Pour Roman Polanski (Le Point, le 29 octobre 2009)

Pour Roman Polanski
Les jours passent. Et Roman Polanski est toujours en prison, se couche et se réveille en prison, voit sa femme une heure par semaine au parloir d’une prison – tandis que ses enfants de 11 et de 16 ans, quand ils ont le courage d’aller encore à l’école, doivent affronter le regard des copains qui ont entendu, à la maison, que le papa des petits P., le monsieur qu’on frétillait de côtoyer par enfants interposés, le parent d’élève qu’on était grisé, les soirs de Césars, de reconnaître à la télé, était finalement un criminel, un violeur, un sodomite, un pédophile.

Alors, puisqu’on en est là, puisque les jours passent et que tout le monde a l’air de trouver la situation normale, puisque les soutiens de Roman Polanski perdent courage et, parfois, doutent, puisque la meute des tricoteurs et tricoteuses a même réussi, semble-t-il, à convaincre le ministre de la Culture qu’il avait parlé trop vite, sous l’empire de l’émotion, alors qu’il n’a fait que son devoir, je veux redire ici, une fois encore, pourquoi toute cette affaire est honteuse.

Il est honteux de jeter en prison un homme de 76 ans pour un détournement de mineure – la seule charge retenue, aujourd’hui comme à l’époque, par la justice californienne – commis il y a trente-deux ans.

Il est honteux que, dans un pays, la France, où l’on peut trucider une vieille dame, torturer son prochain, le mutiler, et savoir que son crime sera, comme tous les crimes de sang, prescriptible au bout de dix ans, tout le monde fasse comme si ce crime-ci, celui de Polanski, devait jouir d’une imprescriptibilité de fait.

Il est honteux de voir les habitués du Café du Commerce planétaire, antiaméricains pavlovisés qui ne sont jamais à court de mots pour fustiger l’Amérique sur tout et sur n’importe quoi, -rester brusquement sans voix, devenir doux comme des agneaux et, quand il s’agit de lui, Polanski, juste répéter : « ah, c’est l’Amérique… pas touche à la loi américaine… dura lex sed lex… »

Il est honteux d’entendre une avocate qui, comme Gisèle Halimi, a passé sa vie à sortir des gens de prison pour des crimes autrement plus lourds que celui que l’on reproche à l’auteur du « Pianiste », hurler avec les loups, chez Taddei : « un crime a été commis, la justice est la même pour tous, Polanski doit être jugé ».

Il est honteux de voir des intellectuels dont le rôle devrait être de calmer le jeu et de refroidir les emportements populaires, emboîter le pas, comme Michel Onfray, dans Libération, au troupeau des « ignorants enthousiastes » (Joyce) et se livrer, au nom de la défense de l’enfance outragée, aux amalgames les plus odieux (que ne les entend-on, ceux-là, dénoncer avec autant d’ardeur l’outrage, pour le coup, sans limite qu’est le martyre des enfants soldats en Afrique, ou des -enfants esclaves en Asie, ou des centaines de millions d’enfants morts de faim, selon les estimations de la FAO, depuis… trente-deux ans ?).

Il est honteux de voir un Luc Besson se ruer à la télévision pour, vêtu de probité candide, crier haro sur le baudet et, comme à la pire époque des chasseurs de sorcières mac-carthystes, dénoncer son camarade.

Il est honteux de continuer à répéter, comme font les uns et les autres, que la justice doit être « égale pour tous » alors que, s’il y a bien une « inégalité », s’il y a un « deux poids et deux mesures », c’est au détriment, pas en faveur, de Polanski. J’ai fait le test. Le 2 octobre dernier, sur NPR, dans l’émission de radio « On Point », où j’affrontais une Geraldine Ferraro répétant en boucle, jusqu’à la nausée : « Polanski a eu une lovely life ; maintenant, il faut qu’il paie », j’ai lancé un appel aux auditeurs : « qu’on me signale un cas, un seul, d’un anonyme, coupable de la même faute, et que l’on serait venu chercher trente ans après les faits ». On ne m’en a, à ce jour, pas trouvé un. Et on ne m’en a pas trouvé, car il fallait être Polanski justement, il fallait être un artiste de renommée mondiale, pour qu’un juge élu, bientôt en campagne électorale, assoiffé de publicité, fasse remonter le cas des oubliettes où la sagesse des peuples range, même aux Etats-Unis, les très anciens dossiers des délinquants qui n’ont pas récidivé.

