Pour André Lewin, le bel ambassadeur (La Règle du Jeu, 13 novembre 2012)

Bernard-Henri Lévy, Catherine Clément, Gilles Hertzog, Nathalie Loiseau et Théophile Tobie Nathan
André Lewin et Béchir Ben Yahmed

L’ambassadeur et ami André Lewin est mort le 18 octobre.

C’était un grand diplomate. Il fut le porte-parole de l’ONU, ambassadeur en Guinée aux temps sanglants de Sekou Touré, puis en Inde, à Vienne et enfin au Sénégal.

Cet homme doux, juif allemand né sous Hitler, avait connu la barbarie, et c’était, pour cela, un homme de paix.

Il est arrivé que le représentant français auprès de tel État brouillé à mort avec les droits de l’homme se dérobe à un contact avec les intrus que nous représentions à ses yeux. André Lewin n’était pas de cette famille-là. Et nous eûmes, dans nos pérégrinations diverses, quelques occasions de nous en aviser. On ne compte pas les vies qu’il a sauvées en Guinée. C’était un Juste.

Esprit cosmopolite d’une grande culture et personnage d’une parfaite hospitalité, il aura fait de ses ambassades hors d’Europe des maisons françaises des Droits de l’homme.

Il était le compagnon de Catherine Clément. En connaisseurs patients tombés amoureux des pays-hôtes qu’ils parcouraient inlassablement, ils ont œuvré ensemble pour que, de leurs ambassades communes, l’amour de la politique fécondant la passion de la culture, sortent des livres qui disaient l’Inde, la vie, jadis, à Vienne – ou bien des films racontant les croyances anciennes au Sénégal.

Ambassadeur et écrivain, l’européen André Lewin aura été, au service de la France, ce qu’on appelait autrefois un ami du genre humain.

Nous publions ici deux hommages rendus lors de ses obsèques ainsi que l’adieu de Catherine Clément à son compagnon aimé.

Gilles Hertzog, Bernard-Henri Lévy

Photo : André Lewin (à droite) et Béchir Ben Yahmed, fondateur du groupe Jeune Afrique, en avril 1984.

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André Lewin, l’Afrique au cœur (l’hommage de Catherine Clément) *

C’est dans la cour de récréation de l’école municipale de la rue Delambre, à Montparnasse, en 1939. Un petit garçon allemand voit deux de ses camarades s’empoigner et se battre, il ne le supporte pas, se jette dans la mêlée, les sépare. André m’a toujours dit que, s’il était devenu diplomate, c’était pour faire la paix entre ceux qui se battent. Il ajoutait avec une grande logique : « Donc on ne peut faire la paix qu’avec ses ennemis. » Toute sa vie a tenu dans cette règle et toujours il aura voulu faire la paix.

Il ne vivait pas à Montparnasse depuis longtemps. Son père, sa mère et lui avaient franchi la frontière allemande un an plus tôt, dès que Stephan Lewin était sorti de la prison où le décret intitulé « Loi pour la protection du sang et de l’honneur allemands », promulgué par Hitler en 1935, l’avait jeté pour « honte raciale » – car il avait osé épouser une Aryenne.

Stephan Lewin appartenait à l’une de ces grandes familles de Juifs de cour de Rhénanie installées à Francfort-sur-le-Main (je me souviens de ce que m’a dit Antoine Vitez après avoir fait la connaissance d’André : « Attention, tu n’as pas affaire à un Juif de ghetto, mais à un Juif de cour… »). Son arrière-arrière-grand-père Moritz Oppenheim, surnommé le peintre des Rothschild, fut le seul artiste juif à représenter la vie quotidienne et religieuse des communautés juives allemandes ; l’une de ses dernières lithographies, lourde de symboles, montrait dans les tranchées de la guerre de 1870 (côté allemand) des officiers juifs coiffés de casques à pointe et portant leurs châles rituels blancs rayés bleu sur leurs uniformes pour célébrer le shabbat. André portait en lui cette pesante histoire de l’Inquisition, de la diaspora, de l’intégration des Juifs en Allemagne, d’autant que son père avait épousé Sigrid von Meyer, une jeune protestante de la noblesse allemande – et donc, à partir de 1935, « une Aryenne ».

Exode

La guerre éclata, Stephan se retrouva dans un camp de concentration français, s’engagea dans la Légion étrangère et partit se battre au Maroc. La mère et le fils prirent le chemin de l’exode. Une fois par an, André revoyait en rêve les réfugiés d’un camion de boucherie mitraillé par les Stuka embrochés sur les esses. Dans la gare de Limoges, une couturière vit cette jeune femme et ce petit garçon d’une parfaite blondeur, comprit qu’ils étaient perdus et leur offrit l’hospitalité pour la nuit. Ils restèrent chez elle jusqu’à la fin de la guerre, la nuit dans le salon d’essayage et le jour protégés par la communauté protestante.

