Alain Robbe-Grillet

Alain Robbe-Grillet

Romancier, cinéaste, essayiste.

Les dates-clefs de Alain Robbe-Grillet

1922 : naissance à Brest (Finistère) d’Alain Robbe-Grillet.
1944 : diplôme d’ingénieur agronome.
1945 : chargé de mission à l’Institut national de la statistique de Paris.
1949 : ingénieur à l’Institut des fruits et légumes coloniaux.
1953 : Les Gommes paraît aux éditions de Minuit. Nombreuses critiques mais Robbe-Grillet a le soutien de Georges Bataille, Roland Barthes, Maurice Blanchot et, bien sûr, de son éditeur, Jérôme Lindon, qui l’engage comme conseiller littéraire, fonction qu’il occupera pendant vingt-cinq ans.
1955 : parution des Voyeurs. Prix de la Critique.
1960 : Alain Robbe-Grillet signe le Manifeste des 121, « manifeste de suspicion », ainsi qu’il l’a déclaré à la télévision française, « envers le travail de l’armée en Algérie ».
1961 : Film L’Année dernière à Marienbad.
1963 : Deux ans après avoir écrit le scénario et les dialogues de L’Année dernière à Marienbad, d’Alain Resnais, Robbe-Grillet passe à la réalisation de films avec L’immortelle.
1972-1977 : Il enseigne à la New York University et à la Washington University de Saint-Louis (Missouri).
2004 : Il est élu à l’Académie française au fauteuil de Maurice Rheims. Mais, refusant de porter l’habit vert, il ne prononcera pas son discours de réception ni ne siègera à l’Institut.
2008 : décès à Caen.

Les œuvres-clefs d’Alain Robbe-Grillet

Romans :
1949 : Un régicide (1949)
1953 : Les Gommes – Prix Fénéon – (éditions de Minuit)
1955 : Le Voyeur – Prix des Critiques – (éditions de Minuit)
1957 : La Jalousie (éditions de Minuit)
1959 : Dans le Labyrinthe (éditions de Minuit)
1965 : La Maison de rendez-vous (éditions de Minuit)
1970 : Projet pour une révolution à New York (éditions de Minuit)
1976 : Topologie d’une cité fantôme (éditions de Minuit)
1978 : Souvenir du Triangle d’Or (éditions de Minuit)
1981 : Djinn (éditions de Minuit)
2001 : La Reprise (éditions de Minuit)
2007 : Un roman sentimental (Fayard)
2009 : La Forteresse Scénario pour Michelangelo Antonioni (éditions de Minuit)

Nouvelles
1962 : Instantanés (éditions de Minuit)

Essais
1963 : Pour un Nouveau Roman (éditions de Minuit)
2001 : Le Voyageur, essais et entretiens (Christian Bourgois)
2001 : Entretiens avec Alain Robbe-Grillet par Benoît Peters. (2001)
2005 : Préface à une vie d’écrivain (France-Culture – Le Seuil)

Fictions à caractère autobiographique
1985 : Le miroir qui revient (éditions de Minuit)
1988 : Angélique ou l’enchantement (éditions de Minuit)
1994 : Les derniers jours de Corinthe (éditions de Minuit)

Albums
1970 : Rêves de jeunes filles, photographies de David Hamilton (Robert Laffont)
1972 : Les Demoiselles d’Hamilton, photographies de David Hamilton (Robert Laffont)
1975 : Construction d’un temple en ruines à la déesse Vanadé, avec des eaux-fortes et pointes sèches de Paul Delvaux, Le Bateau-Lavoir, édition limitée
1977 : Temple aux miroirs, photographies d’Irina Ionesco, Seghers
1978 : Traces suspectes en surface, lithographies originales de Robert Rauschenberg, New York, édition limitée

Filmographie
1961 : L’Année dernière à Marienbad
1963 : L’Immortelle
1966 : Trans-Europ-Express
1968 : L’Homme qui ment
1971 : L’Eden et après
1971 : N. a pris les dès
1974 : Glissement progressif du plaisir
1974 : Le Jeu avec le feu
1983 : La Belle Captive
1995 : Un bruit qui rend fou, co-réalisé avec Dimitri de Clerq
2007 : C’est Gradiva qui vous appelle

Alain Robbe-Grillet et Bernard-Henri Lévy

Alain Robbe-Grillet et Bernard-Henri Lévy sont des amis de longue date.