Il est étrange – honteux, et étrange – d’observer comment les mêmes qui, drogués au soupçon et voyant des complots partout, passent leur temps à s’interroger sur les agendas secrets des Etats ne semblent pas le moins du monde gênés par ce timing, pourtant, extrêmement bizarre : un homme qui a une maison en Suisse ; qui y passe, depuis des années, toutes les vacances scolaires en famille ; et qui, soudain, sans élément nouveau, renoue avec le cauchemar qui a été le lot de sa vie.

Car il est honteux, enfin, que l’on ne puisse, quand on parle de cette vie, évoquer l’enfance au ghetto, la mort de la mère à Auschwitz, le meurtre de la jeune épouse éventrée avec l’enfant qu’elle portait, sans qu’hurlent au chantage (?) les braillards de la nouvelle justice populaire : du plus abominable serial killer, la « culture de l’excuse » ambiante veut bien scruter l’enfance difficile, la famille à problèmes, les traumatismes – mais Roman Polanski serait le seul justiciable au monde à n’avoir droit à aucune circonstance atténuante…

C’est l’ensemble de l’affaire, en réalité, qui est honteux.

C’est le débat qui est nauséabond et où il faudrait pouvoir ne pas entrer du tout.

Je ne connais guère Roman Polanski. Mais je sais que tous ceux qui, de près ou de loin, trempent dans ce lynchage se réveilleront bientôt, horrifiés par ce qu’ils ont fait, honteux.

Bernard-Henri Lévy


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20 commentaires

  • M. Villemain dit :

    Voilà. CQFD. Excellent.

  • Serge ULESKI dit :

    Polanski, la Suisse, la France, la Culture et nous !

    __________

    Comment ça ?

    Vous dites ?!

    Faudrait extrader Polanski vers les Etats-Unis ?!

    Non mais… vous êtes sonnés ou quoi ?!

    D’abord, c’était il y a longtemps ; et puis, que celui qui n’a jamais violé personne lui jette la première…

    Aïe !

    Zut alors ! Je ne savais pas qu’ils étaient aussi nombreux ! Vite ! Tous à l’abri ! Ca bombarde de partout !

    _____________________

    Et le m(M)inistre de la c(C)ulture de nous déclarer, lui qui, manifestement, ne souhaite pas être en reste…

    – tout de suite après Costa-Gavras (vive la gauche !) qui, tout seul dans son coin, a décidé qu’il n’y avait jamais eu viol ; peu de temps avant BHL et ce qu’il qualifia d’erreur de jeunesse d’un Polanski qui avait, soit dit en passant, 45 ans au moment des faits…

    Frédéric Mitterrand donc… de nous faire savoir, avec des trémolos dans la voix : « Si en France le monde de la culture ne soutenait pas Polanski, ça voudrait dire qu’il n’y a plus de culture dans notre pays ».

    Dieu ! Que l’intelligence est difficile et rare ! Et la connerie accessible à tous, ministres ou pas.

  • Lolita dit :

    BHL n’a vraisemblablement pas remarqué que c’est son nom et ceux de sa clique qui font tache dans cette affaire. PLus il aboiera pour Polanski et plus il fera fuir les gens pour sa cause. N’a t il pas tenu compte du conseil de Bilger de s’éloigner de la justice qui décidément ne lui réussit pas. La justice est indépendante des médias.

  • Sandra Topin dit :

    Bien entendu… Bien entendu… Il est honteux… de…. Il est honteux tant le débat est nauséabond…
    Mais il n’y a pas de débat. Il y a des avis, tous contraires ou différents, tous justes car émotionnels. Ni plus ni moins que la honte émotionnelle que ressent BHL. Car lorsqu’il s’agit d’enfant, d’un homme de 43 ans sur le corps d’une enfant de 13, l’émotion est à son comble, quelque soit le sens des corps.
    L’ensemble de l’affaire est honteux, en effet, mais avec BHL qui ne cesse d’y participer et de crier sa honte.
    Et si l’on se taisait tous au lieu de gratter, là sur les pauvres enfants scolarisés et rejetés, là sur le passé atroce d’un homme, là sur la provocation d’une jeune fille, là autre chose… et si…
    S’il n’était plus honteux de s’offusquer ou de s’interroger sur un homme de 43 ans qui a un jour couché avec une fille 13, ait-elle été une pute? Et s’il n’était pas honteux d’en parler, même trente ans après?
    Si on pouvait enfin en parler sans accuser chaque parole de vouloir lyncher?