Le pasteur était un grand résistant et c’est donc sans états d’âme qu’il emmena ses jeunes ouailles chanter Maréchal, nous voilà ! devant l’Hôtel du Parc à Vichy. André parlait déjà parfaitement le français et m’a souvent raconté qu’en franchissant la frontière il avait solennellement déclaré à ses parents qu’il serait plus tard ambassadeur de France ou d’Allemagne : il n’avait guère que cinquante ans d’avance.

Dépouillée de tous ses biens, notamment d’une grande collection de peintures sur laquelle Göring avait mis la main, la famille Lewin resta à Limoges et fut naturalisée. La Juste couturière qui les avait sauvés resta à leurs côtés. André se paya ses études supérieures avec de petits boulots de journalisme et fut reçu au concours de l’ENA. Il tint sa promesse, dédaigna les grands corps et choisit la diplomatie.

Et l’Afrique, me direz-vous ? Patience ! Avant d’être nommé ambassadeur en Guinée, André, porte-parole de l’ONU, avait été chargé d’obtenir la libération des prisonniers torturés au camp Boiro sur ordre de Sékou Touré. Il mit plusieurs années et en libéra une quarantaine, dont l’archevêque de Conakry, à qui André faisait passer en douce « du vin de messe ».

Avant l’Afrique subsaharienne, il avait négocié avec Hassan II l’arrêt de la Marche verte à un kilomètre de la frontière du Sahara, à l’époque espagnol. Surtout, en 1971, il avait rencontré Mao Zedong à Pékin en accompagnant le couple Bettencourt, mandaté pour tisser les premiers liens entre la France et la Chine, un an avant la visite officielle de Nixon ; Henry Kissinger était même venu demander des conseils à André sur le protocole communiste et la Révolution culturelle, qui battait son plein. Le vieux Mao bouffi impressionna moins André que les condamnés agenouillés dans les rues, coiffés d’un bonnet d’infamie et forcés à une autocritique en public. Il en parlait souvent, relatant ses conversations avec Zhou Enlai, riant encore au souvenir d’une Liliane Bettencourt ramassant craintivement les plis de sa robe de soie pour échapper aux crachats du Grand Timonier.

Quand je lui parlais de l’Inde, c’est-à-dire tous les jours, André me répondait : « Tout ça est bel et bon, mais si tu ne connais pas l’Afrique, tu ne comprendras rien à la marche du monde. » Il avait raison, car l’Afrique manque au monde, qui en a grand besoin. Il fut deux fois ambassadeur en Afrique : à Conakry et à Dakar, donc dans une sanglante dictature et dans le pays modèle de la démocratie africaine. Tout le monde sait, en Afrique, qu’André avait séduit Sékou Touré, dont il était « le sorcier blanc ». Il fut beaucoup critiqué, mais peu de gens connaissaient la raison profonde qui poussait André à fréquenter Sékou Touré ; moi-même j’ai mis vingt ans à la découvrir.

Il voulait transformer ce tyran, apprivoiser ce monstre, tous les monstres, et lorsqu’un jour je lui demandai « Et tu aurais fait ça avec Hitler ? », il m’a répondu : « Oui, j’aurais essayé. » C’est dire qu’il avait l’idéal chevillé au cœur et un optimisme étayé par les nombreux accidents d’avion, attentat du KGB, traquenards en tous genres où, normalement, il aurait dû perdre la vie.

Il avait un tel sens du danger qu’en allant dire au revoir à Rajiv Gandhi, alors en campagne électorale et privé de ses gardes du corps pour raisons politiques, il tenta vainement de le dissuader de continuer dans ces conditions ; Rajiv, qu’André aimait beaucoup, fut assassiné un mois plus tard. Mais justement, Rajiv n’était pas un monstre.

À Sékou Touré, ce monstre qui, autrefois, avait été un brillant syndicaliste et député français, André a consacré une thèse d’histoire en huit volumes qui explique, sinon en totalité du moins en pointillé, comment d’honnête homme on devient tyran. Il suffit d’une esquisse de commencement de début de l’ombre d’un complot et le mécanisme est en marche. L’honnête homme voit des complots partout et assassine les plus doués de ses concitoyens, exactement comme le jeune Octave, futur empereur Auguste, se débarrassa d’Antoine, son meilleur rival.

Chapelet

Le meilleur rival de Sékou Touré s’appelait Diallo Telli. Avant de se lancer dans la biographie exhaustive du tyran, André consacra son premier livre africain à sa plus grande victime, ce personnage attachant, intuitif et génial qui pressentait sa mort et n’y résista point.

