Quand le Herald Tribune compare Bernard-Henri Lévy à D’Annunzio

LE PENSEURCe texte est une version légèrement adaptée du texte paru, le 1er avril , dans le New-York Times. Comme il est un peu plus développé, c’est lui que j’ai traduit pour le faire connaître des internautes français. Que ceux-ci sachent que les quelques articles que je leur offre aujourd’hui ne sont qu’une petite partie de tout ce qui se publie, ces jours-ci, de ce côté de l’Atlantique, autour de Bernard-Henri Lévy. Et je ne parle pas des émissions de télévision dont j’essaie de vous donner, également, l’essentiel. Mais j’avoue que j’ai moi-même du mal à suivre et découvre, chaque jour, des émissions, pou des citations dans des émissions, qui m’avaient échappé. Je fais le maximum. Mais que les fidèles du site n’hésitent surtout pas à me signaler des oublis importants.

Liliane Lazar.

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Version française

Il est le Gabriel d’Annunzio du vingt et unième siècle, mobilisé non pas pour Fiume mais pour Tripoli. Certains le trouvent aussi vain et absurde que d’Annunzio, rare spécimen de journalisme, de littérature et d’interventionnisme, qui s’empara de la ville de Fiume en 1919 afin qu’elle n’échappe pas à l’Italie lors des traités de paix qui mettraient fin à la première guerre mondiale.

En à peine deux semaines, Bernard Henri Lévy a fait en sorte, lui, qu’un groupe d’opposants libyens emplumés soient reçus par le Président français puis par la Secrétaire d’Etat américaine, ce qui allait inciter les deux pays et l’OTAN à franchir le pas et entrer en guerre contre les forces du dirigeant libyen, le colonel Kadhafi.

Ce fut Mr. Lévy, et cela n’a pas été contesté, qui fit venir deux dirigeants de l’Opposition libyenne –le Conseil National de Transition- à Paris, depuis Benghazi, afin de rencontrer le président Sarkozy, le 10 mars dernier, et qui suggéra lui-même la reconnaissance sans précédent par la France de ce Conseil comme le gouvernement légitime de Libye. C’est également lui qui, peu après, avertit Mr.Sarkozy qu’à défaut d’agir « il y aurait un massacre à Benghazi et que le sang de la population de Benghazi tacherait le drapeau français. »

Mr. Lévy crédite entièrement Mr. Sarkozy d’avoir persuadé Londres, Washington et d’autres capitales à leur suite de soutenir l’intervention en Libye.

« Je suis fier de mon pays, ce qui ne m‘était pas arrivé depuis des années, a déclaré Mr. Lévy dans un entretien.

« Quand je compare la Libye aux mois et aux mois que nous avons passés à prêcher dans le désert en faveur de la Bosnie, je dois reconnaître, en dépit de tous nos désaccords, que Sarkozy a fait là un très bon travail. »

Mr. Lévy, qui est âgé de soixante-deux ans, est devenu une figure à ce point incontournable en France –au point d’être l’objet de moqueries, d’admiration, d’amusement et d’envie- qu’on ne peut plus s’en débarrasser. S’imposant très jeune comme philosophe, il fut finement brocardé par un critique : « Dieu est mort, mais ma coiffure est parfaite ».

Il est connu en France sous ses initiales de B.H.L., ainsi qu’un héritier fortuné et un homme de gauche avéré, dont la marque de fabrique –costumes noirs, chemises blanches déboutonnées, femmes minces et blondes- interfère parfois avec ses engagements passionnés en faveur de grandes causes publiques, l’arrêt du génocide au Rwanda et en Bosnie, le soutien indéfectible à Israël, ainsi qu’une critique de longue date de la fascination aveugle en France pour le communisme, la révolution et l’Union soviétique.

Ses plaidoyers flamboyants en ont indisposé plus d’un dans le passé, y compris l’actuel ministre des Affaires étrangères, Alain  Juppé, qui a semblé largement tenu à l’écart de l’initiative libyenne de Mr. Lévy. Mr. Lévy  a négocié directement avec Mr. Sarkozy, avec qui il entretient une relation passablement compliquée depuis 1983.

Alors qu’ils étaient amis au point de passer des vacances ensemble, Mr. Lévy soutint publiquement l’adversaire socialiste de Mr. Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007. Puis Mr. Sarkozy épousa Carla Bruni, qui avait brisé le mariage de la fille de Mr. Lévy, Justine, qui en tira un roman.

En outre, Mr. Lévy avait des liens étroits avec les Présidents français précédents, François Mitterrand et Jacques Chirac, usant des medias et de ses relations familiales –le riche industriel François Pinault est son parrain- pour appeler à l’action en faveur des droits humains à l’ordre du jour.

