Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy
Le 9 Septembre 2009, par Bernard-Henri Lévy, pour Le Point
Ne laissons pas l’Unesco à un flic de la culture, le Point du 10 septembre 2009
C’est donc jeudi prochain, 17 septembre, que les 58 pays votants diront s’ils désignent ou non, à la tête de l’Unesco, un homme désormais célèbre pour avoir promis de brûler de ses mains les livres écrits en hébreu qui pourraient s’être glissés, malgré la vigilance des islamistes, dans les rayons de la bibliothèque d’Alexandrie.
Cet homme s’appelle Farouk Hosni.
Nous avons, avec Claude Lanzmann et Elie Wiesel, porté à la connaissance de l’opinion française (Le Monde du 22 mai 2009) puis américaine (The Huffington Post du surlendemain) ses déclarations nauséabondes.
Et cet incendiaire de livres et d’âmes s’étant lancé, depuis cette date, dans une campagne électorale dont la frénésie n’a d’égale que l’habileté à désinformer, je veux répondre ici, avant qu’il ne soit trop tard, à quelques-uns des arguments développés, peut-être de bonne foi, par ceux qui se résignent à son élection.
Premier argument. Farouk Hosni se serait « excusé » de ses propos. C’est faux. Car outre que son texte de contrition a été, comme nous le savons aujourd’hui (Le Monde du 2 septembre), en partie rédigé par un autre (le Français Henri Guaino), il ne retirait rien des mots incriminés et les mettait juste au compte d’un tempérament trop bouillant.
Deuxième argument. Farouk Hosni est un tacticien jouant au plus fin avec son vrai ennemi qui serait le parti des Frères musulmans. C’est une plaisanterie. Car, d’abord, l’Egypte dont il est le ministre de la Culture depuis vingt-deux ans est un pays où aucune œuvre de l’esprit ne peut être rendue publique sans avoir reçu le visa préalable des religieux de l’Institut théologique d’Al-Azhar ; et ensuite, et surtout, il y a une multitude de cas où c’est lui, le ministre, qui, prenant les devants, a plaidé « l’offense à l’islam » pour sanctionner un film (« L’immeuble Yacoubian »), un livre (l’autobiographie, en 2001, de Nawal el-Saadawi), des poèmes (l’affaire, en 2007, de la revue Ibdaa dont le retrait de la vente a provoqué une mise au point embarrassée des religieux d’Al-Azhar qui n’en demandaient eux-mêmes pas tant !).
Troisième argument. Farouk Hosni est égyptien et on fâcherait, en le récusant, ce grand pays qu’est l’Egypte. On atteint là les sommets de la mauvaise foi. Car s’il est exact que l’homme est soutenu par l’autocrate dont il chante servilement la gloire depuis des décennies, il ne l’est évidemment pas par l’autre Egypte, la seule qui compte en la circonstance, puisque c’est celle des créateurs et des artistes. Que ceux qui en douteraient songent au réalisateur Khaled Youssef dont le scénario du dernier film, « Moment de faiblesse », vient d’être censuré au motif qu’il traitait de la virginité avant le mariage. Qu’ils se procurent la bande dessinée de Magdy el-Shafee que les « brigades du vice » chargées de sévir contre les « atteintes à la morale » ont retirée du marché sous prétexte qu’elle contenait une vignette où l’on lisait : « dans ce pays, ce sont les pauvres qui vont en prison ». Que les représentants des Etats qui voteront jeudi prochain se penchent, avant de fixer leur choix, sur le cas de quelques-uns, au moins quelques-uns, des innombrables auteurs que Farouk Hosni et ses services ont persécutés ces dernières années et dont je tiens la liste à la disposition de qui veut – Messieurs Kouchner et Sarkozy, par exemple.
Car la question, dorénavant, est simple.
Va-t-on confier les rênes de l’agence culturelle mondiale à un homme qui, lorsqu’il entend le mot culture, sort ses ciseaux ou son briquet ?
