Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Trois nouvelles « fiches » dans WikiHL : Sarajevo, Coluche, Aung San Suu Kyi.

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Aung San Suu KyiAujourd’hui en ligne, trois nouvelles fiches pour notre WikiHL.

L’une concerne un lieu, que Bernard-Henri Lévy a follement aimé : Sarajevo, le Sarajevo de la guerre et de la paix, le Sarajevo où il a vu s’incarner les valeurs de résistance chères à son cœur, le Sarajevo à l’unisson duquel son cœur a battu pendant quatre ans, de début 1992 à fin 1995.

L’autre est consacrée à un personnage que Bernard-Henri Lévy a plusieurs fois croisé, avec qui il a eu, parfois, des mots, mais qu’il a profondément admiré : Coluche – le Coluche qui fonde avec lui SOS Racisme, le Coluche des restos du cœur, le Coluche dont il est souvent arrivé à BHL de dire qu’il est « celui qui manque » dans l’a France d’aujourd’hui.

Et puis, enfin, une grande dame que la beauvoirienne que je suis se réjouit de voir figurer dans ce petit panthéon : Aung San Suu Kyi, la dame de Rangoon, l’incarnation de la résistance en Birmanie, l’espoir pour tant de femmes et d’hommes – c’est lui, Bernard-Henri Lévy, qui a choisi Aung San Suu Kyi ; c’est lui qui m’a demandé de rédiger cette fiche sur la grande Aung San Suu Kyi ; liberté pour Aung San Suu Kyi ; longue vie à Aung San Suu Kyi ; puisse ce petit hommage, sur ce modeste site que je réalise, jour après jour, avec tout mon cœur et toute ma passion, contribuer à illustrer et défendre les valeurs portées par Aung San Suu Kyi.

Liliane Lazar.

2 commentaires »

  1. What a great surprise, it was magic, I saw Aung San Suu Kyi for just a few seconds on television smiling and joking in public. Years of sanctions and isolation was definitively ending thanks to the new policy concluded by Obama and his administration with military Burma junta, the beginning, we hope, of a new era for her and his country;
    The new Peace Nobel laureate Barack Obama helping the release of Aung San Suu Kyi, an another Nobel winner, and all other political prisoners is such a strong message to all people around the world lying in jail for political opinions that let us appreciate how deep is his commitment for freedom and peace, however the best way to celebrate his first year as President.
    Standing in front of press photographers, dressed in her pink traditional jacket, Suu Kyi asked :
    « Do I look pretty when I smile? »
    Yes you do, so pretty, so beautiful, that I’m really falling in love !

    Commentaire par Pierre — jeudi 5 novembre 2009 @ 01:14

  2. Pour Aung San Suu Kyi

    Plus de 20 ans désormais qu’ils en ont peur, ces militaires au pouvoir, ces tortionnaires du peuple birman, peur d’une femme de 64 ans, fragile, malade, au point que par crainte du seul contact avec le monde ils n’ont pas hésité à incarcérer son propre médecin pour l’empêcher de lui rendre visite.

    Aujourd’hui, une fois de plus Aung San Suu Kyi est assignée à résidence, aux arrêts et au bannissement de la société, seulement pour avoir reçu la visite d’un américain qui, en espérant de pouvoir la voir et de lui parler, a dû traverser le lagon à la nage pour la rejoindre.

    De fait, elle est le seul prix Nobel pour la paix au monde à avoir atteint cette année le triste anniversaire de 20 ans de galère sans interruption et de 6 aux arrêts domiciliaires pour délits d’opinion et de liberté d’expression politique. Elle partage ce triste record avec un autre prix Nobel de la paix, le Dalaï-lama, qui vit son exile du Tibet depuis longtemps, plus encore. Des victimes de la cruauté des régimes militaires et totalitaires, bien évidemment, mais pas de cette peur, au contraire, ils sont les signes d’une force de résistance suprême, les centres mêmes du pouvoir en Birmanie et au Tibet, des symboles d’une foi et d’une volonté, leurs vies, celles de Aung San Suu Kyi et du Dalaï-lama

    Fille du père de l’indépendance birmane, assassiné, et d’une mère ambassadrice, Aung San Suu Kyi appartenait à ces élites asiatiques qui furent éduquées dans les Universités de l’Empire pour aller former le rang de la nouvelle classe dirigeante. Un parcours similaire à celui de Benazir Bhutto, mais marqué par une autre originalité, qui ne s’inscrit tant dans l’appartenance élitiste aux valeurs occidentales, dans un leadership de l’action politique par l’apparence, par l’image publique et médiatique, par l’échauffourée verbale, par le mouvement dans la foule mais plutôt par la méthode et le langage qui véhiculent sa pensée, si typiquement asiatique, construits sur l’absence, sur le silence, sur la patience, sur l’acceptation de la souffrance. Son pouvoir est tout intérieur, intériorisé par le respect à une tradition millénaire, d’une culture orientale qui sait avancer dans un silence méditatif, à pieds nus, cette pensée de non-violencee, celle de son maître Mahatma Gandhi.

    Commentaire par Pierre — jeudi 22 octobre 2009 @ 23:55

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