Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Bernard-Henri Lévy confirme, à Reuters, que le Général Younès a bien été assassiné par des kadhafistes.

Reuters

logo_reuters_media_frMISRATA, Libye (Reuters) – Les rebelles libyens ont annoncé mercredi avoir repoussé une contre-attaque des forces gouvernementales autour de la ville stratégique de Zlitane, à 160 km à l’est de la capitale, Tripoli.

L’offensive lancée mardi par les soldats de Mouammar Kadhafi a entraîné des violentes batailles de rues au cours desquelles sept combattants insurgés ont trouvé la mort.

Cinq mois après le début du soulèvement, et malgré l’appui aérien et diplomatique des occidentaux, les rebelles ne parviennent pas à remporter de victoire décisive susceptible de chasser le « guide » au pouvoir depuis près de quarante-deux ans.

Les efforts diplomatiques pour tenter de trouver une solution au conflit marquent le pas et les avancées des insurgés dans les régions de Zlitane et du port pétrolier de Brega, plus à l’est, ainsi que dans le Djebel Nefoussa, au sud-ouest de la capitale près de la frontière tunisienne, ont été éclipsées par les signes de désaccords au sein de la rébellion et le mystérieux assassinat la semaine dernière de son chef militaire, le général Abdel Fattah Younès.

Des vidéos des combats de mardi à Zlitane, que Reuters s’est procurées, montrent des combattants rebelles tirant au lance-roquettes et au canon lourd sur les soldats de Kadhafi dans l’est de la ville.

« On a attendu qu’ils soient près de nos positions pour ouvrir un feu d’enfer. Nous les avons repoussés, nous avons tenu notre ligne de front », a expliqué un commandant rebelle.

YOUNES VICTIME DE TUEURS DE KADHAFI ?

La télévision publique libyenne a diffusé lundi soir des interviews d’habitants supposés de Zlitane affirmant que la ville n’était pas aux mains des insurgés.

L’agence de presse officielle Jana rapporte mercredi que Mouammar Kadhafi a reçu des messages pour le début du ramadan de la part du président syrien Bachar al Assad et du Premier ministre bahreïni, le cheikh Khalifa bin Salman al Khalifa, tous deux également confrontés depuis plusieurs mois à une vague de contestation.

A Paris, le philosophe Bernard-Henri Lévy, très engagé au côté des insurgés libyens, a déclaré que des discussions étaient en cours depuis des semaines entre la rébellion et certains partisans de Mouammar Kadhafi.

« Il y a des discussions politiques, des négociations politiques avec les gens de Tripoli qui n’ont pas de sang sur les mains, d’ex-lieutenants de Kadhafi, des technocrates, des gens qui savent faire marcher un Etat », a-t-il dit.

Bernard-Henri Lévy a par ailleurs affirmé que le général Younès, assassiné jeudi dernier, avait été victime non d’un règlement de comptes interne mais de tueurs du régime Kadhafi.

« On le saura dans les jours qui viennent, on en aura la confirmation, le général Younès a été assassiné (…) par des cellules dormantes de Kadhafi à Benghazi », a-t-il dit.

La famille du général a déploré les lenteurs de l’enquête et réclamé que la vérité soit faite dans une affaire qui, selon elle, mêle conspiration et trahison.

La puissante tribu Oubaideyat, à laquelle appartenait le général Younès, a menacé mardi de rendre elle-même justice si les chefs de la rébellion ne cherchaient pas à faire toute la lumière sur l’assassinat.

L’ancien ministre de l’Intérieur de Mouammar Kadhafi, qui avait rallié les rebelles dès février, a été abattu jeudi dernier alors qu’il était convoqué à Benghazi, le bastion de l’insurrection, par le Conseil national de transition (CNT).

Avec Missy Ryan à Tripoli et Rania El Gamal à Benghazi, Guy Kerivel pour le service français.

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