Mais il s’est surpassé sur la Libye, jouant de la vanité de Mr. Sarkozy et de son besoin d’un succès, tout en se gratifiant lui-même, au point qu’il est difficile de trancher qui s’est servi plus de l’autre.

C’est une histoire assez extraordinaire, que ni le palais présidentiel ni le Ministre des Affaires étrangères n’ont souhaitée commenter, sinon en alléguant benoîtement d’un grain de sel.

Mr. Lévy s’était rendu en Egypte vers la fin du soulèvement de la place Tahrir, et se rendit dans la foulée près de la frontière libyenne, quand une affaire pressante le ramena à Paris. Le 27 février, avant de retourner en Afrique du Nord, il appela Mr. Sarkozy pour lui demander s’il était intéressé par un contact avec les rebelles libyens. Mr. Sarkozy répondit affirmativement. Mr. Lévy loua un avion pour se poser à Marsa Matruh, l’aéroport égyptien le plus près de la frontière libyenne.

En compagnie de son plus vieil ami et collaborateur de longue date, Gilles Hertzog et d’un photographe, Marc Roussel, Mr. Lévy gagna Beyda afin de rencontrer Mustafa Abdeljalil, l’ancien ministre libyen de la justice ayant fait défection, et nommé à la tête du Conseil National de Transition.

Le 3 mars, Mr. Lévy assista à la première réunion du Conseil avec Mr. Abdeljalil dans une villa coloniale sur la corniche de Benghazi. Le philosophe français fit un bref discours sur la liberté et la justice, dit que Mr. Sarkozy était un descendant politique de Charles de Gaulle et demanda si le Conseil souhaitait qu’il l’appelle, afin d’arranger une rencontre.

Sans surprise, les membres du Conseil acquiescèrent à la proposition, mais insistèrent cependant pour que la France « fasse un geste ». Mr. Lévy appela Mr. Sarkozy sur un vieux téléphone satellite, le Président acquiesça. Le 5 mars, la France publiait un communiqué, passé largement inaperçu sauf à Benghazi, saluant la formation du Conseil de Transition.

La même nuit, raconte Mr. Lévy, des drapeaux français fleurirent dans Benghazi, l’un d’eux flottant sur la façade de la Cour de Justice servant de quartier général à l’opposition. Le lendemain, Mr. Lévy reprit la longue route pour l’aéroport égyptien et regagna Paris. Le 7 mars, il appela Mr. Sarkozy puis le rencontra. Tous deux convinrent de garder l’initiative secrète, et d’abord vis-à-vis du ministre des Affaires étrangères ; David Cameron fut informé le 9 mars au soir.

Le 10 mars au matin, une délégation libyenne, conduite par Mahmoud Jibril, qui avait été nommé aux affaires étrangères par le Conseil de Transition, fut introduite dans le bureau présidentiel avec Mr. Lévy. Mr. Sarkozy donna son accord pour reconnaître l’Opposition comme le gouvernement légitime de Libye, ce qui allait provoquer la surprise des capitales européennes et, tout autant, du ministre français des Affaires étrangères.

Selon Mr. Lévy, Mr. Sarkozy dit qu’il s’emploierait à obtenir un soutien international et une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies, mais que, s’il échouait, lui et Mr. Cameron pourraient choisir d’intervenir avec un mandat de l’Union européenne, de la Ligue arabe et de l’Union africaine. Mr. Sarkozy leur demanda le silence sur ce « Plan B »  mais leur dit d’évoquer tout le reste à leur entière discrétion. « Ma résolution est totale » », leur dit-il.

S’assurer du soutien de Washington demeurait crucial. La Secrétaire d’Etat Hillary Clinton, attendue à Paris pour une rencontre du groupe des huit ministres des affaires étrangères, le 14 mars, souhaita rencontrer Mr. Jibril. L’ambassade du Quatar à Paris facilita la venue de Mr. Jibril depuis Doha, la capitale du Quatar.

Mr. Lévy emmena Mr. Jibril à l’hôtel de Mrs. Clinton, où tous deux s’entretinrent une heure durant. Au terme de laquelle, Mr. Jibril  affichait un air parfaitement découragé, convaincu qu’il avait échoué à faire pencher son interlocutrice.

Cette même nuit, dans l’appartement de Mr. Lévy, Mr. Jibril, Mr. Hertzog et Mr. Lévy  veillèrent jusqu’à 2 H. du matin pour rédiger un appel à l’opinion internationale, que Mr. Lévy tenait pour « notre dernière carte ». Bien leur prit de ne pas le publier, . A 15h, le lendemain, Mr. Sarkozy appelait Mr. Lévy : « La position des Américains est en train de changer. »

Mr. Sarkozy usa abondamment du téléphone. Mr. Juppé s’envola pour New York. Et lors du vote du Conseil de sécurité le 17 mars, Washington vota avec la France et la Grande Bretagne en faveur d’une résolution autorisant l’usage de la force en Libye pour protéger les populations civiles ; la Russie et la Chine s’abstinrent. La même nuit, Mr. Sarkozy appelait Mr. Lévy : « Nous avons gagné. »

Le 19 mars, alors que Mr. Sarkozy réunissait un sommet sur la Libye autour d’un déjeuner, l’Opposition libyenne appela en catastrophe. Les forces du colonel Kadhafi avaient atteint les faubourgs de Benghazi. Au même instant, les bombardements commencèrent.

