fixe à Tanger à la façon, par exemple, de Paul Bowles. » (Un tombeau pour Genet in : Pièces d’identité, p.481)
« Bryan Gysin, à Tanger : il y a trois Genet ; les gens connaissent le Genet voleur, et Genet le génie mais ils ignorent le troisième, Genet le secret», Et si c’était le Genet de Tanger ? Et si Genet à Tanger, était l’objet du plus grand mystère ? Lui qui, à Paris, vivait dans des meublés, ou des hôtels de fortune, descend, à Tanger, au Minzah. Pourquoi ? Choukri la source décidément la plus fiable, au fond la seule, sur ce Genet tangérois rapporte ce propos : Parce que je suis un sale chien ; je descends au Minzah ou au Hilton parce que j’aime voir ces élégants servir un sale chien comme moi… » (Idem, p.483)
« La seule vraie adresse de Genet à Tanger : le cimetière chrétien de Larache, coincé entre un bordel et la vieille prison espagnole où il côtoie, pour la dernière fois mais à jamais, un peuple de voyous, maquereaux, trafiquants de kif, passeurs divers et variés, artistes du couteau. Là, un matin d’avril 1986, l’arrivée du cercueil enveloppé dans un sac de jute sur lequel on a inscrit, comme pour les sans-papiers qu’on rapatrie au Maroc pour qu’ils y soient enterrés, « travailleur immigré » ; et puis, au milieu des sépultures de soldats espagnols, une tombe blanche, très simple, sans croix ni symbole, au bord du précipice, face à la mer. Deux thèses s’affrontent à Tanger. Celle d’une « dernière volonté » de Genet. Celle rapportée encore par Choukri de El Katrani, l’ami auquel il avait offert, avant de mourir, une petite maison à Larache : Je veux être enterré n’importe où, sauf à Larache. Je préfère, évidemment, la seconde. Car comment mieux dire la suprême intelligence de l’art ? » (Idem, p. 484).

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