  • pol dit :

    Monsieur,
    il est honteux que vous continuiez de defendre Mr Polanski de la sorte.

    Qu’il reste votre ami soit mais vous ne devez pas pour autant croire que vous avez raison contre tous et continuer à arguer d’arguments irrecevables. entre autres :
    – cette femme a demande de cesser les poursuites : oui mais la justice est la pour se substituer à la victime et continuer son travail. Il serait en effet tres facile que les plus riches puissent payer leurs victimes pour effacer leurs crimes.
    – Pourquoi ne peut-on parler de la vie entiere de Mr Polanski : Guetto, meyrtre de son épouse… ! Eh bien non ! Je suis tout à fait conscient de la vie pleine d’épreuves de Mr Polanski et j’en éprouve beaucoup d’empathie. Mais cela n’a rien à faire ici… Laissons aux avocats le soin d’utiliser la vie de leur client pour « relativiser », « adoucir » la vie de leur client et par la meme sa responsabilite dans son crime.

    Car crime il y a et il est honteux que vous ne vous en aperceviez et que vous ne passiez pas à autre chose…
    Et puis cette formule répétitive « il est honteux » me rappelle un « J’accuse » dont vous n’êtes en aucun cas le récipiendaire. C’est quand même autre chose de défendre l’honneur d’un homme INNOCENT broyé par l’etat français parce que juif, que de défendre un homme COUPABLE de sévices sexuels sur mineure broyé par le systeme judiciaire americain et refusant de se soumettre (peut etre a juste titre pour son interet) à cette meme justice.

  • Pierre dit :

    Quelle honte, où est-elle ? Pas de honte pour ces moralistes qui déferlent depuis un mois (enfin les mêmes depuis la nuit des temps si on y regarde bien) tout au long du Net et fidèles à eux-mêmes se déchaînent pour la grande cause passant d’un lynchage à l’autre.
    Il faut les lire, ne serait-ce que pour rester sur ce blog, ces commentaires nauséabonds qui accompagnent la pétition pour Roman Polanski, ceux d’après, pour s’apercevoir de la fureur aveuglante des propos, de la haine qui sont capables de développer sur des personnes qui ne sont en rien concernées par cette affaire.
    Et pourtant interrogez-les, vous dirons qu’ils sont humains, même trop humains pour la ressentir cette haine-là, un trop qui n’est jamais assai car c’est un trop de juste.

    Alors cette morale juste et humaine donc universelle méritait bien une croisade de défense de cette nécessité d’une survie elle aussi humaine, même 32 ans après, même pour ceux qui n’en veulent pas, qui n’ont plus besoin, pour ceux qui sont morts depuis.

    Un rescapé du ghetto, un vieillard ? Pas un vieillard de chez nous, disent-ils ouvertement, mais un riche connu voilà la chose et qu’ils tiennent aujourd’hui, pour lui montrer qu’il n’a pas à être différent, privilégié, mais condamnable à son âge, même s’il a été souffrant toute sa vie durant, même si malade, même si mourrant.

    Une morale universelle, disais-je, qui s’applique à tout instant et éternellement. Sauf que, sauf ce petit hic qu’on trouve toujours quand on parle d’universel et qu’on n’explique pas.
    Flashback donc en 1977.

