Rendez-vous avec l’Histoire par Agnès Aflalo (à propos de "La Guerre sans l'aimer", paru dans Lacan Quotidien numéro 95)

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Qui ne s’est un jour posé la question de savoir ce qu’il aurait fait s’il avait été là au moment crucial de la montée du fascisme en Europe, puis de la Deuxième Guerre mondiale ? Regarder ailleurs ou décider de faire face { l’événement sans détourner le regard ? S’abriter derrière l’ignorance ou consentir à savoir pour en tirer les justes conséquences ? À cette question qui peut nous hanter, Bernard-Henri Lévy a décidé de répondre par un engagement ininterrompu qui se laisse interpréter ainsi : “tu peux savoir, si tu le désires“. Une fois décidée que la démocratie est la cause à défendre, la philosophie est élevée { la dignité d’une politique responsable : faire sa place au réel et ne pas laisser le dernier mot à la fatalité. C’est ce qui a rendu possible l’Événement libyen. Pour la première fois, en effet, le droit d’ingérence n’est plus une utopie, mais une réalisation concrète. Il a commencé à Benghazi.


Benghazi ou le désir en acte

Si BHL peut dire de son engagement en Libye que c’est l’Événement, le rendez-vous majeur de sa vie intellectuelle et politique, c’est que pour la première fois, il vit une victoire en marche. En effet, ses actes ont eu pour conséquence d’éviter le massacre annoncé du peuple libyen à Benghazi d’abord, et bien au-delà ensuite.
Comme tous les choix qui comptent, ce dernier engagement de BHL est celui d’un choix forcé : « l’ordre ancien des choses ne laissait pas le choix… Kadhafi et sa clique enfermaient le peuple libyen dans la seule alternative de la dictature et du djihadisme. »
Le déclic, c’est la scène de chasse en Libye, le 21 février 2011. À l’aéroport du Caire où il venait de vivre quelques jours au coeur de la révolution égyptienne, il voit, tout à coup, sur un écran de télévision, des images de Libye où des avions mitraillent la foule sans défense. On parlera de 600 à 2000 morts. La mort administrée en masse ne le laisse plus en paix. C’est la cause de son premier acte : décider de savoir ce qui se passe en Libye.
Les images du massacre font surgir le souvenir du premier engagement et d’autres avions. Trente ans plus tôt, BHL a répondu à l’appel de Malraux d’aller se battre pour les Bengalis et empêcher la première tentative de génocide après Auschwitz. On sait aussi qu’un ami du père l’a aidé à joindre Malraux en passant par son compagnon de l’escadrille Espana.
Après l’instant de voir, le retour d’un souvenir le divise et marque le moment de conclure. Un matin, au réveil, une phrase s’impose à lui « Nous n’avons pas attendu Bernard-Henri Lévy pour inventer le Testament de Dieu ». Le nom de celui qui l’a prononcée revient encore nimbé des voiles du refoulement qui suscitent le doute. Puis, la vérité s’impose, c’est bien un jeune bédouin sous la tente, Kadhafi, devenu guide de la Révolution libyenne, qui l’a dite. La phrase est alors corrigée : « On n’a pas attendu Bernard-Henri Lévy pour inventer le monothéisme ». Le malaise suscité doit trop à la colère pour provoquer directement l’humour. BHL en prend acte et décide alors de partir en Libye. Après l’instant de la mort sans comprendre, c’est le moment de la guerre sans l’aimer. Le temps pour comprendre commence ensuite, lorsque BHL décide d’extraire du savoir de ce qui l’affecte pour lui-même et pour quelques autres. Un désir décidé, mais pas sans une éthique de la responsabilité.