Le 7 septembre 2010, le livre Pièces d’identité vaut à son auteur, de recevoir le prix Saint-Simon, qui récompense, chaque année, une autobiographie. Au cours de l’allocution qu’il prononce à cette occasion – allocution qui s’intitule : Qu’est-ce, après tout, qu’une autobiographie ? – Bernard-Henri Lévy déclare, entre autres : « Mon nom, Lévy, ne s’entend-il pas, aussi les vies ? J’ai le goût des œuvres à identité variable : la double vie de Romain Gary ; l’aventure hétéronymique de Pessoa ; ce rendez-vous, cette volière, cette fourmilière qu’est le moi de ce genre d’écrivains… » Alain Robbe-Grillet fait partie de « ce genre d’écrivains ». Une multiplicité d’Alain Robbe-Grillet hante à la fois ses livres et ses films, sans parler de sa vie même ; Bernard-Henri Lévy continua, après la mort de Robbe-Grillet, de présenter son œuvre ici ou là, comme il l’a fait, par exemple, en 2010, à New York, montrant à des spectateurs ébahis ce making-off de L’Année dernière à Marienbad tourné par l’actrice Françoise Spira, leur faisant découvrir les images anciennes d’un homme toujours vivant malgré sa mort annoncée.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Alain Robbe-Grillet

« Depuis quand je connais Alain Robbe-Grillet ? Oh, je ne sais plus… Nuit des temps… Aussi loin que je me souvienne. Alain est dans mon paysage littéraire et amical. Sa gaité. Son insolence. Son goût de l’intempestif. Sa liberté absolue à l’endroit de toutes les conventions-jusque et y compris cette convention de l’anti-convention qui aurait voulu le dissuader d’entrer à L’Académie. »
Les images que je garde de lui ? Etrangement des images très physiques- j’ai presque envie de dire des images athlétiques. Sur un tournage, il était un prodige d’énergie. A table, il buvait comme un jeune homme. Et j’ai l’impression qu’il a gardé jusqu’au bout ce goût très vif des jeunes femmes qui a aussi fait de lui l’un des personnages les plus scandaleux de son époque.

Son apport à l’histoire du cinéma ? L’art du récit brouillé. La fin du conflit central. La bande-son et l’image désaccordées- plus que chez Jean-Luc Godard et il me semble avant lui. Le cinéma comme une image mobile, non de l’éternité, mais de l’éternel malentendu entre les voix, les gestes, ou les réticences des humains.
Son apport à l’histoire de la littérature ? L’art du récit sec, sans psychologie, vide de subjectivité. Un concept de subjectivité, vide elle-même, sans intimité ni intériorité. Juste un point. Un lieu géométrique. Un point de contact entre un dehors envahissant et un dedans inexistant. Ah ! se délivrer de la vie intérieure, soupirait Sartre ! Se délivrer de cette maladie française qu’est le culte de la vie intérieure ! Eh bien voilà. Robbe-Grillet. C’est Robbe-Grillet qui aura réalisé le programme sartrien. Le pape. Le patron. »
(Extrait d’Alain Robbe-Grillet vivant, article paru dans le New York Times du 23 février 2008, repris dans : Pièces d’identité, pp. 472- 475 – éditions Grasset)»

Citations d’Alain Robbe-Grillet sur Bernard-Henri Lévy.

« Je me permets de livrer un petit souvenir personnel d’Alain Robbe-Grillet et ses commentaires au sujet de Bernard-Henri Lévy : En 1980, Alain Robbe-Grillet et Bernard Henri Lévy étaient tous les deux des « visiting professors » à New York University. Le cours de Bernard – Henri Lévy « Les intellectuels français depuis l’Affaire Dreyfus à nos jours » fut suivi par celui d’Alain Robbe-Grillet « Le Nouveau-Roman depuis 1953 »
Etudiante à cette époque, je suivis ces deux cours. Je me souviens qu’Alain Robbe-Grillet, dès son premier cours nous parla chaleureusement de Bernard-Henri Lévy. Il voulut savoir combien d’étudiants avaient suivi le cours de son compatriote et nos réactions. Comme tous les commentaires étaient fort élogieux, il sembla satisfait et nous dit qu’il était content de voir que Bernard-Henri Lévy était mieux apprécié à New York University qu’en France où ce jeune auteur talentueux suscitait beaucoup de jalousie et de controverse. »
Liliane Lazar

Photo 1 : Alain Robbe-Grillet @Photographe : Daniel Janin/AFP
Photo 2 : Delphine Seyrig – L’Année dernière à Marienbad – Archives IMEC –


Tags : , , , , , , , ,

Classés dans :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <s> <strike> <strong>