    A l’époque il était tout à fait normal de faire des photos d’adolescentes dénudées, ils n’inquiétaient personne tant ils étaient à la mode. Les photos de David Hamilton faisaient la une des magazines. Il n’y avait donc rien d’étrange à reprocher à Polanski pour vouloir réaliser des photos de Samantha Geimer dénudée, jeune mannequin qui avait déjà posé pour différents magazines, dont Vogue Homme.
    Personne n’a songé non plus de lui dire que Samantha avait 13 ans, alors qu’elle montrait beaucoup plus de son âge. Même sa mère trouvait plus que normal laisser sa fille seule le soir pour faire des photos dénudées.
    La suite fut cette perte de contrôle de Polanski, certainement critiquable et que le parti de la morale universelle condamne farouchement en plongeant en arrière de 32 ans. Il va falloir toutefois et à l’aune de cet universalisme moral expliquer et aussi justifier cette attitude d’une mère et celle d’une société totalement permissives envers le commerce de photos d’ adolescentes en tout genre, à cette époque acceptables et aujoud’hui condamnables .

  • Daniel Salvatore Schiffer dit :

    Cher Bernard-Henri Lévy,

    Je continue de tout coeur à être avec vous dans cette « Affaire Polanski », que j’ai moi-même comparée, dans plusieurs journaux de la presse francophone (« Marianne 2″ en France; « La Libre Belgique » à Bruxelles; « Le Jeudi » au Luxembourg) à l' »Affaire Wilde »: Oscar-Roman, deux êtres qui, par-delà leur génie artistique, me sont chers humainement. Le traitement que l’on inflige aujourd’hui à Roman Polanski, comme hier à Oscar Wilde, est effectivement une honte: les lyncheurs et tartufes de tous bords s’en rendront compte un jour!
    Je suis heureux de constater, par ailleurs, que les tout aussi odieuses insultes dont ces mêmes tenants de ce vil « nouvel ordre moral » ont couvert également Frédéric Mitterrand, il y a peu de temps, se soient, quant à elles, enfin tues.

    Daniel Salvatore Schiffer

  • Pivař dit :

    « Il est honteux de jeter en prison un homme de 76 ans pour un détournement de mineure »
    Faut-il rappeler qu’il n’y a pas de prescription dans la justice américaine pour ce crime précis ? Je ne critique pas la justice américaine, mais puisque vous vous y mettez, je me permets : ce qui serait honteux, c’est que la justice américaine ait rejeté le viol en chef d’inculpation, malgré la déposition de la jeune Geimer (en anglais désolé):

    http://www.latimes.com/news/local/la-me-lopez30-2009sep30,0,1671827,full.column

    « un crime a été commis, la justice est la même pour tous, Polanski doit être jugé ». Vous trouvez cette phrase honteuse. Un argument peut-être, ça ne saute pas aux yeux.

    « Il est honteux de voir des intellectuels dont le rôle devrait être de calmer le jeu et de refroidir les emportements populaires, emboîter le pas » Cela mérite un petit récapitulatif : toute cette polémique a débuté par les nombreux soutiens maladroits dont a bénéficié Polanski, de Mitterrand à Costa-Grava expliquant qu’elle ne faisait pas 13 ans mais 25, à BHL qui parle « d’erreur de jeunesse ». La blogosphère a réagit, le peuple, même pas les médias. Il est en désaccord dans sa grande majorité, et on voudrait le transformer en fachosphère ? N’a-t-il pas son mot à dire ? Réclamer que l’on laisse la justice américaine faire son job, est-ce hautement fasciste ? Ce n’est pas faire preuve de lynchage. Ou alors avouons que BHL a aussi participé à certains lynchages tels celui de Dieudonné, un lynchage qui a réussit, aboutissant à sa diabolisation, son agression, ses interdictions de spectacles etc… On en arrivera pas à ce niveau avec Polanski soyons honnête. Il vaut mieux violer une fillette de 13 ans que de faire un sketch. Désolé pour la digression, revenons au sujet :

    « qu’on me signale un cas, un seul, d’un anonyme, coupable de la même faute, et que l’on serait venu chercher trente ans après les faits ». C’est un procédé rhétorique qui dénote une malhonnêteté intellectuelle. Prendre au dépourvu son interlocuteur qui n’est bien évidemment pas au courant de toutes les affaires pédophiles pour appuyer ses dires, voilà la méthode. Toujours est-il que j’ai trouvé plusieurs cas de parfaits anonymes qu’on a été cherché 30 ans après les faits aux USA, ainsi que 20 ans après les faits en France (car oui : en France il y a prescription au bout de 30 ans). Par exemple Christian Villain. Avouons cependant qu’il est plus difficile de fuir la justice quand on est anonyme. Avouons également qu’un anonyme n’aurait pas tant de soutien. J’enjoins cependant BHL à écrire un éloge pour la libération de Christian Villain.

