Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Daniel Pearl

Bernard-Henri Lévy et Daniel Pearl...

Daniel Pearl


Daniel Pearl est le journaliste américain enlevé, puis assassiné à Karachi au Pakistan.

Les dates-clef de Daniel Pearl

10 octobre 1963 : naissance de Daniel Pearl à Princeton dans le New Jersey
1985 : licence en communication de l’université Stanford.
1990 : Daniel Pearl entre au Wall Street Journal
23 janvier 2002 : alors qu’il devait interviewer Mubarak Ali Shah Gilani, Daniel Pearl est kidnappé par un groupe djihadiste mené par Omar Sheikh.
16 mai 2002 : découverte des restes de Daniel Pearl.

Les oeuvres-clef de Daniel Pearl

At Home in the world, published by Wall Street Journal Books/Free Press, an imprint of Simon & Schuster Inc.

Daniel Pearl et Bernard-Henri Lévy.

Dès l’annonce de sa mort, Bernard-Henri Lévy prend la triple décision : a) de partir sur les traces des tueurs afin de découvrir leur identité et, si possible, leurs mobiles ; b) de partir sur les traces de  Daniel Pearl lui-même afin de reprendre l’enquête que celui-ci était en train de mener au moment de son enlèvement ; c) d’élever à « cet homme ordinaire et exemplaire », à ce « juif magnifique », un « mémorial de mots » qui lui rende enfin justice. Le résultat sera la publication, en France, le 29 avril 2003, puis aux Etats-Unis quelques mois plus tard, puis dans le reste du monde, de Qui a tué Daniel Pearl ? Le livre est une enquête rigoureuse, la seule du genre, qui a mené Lévy sur le théâtre de ce drame atroce. Tout, dans ce livre, est basé sur les faits, seulement les faits, rien que les faits. A deux exceptions près. Le monologue intérieur d’Omar Sheikh à la veille du kidnapping. Puis celui de Daniel Pearl avant l’égorgement. Ces deux monologues intérieurs sont écrits, par définition, comme des scènes de roman. C’est pour ces deux monologues intérieurs, pour bien les caractériser, pour bien faire la différence entre ces deux scènes et le reste du livre, que Lévy a inventé le mot de « romanquête ». Le livre, traduit, aux Etats-Unis, chez Melville House, a connu un très grand succès. La part de la vente du livre en langue anglaise revenant à l’auteur a été versée, l’année suivante, à la Daniel Pearl Foundation qui œuvre, sous la houlette de Ruth et Judea Pearl, ses parents, pour la mémoire de Daniel Pearl (www.danielpearl.org).

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Daniel Pearl

« Mon ami posthume », (entretien avec Jérôme Béglé, Paris-Match, mars 2003).

« Un Juste. L’un de ces Occidentaux qui, sans tomber dans la haine de soi, sans sombrer dans le tiers-mondisme bête qui consiste à accabler l’Europe et l’Occident de tous les crimes, était obsessionnellement ouvert à l’altérité, curieux du visage du différent, en quête perpétuelle de ce qui ne lui ressemblait pas. » (Elle, Mai 2003, propos recueillis par Annick Le Floc’hmoan).

« Tout le propos de mon livre c’est d’essayer de faire un tombeau de mots à Daniel Pearl mais aussi de continuer son enquête, de prendre le relais, de finir son article interrompu. C’est un livre de 530 pages pour finir un impossible article, l’article non écrit de Daniel Pearl » (Propos recueilli par Mohamed Sifaoui, in La Voix du Luxembourg)

« L’assassinat de Massoud, l’attentat du 11 septembre puis, maintenant, cette mort de Daniel Pearl : ce sont les trois coups qui marquent le lever de rideau du XXI° siècle » (Conversation avec Olivier Nora, le 23 février 2002, depuis Kaboul)

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