Mr. Lévy pense qu’il a contribué à sauver des vies, et que Mr. Sarkozy fit la chose qu’il fallait faire en lançant un effort diplomatique pour intervenir et sauver le Printemps arabe, ainsi qu’on nomme les soulèvements dans la région, et « tous les espoirs que ce Printemps a soulevés. »

Il affirme être parfaitement indifférent face à ceux qui l’ont tourné en dérision. Le parallèle avec d’Annunzio, ce pré-fasciste, le fait s’esclaffer. « Ce qui est advenu est plus important que toutes les critiques. Nous avons évité un bain de sang à Benghazi. »

(Article  de Steven Erlanger paru dans le International Herald Tribune du 2 avril 2011, traduit de l’anglais par Liliane Lazar)

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Version Anglaise

PARIS – He is the Gabriele d’Annunzio of the 21st century, agitating not to free Fiume, but Tripoli. Some find him as vain and even absurd as d’Annunzio, another handsome man of journalism, literature and interventionist action who seized the city of Fiume in 1919, to prevent its loss in the peace treaties that ended World War I.

But in roughly two weeks, Bernard-Henri Lévy managed to get a fledgling Libyan opposition group a hearing from the president of France and the American secretary of state, a process that has led both countries and NATO itself into waging war against the forces of Libyan leader Col. Muammar el-Qaddafi.

It was Mr. Lévy, by his own still undisputed account, who brought top members of the Libyan opposition — the Interim Transitional National Council — from Benghazi to Paris to meet President Nicolas Sarkozy on March 10, who suggested the unprecedented French recognition of the council as the legitimate government of Libya and who warned Mr. Sarkozy that unless he acted, « there will be a massacre in Benghazi, a bloodbath, and the blood of the people of Benghazi will stain the flag of France.’’

Mr. Lévy gives Mr. Sarkozy sole credit for convincing London, Washington and others to support intervention in Libya.

« I’m proud of my country, which I haven’t felt for many years,’’ Mr. Lévy said in an interview. « When I compare Libya to the long time we had to scream in the desert about Bosnia, I must agree that despite all our disagreements, Sarkozy did a very good job.’’

Mr. Lévy, 62, is such an inescapable figure in France — of mockery, admiration, amusement, envy — that he is by now unembarrassable. Making his mark young as a philosopher, he was satirized neatly by a critic in the phrase: ‘‘God is dead, but my hair is perfect.’’

He is known simply as BHL, a man of inherited wealth, a nominal leftist whose trademarks — flowing hair, black suits, unbuttoned white shirts, thin blonde women — can undercut his passionate campaigning on public causes, from stopping genocide in Rwanda and Bosnia and strong support for Israel to an early critique of France’s unthinking fascination with Communism, revolution and the Soviet Union.

His flamboyant advocacy has annoyed many in the past, including the current foreign minister, Alain Juppé, who seemed largely excluded from Mr. Lévy’s Libyan initiative. Mr. Lévy negotiated directly with Mr. Sarkozy, with whom Mr. Lévy has an extremely complicated relationship going back to 1983.

While they were friends and once vacationed together, Mr. Lévy openly supported Mr. Sarkozy’s Socialist opponent in the 2007 presidential election; Mr. Sarkozy then married Carla Bruni, who had broken up the marriage of Mr. Lévy’s daughter, Justine, who wrote a novel about it.

Still, Mr. Lévy also had close ties with François Mitterrand and Jacques Chirac, using his media and family connections — the industrialist François Pinault is his godfather — to press for action on the most pressing human rights issues of the day.

But he has outdone himself on Libya, playing to Mr. Sarkozy’s vanity and need for success as well as gratifying his own, and it is hard to say who used the other more.

It is an extraordinary tale, about which neither the Élysée nor the Foreign Ministry wished to comment, other than quietly urging a grain of salt. Mr. Lévy was in Egypt at the tail end of the Tahrir Square uprising, went to the Libyan border but had pressing business in Paris. But on Feb. 27, before returning to North Africa, he called Mr. Sarkozy, asking if he was interested in making contact with the rebels. He was, so Mr. Lévy rented a plane and flew to Marsa Matrouh, the Egyptian airport closest to Libya.