    Il est évident que Polanski est soutenu car il n’est pas un anonyme, car c’est un artiste. On imagine qu’un grand artiste ne peut violer, ou alors il le fait avec talent. Ce n’est pas comme ce bouseux ventripotent qui viole une fillette en survêtement. Polanski raffine la chose, il y met du champagne. Oui le viol c’est une merde. Mais Polanski y rajoute des paillettes, et il est encore des gens pour écarquiller les yeux devant des paillettes.

    J’aime Louis-Ferdinand Céline et pourtant je ne le défends pas pour ses pamphlets antisémites.
    J’aime Noir Désir et pourtant je n’ai pas soutenu Bertrand Cantat pour son acte à Vilnius.

    Parce que moi je suis pas une groupie.

  • gilinsky dit :

    je ne lis plus avec autant d’assiduité , mais il ya toujours des textes que je reconnais comme puissant par l’emotion qu’ils me procurent, par le petit fremissement qu’ils impriment à mon cerveau.celui là en fait parti.bravo monsieur LEVY et en plus je pense que vous avez raison.
    le courage de dire ce qui est vrais contre tous ceux qui travestissent la réalité pour servir l’image égoiste d’eux memes est une valeure sure et particulierement rare et en plus pour parler quotidien, c’est  » bien ecrit « .

  • Vincent dit :

    Je viens de lire ce second texte de Bernard-Henri Lévy sur Polanski, et je suis heureux en cette période sombre de lire des mots qui disent la révolte, et le poids des jours, et l’impuissance et la colère que moi et d’autres autour de moi ressentons. Cela aide de lire ses mots qui filent comme des balles en acier, contre cette bêtise qui nous prive de Roman Polanski jour après jour, et pour rien… pour rien surtout.
    C’est une affaire qui fera date dans l’histoire de toute façon, et qui pour l’instant plombe les jours. Car la situation semble sombre, la seconde demande des avocats de R. Polanski ayant été rejetée, et pour nous il n’y a plus que l’attente et les questions sans réponse sur ce qui se passe et ce qui peut se passer. Cela aide de savoir que nous ne sommes pas seuls à être révoltés… Cela m’aide d’imaginer qu’Isabelle Adjani est prostrée autant que moi, comme dans la nuit, et que Martin Scorsese, Woody Allen et tant d’autres ont autant de colère que moi contre ce gouvernement suisse de petits délateurs, qui parlent comme des machines, froides, mortes, sans âme. Je me rappelle de cette ministre suisse de justice et police qui disait calmement « nous ne pouvions pas faire autrement ! », et cela me remplit de colère, d’autant plus que depuis, les refus de libération se suivent, comme des baffes, des gifles, à répétition. Et Emmanuelle Seigner est toujours seule. La Suisse a volé violemment à la France l’homme qui a fait « Le Pianiste », comme on donne une gifle. C’est l’argent qui donne une gifle. Quelle horreur. Et elle répond aujourd’hui par des « Nein » à répétition. Vraiment, cela aide de voir d’autres voix révoltées. Je ne sais pas quels sont les projets à court terme des avocats de Polanski, mais il faut que quelque chose soit fait, pour la France, et pour l’Histoire.

  • Emilio dit :

    Monsieur BHL fait l’idiot en espérant opérer un retournement de scandale. La justice n’a pas jugé Polanski avant parce qu’elle ne l’a pas attrapé. Et elle ne l’a pas attrapé parce qu’il s’appelle précisément Polanski. Aucun criminel lambda recherché et situé géographiquement, comme l’était Polanski, ne peut espérer échapper plus de trois jours. On entend ces jours-ci ce même genre de défense à propos de Chirac: Pendant des années, ils nous ont opposé son immunité mais que « une fois ses mandats achevés, la justice suivrait… » et voilà qu’à présent on entend que c’est bien tard, un peu de compassion que…. Bref! Quant aux autres arguments développés par BHL, ils ne méritent même pas d’être contredits. Il faut seulement signaler que des milliers de personnes purgent actuellement leur peine conformément à la loi. Qu’il y a ou non prescription, extradition et condamnation, selon la loi. Et que Polanski est poursuivi en application de la loi.

