Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Emeute à Athènes pour accueillir BHL et Michel Houellebecq

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Bernard henri levy michel houellebecq en grèceC’était l’émeute, à Athènes, ce 15 novembre au soir. Bernard-Henri Lévy et Michel Houellebecq étaient en ville et il y a eu 600 personnes pour s’entasser dans le grand amphithéâtre de l’Institut français afin de les écouter. Plus presque autant dans une salle adjacente et dans un café voisin pour suivre l’événement sur un écran. Les deux amis sont arrivés de Paris le matin même pour promouvoir leur livre écrit à quatre mains, Ennemis publics, dont la traduction grecque vient de sortir. On aurait dit des rockstars. Ils étaient suivis par le photographe personnel de Michel Houllebecq. Moi qui ne les avais jamais vus en chair et en os, j’ai été étonnée de voir un Houllebecq moins maladif que je ne le croyais. Beaucoup plus heureux aussi, peut-être à cause du Prix Goncourt qu’il venait de recevoir en France. Il n’a même pas trouvé un mot à dire contre les critiques parisiens! Bernard-Henri Lévy, je l’ai trouvé plus grand que je ne pensais aussi. Et surtout, quand il s’est mis à parler, très drôle. Son explication du « test de la pouffiasse », c’était du Coluche. Quand, à une question de Michel Houllebecq lui demandant pourquoi il écrivait, il a expliqué que c’était la seule façon, pour lui, de s’intéresser aux choses, c’était aussi très amusant. Aux deux auteurs, le public a demandé s’ils auraient pu se livrer à cet exercice de dialogue avec quelqu’un d’autre. Bernard-Henri Lévy a répondu: « peut-être avec Philippe Muray, il était membre du comité de rédaction de la Règle du Jeu« . Michel Houllebecq a répondu : « peut-être avec Maurice Dantec, mais on aurait parlé de choses moins diverses ». Les deux amis ont parlé de Nietzsche. Bernard-Henri Lévy a dit que, pour juger l’état de la critique littéraire, il faut être resté un peu marxiste et considérer que les jugements des critiques ne sont jamais objectifs mais répondent toujours à des objectifs préalables. Ils ont parlé de Renan et de sa Prière sur l’Acropole. Bernard-Henri Lévy est arrivé précédé de deux interviews fortes, l’une dans le grand quotidien Ta Nea, l’autre dans le supplément dominical BHMagazino avec le critique Yorgos Archimandritis. Je vous les adresse pour que vous puissiez les mettre en ligne. Je suis une fidèle de la pensée française et de votre site et je suis heureuse d’y contribuer un peu ainsi. A noter également que Bernard-Henri Lévy a lancé une charge sévère contre son concitoyen Alain Badiou très suivi en Grèce.

Katarina Mouralari

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