Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Comment se passera la projection du « Serment de Tobrouk », le film de BHL, à Cannes (Parismatch.com)

Paris Match, pour Parismatch.com

bhl Tobrouk«Après la bataille» et après la guerre : le printemps arabe et son prolongement en Libye seront célébrés sur la Croisette. Le film-documentaire de Bernard-Henri Lévy, «Le Serment de Tobrouk» intègre la sélection officielle lors d’une séance spéciale le 25 mai prochain.

QUATRE INVITÉS

Tourné pendant les huit mois du conflit libyen ayant mis fin à la dictature de Mouammar Kadhafi, co-réalisé par le journaliste et photographe de guerre Marc Roussel, «Le Serment de Tobrouk» raconte «la révolte spontanée et populaire qui se transforme en Révolution grâce à la détermination de quelques femmes et hommes, en Libye bien sûr, mais aussi à Paris, à Londres, à New York et ailleurs», explique le Festival de Cannes sur son site officiel. Son titre est une allusion au « serment de Koufra », qui a marqué l’histoire de la France libre et la seconde guerre mondiale. « Jurez de ne déposer les armes que lorsque nos couleurs, nos belles couleurs, flotteront sur la cathédrale de Strasbourg.», fit prêter serment le colonel Philippe Leclerc, après une bataille à Koufra, oasis du sud-libyen.

Le Festival de Cannes accueillera quatre acteurs importants de la révolution libyenne, qui assisteront à la projection et dédieront leur action à la résistance syrienne contre Bachar Al-Assad. «En invitant Le Serment de Tobrouk, dont le montage est à peine achevé, Gilles Jacob et Thierry Frémaux entendent rappeler qu’un film peut être aussi le passage de flambeau entre des peuples que rassemble le même amour de la liberté», conclut le communiqué. Le film sortira le 6 juin prochain.

Yannick Vely – Parismatch.com

Photo : Bernard-Henri Lévy, Place du 17 février 2011, à Tobrouk. (c) Marc Roussel.

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