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Roman Polanski : Bernard-Henri Lévy répond à Pierre Vavasseur dans le Parisien du 26/12/2009
Le Parisien Aujourd’hui, par Bernard-Henri Lévy et Pierre Vavasseur, pour Le Parisien
Pardon, chers amis internautes, facebookers et amis de Bernard-Henri-Levy.com. Mais avec les fêtes, le décalage horaire et, aussi, le fait que le site du Parisien n’est pas très bien indexé sur Google USA, j’ai manqué cette interview de Bernard-Henri Lévy parue dans Le Parisien d’hier, en France. C’est le critique littéraire du journal, Pierre Vavasseur, qui l’interviewe. Pierre Vavasseur est un critique influent en France et on me dit que Le Parisien a consacré toute sa « Une » à cette interview et à l’état de l’affaire Polanski. Donc c’est une intervention importante. Et, comme il n’est jamais trop tard pour bien faire, je m’empresse de vous la « poster ».
Liliane Lazar
Voici l’intégralité de l’interview :
Vous avez apporté votre soutien à Roman Polanski lors de son arrestation. Avec le recul, votre regard a-t-il évolué sur cette affaire ?
En aucune manière. Avec Pascal Bruckner, Milan Kundera, d’autres, nous avons lancé cette toute première pétition, dans la nuit de son arrestation – et je n’ai pas bougé d’un iota. Cette arrestation était une honte. Cette incarcération était, reste, une honte. Ce climat de justice populaire et de lynchage, cette façon qu’avait chacun d’avoir sa petite idée sur le crime, sur la peine qu’il méritait, sur les vertus comparées de la castration chimique et de l’emprisonnement, etc – tout cela était, reste, une honte. Et ce n’est pas parce que la majorité de l’Opinion rêve de voir l’auteur de Rosemary’s baby tomber de son piédestal, mordre la poussière avec, si possible, la tête au bout d’une pique que je vais changer d’avis.
A ce jour, qu’espérez-vous ?
Deux choses. Premièrement, que davantage de voix se fassent entendre pour dire combien il est fou, surréaliste, impensable, que, dans des pays où un meurtrier sort de prison au bout de vingt ans, on puisse remettre en prison quelqu’un pour un détournement de mineure commis il y a plus de trente ans : où sont passés les collègues cinéastes de Polanski ? pourquoi ce silence assourdissant de quelqu’un comme Jean-Luc Godard ? pourquoi pas un mot de l’Académie française qui était bien contente, et bien flattée, de le compter au nombre de ses membres les plus prestigieux ? Et puis ce que j’espère c’est, deuxièmement, que les Suisses comprennent qu’ils n’ont aucune raison de se mettre au service, comme ça, des caprices d’un juge américain qui veut se faire réélire et qui a juste besoin, pour cela, de ramener à ses électeurs un gros poisson : voilà trente ans que Polanski passe ses vacances en Suisse ; trente ans qu’il y est accueilli, honoré, traité avec tapis rouge ; trente ans qu’il y loue, puis y a acheté, avec la bénédiction des autorités, le même chalet ; les Suisses savent cela ; ils savent qu’un pays souverain ne peut pas changer la règle du jeu comme ça, du jour au lendemain ; et c’est pourquoi j’espère que la pression de l’Opinion suisse fera que l’Office Fédéral de Berne refuse l’extradition.
Vous lui avez rendu visite : comment vous est-il apparu ? quelles ont été vos impressions ?
Un roc. Un bloc de sérénité et de courage. Et toutes ses forces tendues, il me semble, vers l’achèvement du film qui était en chantier quand on lui a tendu ce traquenard. Peut-être est-ce l’artiste, en lui, qui a pris le pouvoir et qui le sauve. Peut-être en a-t-il tant vu dans sa longue vie que cette nouvelle épreuve lui apparaît, comparée à l’enfer qu’il a traversé, comme une péripétie. Peut-être est il fatigué de se battre contre l’adversité, juste fatigué de ce destin qui s’acharne. Je ne sais pas.
Avez-vous des nouvelles récentes ?
