Site édité par le professeur Liliane Lazar, Hofstra University, USA

Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Livres, par Françoise Cariès, pour La Dépêche

Houellebecq / Bernard-Henri Levy: journal des « ennemis publics »

Houellebecq / Bernard-Henri Levy: journal des Enfin il est-là, cet objet de tous les délires, ce livre qui, depuis le milieu de l’été, alimente les plus folles rumeurs du microcosme littéraire. Il est à notre disposition ce chef-d’œuvre annoncé à grand renfort de mystère, cet opus dont les libraires, sans en connaître ni le sujet ni les auteurs, ont réservé dès juillet, à l’aveugle, quasiment contraints et forcés, quelque 150 000 exemplaires.

« Ennemis publics », échanges de lettres entre Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy, méritait-il à ce point d’être classé top secret ? On attendait une bombe. Ce n’est qu’une bombinette dont l’avenir retiendra qu’il inaugura, dans l’édition, le lancement fondé sur l’omerta, ce qui est une révolution à l’époque du matraquage publicitaire.

Dans ce dialogue souvent compassé les deux écrivains, un romancier sarkozyste et un philosophe ségoléniste que tout sépare et qui se vouvoient, unissent leur rancœur pour déclarer la guerre aux journalistes : ils se proclament sans détour « ennemis publics » rapprochés par « l’animosité » qu’ils inspirent tous deux et se posent en victimes d’un système dont ils ont, pourtant, pour habitude, de copieusement user.

Mais, lorsqu’abandonnant leurs ego s surdimensionnés, ils se mettent à évoquer leurs enfances et leurs pères, quand ils expliquent l’un et l’autre ce qui les a poussés à écrire, l’intérêt s’éveille. Quand ils débattent des œuvres dont ils se nourrissent, ils deviennent passionnants. Ils entraînent leurs lecteurs au pays des livres, des mots, des idées et de la littérature. On en revient enrichi.

Un commentaire »

  1. ce que je cherchais, merci

    Commentaire par Nina_Tool — samedi 26 septembre 2009 @ 10:33

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