Accompanied by his oldest friend and longtime collaborator, Gilles Hertzog, and, of course, a photographer, Marc Roussel, Mr. Lévy walked across the border past hundreds of yards of refugees and foreign workers and flagged down a car, which was delivering vegetables every 20 miles on the way to Tobruk, the first Libyan city inside the border. He then went to Al Bayda, where he found Mustafa Mohammed Abdul Jalil, the former Libyan minister of justice and head of the Interim Transitional National Council.

On March 3, Mr. Lévy attended an early meeting of the council with Mr. Jalil in Benghazi in a colonial villa by the sea. He made a little speech about liberty and justice, said that Mr. Sarkozy was a political descendent of Charles de Gaulle, and asked if they would like him to call Mr. Sarkozy and try to arrange a meeting.

Unsurprisingly, they said yes, but first insisted that France ‘‘make a gesture.’’ Mr. Lévy called Mr. Sarkozy on an old satellite phone and Mr. Sarkozy agreed. On Saturday, March 5, France issued a press release, largely unnoticed everywhere except in Benghazi, greeting the formation of the Transitional Council.

Overnight, Mr. Lévy said, French flags festooned Benghazi, with a huge tricolor on the court building serving as opposition headquarters. On Sunday, Mr. Lévy drove the 10 hours back to the airport and flew back to Paris, and on Monday morning called Mr. Sarkozy on a better phone line and went to meet him. They agreed to keep the initiative a secret, even from the Foreign Ministry, though Prime Minister David Cameron of Britain was informed Wednesday evening.

On Thursday morning, a Libyan delegation, headed by Mahmoud Jibril, the de facto foreign minister, sat with Mr. Lévy in Mr. Sarkozy’s office. There Mr. Sarkozy agreed to recognize the opposition as the legitimate government of Libya, which shocked other European capitals and the French Foreign Ministry alike. He agreed to exchange ambassadors and to bomb three airports when he could.

According to Mr. Lévy, Mr. Sarkozy said he would work on getting international support and a United Nations Security Council resolution, but if he failed, he and Mr. Cameron might go ahead anyway with the mandate of the European Union, the Arab League and the African Union. Mr. Sarkozy swore them to secrecy on this « Plan B,’’ but told them to speak of everything else as they liked, Mr. Levy said. « My resolution is total,’’ Mr. Sarkozy told them.

Convincing Washington was crucial. Secretary of State Hillary Clinton was coming to Paris for a Group of Eight foreign ministers’ meeting on Monday, March 14, and wanted to meet Mr. Jibril. The Qatar Embassy facilitated his travel from Doha, and Mr. Lévy went to Bourget airport to pick him up for a scheduled 4 p.m. meeting with Mrs. Clinton. But the Elysee had not been informed, and Mr. Jibril was held for two hours until 5 p.m. before he was allowed into France. The meeting was rescheduled for 10 p.m. at her hotel after a G-8 dinner at the Élysée.

Mr. Lévy brought Mr. Jibril, who was staying with him, to the hotel, spent a few minutes with him and Mrs. Clinton, then left the room as the two spoke for nearly an hour. Afterward, Mr. Jibril was disconsolate, believing that he had failed to sway Mrs. Clinton. He insisted on leaving the hotel through a back entrance, to avoid waiting journalists.

At Mr. Lévy’s apartment he, Mr. Hertzog and Mr. Lévy, all of them depressed, stayed up until 2 a.m. March 15 writing an appeal to the world, what Mr. Lévy called « our last card.’’ But they did not issue it, and at 3 p.m., Mr. Sarkozy called Mr. Lévy to say that ‘‘the American position is shifting.’’

Mr. Sarkozy then hit the phones, Mr. Juppé flew to New York and by the time of the Security Council vote, on Thursday, March 17, Washington voted along with France and Britain for a resolution authorizing the use of force in Libya to protect the civilian population, while Russia and China abstained. That night, Mr. Sarkozy called Mr. Lévy to tell him: « We’ve won.’’

On Saturday, March 19, as Mr. Sarkozy hosted a luncheon summit on Libya, the opposition called frantically for help. Qaddafi forces had reached the suburbs of Benghazi. That afternoon, France began the bombing to general political applause at home, including the Socialists. Mr. Lévy feels he has helped to save lives, and that Mr. Sarkozy has done the right thing, leading a diplomatic effort to intervene to save the entire « Arab spring’’ and « all the hopes it has raised.’’

He claims to be indifferent to those who mock him. He laughs about the analogy to D’Annunzio, who was a proto-Fascist.

‘‘What happened is more important than all the criticism,’’ Mr. Levy said. ‘‘We avoided a bloodbath in Benghazi.’

(Article de Steven Erlanger, paru dans le International Herald Tribune du 2 avril 2011).


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