Peut-on mettre à la tête d’une organisation vouée à défendre les principes de liberté d’opinion et d’expression le ministre d’un pays qui a réussi à se classer, sous son règne, 146e sur 173 au (sombre) palmarès de Reporters sans frontières – et qui, comme si ce n’était pas assez, vient juste de se lancer dans une chasse aux blogueurs, facebookers et autres internautes aussi bête que sauvage (le hasard des calendriers ferait que son entrée dans ses nouvelles fonctions coïnciderait avec la promulgation, en Egypte, d’une loi qu’il a voulue et qui prévoit de sévères peines de prison en cas d’« abus d’utilisation d’Internet » – sic) ?
Et puis va-t-on, sous prétexte qu’il représenterait « le Sud » ou « le monde arabe », donner le « comité du patrimoine mondial » à un responsable qui, lorsqu’il avait la charge de son patrimoine national, a vu trois de ses collaborateurs directs, plus un ancien chef de cabinet, lourdement condamnés pour avoir trempé dans un trafic de trésors archéologiques égyptiens ?
Je me fais une trop haute idée du pays de Naguib Mahfouz et des temples d’Abou-Simbel – je mets, aussi, trop haut les exigences du dialogue Nord-Sud – pour accepter que l’on raisonne de la sorte.
Alors, sans doute est-il déjà tard.
Peut-être eût-il fallu que le Maroc maintienne la candidature d’Aziza Bennani, le Brésil celle de Gilberto Gil, ou que le juriste algérien Mohamed Bedjaoui soit soutenu par son pays.
Mais l’heure n’est plus aux regrets stériles. Et, au point où nous en sommes, il n’y a, pour ceux qui, en Europe et ailleurs, ne veulent pas voir dévoyé le bel impératif de dialogue des civilisations et des cultures (et pour ceux qui, aussi, se réjouissaient de voir l’image de l’Unesco peu ou prou restaurée ces temps derniers), qu’une urgence : barrer la route à un homme dont tout le passé plaide contre les idéaux de l’institution.
Publié également le 16 Septembre 2009
» Un Hitler iranien ? Une BD sur Ben Laden. Farouk Hosni, dernière.
Voir l'article du 8 Septembre 2009
» (English) Let's not put Unesco in the hands of a culture cop


Le 20 avril 1981...
BHL invité au Petit Journal de Noël, de Yann Barthès, Canal +
l’antésimitisme j’ai grandi dedans…faut lire le coran qui raconte l’histoire de joseph et ses frères et son père israel (yacoub) pour les musulmans et vous verrez que la jalousie des frères peut aller au crime…le musulman ne peut être antisémite car ismael et issak sont frères du même père abraham et isaak a donné naissance à israel et ismael a donné naissances à une descendance d’où est né le prophète de l’islam…isral et arabes musulmans aujourd’hui se font la guerre au nom de ponce pilace ( dixit occident impérial et capitaliste)…l’occident se lave les mains ..seul compte ses intêrets…la paix est facile entre lien de sang……les fils digne de yacoub n’ont qu’a restituer les terres à la frontière de 1967 , de reconnaitre l’état palestinien et que les palestiniens font de même …quant aux extrêmistes ils n’auront plus de prétexte…ne sommes-nous pas gens du livre…alors qui freine tout çà ? M.Bhl étudiez le coran sans a priori…et vous constaterez que les juifs insultés dans le coran sont ceux qui ont crée le veau d’or et ont trahi Moise..ont trahi les dix commandements basés sur la loi et la justice.dans ce monde moderne faites le constat et l’évidence apparaitra dans toute sa limpidité.
Commentaire par david welhem — vendredi 25 septembre 2009 @ 15:44
dac..c’est un négatif mais alors m. bhl pourquoi vous ne dénoncer pas ceux qui brûlent des enfants..un livre contre un corps d’enfant…etre juste pour les siens trop facile…camus a payé pour çà pour avoir dénoncer la colonisation…vous chez e pire chez les arabes c’est vrai que vous défendez des bonnes causes mais sortez de vos soens…les palestiniensenfants ont été brûlés volontairement..
