Isabelle Adjani

Isabelle Adjani

Comédienne, chanteuse et militante

Les dates-clefs d’Isabelle Adjani

27 juin 1955 : Naissance à Paris, dans le 17ème arrondissement, d’Isabelle Yasmina Adjani, d’une mère allemande, Emma-Augusta née Schweinberger, et d’un père algérien d’origine turque, Mohammed Chérif Adjani, lequel, durant la Seconde Guerre mondiale, s’était engagé, à seize ans, dans les rangs de l’armée française et avait rencontré sa future épouse lorsqu’il était remonté avec les troupes, à l’heure de la libération de l’Europe, d’Italie en Bavière. Isabelle Adjani a évoqué l’influence qu’exerça sur elle le couple parental : « Des origines étrangères de mes parents, j’ai fait une richesse, une source de rêveries infinies : l’univers de la littérature allemande d’un côté, les mystères orientaux de l’autre. Mais devant la souffrance de mes parents, leur non- intégration, leurs difficultés matérielles, j’étais totalement démunie. La souffrance des parents vous imprègne pour la vie. » (Le Monde du 23 décembre 2000, entretien mené par Annick Cojean) Elle respectera tant ses parents que, lorsque Mohammed Chérif Adjani , garagiste de son état, sera devenu pro-palestinien, elle ira jusqu’à éviter d’interpréter, du vivant de son père, des rôles de femmes juives, etc.
1957 : Naissance d’Eric Hakim Adjani, frère cadet d’Isabelle. Les deux enfants vont grandir dans une hlm de Gennevilliers. Ils y connaîtront des voisins, les Coubard, des communistes, qui leur montreront, de la même façon que le feront leurs parents, « la dignité de s’engager pour des causes justes » (Le Monde, id°).
1959 : A quatre ans, Isabelle Adjani participe, aux côtés de ses parents bien sûr, à une manifestation d’aide aux jeunes Algériens.
1969 : Elle tourne, à quatorze ans, son premier film : Le Petit bougnat, destiné au public enfantin. Elle a été choisie, parmi les élèves du lycée de Courbevoie, par l’assistant du réalisateur Bernard Toublanc-Michel.
1971 : Alors qu’elle songe à préparer une licence de philosophie, Nina Companeez lui offre un rôle dans son long métrage Faustine ou Le Bel été.
1972 : Elle débute au théâtre dans La Maison de Bernarda de Federico Garcia Lorca, avec Annie Ducaux et la troupe de Robert Hossein. Puis, recommandée par la même Annie Ducaux, elle entre à la Comédie-Française, alors qu’elle n’a pas fait le Conservatoire mais le cours Florent. Elle y sera Agnès dans L’Ecole des femmes de Molière. Son interprétation lui vaut le Prix du syndicat de la critique et le Prix Suzanne Bianchetti.
1974 : Elle se fait remarquer à la Télévision française dans la série Le Secret des Flamands, écrite par Jean-Louis Roncoroni et réalisée par Robert Valey. La même année, elle triomphe, à la Comédie-Française, dans le rôle-titre d’Ondine de Jean Giraudoux. Elle s’impose au cinéma dans La Gifle de Claude Pinoteau, remportant pour ce film, en Italie, le Prix David di Donatello de la meilleure jeune comédienne étrangère. Année bien remplie, puisqu’elle s’y exerce enfin à la chanson, sous l’égide de Serge Gainsbourg, qui lui fait interpréter sa Rocking Chair dans un show télévisé de Maritie et Gilbert Carpentier.
1975 : La Comédie-Française lui propose un contrat de vingt ans, mais elle préfère poursuivre sa route au cinéma. Le succès de L’Histoire d’Adèle H, film de François Truffaut, lui donne raison puisque son interprétation d’Adèle Hugo, la fille du poète devenue folle après un échec sentimental, lui fit remporter quatre prix cette année-là : le National Board of Review, le New York film Critics Circle Award, le National Society of Film Critics Awards ; et trois l’année suivante : le David di Donatello en Italie, le Prix de la meilleure actrice au festival de Carthagène, ainsi qu’à Hollywood l’Oscar de la meilleure actrice !
1977 : Son frère Eric Hakim entre lui aussi dans la vie professionnelle : d’abord assistant de Marguerite Duras pour le film Le Camion, il tiendra ensuite quelques rôles au cinéma, dont celui du valet en noir, une sorte d’ange de la mort, dans le Don Giovanni de Joseph Losey (1979), puis il se consacrera à la photographie (il réussira notamment de beaux portraits de Serge Gainsbourg).