Dieu est inconscient et Lacan pessimiste

Qu’a-t-il donc saisi en cet instant sinon ce qui le fait douter et qui le divise ? Depuis toujours, l’insondable décision de l’être l’a conduit à endosser l’habit du citoyen responsable, fils du XXe siècle. La critique malveillante n’y changera rien. L’élégance n’est pas marque d’un vêtement, elle est celle du courage de l’acte. Le retour du même vêtement sobre ne s’oppose pas seulement { celui plus frivole et changeant des femmes. Il abrite aussi la splendeur d’une position et la charge d’un tourment. C’est parce qu’il se fait reconnaître comme le messager de l’ange de l’Histoire que le vêtement fait rayonner sa présence. Mais c’est aussi cet habit endossé qui assure le retour du même, et le contraint à être toujours en mouvement, partout excepté dans le désert. Le désert est le lieu de l’exception, car c’est là seulement que cesse enfin « le démon de faire ». Là seulement, il éprouve la satisfaction de l’ivresse. Tel le héros tragique s’avançant au-devant de la mort, le désert lui assurerait, comme à chacun de ceux qui y succombent, la momification épargnant la dégradation du cadavre, autre figure du cadavre à la renverse.
Le vertige saisissant ceux qui font la guerre sans l’aimer n’atteint que la première mort. Avec l’exaltation du désert, la seconde mort serait enfin atteinte. N’est-ce pas le désert qui marque le destin tragique d’hommes admirés et qui le fascinent, comme le grand-père aimé, ou le philosophe engagé, André Zirnheld, dont son père lui a parlé très tôt ? Et comment se défaire du destin qui fait que « nous ne savons être nous-mêmes qu’en étant l’ombre de nos Pères ? ». Pour BHL, la solution se trouve dans l’action d’un scénario qui lui fait destin.
Pour interroger ce noeud qui enserre Dieu, BHL saisit la main de Lévinas. Pourtant, les rêves et autres « rendez-vous mystérieux de la mémoire » s’imposent à lui avec l’idée que Dieu est inconscient. La vérité de ce réel, ainsi formulé par Lacan, s’impose { lui tout en le faisant douter. Comment en effet penser la démocratie sans interroger le maître divin et ses prescriptions de libido ? Conjuguer Dieu et la démocratie passe donc par la question posée sur les monothéismes. Le doute méthodique le fait alors envisager deux solutions pessimiste et optimiste. Le pessimiste, le lacanien en lui sait, en effet, que la révolution revient toujours { son point de départ. Mais l’incurable de l’espoir veut croire au désir de démocratie chez chaque humain parce qu’il a le pouvoir de remettre l’histoire en marche. Si l’on accepte l’idée que le désir est lui aussi lacanien, alors on saisit l’usage qu’un intellectuel pourrait faire du doute : l’alibi d’une lâcheté paralysante, et qui sermonne l’autre d’autant plus qu’elle se ligote dans le savoir stérile qui chasse le réel. Pour BHL, au contraire, c’est le tremplin qui le propulse au-devant d’un destin de combattant qui n’a rien d’ancien. Le pari sur le désir ne fait-il pas de lui un intellectuel lacanien ?


La rencontre de l’homme de plume et de l’homme de pouvoir

Vaincre la tyrannie nécessite une note additive à la Servitude volontaire. Aussi, BHL y contribue-t-il en démasquant ce qu’il nomme si bien « le ridicule du tyran ». Une fois admis que c’est le comique grotesque qui l’a vaincu, le semblant est traversé et le tyran apparaît pour ce qu’il est : un humain aussi pitoyable que le père Ubu.
La série des engagements construit un scénario dont BHL dégage les différents moments. Il cherche d’abord { rencontrer celui que la situation de l’insurrection a transformé en « la personne la plus importante de la terre ». Puis, et alors même qu’il est sur ses gardes, il se fait surprendre et se trompe. Un trait permet alors d’identifier le chef : le regard de solitude de celui qui affronte la tyrannie à mains nues. Il doit alors se faire reconnaître de lui comme le messager qui lui manque et parier qu’il saura inventer les mots qui font mouche. Cette fois encore, ce sera de la répétition du Ghetto de Varsovie que l’Occident n’allait pas laisser tomber une deuxième fois. Avec son offre, il réussit à créer la demande de Mustafa Abdeljalil de faire reconnaître par la France le Conseil National de transition formé le jour même. Pour réussir l’exploit d’empêcher le massacre annoncé, il doit donc se faire reconnaître d’un autre maître, mais cette fois-ci détenteur du pouvoir.
Il décide donc d’appeler le président de la République. Les maux de têtes qui le saisissent à ce moment-là signalent la tension qui s’empare aussi de son corps sans pour autant érotiser le temps qui s’éternise et retarde le moment de l’acte. Les deux hommes se connaissent sans doute, mais ils ne sont pas du même bord politique. Pourtant BHL parie encore sur le désir de bien dire pour se faire entendre. Et ces mots : « le sang éclaboussera le drapeau français », qui le surprennent lui-même, font résonner la cause juste.
Il faut rendre justice à l’écrivain de savoir restituer avec précision la prudente hardiesse de l’homme de pouvoir qui se fait le destinataire de ce message. Lui aussi, il décide immédiatement que la démocratie est la cause à défendre et qu’il ne sera pas le président qui laissera mourir le peuple libyen. Quelles que soient les critiques que l’on pourrait formuler à l’égard de ce président, il faudra aussi reconnaître le courage de cette décision prise et assumée jusqu’à ses ultimes conséquences. Un homme politique digne de ce nom n’est-il pas celui qui ne recule pas à prendre les décisions en s’en faisant responsable ?