Nous nous parlons presque tous les jours. Les nouvelles sont celles que je vous dis. Un homme debout, bouleversé par les témoignages de solidarité qu’il reçoit aussi – et qui attend.
Propos recueillis par Pierre Vavasseur
Publié également le 27 Décembre 2009
» Exclusive : Roman Polanski’s first reaction since his incarceration
Voir l'article du 27 Décembre 2009
» Le 25 février 2007...


Le 20 avril 1981...
BHL invité au Petit Journal de Noël, de Yann Barthès, Canal +
« Les avocats du cinéaste demandent une condamnation… » !
Si les avocats de Monsieur Roman Polanski demandent, eux-mêmes, à la justice californienne, « une condamnation de leur client par contumace », c’est qu’ils reconnaissent, explicitement, sa culpabilité ; ce qui va, espérons-le, conduire à la raison Messieurs Bernard Henri Lévy et Alain Finkielkraut, et les autres, pour comprendre, enfin, que leur campagne de soutien à Monsieur Polanski est dépourvue de tout argument juridique et que tout leur tapage médiatique, à ce sujet, est motivé, principalement, par des emportements émotionnels, pour ne pas dire autre chose !
HORCHANI Salah
Commentaire par horchani — jeudi 7 janvier 2010 @ 20:15
Epouvanté, Monsieur Finkielkraut !
Monsieur Alain Finkielkraut, si la victime de Roman Polanski, objet de son inculpation et de son incarcération, était votre propre fille, votre petite soeur ou votre nièce, ou bien si Roman Polanski était, simplement, un citoyen lambda n’appartenant pas au Clan de ces Messieurs de La Haute, maintiendriez-vous les déclarations que vous avez faites à sa décharge, telles que : « Polanski n’est pas pédophile »(…) (sa victime, âgée de 13 ans, alors qu’il en avait quarante trois) « n’était pas une fillette, une petite fille, une enfant »(…) « Depuis le déclenchement de cette affaire infernale, je vis dans l’épouvante »( !…) « la France est en proie à une véritable fureur de la persécution (…) et c’est exactement ce qui se passe avec Polanski aujourd’hui (…) Cette fureur de la persécution, c’est une tentation constante aujourd’hui, aggravée par l’immédiateté d’internet » ?
HORCHANI Salah
Commentaire par horchani — dimanche 3 janvier 2010 @ 19:43
Voici l’avantage de la liberté d’expression : tout le monde a le droit de donner son avis, y compris sur une affaire de justice en cours. Je trouve intéressant de voir B. HL expliquer avec sincérité son soutien à un ami. C’est tout en son honneur de ne pas lâcher un ami et lui apporter le soutien qu’il pense lui devoir. Si Mr. Polanski est finalement condamné aux US, espérons que ce soutien persiste.
Cependant, je ne trouve pas très sympathique l’insulte qu’il adresse aux personnes qui approuvent l’exercice de la loi et des conventions internationales. Je ne comprend pas les termes méprisants employés « la majorité de l’Opinion rêve de voir l’auteur de Rosemary’s baby tomber de son piédestal, mordre la poussière avec, si possible, la tête au bout d’une pique que je vais changer d’avis. » Il s’agit là d’une banale rhétorique visant à exagérer le sentiment des gens. Personne ne fait aucun rapport entre les oeuvre de R. Polanski et son affaire judiciaire : seul B. HL voit le rapport ! Personne ne dit qu’un génie du cinéma serait bien mieux en prison. Personne ne dit que Roman doive finir ses jours en prison ni que l’on doit le voir humilié, tombant de son piédestal. Mais là est peut être le noeud du problème : « le piédestal ». Je pense que le problème vient de ce fameux piédestal sur lequel certains ont mis Mr. Polanski. Or, ce qui ne fait pas plaisir c’est que ce piédestal n’existe pas aux yeux de la justice. Crime de lèse-majesté ? Peut-être, mais tout réside dans la hauteur depuis laquelle on observe le justiciable.
Commentaire par Eric Be — dimanche 27 décembre 2009 @ 19:12