1978 : Isabelle Adjani obtient le Bambi de la meilleure actrice pour Nosferatu, fantôme de la nuit, film de Werner Herzog.
1979 : Naissance, en avril, de Barnabé Saïd, fils d’Isabelle Adjani et du chef-opérateur et réalisateur Bruno Nuytten.
1981 : Au festival de Cannes, le Prix d’interprétation féminine est décerné à Isabelle Adjani pour deux films à la fois : Possession d’Andrzej Zulawski et Quartet de James Ivory.
1982 : Elle remporte le César de la meilleure actrice pour Possession. Elle commence par refuser le rôle que lui propose Jean Becker dans L’Eté meurtrier par peur des scènes où elle doit apparaître nue. Puis elle se ravise.
1983 : Mort de son père Mohammed Chérif Adjani. Elle remporte, au Portugal, un nouveau prix pour Possession lors du festival Fantasporto. Elle réalise un album sous la direction de Serge Gainsbourg et se place en tête des ventes de 45 tours avec Pull marine, dont le vidéo-clip est réalisé par Luc Besson. Dans l’émission télévisée Show Isabelle Adjani, elle chante Love me or leave me de Gus Khan et Walter Donaldson. Elle enregistre, pour les éditions des Femmes, un livre audio : le Journal d’Alice James. Elle renonce, après quelques jours, à poursuivre le tournage de Prénom Carmen de Jean-Luc Godard. Elle est remplacée par Marushka Detmers. De la même façon, à l’automne, elle abandonne, au bout de quelques représentations, le rôle-titre de la pièce d’August Strindberg Mademoiselle Julie. Elle est remplacée par Fanny Ardant.
1984 : Isabelle Adjani remporte un deuxième César de la meilleure actrice, cette fois pour L’Eté meurtrier de Jean Becker.
1985 : Elle enregistre un deuxième livre audio pour les éditions des Femmes : Des textes, des voix, ouvrage collectif.
1986 : Thérèse, film d’Alain Cavalier sur Sainte Thérèse de Lisieux, remporte le Prix du jury au festival de Cannes et sort en salles. Isabelle Adjani dira de ce film, en 2000, à Annick Cojean : « C’est l’un des films de ma vie. Une grâce. Une sublimation. Le rayonnement de l’amour. J’aime totalement. Le moindre geste, le moindre bruissement, le moindre regard. Et ce visage inoubliable de Catherine Mouchet, qui montre l’invisible. Ce film me fait un effet ! » Elle ajoutera : « Je ne crois pas qu’aucun de mes films ait jamais produit pareil effet sur le public. » ( Le Monde, id°)
1987 : Alors que commence l’épidémie de sida, une rumeur se répand selon laquelle elle est d’abord séropositive, puis carrément…décédée. Elle a raconté ces « neuf mois de délire urbain à vif. Neuf mois inouïs, kafkaïens, pendant lesquels mes amis finissaient par me dire : « Allez, à nous tu peux dire la vérité ! » Au restaurant, je sentais la réticence à me donner des couverts. On me rapportait que tel médecin connu confirmait, dans les dîners, avoir vu lui-même mes analyses alarmantes. Qu’Untel connaissait le chirurgien, l’infirmière, le brancardier qui m’avaient eue en soins. Un décorateur contacté par Bruno Nuytten pour Camille Claudel s’est désisté en affirmant que, de tout façon, je serais morte avant le tournage. Aucun bulletin de santé n’aurait pu mettre fin à cette folie. On l’aurait cru falsifié. Jusqu’au jour où j’ai lu, vraiment lu, dans la presse, l’annonce de ma mort. C’est le plus grand embarras de ma vie. J’avais honte pour tout le monde. » (Le Monde, id°) Elle se décide alors à paraître au journal de 20 heures, sur TF1, pour couper court à la rumeur.
1988 : Après avoir tourné Camille Claudel, qu’elle a aussi produit, elle disparait du grand écran pour cinq ans, durant lesquels elle affichera davantage ses prises de position politiques. A la veille du référendum proposé par le président Chadli Bendjedid, elle participe, sur le campus de Bouzareah près d’Alger, à un meeting pour « soutenir la naissance d’une démocratie en Algérie ». En revanche, elle ne soutient pas, en France, la candidature de Jacques Chirac à l’élection présidentielle. Elle ne soutient en l’occurrence la candidature de personne, affirme-t-elle sur TF1.
