Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Sarkozy veut se rendre à Benghazi (Le Parisien, Frédéric Gerschel, 22 avril 2011)

Le Parisien Aujourd’hui

BHL en LibyeUn mois après le début des frappes aériennes et alors que la coalition est menacée d’enlisement en Libye, Nicolas Sarkozy a demandé à ses conseillers de vérifier la faisabilité d’un déplacement express à Benghazi, fief de la rébellion. Selon nos informations, il s’agirait d’un voyage très court, quelques heures à peine, avec au menu, notamment, une rencontre avec le président du Conseil national de transition, Mustafa Abdeljalil, et les responsables militaires des insurgés.

En secret, le président de la République avait rencontré, il y a quelques jours, à Paris, le général Abdelfattah Younès, chef militaire de la rébellion, et Mustafa Elsagizli, leader des chebabs (jeunes insurgés). Un temps envisagée, l’idée de se rendre à Tobrouk ou à Bir Hakeim aurait été abandonnée. Trop compliqué dans un pays qui est loin d’être stabilisé. L’Elysée ne dément pas le principe d’une visite en Libye dans les jours ou les semaines qui viennent. « C’est possible, mais il est prématuré d’en parler », élude-t-on au Palais. « Il a très envie d’y aller, confirme un conseiller. Mais si cela se fait, ce sera dans le plus grand secret pour des raisons évidentes de sécurité. » Hier, Antoine Sivan, l’ambassadeur de France auprès de l’opposition libyenne à Benghazi, a reconnu que l’idée était dans l’air : « Pourquoi pas? Ce serait un très beau geste. »

BHL pourrait faire partie du voyage.

Nicolas Sarkozy serait le premier responsable politique d’envergure à effectuer un tel déplacement dans une ville où les drapeaux tricolores fleurissent et où les Français sont accueillis en amis. C’est Moustapha Abdeljalil qui a lancé l’invitation lors de son entrevue mercredi à l’Elysée avec le chef de l’Etat. Lors d’un dîner le soir même à l’hôtel Raphaël avec quelques journalistes et des écrivains, organisé par le philosophe Bernard-Henri Lévy, le leader des rebelles libyens a laissé entendre que Sarkozy avait répondu favorablement. « Il a accepté de venir à Benghazi, mais aucune date n’a été définie », a-t-il révélé, en expliquant que les préparatifs allaient commencer.

Surprise! Lors de ce dîner figurait également Lionel Jospin. L’ancien Premier ministre (qui a commencé sa carrière au Quai d’Orsay) s’est piqué au jeu des questions et a demandé au chef du CNT libyen si le mouvement des défections autour du colonel Kadhafi s’accélérait. « Nous avons beaucoup de soutiens », a répondu sobrement Abdeljalil, qui avait fourni, le jour même, à l’Elysée, une liste de hiérarques du régime Kadhafi prêts, selon lui, à basculer du côté de la rébellion le moment venu. Une liste ultrasecrète…

Si Sarkozy s’envole pour Benghazi, BHL pourrait faire partie du voyage, au grand dam d’une partie des diplomates — Alain Juppé en tête — qui ont parfois du mal à supporter son rôle de conseiller occulte. Joint au téléphone hier, le philosophe, qui a déjà fait deux voyages à Benghazi, confirme du bout des lèvres qu’un déplacement présidentiel est à l’étude, mais refuse d’en dire plus. La France a été le premier pays à reconnaître le CNT comme interlocuteur politique en Libye. Seuls l’Italie et le Qatar ont fait de même.

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