Site édité par le professeur Liliane Lazar, Hofstra University, USA

Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Encyclopédie

Bernard-Henri Lévy et Toni Negri...

Toni Negri

Toni Negri

Philosophe, Toni Negri a enseigné à l’université de Padoue, à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm, à l’université Paris VII et à celle de Paris VIII, au Collège international de philosophie. Promoteur, aussi, du concept de salaire minimum mondial, base matérielle d’une citoyenneté mondiale.

Les dates-clef de Toni Negri.

1969 : Toni Negri fonde, avec Oreste Scalzone et d’autres, le groupe Potere Operaio.
1979 : Toni Negri est arrêté, mis en détention préventive, puis condamné à 17 ans de prison pour « association subversive » et « complot contre l’État »
1983 : élu député du Parti radical italien, ce qui lui permet de bénéficier d’une immunité parlementaire qui sera très vite levée ; Toni Negri se réfugie en France.
1997 : rentre, volontairement, en Italie pour y finir sa peine
2003 : libération définitive de Toni Negri.

Les oeuvres-clef de Toni Negri.

- Marx au-delà de Marx : cahiers du travail sur les “Grundrisse”, Bourgois, 1979
- Italie rouge et noire : journal février 1983-novembre 1983, Hachette, 1985
- Du retour. Abécédaire biopolitique, Calmann-Lévy, 2002
- Empire (en collaboration avec Michael Hardt), Exils, 2000
- Goodbye mister socialism, Seuil, 2007

Toni Negri et Bernard-Henri Lévy.

Toni Negri
Nombreux points d’accord. Par exemple l’idée de salaire minimum mondial, lancée par Negri et que Lévy a défendue. Le Référendum sur le Traité Constitutionnel Européen : Negri est l’un des rares intellectuels de la mouvance altermondialiste à avoir appelé à voter « oui ». Et puis, surtout, quand Negri était en prison, quand il était mis au ban de la classe intellectuelle, quand la classe politique européenne en faisait l’un des boucs émissaires des « années de plomb », Bernard-Henri Lévy lui a tendu la main en préfaçant son livre, Italie rouge et noire  (Hachette, 1985). Lévy préfacier de Negri : la chose est peu connue.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Toni Negri :

« Ni comédien ni martyr, ni tout à fait infâme ni forcément sublime, Toni Negri est un enfant du siècle » (octobre 1985, préface à L’Italie rouge et noire, Hachette)

« L’Empire de Toni Negri : l’une des réflexions les plus stimulantes sur les mécanismes modernes de la domination » (American Vertigo, Grasset 2007)

« Encore la vieille histoire du réel qui copie la fiction : Toni Négri est, à la lettre, un personnage sorti du Diable en tête, mon premier roman ». (Décembre 1985, Rome, Canale Cinque, Maurizio Costanzo Show).

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