Commentaire par david welhem — vendredi 25 septembre 2009 @ 15:27
je lis bhl comme l’appelle ses amis depuis un temps bien certain. lui se dit philosophe, moi je pense que c’est plutôt un phisolophe. pourquoi, tout simplement parceque sa plume n’a rien apporté de concret à l’humanité, il est plutot reglé pour faire leur compte à certains pays arabes ou muslmans ou bien à leurs leaders dès qu’il sent qu’ils peuvent contrecarrer les interets de ses coreligionnaires. ce n’est plus de la philosophie qu’il pratique alrs mais de la phsolophie.
Commentaire par hamadi — samedi 19 septembre 2009 @ 00:35
C’est en tout point nauséabond et de touts les cotés qu’on regarde cette affaire, cette inimaginable, invraisemblable candidature au poste de directeur général de l’UNESCO de Farouk Hosni, cette ascension honteuse à une responsabilité culturelle parmi les plus importantes au monde d’un antisémite juré et virulent dans tout son être, qui s’est pris d’une violence telle à la culture du peuple juif d’en rappeler celle des nazis : « Brûlons ces livres » une incitation faite aux égyptiens et plus en général à tous les arabes de brûler les livres israéliens partout dans leurs pays. Quelqu’un qui sans surprise a bloqué l’ouverture d’un musée juif au Caire. Un flicard de la culture dans son propre pays depuis vingt ans (sic!), à une place, celle du ministère de la culture, parmi les plus sensibles et contrôlées par l’islamisme radical des Frères Musulmans. Un négationniste dans l’âme car il s’entoure des négationnistes tel un Roger Garaudy lui donnant la place et la parole nauséabonde sur les plateaux de la télé égyptienne. Nauséabonde est aussi la caution apportée à son élection par l’Europe et ces états arabes qu’on n’a pas d’autre façon d’appeler que voyous. Admirez la dissonance de cette jury « culturelle » : France, Italie, Espagne, Iran, Syrie, Libye, Soudan etc. L’Union de la Méditerranée, dites vous ? Un peu plus que ça. Peut-être l’union pour le pétrole ? Et pourtant, nous en avions vu d’autres : la Commission des droits de l’homme (CDH) de l’ONU tombée dans les mains de la Libye « l’une des pires dictatures du monde, aux mains tachées de sang ». Et le scandaleux Durban II avec le nauséabond marchandage : refus du blasphème contre mention de l’homosexualité, sans oublier le plateau réservée au nauséabond Ahmadinejad et à ses discours de haine. Pourquoi le monde occidental avec toute sa grande tradition et richesse culturelle ne se rend pas compte d’une vérité simple : que derrière la nomination d’un Hosni, ou la propulsion d’un Tariq Ramadan à Oxford et sur les média il n’y autre qu’une seule stratégie et orchestration, celle de l’islamisme le plus fanatique et extrémiste ? Imaginez un seul instant la régression de la pensée et de la culture que cette candidature représente pour le monde qui est le notre sans compter le message de mise en garde et soumission adressé aux intellectuels du monde entier et d’abord à ceux des pays arabes ?
Commentaire par Pierre — lundi 14 septembre 2009 @ 15:18
on m’a dit que mes propos n’etaient pas clairs, je m’en excuse!! quand j’ecris « Israel a cause d’un trop plein de conscience » je veux dire evidement « un trop plein de moral ». Un petit pays avec un si grand degres d’humanite que ca en devient un defaut, un fardeau, une grandeur en meme temps qu’une tragedie.
Commentaire par DG — samedi 12 septembre 2009 @ 19:44
A Monsieur Bernard-Henri LEVY :
Tres émue par votre article, je deplore qu’une autre candidature africaine n’ait apparemment pas ete envisagee serieusement, celle du candidat tanzanien, M. Sospeter MUHONGO, Professeur de Sciences de la Terre, une personne de grande qualité ! Il aurait pu etre l’artisan d’un dialogue nord-sud fructueux.
Il apportait aussi par sa profession un regard élargi à toutes les questions environnementales à l’échelle planétaire. La culture inclut en effet le domaine des Sciences, aussi bien que celui des Arts et des Lettres, et la diffusion des Sciences est plus que jamais necessaire dans le monde d’aujourd’hui.
