François Pinault

François Pinault


Entrepreneur. Collectionneur.

Les dates-clef de François Pinault

1936 : naissance de François Pinault aux Champs-Géraux dans les Côtes-d’Armor.
1952 : François Pinault a seize ans et quitte l’école.
1960 : premier mariage (d’où sont issus ses trois enfants), puis création des Établissements Pinault, spécialisés dans le commerce et la transformation du bois.
1962 : François Pinault effectue son service militaire en Algérie.
1970 : François Pinault épouse Maryvonne, la femme de sa vie.
1981 : rencontre entre Jacques Chirac et François Pinault.
1983 : parrainé par Ambroise Roux pour entrer à l’Association française des entreprises privées (AFEP).
1987 : François Pinault achète 75 % du capital de la Chapelle Darblay, numéro un français du papier journal.
1991 : rachat du magasin Le Printemps.
1992 : achat du vignoble Château-Latour ; acquisition des junk bonds de Executive Life ; création d’Artémis, sa holding patrimoniale.
1994 : le nouveau groupe, issu de la fusion de la Redoute avec Pinault-Printemps, prend le nom de PPR.
1995 : rachat de Gucci.
1997 : François Pinault rachète le magazine Le Point.
1998 : François Pinault achète la maison de ventes aux enchères Christie’s.
1999 : lancement du projet de musée sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt.
2001 : François Pinault commence à transmettre les rênes de son empire à son fils François-Henri.
2004 : François Pinault abandonne, lassé par la lenteur et la mauvaise foi de l’administration, le projet de musée sur l’île Seguin à Boulogne-Billancourt.
2005 : François Pinault achète le Palazzo Grassi, ex-propriété de la famille Agnelli puis de FIAT, situé à Venise sur les bords du Grand Canal.
2007 : François Pinault obtient, contre le musée Guggenheim, la Douane de Mer, à Venise toujours.
2008 : réalisation, par l’architecte Tadao Ando, du projet architectural de la Douane de Mer.
2009 : François Pinault inaugure La Douane de Mer.

Les oeuvres-clef de François Pinault

Une collection d’art contemporain unique au monde.
Entre Palazzo Grassi et Douane de Mer, à Venise, une « installation » elle aussi unique au monde.

François Pinault et Bernard-Henri Lévy

Ils passent par le père de Bernard-Henri Lévy, André Lévy, qui fut, longtemps, le rival de François Pinault. Puis, à partir de 1985, son associé et son ami.
La légende veut qu’André Lévy ait « parrainé » son cadet dans l’univers fermé des grands entrepreneurs du bois.
Les biographies, et de Bernard-Henri Lévy, et de François Pinault, racontent comment, quand André Lévy traversa, au milieu des années 1980, une passe difficile, c’est François Pinault qui, à son tour, lui tendit la main.
Il semble même qu’avant cela, au tout début des années 1980, un projet de fusion entre égaux ait été conçu puis abandonné.
On sait aussi que, quand Bernard-Henri Lévy entreprit, en pleine guerre de Bosnie, de réaliser son film Bosna !, François Pinault accepta, sur un simple coup de fil d’André Lévy, de s’associer à lui pour produire ce film à tous égards risqué.
Après la mort d’André Lévy enfin, en novembre 1995, c’est François Pinault qui reprit, seul, sans son ami disparu, la production du second film de BHL, Le Jour et la Nuit.
Aujourd’hui encore, en 2009, Pinault et BHL restent associés dans la structure de production créée à l’époque de Bosna ! et qui s’appelle Les Films du lendemain.
Ils parlent, ensemble, cinéma. Ils parlent art contemporain. C’est François Pinault qui a présenté à Bernard-Henri Lévy l’artiste italien, Francesco Vezzoli, qui a fait de lui et de Sharon Stone deux vrais-faux candidats à l’élection présidentielle américaine pour une œuvre présentée à la Biennale de Venise en 2007.
François Pinault aide Bernard-Henri Lévy dans ses entreprises humanitaires. Il aide SOS Racisme, par exemple, à l’été 1997, à la demande de Lévy. Il finance, à sa demande toujours, la protection de Salman Rushdie lorsque celui-ci vient, invité par Lévy, à Paris. Il soutient, lors de son passage à Paris, en 1994, l’écrivaine bengalaise poursuivie par les intégristes du Bangla-Desh,Taslima Nasreen. Et ainsi de suite.
Une belle histoire d’amitié, de transmission d’amitié, de fidélité.

