Arte

Qu’est-ce que Arte ?


Arte (littéralement : « Association de retransmission télévisuelle européenne ») est, en droit, un groupement européen d’intérêt économique (GEIE) basé à Strasbourg ; et, en fait, une chaîne de télévision généraliste franco-allemande de service public à vocation culturelle.

Les dates-clef d’Arte

1986 : naissance de La Sept (Société d’édition de programmes de télévision), société anonyme d’édition de programmes de télévision française qui est « l’ancêtre » d’Arte.
1989 : La Sept reçoit, du CSA, l’autorisation d’émettre sur le satellite dit « TDF 1 ».
1990 : le 2 octobre, à la veille de la réunification allemande, la République française et les onze Länder de la RFA signent un traité inter-étatique établissant les fondements de la chaîne culturelle européenne Arte.
1991 : Jérôme Clément nommé président du Comité de Gérance de Arte GEIE ; il restera, pendant presque vingt ans, président du Comité de Gérance, ou président d’Arte France, ou les deux. .
1992 : La Sept perd son rôle de diffuseur au profit d’Arte mais subsiste comme pôle français d’Arte GEIE sous la forme d’une société d’édition de programmes ; elle prendra le nom de La Sept-Arte (27 septembre 1993) puis Arte France (1er août 2000) ; le pôle de coordination allemand de la chaîne, créé le 13 mars 1991, s’appelle Arte Deutschland TV GmbH.
1993 : la RTBF belge devient membre associé d’Arte GEIE ; Bernard-Henri Lévy est élu président du Conseil de Surveillance de Arte France, en remplacement de Georges Duby..
1995 : signature d ‘un accord de coopération avec la télévision nationale suisse.
1997 : signature d ‘un accord de coopération avec la TVE espagnole.
2001 : la Pologne et l’Autriche deviennent membres associés d’Arte GEIE
2002 : signature d ‘un accord de coopération avec la SVT en Suède.
2003 : décès de Daniel Toscan du Plantier, vice président du Conseil de Surveillance de Arte France ; il est remplacé par son ami de toujours, le producteur Nicolas Seydoux.
2007 : Véronique Cayla devient présidente de l’Assemblée générale d’ARTE, qui se réunit quatre fois par an, prend les décisions concernant les grandes orientations de la chaîne, vote le budget, nomme le comité de gérance et les responsables de services de Arte GEIE.
2009 : Bernard-Henri Lévy est réélu, pour un cinquième mandat consécutif, président du Conseil de Surveillance d’Arte France.

Les oeuvres-clef d’Arte

Des émissions. Des concepts d’émission. Des films produits, ou coproduits, qui ont parfois rencontré un très vaste public. Une télévision culturelle qui fait référence, non seulement en Europe, mais dans le monde. Mais aussi, avant tout cela, en amont, ceci : une des rarissimes œuvres européennes, véritablement européennes, à avoir réussi ; une pierre, décisive, peut-être la plus décisive, dans la fragile architecture de la réconciliation franco allemande ; la preuve, concrète, qu’il aurait fallu, en effet, selon le mot de Jean Monnet, « commencer par la culture ».

Arte et Bernard-Henri Lévy

C’est donc en remplacement du grand historien Georges Duby, auteur du Temps des cathédrales et décédé en 1993, que Bernard-Henri Lévy est élu président du Conseil de Surveillance de Arte France, le pôle français de la chaîne. Cette première élection est le fruit de la volonté conjointe du Président de la République d’alors, François Mitterrand, ainsi que de son gouvernement, mené par Edouard Balladur, et dont le ministre de la communication est Alain Carignon. Elle vient aussi en couronnement de l’amitié nouée, quelques années plus tôt, quelque part entre Prague, Berlin et la Pologne libérée du joug totalitaire, avec un homme qui est déjà l’incarnation de la chaîne, Jérome Clément. Et puis, elle s’inscrit aussi dans le fil d’une autre amitié, plus ancienne, avec le producteur et vice président du Conseil de Surveillance de la chaîne, Daniel Toscan du Plantier. Bernard-Henri Lévy assumera, avec constance et fidélité, son rôle de « protecteur » de la chaîne. Il sera à l’origine, aussi, de plusieurs initiatives fortes de la chaîne – au confluent de la politique et de la culture : le 19 décembre 1993, une soirée spéciale, et en direct, qui sera le théâtre d’un affrontement, resté dans les annales, entre B.-H. L. et le Général belge Briquemont, commandant en chef de la Forpronu à Sarajevo ; à partir de janvier 1994, toujours en pleine guerre de Bosnie, la minute quotidienne, produite par l’agence d’informations Point du Jour et son directeur Patrice Barrat, sur la résistance civile de Sarajevo ; au même moment, le 17 février 1994, la soirée thématique sur la fatwa contre Salman Rushdie à laquelle participent, outre Bernard-Henri Lévy, et à son initiative, Pierre Nora, Claude Lanzmann et l’allemand Fritz Raddatz ; au printemps 1998, il participera également, et encouragera, la soirée spéciale sur Algérie, « La Nuit algérienne », produite et présentée par Daniel Leconte et qui, elle aussi, fera date. Il faut ajouter enfin que Bernard-Henri Lévy est membre, depuis son entrée dans la chaîne, du Comité de Sélection de la filiale d’Arte nommée Arte France Cinéma; cette filiale, consacrée à produire des longs métrages de cinéma, a été longtemps dirigée par le diplomate Richard Boidin et est aujourd’hui dirigée par Michel Reilhac (auteur, par ailleurs, d’un passionnant « Blog Cinéma).

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Arte

« Pourquoi avoir accepté cette présidence?
– Parce qu’Arte est un des lieux où s’organise la résistance à la vulgarité du temps et, donc, d’une certaine télévision.
– D’aucuns trouvent qu’Arte coûte trop cher…
Arte est une chaîne européenne ; c’est peut-être même ce qu’on aura fait de mieux, ces dernières années, en matière de construction européenne concrète ; alors est ce que l’Europe coûte cher? bien sûr ; trop cher? je ne crois pas ; voyez le prix que nous payons, en Yougoslavie déjà, le manque et l’oubli de l’Europe
». (25 septembre 1993, Globe Hebdo, propos recueillis par Benoit Rayski, au lendemain de la remise du rapport Campet sur l’Avenir de la télévision publique).
« Arte c’est, d’abord, une idée. Celle de donner enfin chair à la recommndation fameuse, mais qui n’avait jamais trouvé, comme ici, matière à prendre forme, de recommencer par la culture » (Discours prononcé, le 13 octobre 2003, à Strasbourg, à l’occasion de l’inauguration du nouveau Siège de la chaîne)
« La preuve que l’Europe n’est pas un lieu mais une idée : Arte encore ; Arte toujours ; cet Arte franco-allemand où, jamais, on ne se demande : « qu’y a-t-il se semblable en France et en Allemagne ? quel est leur fond commun ou leur patrimoine partagé » – mais plutôt : « qu’est-ce qui les sépare ? en quoi les deux cultures sont-elles irréductiblement distantes ? «  ». (Questions de principe V, Biblio-Essais, 1995, p234)


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