André avait de l’Afrique une vision presque mystique : un jour, en brousse, sous un grand fromager, une jeune Guinéenne avait posé la jarre qu’elle portait au soleil ; elle avait pris une écuelle et, sans un mot, lui avait offert du lait. L’Afrique d’André était généreuse, féminine, négociatrice, à son image à lui, à mille lieues des crimes de Sékou Touré, des coups d’État en Guinée et de la guérilla en Casamance.

Le président Diouf l’avait chargé d’une mission de « facilitation ». André entra en contact avec les chefs militaires et religieux de la rébellion indépendantiste, sillonna les maquis, quelquefois avec moi, et, la troisième année, réussit à organiser une rencontre entre le président du Sénégal et son pire ennemi, l’abbé Diamacoune. Cette attachante tête de mule fut si bien apprivoisée qu’il donna à André un collier de graines terminé par une grosse graine de calebassier : sur le lit de mort d’André, les infirmières du Val-de-Grâce nouèrent le collier rebelle dans ses mains comme un chapelet. Il est parti avec l’Afrique.

J’écris ces mots et il est mort hier. Nous l’aimions. Je l’aimais. Je l’aime encore.

Catherine Clément

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L’hommage de Nathalie Loiseau

Frères et sœurs,

Sans doute êtes-vous surpris que je m’adresse ainsi à vous, alors que nous ne sommes ni dans une église, ni dans un temple, ni dans aucun lieu de culte. Si je le fais, c’est parce qu’André, qui nous réunit tous aujourd’hui, m’a appris, nous a appris la fraternité. Connaître André, l’aimer, comme tous ceux qui sont ici rassemblés, c’était très vite, insensiblement, entrer dans sa famille. Et à vous voir, Patricia, Stéphane, Marie, Pierre, Paloma, Michel, Cécile, Titus, Ben, Catherine, très chère Catherine, et tous les autres, ce sont bien ces mots de frères et sœurs qui me viennent aux lèvres.

Au cœur de cette famille élargie et singulière, on trouve l’Afrique d’André, les Afriques d’André : du Sénégal, de la Gambie, de la Guinée, pas toujours réconciliées, lui qui les a rêvées unies et qui a tant fait pour leur faire retrouver la paix et la concorde. André m’a appris l’Afrique et me l’a faite aimer. Ensemble, nous avons parcouru la Casamance et voulu croire que la paix y était possible . Ensemble nous avons vu un président courageux serrer la main d’un abbé rebelle et montrer le chemin de la réconciliation.

André y croyait et il a surmonté tous les obstacles pour y parvenir, comme il avait cru possible de faire libérer les prisonniers de Sekou Toure et y était parvenu. André m’a appris l’idéalisme obstiné. Ceux qui pensent que la diplomatie est un autre nom pour le cynisme n’ont rien compris à la diplomatie et surtout n’ont pas rencontré André. Pour lui que l’histoire tragique de l’Europe avait épargné mais qui en connaissait la barbarie, être diplomate, c’était s’engager pour un monde meilleur, au travers des Nations Unies, auxquelles il n’a cessé de croire, mais aussi dans chacun de ses postes, dans chacun de ses gestes. Travailler pour la paix, c’était aussi, pour André, accepter de parler avec tous, sans juger, sans jeter l’anathème. : Bourreaux et victimes, geôliers et prisonniers, puissants et misérables : André m’a appris la tolérance, la vraie, celle qui ne se confond pas avec l’indifférence mais qui permet de faire le lien, de réconcilier les hommes parce qu’on ne fait la paix qu’avec ses ennemis.

Réconcilier sans juger, approcher les tyrans, les séduire pour les convaincre sans y perdre son âme, c’était ce qu’André savait faire mieux que quiconque. Pour percer son secret, il m’a fallu du temps et il ne m’y a guère aidé, lui si avare de mots pour parler de lui-même, si mystérieux aussi, alors qu’il parlait si bien des autres. Je crois l’avoir approché, ce secret, en l’observant avec…ses chats. De ces animaux si fiers, si farouches et parfois si cruels, il faisait ce qu’il voulait, leur imposait sa volonté, les apprivoisait, les dominait même sans qu’ils s’en rendent compte. André était un dompteur, dompteur de chats, dompteur d’hommes aussi.