1989 : Un troisième César est décerné à Isabelle Adjani pour son interprétation de Camille Claudel dans le film de Bruno Nuytten. Au cours de la cérémonie, montée sur scène pour y recevoir son trophée, elle lit un extrait des Versets sataniques, roman de l’écrivain anglo-indien Salman Rushdie, qui vient de tomber, pour avoir écrit ce livre inspiré du Maître et Marguerite de Boulgakov,, sous le coup d’une fatwa pour apostasie prononcée contre lui par l’ayatollah Rouhollah Khomeiny. Camille Claudel lui vaut, la même année, un prix au festival de Berlin et, l’année suivante, un oscar à Hollywood, deux récompenses attribuées à la meilleure actrice de l’année.
1990 : A l’occasion de la sortie de l’intégrale studio, Jacques Higelin 1974-1988, Isabelle Adjani enregistre avec le chanteur Je ne peux plus dire je t’aime .
1995 : Naissance de Gabriel-Kane, fils d’Isabelle Adjani et de l’acteur américain Daniel Day Lewis.
1996 : Revenue au cinéma sur un échec (Toxic Affair, 1993), elle se dit harcelée par les journalistes et par ses fans, ce qui la conduit à se retirer en Suisse.
1997 : Elle soutient la manifestation parisienne pour la paix en Algérie et répond au Figaro sur la situation politique de ce pays. L’entretien paraît en première page du quotidien sous le titre : L’Algérie m’empêche de dormir. Et vous ? Elle y dénonce tout autant le terrorisme islamiste que le terrorisme d’Etat. Elle préside le 50ème festival de Cannes, qui décernera sa Palme d’or ex-aequo au Goût de la cerise de l’Iranien Abbas Kiarostami et à L’Anguille du Japonais Shohei Imamura.
1999 : Invitée à l’Elysée pour la réception du président algérien Abdelaziz Bouteflika, en visite officielle en France, elle refuse de s’y rendre.
2000 : Retour à Paris et retour triomphal au théâtre, où elle n’a pas paru depuis sept ans, dans une adaptation signée René de Ceccaty de La Dame aux camélias, d’Alexandre Dumas fils.
2002 : Isabelle Adjani enregistre un livre audio collectif : Gardez-moi les journaux de Pierre Hebey (Gallimard)
2003 : Prix de la meilleure actrice, au festival de Cabourg, pour Adolphe de Benoît Jacquot d’après Benjamin Constant. Sortie de la BO de Bon voyage !, film de Jean-Paul Rappeneau. Isabelle Adjani y chante la chanson-titre, paroles de Martin Rappeneau, musique de Gabriel Yared.
2004 : Isabelle Adjanichante, en duo avec Pascal Obispo, On ne sert à rien de Lionel Florence et Pascal Obispo sur l’album Sidaction – Ensemble contre le sida, 10 ans ensemble. Elle reçoit le Grand Prix spécial des Amériques pour l’ensemble de sa carrière au festival de Montréal.
2007 : Sur le plan de la vie privée, c’est l’année du décès de sa mère, Emma-Augusta, surnommée Gusti. Sur le plan de la vie publique : en février elle déclare que les propos du pape Benoît XVI sur l’inefficacité du préservatif devraient être passibles de poursuites pour crime contre l’humanité ; en juillet elle inaugure le festival panafricain d’Alger ; en octobre elle participe à la manifestation contre la mise en place du test ADN pour le regroupement familial ; en décembre elle devient présidente d’honneur du Club des amis et actionnaires du journal Backchich.
2008 : Elle chante Wo wo wo wo de et avec Christophe (album de Christophe Aimer ce que nous sommes).
2009 : Elle signe la pétition de soutien à Roman Polanski lancée par Bernard-Henri Lévy dès l’arrestation du cinéaste à Zurich le 26 septembre.
2010 : La militante Isabelle Adjani est l’une des premières à signer la pétition conçue par Libération, La Règle du jeu, le Huffington Post et Elle pour empêcher la mise à mort par lapidation, en Iran, de l’institutrice Sakineh Mohammadi Ashtiani , accusée d’abord d’adultère, puis de complicité dans le meurtre de son mari, mais ce dernier chef d’inculpation semble avoir été été retiré. L’actrice Isabelle Adjani reçoit son quatrième César pour La Journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld. Sa prestation dans ce film, où elle est la professeure d’un lycée difficile, qui en arrive, à force de stress, à prendre sa classe en otage, lui amène d’autres récompenses, telles que le Prix d’interprétation au festival de Monte Carlo, le Prix Lumière, le Globe de Cristal et l’Etoile d’or. Mais Noël 2010 apporte à la personne Isabelle Adjani la tragique nouvelle de la mort subite, suite à une crise cardiaque, de son frère cadet Eric Hakim.
2011 : Elle chante Tomber, paroles de Frank Henry, musique de Frank Henry, Marco Papazian et Claude Salmieri , dans la BO du film De force de Frank Henry.