  • toto dit :

    Il est honteux de ne pas appliquer la justice.

  • Coligny dit :

    Le prix de la honte

    Monsieur Lévy, dans votre édito du Point (édition du 29 octobre), vous qualifiez l’affaire Polanski de débat nauséabond dans lequel il ne faudrait pouvoir ne pas entrer et déclarez que tous ceux qui trempent dans ce lynchage se réveilleraient bientôt honteux.
    J’ai lu avec attention votre édito et c’est précisément parce que je ne souhaite pas me « réveiller honteux » qu’en tant que père et en tant qu’Homme je ne peux que réagir.

    En tant que père car, ce qui se cache derrière ce que vous qualifiez sur Europe1 « d’erreur de jeunesse », est en fait un des crimes les plus abjectes qui puissent être.
    Vous pensez aux enfants de 11 et 16 ans de Roman Polanski qui doivent trouver le courage d’aller à l’école et d’affronter le regard de leurs camarades mais avez-vous pensé une seule seconde à l’enfer que Samantha Gailey a subi cette nuit là. Alcoolisée, droguée, abusée, violée, sodomisée ,… toute une nuit par Roman Polanski.
    Il avait 44 ans ce jour là et elle seulement 13.
    C’était une enfant Monsieur Lévy, qui comme toutes les gamines de cet âge ne rêvent que de comtes de fées. Une enfant dont l’innocence, la pureté et la fragilité ont été anéanties par la perversion d’un pédophile.

    Dans un précédent édito, vous écrivez que ces poursuites judiciaires n’ont plus lieu d’être puisque la victime a retiré sa plainte. C’est vrai oui, Samantha Gailey lui a depuis pardonné publiquement. Le prix de ce pardon ? 500.000$ promis par Roman Polanski à la jeune fille.
    Je pose donc la question au philosophe que vous êtes. L’argent peut-il donc tout laver, effacer tout crime ?

    C’est précisément là que ma conscience d’être humain se révolte contre vos propos. Il y a dans notre société humaine des fondamentaux avec lesquelles on ne peut pas transiger, des valeurs qui doivent être préservées au delà de toutes autres considérations, y compris celle de l’argent, par ce qu’elles sont le fondement de notre humanité et parce que, sans elles, nous serions réduit à l’état sauvage.

    A vous qui pensez la prescription comme principe de civilisation, je demande, sans beaucoup d’illusion hélas tant votre indignation sait être à géométrie variable, que vous considériez comme tel, le respect de l’enfance. Aussi voudrais-je rendre hommage à Gisèle Halimi, à Luc Besson, à Michel Onfray, à tous ceux que vous insultez et que vous condamnez dans cet édito, parce que ces femmes et ces hommes sont des remparts contre la barbarie humaine.

    Evidemment, vu du haut de vos tribunes médiatiques et de votre célébrité, je ne suis peut être qu’un anonyme, un sans grade du «troupeau des ignorants enthousiastes » comme vous qualifiez élégamment ceux qui condamnent cet acte, mais, en écrivant ces mots, je n’aspire qu’à une chose, Monsieur Lévy, c’est que vous vous souveniez que la dignité humaine vaut, sans doute, un peu plus que le copinage corporatiste et que l’intérêt financier.

    Alors, peut être, ne vous réveillerez vous pas honteux.

  • ANGELES SANCHEZ CELDRAN dit :

    Bonjour Mr BHL,

    J’ai lu cet article dans le quotidien PAYS (L’ESPAGNE) et maintenant dans son web, et je pense comme vous qui sont une honte, reclame un homme par un délit de plus de 30 ans.
    Mais M. HSL, a moi ME GÊNE, LA CAMPAGNE QUI SE FAIT PAR LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS PAR L’EST MOTIF, parce que La France faire la même erreur que USA, à mon mari le réclame la France par 2 délits qu’il n’a pas commis de plus de 30 ans, auxquels ils l’ont illégalement condamné ici il lui a envoyé un résumé :
    ANTONIO CARLOS GALINDO NIETO purge 35 ans en prison dans les prochains mois, sans avoir tué personne. Entre autres choses, il a été condamné pour des crimes qu’il n’a pas commis. À ce jour il se bat encore pour faire réaliser une étude comparative dont les résultats anthropométriques peuvent prouver son innocence dans plusieurs vols.

