Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Bernard-Henri Lévy répond à BBC Arabic TV

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BBCCette interview a été réalisée, en direct, sur le canal arabe de la BBC. Bernard-Henri Lévy a organisé, l’avant-veille, avec des représentants de l’opposition syrienne, un grand rassemblement  populaire au Cinéma Le Saint-Germain, à Paris. Son initiative a été contestée par certains, parfois des pro Bachar el-Assad, parfois des vrais opposants.Il est venu là, à la BBC, pour répliquer à l’adversaire. Fidèle à lui-même, BHL ne craint aucune question, n’écarte aucune objection et se prête volontiers au délicat exercice qui est d’aller se frotter à la contradiction et de le faire, le cas échéant, sur le terrain même de ses contradicteurs. Toutes les questions sont posées. Et cela lui permet de remettre certaines pendules à l’heure – en particulier sur le délicat sujet du Proche-Orient et du conflit israélo-palestinien. Un sentiment, cela dit, émerge de cette interview. Parler des Palestiniens, c’est bien. Dire et répéter qu’ils ont droit à un Etat, bien sûr. Mais, pour une fois qu’il est question des Syriens, pour une fois que le faisceau des medias se pose aussi sur eux, est-ce qu’il ne serait pas juste, honnête, correct, de laisser le dit faisceau s’attarder un peu sans se croire obligé de les enterrer, une fois de plus, sous un tombereau de discours classiquement propalestinien et mille fois entendu ? C’est ce que sous-entend Bernard-Henri Lévy. Et il est difficile de ne pas le suivre sur ce point.

Liliane Lazar

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