Retour sur le père : une femme au-delà de la guerre

L’Événement libyen vient faire exception dans la série des engagements précédents. L’histoire commencée sur un petit camion de livreur de légumes, continue avec un téléphone à moitié détraqué et se termine par l’histoire du drapeau. Chaque page est l’occasion de dire la force d’un désir décidé et ce qu’il peut accomplir lorsqu’il ne succombe pas à la monstrueuse capture du Dieu obscur. Au contraire de sa soeur, il n’est pas question de conversion pour BHL. Il a plutôt décidé de passer une vie au service de la démocratie pour qu’elle puisse vaincre partout la guerre y compris au Moyen-Orient.
Le dernier voyage en Libye est l’occasion d’extraire un bout de savoir nouveau. Il sait désormais qu’il marche sur les traces d’un père héroïque. N’est-ce pas parce qu’il avait lui aussi la force de ne vouloir plaire à personne qu’il échappe à l’horreur de la servilité ordinaire et pourvoyeuse de massacres extraordinaires ? Mais la force de BHL, n’est-ce pas de démontrer en acte que cette mort de masse produite par la science et le capitalisme n’est pas inéluctable, qu’elle ne survient pas lorsque le pouvoir assume d’occuper la fonction politique?
La première leçon de La guerre sans l’aimer, c’est qu’il est possible de réinventer une politique responsable à la condition de faire sa place au désir. La création de la démocratie doit donc aussi prendre en compte l’érotisation du temps logique de chaque peuple. La deuxième leçon que l’on peut retenir de l’Événement, c’est le choix du destin de l’homme de désir. BHL consent aussi { savoir qu’au-delà du premier engagement dans la deuxième guerre, son père en avait pris un autre : épouser la femme désirée s’il en revenait. N’est-ce pas ce qui l’a fait revenir vivant parce que c’est-là déjà la guerre sans l’aimer ? D’une femme { la guerre et retour, la boucle du désir se referme. Entre temps, la démocratie l’emporte. Il est exceptionnel qu’un intellectuel décide de se faire ami du réel. C’est sans doute ce qui rapproche BHL de Lacan. Ce livre raconte une leçon de responsabilité. Elle mérite donc d’être élevée au paradigme et transmise au plus grand nombre.

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Version anglaise :

A rendez vous with history

Agnes Aflalo

The War without loving it by Bernard-Henri Lévy

You can know

Who hasn’t wondered, what one would have done, had one been living, at the critical moment of the advent of fascism in Europe, and then in WWII? Look the other way or decide to face events without turning away? Take shelter behind ignorance or accept knowing to draw the correct conclusions? Bernard-Henri Lévy decided to respond to this question that occasionally haunts us, with an uninterrupted commitment, which can be interpreted as follows: “You can know, if you so desire”. Once it has been decided that democracy is a cause to be defended, philosophy is elevated to the dignity of a responsible politics: that of giving to the real its place without giving fatalities the final word. This is what made the Libyan Event possible. For the first time, truly, the right to interfere is not a utopia any longer, but a concrete realisation. It began in Benghazi.