Les pièces-clefs d’Isabelle Adjani

La Maison de Bernarda de Federico Garcia Lorca (Maison de la Culture de Reims, m.e.s : Robert Hossein, 1972, reprise à l’Odéon en 1974)
L’Ecole des femmes de Molière (Comédie-Française, m.e.s : : Jean-Paul Roussillon,1973)
L’Avare de Molière (Idem)
Port-Royal d’Henry de Montherlant ( Id°, sauf m.e.s : Jean Meyer)
Ondine de Jean Giraudoux (Comédie-Française, m.e.s : Raymond Rouleau, 1974)
Mademoiselle Julie d’August Strindberg (théâtre Edouard VII, m.e.s: J.P. Roussillon, 1983 – Isabelle Adjani assura seulement quelques représentations)
La Dame aux camélias (théâtre Marigny, m.e.s : Alfredo Arias,2000)
La Dernière nuit de Marie Stuart de Wolfgang Hildesheimer, ( Marigny, m.e.s : Didier Long, 2006)

Les films-clefs d’Isabelle Adjani

Le Petit Bougnat de Bernard Toublanc-Michel (1970)
Faustine ou le Bel été de Nina Companeez (1972)
La Gifle de Claude Pinoteau (1974)
L’Histoire d’Adèle H de François Truffaut (1975)
Barocco d’André Téchiné (1976)
Le Locataire de Roman Polanski (1976)
Violette et François de Jacques Rouffio (1977)
Nosferatu, fantôme de la nuit de Werner Herzog (1979)
Les Sœurs Brontë d’André Téchiné (1979)
Clara et les chics types de Jacques Monnet (1981)
Quartet de James Ivory (1981)
Possession d’Andrzej Zulawski (1981)
L’année prochaine…si tout va bien de Jean-Loup Hubert ((1981)
Tout feu tout flamme de Jean-Paul Rappeneau (1982)
Antonieta de Carlos saura (1982)
Mortelle randonnée de Claude Miller (1983)
L’Eté meurtrier de Jean Becker (1983)
Subway de Luc Besson (1985)
T’as de beaux escaliers, tu sais court métrage d’Agnès Varda (1986)
Ishtar d’Elaine May (1987)
Camille Claudel de Bruno Nuytten (1988)
L’Après-octobre, documentaire de Merzak Allouache (1989)
Toxic Affair de Philomène Esposito (1993)
La Reine Margot de Patrice Chéreau (1994)
Diabolique de Jeremiah S. Chechik (1996)
Paparazzi d’Alain Berbérian (1998)
La Repentie de Laetitia Masson (2002)
Adolphe, d’après Benjamin Constant, de Benoît Jacquot (2002)
Bon voyage ! de Jean-Paul Rappeneau (2003)
Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran de François Dupeyron
La Journée de la jupe de Jean-Paul Lilienfeld (2009)
Mammuth de Benoît Délépine et Gustave de Kervern (2010)
De force de Frank Henry (2011)
Projet AA d’Alexandre Astier