    Antonio a subi tant les tortures du régime de Franco que celles à la démocratie. Il a été membre de la COPEL (Coordination des prisonniers en lutte), dont il garde une mémoire indélébile. Il est un homme de grande valeur et surtout il est extrêmement fort, à la fois de rester vivant et sain d’esprit, après tant de souffrances. Malgré de nombreuses années en prison, il adore sa famille, qui est son soutien: son épouse Angela et leurs 3 enfants, Marie de 22 ans, Antonio de 10 ans et Alvaro de 7 ans.

    Depuis 2005, il vit une autre terrible injustice. Il a été réclamé par la France en raison de plusieurs peines d’emprisonnement à perpétuité auxquelles il avait été condamné par défaut par les tribunaux français pour des crimes de 1978. Ces peines ont été imposées illégalement, avec un total fraude et abus de droit, car selon le Code de procédure pénale français, article 379-2 « L’accusé absent sans excuse valable à l’ouverture de l’audience est jugé par défaut », mais la police et la justice françaises connaissaient déjà sa situation de prisonnier en Espagne depuis février 1979. Toutefois, la justice espagnole, pour bien se conduire avec les voisins de la France, a accepté sa cession quand il aura fini ses 35 ans en prison en Espagne. Depuis plus de trois il y a une avocate dans la cause, Mme Silvie Reulet, qui n’a pas reçu les dossiers car, selon les tribunaux, « les dossiers sont très vieux et ils ne peuvent pas les trouvés, ils se sont perdus ». Tout cela a été signalé à l’Audience Nationale, les ministères, etc. mais il n’y pas eu de réponses et aucune solution n’a été trouvée.

    Avec toutes ces irrégularités et les actes illégaux des tribunaux français, il est inévitable de se poser quelques questions: Pourquoi est-ce que l’Espagne remise Antonio C. Nieto Galindo à la France si les condamnations pour lesquelles il a été réclamé sont illégales? Si son avocat n’a pas d’accès aux dossiers … parce qu’ils se sont perdus, comment on peut savoir la raison pour laquelle il est réclamé? Comment peut l’Espagne savoir qu’il aura un procès équitable? Qui est intéressé et pourquoi par qu’il passe le reste de ses jours en prison en France, au lieu de passer ces jours avec ses enfants, après avoir passé 35 ans en prison en Espagne?

    le GOUVERNEMENT FRANÇAIS PENSE-T-IL QUE LE DÉLIT DE POLANSKI SE PRESCRIT ET LES DÉLITS PAR LESQUELS ILS RÉCLAMENT MON MARI NON ?

    parce que ? peut-être parce que mon mari n’est-il pas riche et fameux ?

    Merçi.

  • chauché dit :

    Monsieur,
    Je vous lis peu, je ne sais quasiment plus rien du cinéma, mais je vois par contre défiler devant mes yeux 24 leçons de morale à la seconde, et les admirateurs de la mort, ces humanoïdes aux gencives approximatives, comme un certain Onfray, triomphent dans cette « affaire Polansky », leur rêve est celui de la « terreur » nouvelle, qui vous en conviendrez tient autant du Maréchal que du Petit Père des Peuples, et ils gagnent du terrain, c’est ainsi.
    Je vous lis rarement, mais parfois, ici où là, comme Sollers ailleurs, vous traquez et démasquez les maquilleurs du Temps, c’est un honneur.
    Je vous lis parfois, et plus souvent encore, je suis saisis d’effrois par les aboiements de nos chers « moralistes-humanoïdes-redresseurs de torts », « qui tournent en rond dans leur misère « , ces « chiens de garde  » haineux qui « finiront par se consumer dans la nuit », qui oublient, mais le savent-ils, qu’être heureux c’est tout simplement « être à la hauteur du hasard », et le hasard, magie du mot ne fréquente pas ces douteux douloureux.
    Je ne vous connais pas, vous ne me connaissez pas, mais sachez qu’une bienvaillante solidarité nous rellie.
    Bien à vous.
    Philippe Chauché