Benghazi or desire in action

If Bernard-Henri Lévy can say about his involvement in Libya that it is the most important Event or major engagement in his political and intellectual life, it is because for the first time he sees a victory in progress. In fact, his actions resulted in the prevention of the announced massacre of the Libyan people, first in Benghazi and then beyond.

Like every choice that counts, Bernard-Henri Lévy’s last commitment is a forced choice: “the old order of things did not permit choice… Gaddafi and his faction were enslaving the people of Libya without any alternative between dictatorship and jihadism.”

Watching the scene of the man-hunt in Libya, on the 21st February 2011 something clicked. In the airport of Cairo, having already spent some days in the heart of the Egyptian revolution, he suddenly sees, on a TV screen, scenes from Libya with air fighters opening fire at the defenceless crowd. We are talking about 600 to 2000 victims. The mass killing does not leave him in peace. This is the reason of his first act: to decide to find out what is happening in Libya.

The images of the massacre lead to the emergence of the memory of his first involvement, that of different airplanes. Thirty years ago, Bernard-Henri Lévy responded to the call of Malraux asking him to fight for the Bengalis and deter the first attempt at genocide after Auschwitz. We also know that a friend of his father’s had brought him in touch with Malraux through a companion of his in the España Squadron.

After the moment of seeing, the return of a memory divides him and marks the moment to conclude. One morning, waking up, a phrase imposes itself on him “We weren’t waiting for Bernard-Henri Lévy to invent the Testament of God”. The name of the one who had uttered it, returns, still concealed by the veils of inhibition that cause doubt. Afterwards, the truth is imposed; the one who had uttered it, was a young Bedouin sitting under a tent, Gaddafi, leader of the Libyan Revolution. Therefore, the sentence is corrected: “We weren’t waiting for Bernard-Henri Lévy to invent monotheism.” The discontent caused owes too much to rage to directly provoke humour. Bernard-Henri Lévy takes action and decides to leave for Libya. After the moment of a death without understanding, is the moment of a war without loving it. The period of understanding commences afterwards, when Bernard-Henri Lévy decides to extract knowledge from that which affects him, himself and some others, a decisive desire, but not without the ethics of responsibility.

God is unconscious and Lacan a pessimist

What did he manage to apprehend at that moment if not that which divides him and makes him doubt? Always, the unfathomable decision of being led him to don the garb of the responsible citizen, son of the 20th century. Malicious criticism changes nothing in this regard. Elegance is not the brand of a garment, but that of the courage of the act. The return of the same sober garment not only opposes the more frivolous woman’s man. It also shelters the splendour of a position and the burden of a torment. It’s because he makes himself known as the messenger of the angel of History, that the garment makes his presence radiate. But, the coat he dons is what safeguards the return of the same, and the constraint of always being on the move, everywhere but in the desert. The desert is the place of exception, because only there does the “demon of acting” stop. Only there can he experience the satisfaction of inebriation. Just as the tragic hero advances towards his death, so would the desert guarantee him, as it would to those who succumb to it, the mummification that frees the body from the decay of the corpse, another version of the corpse in reverse.

The vertigo that takes over those who make war without loving it only achieves the first death. With the exaltation of the dessert the second death would be achieved. Isn’t it the desert that marks the tragic destiny of the admired men, who fascinate him, such as his beloved grandfather, or the committed philosopher André Zirnheld, of whom his father spoke to him very early on? And how could one free oneself from this destiny: “We only know being ourselves by being the shadow of our Fathers.” For Bernard-Henri Lévy, the solution is found in enacting a scenario that becomes his destiny.