Comme les dompteurs, Il tutoyait le danger. André m’a appris le courage, le véritable, celui qui consiste à percevoir le danger, à en mesurer l’étendue mais à choisir d’agir tout de même si l’on est convaincu que ce qu’on a à faire est juste. Le danger, André l’avait connu bien des fois. Dès l’enfance bien sûr, à fuir l’oppression et la barbarie. En Algérie ensuite, où un accident d’avion faillit lui coûter la vie. En Guinée encore, où c’est d’un attentat qu’il réchappa de justesse. Il en parlait sans emphase mais en avait conservé quelques superstitions, lui par ailleurs si rationnel. Il se méfiait des fétiches africains, en ayant reçu un en cadeau peu de temps avant qu’on essaye d’attenter à sa vie sur une route guinéenne. Il redoutait certaines dates, lui qui se souvenait de toutes et qui ne détestait rien tant qu’on tardât à célébrer un anniversaire. Il craignait tout particulièrement le 27 septembre, date à laquelle le sort s’était plusieurs fois acharné contre lui. Le 27 septembre dernier, il entrait dans la chambre 27 du service d’oncologie du Val de Grâce avec un mauvais pressentiment. Les superstitieux ont parfois raison.

Dans sa maladie comme tout au long de sa vie, André s’est montré lui-même, d’une absolue authenticité qui est le comble de la dignité. Curieux de tout, curieux des autres, il confessait souffrir mais s’enquérait immédiatement du reste du monde. N’ayant rien perdu de son humour, il gratifiait ses proches, mais aussi ses infirmières, des calembours qu’il affectionnait tout particulièrement et que l’une de nous finit par appeler des Andrées. Tout juste manifesta-t-il un peu de colère, ce qui nous laissa sidérés, lui dont, une vie durant, le signe le plus perceptible d’un mécontentement extrême s’était limité à un petit raclement de gorge vite étouffé.

André en colère, c’était inconcevable, comme il est inconcevable qu’il nous quitte. Lui qui a vécu pour la paix, il est parti dans la paix. Mais à nous voir aujourd’hui rassemblés et fraternels autour de lui, grâce à lui, je sais qu’il n’est pas vraiment parti parce qu’il vit en chacun d’entre nous.

Nathalie Loiseau ( Directrice de l’ENA )

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L’hommage de Théophile Tobie Nathan

Il était beau. Sa conversation était profonde, toujours à l’écoute. Il voulait plus connaître votre pensée qu’exprimer la sienne. Un prince ! Je l’appelais le prince des diplomates.

Il était tendre, aussi, avec les plantes qu’il caressait amoureusement, avec les animaux, qui ne s’y trompaient pas, avec les hommes et les femmes, qui recherchaient sans cesse son contact. Sa parole était une caresse.

Il n’était pas neutre, pourtant. À sa manière, c’était un militant. Un militant de la paix. Je ne lui l’ai jamais dit, mais je l’ai toujours perçu comme un guerrier, un combattant. Un combattant souriant et silencieux, qui connaissait les enjeux du combat, mais à long terme, à très long terme.

De père juif, enfant traqué, d’abord en Allemagne, dès la publication des lois de Nuremberg en 1935 ; ensuite en France où il dut se cacher durant les cinq ans d’occupation, on peut imaginer que son âme a été forgée, ciselée durant ce combat apocalyptique qui vit s’affronter toutes les forces du monde. À l’image d’autres intellectuels brillants, cachés comme lui durant la guerre, tels Aharon Appelfeld ou Shaül Friedlander, tout enfant, il est venu au monde comme un être déjà politique.

Catherine a écrit tout récemment que déjà, en franchissant la frontière pour venir se réfugier en France, il avait déclaré fièrement à ses parents qu’il serait ambassadeur de France… ou d’Allemagne.

Avant de le rencontrer, je ne savais pas que l’on peut aimer la paix à la passion. C’était lui, c’était André ! Et dans cette passion pour la paix, j’y voyais quelque chose de plus. Au-delà des choix philosophiques et des aléas de la politique internationale, j’ai toujours pensé — c’est moi qui le pensais, bien sûr — qu’il voulait, au-delà de tout protéger le peuple, mais aussi — peut-être avant tout, au départ, je veux dire, le peuple d’Israël.

C’est pourquoi aujourd’hui, au moment où le voyageur s’en va pour d’autres mondes, je voudrais lire deux vers d’un psaume célèbre. Le premier lui est dédié, le second est pour l’accompagner :

Hiné Lo Yanoum vé lo yichan shomer Yisraël

Ce qui signifie : « Ah non ! Il ne rêvasse ni ne dort le gardien d’Israël… »

Car je sais que le sort des Juifs le préoccupait au plus haut point.

Et le second :

Adonay shomrékha, Adonay Tsilkha, ‘al yad yéminékha

Ce qui signifie :

Que Dieu te garde, Dieu qui est à ta droite comme ton ombre tutélaire.

Amen !

Théophile Tobie Nathan ( Professeur émérite, Université Paris 8 )

* Hommage paru sur le site d’actualité africaine, Jeune Afrique)



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