  • Pierre dit :

    Ce 28 sept 2009 fut une journée très particulière pour tant de personnes par le monde, et plus qu’importante ce fut une journée sainte. Il ne nous a pas échappé ce qui est arrivé ce jour-même à Roman Polanski, cette étrange coïncidence d’une arrestation inattendue le jour du Grand pardon juif.
    J’en ai souffert, car j’ai aimé ses œuvres reconnaissant en lui ce grand artiste, l’homme qui a été marqué par une indicible souffrance dès son plus jeune âge, cet insoutenable qu’une vie entière ne pourra pas faire oublier. Il n’est pas devenu fou ou ne s’est pas suicidé seulement par amour de son art, par les messages qu’il sentait en lui et que n’a pas cessé de nous transmettre. Cet homme à commis une erreur il y a 32 ans, une erreur pardonnée depuis par celle que tout le monde considère sa victime. Rien n’y a fait, aujourd’hui comme à l’époque Roman Polanski fait l’objet d’un même acharnement, d’un traitement d’une dureté sans pitié, sans ménagement et sans qu’aucune autre considération humaine qui puisse accompagner ou intervenir pour dénoncer l’absurdité d’une telle poursuite et de cet ignoble traquenard par lequel a été appréhendé. Le voir condamner pour le reste de ses jours n’est nullement l’idée que je me fais de l’humain et de sa capacité de pardon.

  • Vincent dit :

    Monsieur Coligny,
    Il est extrêmement fatiguant de lire des commentateurs comme vous qui, encore, et encore, et encore, et toujours (et encore, et toujours…) redisent des choses comme si ils n’avaient pas LU les deux blocs-notes de BHL, ni son interview (intégral, je dis intégral) à Europe 1.
    Car ces textes répondent à ce que vous dites. Pourquoi donc, après avoir lu ces textes, dites-vous ce que vous dites ? Je le répète : ces textes répondent à ce que vous dites. Relisez. Et les arguments de mr. Finkielkraut aussi, à France Inter. Ecoutez. Ou réécoutez. Je vous donne un exemple presque mathématique : si A dit « respect de l’enfance », alors B peut raisonnablement dire : « oui, respect de l’enfance, mais prescription aussi ». Il peut raisonnablement dire cela. Mais, alors, A ne peut pas répondre, comme vous le faites : « oui, prescription… mais respect de l’enfance avant tout ». Ca ne veut rien dire. Si A répond cela, c’est qu’il n’a pas écouté la phrase de B.
    Je le répète : les textes de BHL répondent à ce que vous dites. Relisez. Relisez.

  • aval dit :

    Je pense qu’il est honteux que des meurtriers soient sauvés par la prescription et que le viol sur mineure ne soit pas prescriptible quand la victime a pardonné depuis longtemps.

    Je pense aussi que beaucoup de gens s’excitent parce qu’ils auraient bien aimé être à la place de Polanski.

    Par contre ceux qui ont défendu Polanski en arguant de sa carrière sont des criminels potentiels et devraient subir une surveillance étroite, ils ont à la fois promu le crime et descendu Polanski.

  • Rainer Neuhaus dit :

    Merci M. Lévy! Actuellement, on souffre sous une vague de m….e de la part de commentataires si correctes, des gens qui se soulagent de leurs propres remords au détriment de Polanski. C’èst la honte!
    Qu’on se souvient encore à ce que d’Holbach a dit dans sa ‘Théologie portative':
    « Les lois de l’équité demandent que dans une nation les citoyens soient récompensés ou punis à proportion des avantages qu’ils procurent ou des maux qu’ils font à leurs citoyens ». Pour Polanski, il y avait beaucoup de récompenses dans le passé. Si aujourd’hui on cri à sa punition, ca a beaucoup à faire avec son oeuvre , on attaque les valeurs qu’il represente, surtout la liberté de l’individu. Défendre Polanski veut dire défendre l’humanitè contre le fanatisme infame, moyenageux.

  • ninguillesype dit :

    Hello

    It is my first time here. I just wanted to say hi!

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