To question this knot surrounding God, BHL takes the hand of Levinas. Yet, the dreams and other “mysterious moments of memory” imposed themselves on him with the idea that God is unconscious. The truth of this real, as it was formulated by Lacan, imposes itself on him all the while making him doubt. Indeed, how can we contemplate democracy without posing questions to the divine master and his prescriptions on libido? Combining God with democracy, hence, passes through the question posed regarding monotheisms. Then, the methodical doubt makes him think of two solutions, a pessimist and an optimist one. The pessimist, the Lacanian in him, knows indeed that a revolution always returns to its point of departure. The incurable of hope, however, wants to believe in the desire of democracy in every human being because it has the strength to put history back in motion. If we accept the idea that desire is also Lacanian, then we grasp the use an intellectual can make of doubt: the alibi of a paralysing cowardice that preaches to the other especially since it binds sterile knowledge that chases out the real. For BHL, in contrast, this is the springboard that propels him to a destiny of a fighter who has nothing of the old. Doesn’t the bet on desire make him a Lacanian intellectual?

The meeting of the man of letters with the man of power

To overcome tyranny necessitates an additional note on Voluntary Servitude. BHL contributes to this by unmasking what he so aptly names “ridiculing the tyrant”. Once acknowledged that it is the grotesquely comical that defeats him, we pass through the semblant and the tyrant appears as what he is: a human being as pathetic as father Ubu.

The series of engagements constructs a scenario in which BHL delineates different moments. First he tries to meet the one that the circumstance of the rebellion transformed into “the most important person on earth”. Subsequently, and while he is on alert, he is startled and he errs. Something characteristic allows him to detect the leader: the gaze of solitude of someone who fights against tyranny with bare hands. He then needs to be recognised by him as the messenger he lacks and to bet that he will invent the right words. This time again, it is the repetition of the “Warsaw Ghetto” that the West will not drop a second time. Through his offer, he manages to obtain the request of Mustafa Abdeljalil to make France recognise the National Council of Transition established on that same day. In order to achieve the prevention of the already announced massacre, he must also be acknowledged by another master, but this time someone who holds power.

He thus decides to call the president of the Republic. The migraines that take hold of him at that moment signal the tension that takes over his body without however eroticising the time that drags on and delays the moment of the act. The two men possibly are acquainted but they are not from the same political side. Nevertheless, BHL still bets on the desire of the well-said in order to be heard. And those words: “blood will stain the French flag”, that surprise even himself, make the just cause reverberate.

We have to do the writer justice, knowing how to restore with precision the prudent boldness of the man of power who makes himself the addressee of the message. A man who also decides immediately that democracy is a cause to be defended and that he is not a president who will allow the death of the Libyan people. Whichever kind of criticism we might have of this president, we should acknowledge the courage of that decision taken and assumed up to the ultimate consequence. A political man worthy of his name doesn’t recoil from taking decisions and taking responsibility for them.

Returning to the father: a woman beyond the war

The Libyan Event is an exception in the series of the preceding engagements. The story that began in a small vegetable-delivery truck, goes on with a half-broken telephone and concludes with the story of the flag. Every page is a chance for the power of a decisive desire and of what he can accomplish when he doesn’t succumb to the monstrous capture by the dark God. In contrast to his sister, it is not about conversion for BHL. He has rather taken the decision to spend a whole life in the service of democracy, so that it will win the war, everywhere, including the Middle-East.

The last trip to Libya gives us the opportunity to extract a piece of new knowledge. He now knows that he is following in the footsteps of a heroic father. Is it not that he also had the power to not want to please anyone, that he escaped from the horror of ordinary servility, purveyor of extraordinary massacres? But the strength of BHL lies in that he can demonstrate by action that this mass death produced both by science and capitalism is not unavoidable, that it does not occur when power takes hold of political function.

The first lesson of War without loving it is that it is possible to coin a responsible politics, on condition we give desire its place. The creation of democracy must therefore also take into consideration the eroticisation of logical time of a people. The second lesson we can retain from the Event, is the choice of destiny of the man of desire. BHL also agrees that beyond the first engagement in the second war, his father made another: to marry the woman he desired if he returned. Isn’t this, what made him return alive because that is right there the war without loving it? From a woman to war and back again, the cycle of desire closes. In the meantime, democracy prevails. The fact that an intellectual decides to become a friend of the real is exceptional. That is, without a doubt, what brings BHL close to Lacan. This book tells a story of responsibility. It thus deserves to be raised as an example and be transmitted to the greatest number.


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