Les téléfilms-clefs d’Isabelle Adjani

L’Ecole des femmes de Molière (réal. Raymond Rouleau, 1974)
Le Secret des Flamands (réal. Robert valey, 1974)
Figaro, d’après Beaumarchais (réal. Jacques Weber,2008)
Aïcha Un job à tout prix (réal. Yamina Benguigui, 2011)

Isabelle Adjani et Bernard-Henri Lévy

Ils n’ont ni travaillé ensemble ni écrit l’un sur l’autre. Mais, bien sûr, chacun connaissait les combats de l’autre. Bernard-Henri Lévy, par exemple, avait admiré qu’Isabelle Adjani ait lu devant le public de la cérémonie des Césars, en 1989, un extrait des Versets sataniques de Salman Rushdie, alors sous le coup d’une fatwa le condamnant à mort. Mais les chemins d’Isabelle Adjani et de Bernard-Henri Lévy se sont aussi croisés lors de deux autres campagnes de soutien.
La première concerne Roman Polanski. En 2009, dès l’arrestation, le 26 septembre, du cinéaste à Zurich, Bernard-Henri Lévy lance une pétition de soutien. Isabelle Adjani la signe aussitôt.
En 2010, nouvelle pétition, cette fois de soutien à Sakineh Mohammadi Ashtiani, une institutrice iranienne, azérie d’origine, accusée en mai 2006 d’adultère et punie pour cela de 99 coups de fouet. En septembre de la même année, elle comparait de nouveau devant un tribunal qui l’accuse de complicité dans le meurtre de son mari. Elle aurait été acquittée de ce chef d’accusation qui lui aurait valu une condamnation à 10 ans de prison. Sa culpabilité d’adultère revient ensuite à l’ordre du jour, lui coûtant une condamnation à mort par lapidation, malgré le moratoire instauré en 2002. La nouvelle tombe également d’un retour à l’inculpation pour complicité de meurtre. Des campagnes de soutien à l’échelle internationale ont jusqu’ici empêché l’exécution de Sakineh Mohammadi Ashtiani.
Parmi ces campagnes de soutien, la pétition citée plus haut, Chaque jour, sauvons Sakineh, lancée en France par Libération, La Règle du jeu et Elle, auxquels s’adjoint le Huffington Post : il s’agit d’adresser chaque jour, pour ajourner et annuler l’inique condamnation à mort, une lettre de soutien à Sakineh, laquelle lettre est mise en ligne sur le site de La Règle du jeu. La première lettre envoyée ainsi à Sakineh est celle d’Isabelle Adjani, mise en ligne le 23 août 2010 :
« Sakiney, votre nom bat dans mon cœur et mon cœur bat en vous écrivant. Votre nom est sur toutes les lèvres et se murmurera à faire crever les tympans des juges qui restent sourds aux gémissements des femmes dont vous êtes l’irréductible figure de liberté. Vous êtes le vraie femme, cruellement riche d’une possibilité inédite : celle qui charnellise un sens de la justice qui donne au monde entier un frisson de révolte ; celle qui lui arracherait la peau si nous n’étions pas capables de vaincre l’obscurantisme délibéré d’hommes enragés par la puissance de votre existence.
Celle qui vous écrit n’est qu’une actrice française dont la vocation artistique tente de prendre sur elle, le plus humainement possible, les failles et les tourments d’héroïnes souvent tragiques.Elle n’est que l’infime prolongement du « fragment de notre destinée de femme » que vous représentez et de votre refus de ce « savoir mourir » imposé par ceux qui s’obsèdent, au nom d’une ignorance criminelle, à vouloir liquider la magnificence de votre dignité. Ils enragent jusqu’à la folie, ceux-là, à la seule idée de l’amour – mais oui – qu’il y a dans votre liberté. Je vous laisse, chère Sakineh, vous qui ne nous quittez pas.
Isabelle Adjani »


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