Oui, il faut interdire Dieudonné (La Règle du Jeu, le 29 décembre 2013)

dieudonne_soralLe geste de Manuel Valls aura eu au moins un mérite: appeler un chat un chat.

Voilà des années que l’on finasse, hésite, tourne autour du pot. Voilà des années qu’on lit : «les propos controversés de Dieudonné», «des propos qui, pour certains, seraient antisémites». Fini. On ne se voile plus la face. On ne dit plus «certains». Et les gens qui se pressent au Théâtre de la Main d’Or sont reconnus pour ce qu’ils sont : pas des spectateurs, des militants — et les militants d’une secte antisémite. Il est bon que ces spectacles soient montrés du doigt. Il est bon que le «geste de la quenelle» apparaisse aux yeux de tous comme ce salut nazi inversé qu’il est aux yeux de ses inventeurs. A partir de là, chacun se déterminera. En son âme et conscience, il décidera s’il choisit de trouver “drôle” un mouvement aussi crapuleux ou si, comme Anelka, il choisit de lui adresser l’expression de sa sympathie.

Ici, à la RDJ, on n’a jamais mâché ses mots. Dieudonné, comme Soral, est un antisémite. Les vidéos de Dieudonné, comme celles de Soral, tombent sous le coup de la loi. Le directeur de la revue, Bernard-Henri Lévy, a d’ailleurs appelé, très tôt, à réagir. Dans un bloc-notes du Point, paru le 3 février 2005 et que nous reproduisons intégralement, il titrait : «Dieudonné, fils de Le Pen» et s’étonnait du silence complice de la République, des intellectuels et des médias. Huit ans après, nous y sommes. Et La Règle du jeu ne prêche plus dans le désert.

Maria de França


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