Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

Appel pour le « respect » du génocide arménien (JDD, 31/12/2011, texte co-signé par Charles Aznavour, Robert Guédiguian, Serge Klarsfeld, Bernard-Henri Lévy, Michel Onfray, Erol Özkoray)

Le 3 Janvier 2012

logo-jddComme l’a écrit Elie Wiesel, « tolérer le négationnisme, c’est tuer une seconde fois les victimes ». Aussi convient-il de saluer le vote de l’Assemblée nationale du 22 décembre 2011, qui s’est prononcée en faveur de la transposition de la décision-cadre de l’Europe contre le racisme, la discrimination et le négationnisme. Contrairement aux lieux communs qui ont circulé à la faveur de la discussion publique autour de ce texte, ce dernier ne constitue pas une loi mémorielle, l’Histoire ayant déjà été écrite par les historiens. Ce document relève du droit. En donnant suite à cette directive européenne, les députés ont accordé aux garants de la mémoire des victimes de « tous les génocides reconnus par la loi » (Shoah, génocide des Arméniens), la possibilité juridique de les défendre contre les formes les plus « outrancières » du déni.

Est notamment visé le négationnisme d’État dont les autorités turques successives organisent la promotion jusque sur le territoire de la République française. Ainsi les élus sont-ils restés dans leur fonction qui consiste à préserver la dignité humaine, première phase du préambule de la Déclaration universelle des droits de l’homme, et à légiférer pour prévenir tout risque de trouble à l’ordre public. Pour qu’enfin ce texte prenne force de loi, nous encourageons le président de la République, le gouvernement ainsi que les principaux partis, de gauche comme de droite, qui ont soutenu l’adoption de cette loi à confirmer leur geste en permettant sa ratification par le Sénat dans la législature actuelle.

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