Vel’d’Hiv’ : « C’est bien un appareil d’Etat français qui était à la manoeuvre » (BHL, le 11 avril 2017)

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En affirmant, le 9 avril 2017, en pleine campagne présidentielle, que « la France n’était pas responsable » de la rafle du Vél’ d’Hiv’ de 1942, Marine Le Pen franchissait alors une ligne rouge ( ou plutôt brune) renvoyant au déni de l’après-guerre et tentant de pulvériser un demi-siècle de lutte contre l’oubli et de travail d’historiens.

Ces déclarations sur la rafle du Vél d’Hiv’ sont d’une « obscénité absolue, du pur négationnisme« , avait déclaré  l’écrivain et philosophe Bernard-Henri Lévy, ajoutant qu’à l’époque « l’appareil d’Etat était à la manoeuvre« .

Il n’y a « plus de débat » sur ce sujet, les historiens ont  « depuis longtemps, clos ce débat ». La déclaration de Marine Le Pen “est une insulte aux victimes et, aussi, aux historiens ».

« Je suis atterré par la façon dont les médias, quand ils alimentent, à longueur d’antennes et de colonnes, le prétendu « débat » autour de la rafle du Vél’ d’Hiv’, tombent à pieds joints dans le piège tendu par Marine Le Pen », avait-t-il ajouté en ces jours de polémique sordide.

Interrogée sur la décision du président Jacques Chirac de reconnaître en juillet 1995 la responsabilité de la France, la candidate d’extrême droite avait  affirmé que « la France n’est pas responsable du Vél’ d’Hiv' » (…) « S’il y a des responsables, c’est ceux qui étaient au pouvoir à l’époque, ce n’est pas La France ».

« C’était des policiers, des gendarmes, une bureaucratie, un appareil d’Etat français qui étaient à la manoeuvre. Sans cette participation empressée la rafle n’aurait pas eu lieu. », avait évidemment estimé BHL.

« Bien sûr qu’il y avait une autre France, qui était à Londres et qu’incarnait le général de Gaulle », « mais cette France, à l’époque, était extraordinairement minoritaire. C’était une France magnifique, glorieuse mais, hélas, ce n’était pas « la » France ». “Entendre qu’elle aurait rompu avec « l’ADN » de son père, « brisé le logiciel » et « tourné le dos à l’antisémitisme » du vieux FN est dangereux. Ce que cette affaire révèle, c’est que le fond est toujours là et qu’il remontera éternellement à la surface ».

Quelques mois après, en ce 16 juillet 2017, le président Emmanuel Macron, qui aura vaincu Marine Le Pen dans les urnes a rappelé, au square des martyrs juifs du Vel’ d’Hiv’, près du mur où sont inscrits les noms des enfants déportés, la responsabilité de l’État français dans cette rafle. « C’est bien la France qui organisa la rafle, puis la déportation. La France, en reconnaissant ses fautes, a ouvert la voie à leur réparation. C’est sa grandeur, c’est le signe d’une nation vivante » et de mettre en garde, non, l’antisémitisme n’a pas disparu en France.

Les 16 et 17 juillet 1942, 13.152 Juifs (dont 4115 enfants) avaient été arrêtés à leur domicile par des policiers et des gendarmes français. Tandis que les célibataires et couples sans enfants sont dirigés directement vers le camp de Drancy, les familles sont conduites au Vélodrome d’hiver pour y être parquées dans des conditions atroces plusieurs jours de suite, et déportées à Auschwitz-Birkenau. Quelques dizaines d’entre-eux seulement revinrent, et aucun enfant.

Le 22 juillet de cette même année, en Pologne, les Allemands entreprennent de déporter les 300 000 juifs du ghetto de Varsovie vers Treblinka, à raison de 6000 personnes par jour.

Aline Le Bail-Kremer (avec FranceTV)

Crédit Image : AFP

 

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