Citations de François Pinault sur Bernard-Henri Lévy

« Je le considère comme mon fils. Parce que, peut-être que pour lui je suis un peu ce que représentait André Lévy, je ne sais pas. Mais moi je le considère comme mon fils, c’est exact. Et j’ai pour lui une immense affection ». (novembre 2008, au micro de Mireille Dumas dans l’émission Vie privée, vie publique consacrée à Bernard-Henri Lévy).
« Bernard-Henri Lévy est un ami. Il est pour moi un confident, il est pour moi un conseiller. C’est presque un fils. Pour Bernard-Henri, je représente un peu ce qu’a été son père. Bernard, je sais que notre amitié qui dure depuis des années est une amitié forte. » (France 2, Emission de Michel Drucker, Vivement Dimanche, 11 novembre 2001).

Citations de Bernard-Henri Lévy sur François Pinault

« Interrogé pour la énième fois – aujourd’hui, un journal américain – sur mon amitié avec François Pinault. C’est drôle comme cette amitié intrigue et comme ce type de journaliste a du mal à admettre qu’un intellectuel et un patron, un écrivain et un bâtisseur d’empire, puissent avoir, comment dire ? des choses à se raconter… J’essaie, en l’occurrence, d’expliquer que le bâtisseur en question est surtout un personnage atypique, passablement irrégulier, dont je ne suis pas du tout certain, par exemple, qu’il soit mû par le goût de l’argent ou du pouvoir. » (Le Point, 17 janvier 2007).
« Né, non pas une, mais plusieurs fois dans la même vie. Au moins deux. Peut-être trois. Fils de lui-même, en quelque sorte. Enfant de ses œuvres propres autant que les ayant enfantées – j’en connais un autre, qui fut son rival, puis son ami et dont le souvenir chéri me lie, à jamais, à lui. Et pour cela, pour cette inappartenance caractéristique des vrais héros de roman, pour cette habitude, très tôt prise, de ne tenir que de soi la justification de ce que l’on est et de ce que l’on peut, pour tout cela, oui, prédestiné à la folle aventure qu’est la collection d’art contemporain installée au Palazzo Grassi, bientôt à la Douane de Mer, et, en tous les sens du terme, sans exemple ni précédent. » (Challenges, 12 novembre 2007)
« Qu’est-ce qu’un musée ? Un lieu où, comme on sait depuis Vivant Denon, on fait du temps avec de l’espace. Un lieu où, quand on va d’une salle à la suivante, quand on emprunte, dans l’ordre ou le désordre, les chemins imaginaires voulus par le collectionneur, on ne va pas d’un point à un autre, mais d’un âge à un âge plus ancien. Un lieu hanté. Un carrousel de spectres. François Pinault, lors de l’ouverture, il y a deux ans, du Palazzo Grassi, exposait son propre crâne radiographié par Piotr Uklanski. Ici, à la Douane de mer, il donne à voir les fantômes qui y faisaient tempête. Le Carpaccio des « 10 000 crucifixions sur le mont Ararat », ressuscité par les frères Chapman dans leur évocation d’Auschwitz et du nazisme. Les bas-reliefs mésopotamiens lisibles dans l’ombre du « Light from the Left » de Charles Ray. Ou l’« Autoportrait » de Rudolf Stingel qui rappelle un Véronèse. » (Le Point, 11 juin 2009).


Tags : , , ,

Classés dans :

Les commentaires sont fermés.