Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Massoud (Ahmed Shah)

Bernard-Henri Lévy et Massoud (Ahmed Shah)...

Massoud (Ahmed Shah)


Intellectuel et chef de guerre. Icône de l’islam démocratique et des Lumières.

Les dates-clef de Ahmed Shah Massoud

1953 : naissance à Jangalak, dans le Panshir.
1964 : Ahmed Shah Massoud commence sa scolarité au lycée français Isteqlal de Kaboul, avant de faire des études d’ingénieur du génie civil à l’École polytechnique de Kaboul.
1978 : rompt avec la mouvance Frères Musulmans et devient l’incarnation de la résistance de « l’Afghanistan des Lumières et des poètes » à l’occupation soviétique.
9 avril 1992 : entrée dans Kaboul avec plusieurs milliers d’hommes, Ahmed Shah Massoud devient ministre de la Défense en mai.
1995 : exclu du gouvernement au profit du courant fondamentaliste de Gulbuddin Hekmatyar.
27 septembre 1996 : Kaboul tombe aux mains des Talibans et de mollah Omar, le chef charismatique du mouvement.
2 juillet 2000 : Ahmed Shah Massoud signe la Charte des droits fondamentaux de la femme afghane, rédigée et promulguée quelques jours plus tôt à Douchanbé (Tadjikistan) par des Afghanes en exil.
Avril 2001 : invité au Parlement européen de Strasbourg, à l’initiative de Nicole Fontaine, Ahmed Shah Massoud sollicite en vain l’aide de la communauté internationale
9 septembre 2001 : Ahmed Shah Massoud est tué dans un attentat suicide à Khwadja Bahauddin, dans la province de Takhar au nord-est de l’Afghanistan.

Les œuvres-clef sur Ahmed Shah Massoud

Une vallée contre un empire, 1981, film documentaire de Christophe de Ponfilly
Massoud, l’Afghan, 1998, film documentaire de Christophe de Ponfilly
L’Opium des talibans, 2000, film documentaire de Olivier Weber
Qui a tué Massoud ? film documentaire de Didier Martiny
Sediqa Massoud (avec la collaboration de Chékéba Hachemi et Marie-Françoise Colombani), Pour l’amour de Massoud, XO éditeur, 2005.
Christophe de Ponfilly, Massoud l’Afghan, Gallimard.
Olivier Weber, Le faucon afghan, Robert Laffont, 2001.
Philippe Morillon, Le testament de Massoud, Presses de la Renaissance, 2004
Salvatore Lombardo, Sur les traces de Massoud, éditions Transbordeurs, 2004
Michael Barry, Massoud. De l’islamisme à la liberté, Audibert, 2002.
Bernard-Henri Lévy, Réflexions sur la guerre, le Mal et la fin de l’Histoire, Grasset, 2001

Ahmed Shah Massoud et Bernard-Henri Lévy

Accompagné de Renzo Rossellini et de Marek Halter, Bernard-Henri Lévy livre au Commandant Massoud, en 1982, les premiers émetteurs radio de ce qui deviendra Radio Kaboul Libre ; le film d’Eric Dahan, La Déraison dans l’Histoire, diffusé par France 5 en 2009, dans la collection Empreintes, montre des images de cette mission.
En octobre 1992, chargé d’une mission humanitaire pour le compte d’Action Contre la Faim, l’ONG humanitaire qu’il a fondée en 1979, Bernard-Henri Lévy rencontre, à nouveau, Ahmed Shah Massoud à Kaboul.
En 1998, après la chute de Taloqan, la dernière bourgade qui, à mi chemin du Tadjikistan, constituait encore un lien avec le monde extérieur, Bernard-Henri Lévy se fait accréditer par le journal Le Monde – ainsi que par le Corriere della Sera, El Mundo de Madrid et la Frankfurter Allgemeine Zeitung allemande – et réalise, dans le Panshir, l’un des derniers grands reportages sur Massoud.
En février 2001, survient un épisode peu connu. Bernard-Henri Lévy convainc son ami, l’industriel français François Pinault, de lui prêter son avion personnel afin d’aller chercher Massoud à Douchanbé, capitale du Tadjikistan et de le ramener à Paris où il rencontrera le Président de la République d’alors, Jacques Chirac. Des rapports diplomatiques émanant de la mission française à Kaboul parviennent à l’exécutif français et font valoir que cette démarche, si elle était menée à bien, serait susceptible de mettre en péril les ressortissants français – notamment humanitaires – présents sur le terrain. La cohabitation aidant, ainsi que les rivalités entre les deux têtes de l’exécutif (Jacques Chirac et son Premier Ministre socialiste Lionel Jospin) la mission est annulée.
C’est en avril 2001, à Paris, où Massoud passe une soirée, à titre privé, après sa réception officielle par le Parlement européen, que Bernard-Henri Lévy verra pour la dernière fois le Lion du Panshir; entre temps, BHL aura tout de même su convaincre Hubert Védrine, ministre des Affaires étrangères de Jospin, retour d’un voyage officiel au Brésil, de recevoir l’homme de la résistance aux talibans – et, ainsi, de sauver l’honneur. Souvent, les amis de Bernard-Henri Lévy, comme ceux de Hubert Védrine, s’étonnent du lien d’amitié entre les deux hommes : il est fondé, en partie, sur cet épisode « massoudien ».

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Ahmed Shah Massoud

« L’incarnation de l’islam éclairé, en lutte contre l’intégrisme » (Le Point, 21 septembre 2001)
« Je connaissais un peu Massoud ; j’avais, à plusieurs reprises depuis vingt ans, dans ce bastion du Panshir que nous pensions inviolable, eu l’occasion d’admirer ce tempérament de résistant qui faisait la guerre sans l’aimer » (Id.)
« Massoud qui ne transigea jamais, on le sait, sur le droit des femmes à travailler et des petites filles à être éduquées » (« Rapport au Président de la République sur la participation de la France à la reconstruction de l’Afghanistan, La Documentation française, 2002).
« Ma dernière conversation avec Massoud, je l’ai rapportée dans Le Monde. « Introuvable, Ben Laden ? » Il se pencha sur une carte, mit le doigt sur la ville de Kandahar : « il est là, dans une maison prêtée par Mollah Omar, le chef des talibans, dans la même rue que lui ». » (Le Monde, 13 octobre 1998)

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