Helas, les belles figures africaines n’intéressent pas suffisamment les médias et les « petits » pays ont du mal à jouer dans la cour des « grands »…..
Merci d’avoir toujours cherche à alerter l’opinion quand c’etait necessaire. Peut etre tout n’est-il pas encore fait dans cette election à l’UNESCO ?
Anne NEDELEC
Commentaire par Anne NEDELEC — samedi 12 septembre 2009 @ 15:47
« Je brûlerais moi-même des livres israéliens si j’en trouvais dans les bibliothèques égyptiennes » Signé Farouk Hosni, candidat au poste de secrétaire général de l’Unesco. Comment peut-on tenir de tels propos et aspirer à diriger la maison du dialogue des cultures ; la maison chargée de faire la pédagogie du respect de la diversité des cultures et de l’égalité des hommes, l’UNESCO? Comment peut-on vouloir incinérer les livres et diriger la maison de la liberté de conscience, de la transmission et du partage des valeurs de paix ?
Vouloir bruler les livres, n’est pas un acte anodin ; c’est vouloir effacer de la mémoire tout un peuple. Et l’histoire est là pour nous rappeler que là où on brûle les livres, on finit par brûler les hommes.
Les propos de Hosni disent la bêtise, le refus de la différence, la haine, l’antisémitisme. Et qu’est-ce l’antisémitisme ? Une banale opinion? Un propos déplacé qui peut-être réparé par repentance ? Non. L’antisémitisme est une manifestation de haine, un crime. Un crime non seulement contre les juifs mais aussi contre tous les êtres humains. Un signe avant coureur d’autres formes de discrimination.
Porter Hosni à la tête de l’UNESCO, serait consacrée la libération de la parole antisémite.
David Gakunzi
Commentaire par David Gakunzi — vendredi 11 septembre 2009 @ 13:47
1.Cher BHL et Liliane Lazar,
Il est évident que cette éventualité serait catastrophique et ne pourrait que mettre de l’huile dans le feu qui brule déjà et depuis longtemps de façon plus qu’inquiétante. Il est incompréhensible qu’une organisation telle que Unesco, puisse même considérer la candidature d’une personne qui n’est motivée que par la haine de l’autre. La paix sur notre planète dépend de la tolérance et de l’acceptation de la liberté individuelle de chaque être. La religion est une affaire personnelle et ne doit en aucun cas, devenir une arme de destruction massive ou alors nous pouvons nous attendre à une apocalypse et un retour à des temps lointains des guerres de religion. Notre monde d’aujourd’hui ne peut tolérer un retour aux usages barbares d’un autre temps. La technologie hyper sophistiquée et avancée que nous utilisons tous les jours, serait-elle un moyen pour les extremistes de toutes sortes de mettre le monde à feu et à sang?? Combien d’autres Hitlers vont-ils encore surgir d’entre les toiles numériques qui sont censées nous rapprocher pour se connaître et reconnaître que chaque être humain dans notre belle petite planète a le droit d’être ce qu’il est: une personne libre ayant le droit à la parole, à l’éducation, à la justice et surtout à pouvoir bénéficier des resources de cette planète qui appartient à tous et à personne.
Merci cher BHL pour votre combat de tous les jours pour un monde meilleur
Diane Babayan
Commentaire par Diane Babayan — jeudi 10 septembre 2009 @ 20:10
Commentaire par Diane Babayan — jeudi 10 septembre 2009 @ 20:20
Il est helas trop tard. La France et les Etats Unis, pour se donner bonne conscience, et Israel, a cause d’un trop plein de conscience, ont deja apporte leur soutien a cette election hideuse. Certaines choses sont incomprehensibles. ou peut etre le sont elles tant parce qu’elles sont justement impensables, inacceptables, injustifiables, scandaleuses?
Commentaire par DG — jeudi 10 septembre 2009 @ 10:09
c’est qui le « flic »de laculture ?
votre article est trouble……..
Commentaire par kling — mercredi 9 septembre 2009 @ 11:39