Mouammar Al-Kadhafi

Mouammar Al-Kadhafi

Dictateur

Les dates-clefs de Mouammar Al-Kadhafi

19 juin 1942 : Naissance à Qasr Abou Hadi, près de Syrte ( Libye), dans une famille bédouine, de Mouammar Al- Kadhafi.
1956 : Après avoir reçu une éducation primaire traditionnelle, Mouammar Al-Kadhafi entre à l’école préparatoire de Sebha (Fezzan). Il en sera exclu en pour avoir soutenu le régime de Gamal Abdel Nasser en Egypte.
1963 : Admis à l’Académie militaire de Benghazi, il est à la tête d’un complot visant à renverser le roi Idris 1er, auquel il reproche son pro-occidentalisme.
30 août 1966 : Il renverse la monarchie, proclame la République arabe de Libye, instaure un socialisme d’Etat mêlé de panarabisme. Nationalisation des principales branches industrielles, notamment pétrolières. Une nouvelle constitution est promulguée, un parti unique créé.
1970 : Kadhafi ne renouvelle pas les accords militaires passés avec les Anglais et les Américains. Il augmente le prix du baril de pétrole, donnant ainsi l’exemple aux autres pays producteurs, ce qui provoquera une crise mondiale. Il soutient des organisations armées telles que l’IRA, l’ETA, les Brigades rouges, les mouvements palestiniens, etc..
1971 : Le Pacte de Benghazi prévoit la création d’une Union entre la Libye, l’Egypte et la Syrie. Ce sera un échec.
1973 : Kadhafi  annexe la bande d’Aouzou, territoire revendiqué autrefois par les Italiens et revenu au Tchad français.
1974 : Echec d’une union Tunisie-Libye. Au Tchad éclate l’affaire Claustre, qui se conclura en 1977 par une négociation entre la France et Kadhafi.
1973 : Kadhafi envoie 3000 militaires en Ouganda pour aider Idi Amin Dada à envahir la Tanzanie.
1977 : Conflit avec l’Egypte, qui s’est tourné vers les Etats-Unis. Kadhafi proclame la Jamahiriya (l’Etat des masses). Des comités révolutionnaires sont constitués. Toute personne créant un parti politique est désormais passible de la peine de mort. La répression des « ennemis du peuple »  s’organise.
1978-1979 : Kadhafi déclare unilatéralement le golfe de Syrte « mer intérieure libyenne ». Des navires de guerre américains croisent au large des côtes de la Libye. Saccage de l’ambassade US à Tripoli.
1980 : Rupture des relations diplomatiques entre la Libye et les USA. Des camps de base sont institués en Libye afin d’exporter la Jamahiria vers les pays voisins. Début de la guerre, au Tchad, entre Goukouni Oueddei, soutenu par la Libye, et Hissène Habré, soutenu par la France.
1981 : Kadhafi, désespérant de faire l’Union des pays arabes, regarde vers l’Afrique sub-saharienne. Echec de son projet de fusion entre la Libye et le Tchad.
1984 : Accord franco-libyen prévoyant un retrait simultané du Tchad, mais le retrait libyen se fait attendre.
1986 : Attentat à Berlin dirigé contre des militaires US : les Américains bombardent Tripoli et Benghazi. Rupture de l’alliance entre Goukouni Oueddei et la Libye.
1987 : Cessez-le-feu au Tchad.
1988 : Un avion de ligne de la Pan Am explose au-dessus de Lockerbie (Ecosse). Les soupçons se portent sur les services secrets libyens.
1989 : Le vol 772 de la compagnie française UTA s’écrase dans le désert nigérien. Nouveaux soupçons d’une implication des services secrets libyens.
1992 : L’ONU met en place un embargo international,  militaire et aérien sur la Libye.
1993 : L’ONU gèle les avoirs financiers de la Libye et étend l’embargo. Le prix du baril de pétrole chute, ce qui aura de lourdes conséquences économiques sur la Libye.
1994 : La Cour internationale de La Haye reconnaît les droits du Tchad sur la bande d’Aouzou. Les troupes libyennes s’en retirent.
1996 : Massacre d’opposants à la prison d’Abou Salim.
1998 : La Libye accepte de livrer les auteurs présumés des attentats à condition qu’ils soient jugés en terrain neutre.
1999 : Procès à Paris des responsables présumés de l’attentat contre le DC-10 d’UTA. Les agents des services secrets impliqués dans l’attentat de Lockerbie sont, eux, déférés devant la CIJ de La Haye. La Libye versera des indemnités aux familles des victimes, l’ONU lèvera une partie des sanctions contre la Libye et les relations diplomatiques entre la Libye et le Royaume-Uni seront rétablies.
2001 : A Syrte, lors de la proclamation de l’UA , Kadhafi ne convainc pas ses homologues de fonder les Etats-Unis d’Afrique.
Décembre 2003 : La Libye met fin à son programme d’armes de destruction massive.
2004 : Les Libyens signent le protocole additionnel au traité sur la non-prolifération des armes nucléaires. Les Etats-Unis annulent l’embargo commercial et les Européens l’embargo militaire. On se presse en Libye pour y conclure des accords commerciaux.
2007 : Le médecin et les infirmières bulgares, accusés d’avoir volontairement inoculé le virus du sida à près de 400 enfants libyens, sont libérés après une longue et coûteuse négociation avec la France.
2011 : La révolte populaire éclate en Libye. Kadhafi  la réprime dans le sang au moyen de tirs à balles réelles et de bombardements de la population civile. Mostafa Mohamad Abdeljalil,  ancien ministre de la Justice, organise un gouvernement provisoire dissident qui, sous l’impulsion de BHL, est reconnu par la France. Une résolution est adoptée à l’ONU, qui vise à créer une zone d’exclusion aérienne en Libye et à assurer la sécurité des populations civiles. L’Otan prend ensuite le relai tandis que l’armée rebelle libère peu à peu le pays.
20 octobre 2011 : Kadhafi est tué, au cours des combats pour la libération de Syrte, par des éléments incontrôlés de l’armée rebelle.

Mouammar Kadhafi et Bernard-Henri Lévy

Si les Arabes n’ont « pas attendu Bernard-Henri Lévy pour inventer le monothéisme » (Kadhafi aux Nouvelles littéraires peu après la parution du Testament de Dieu),  BHL n’a pas attendu 2011 pour viser la statue du Guide. En 2009, il s’indigne que Kadhafi et Ahmadinejad, préparant Durban 2,  lancent des imprécations contre l’Europe « raciste » tout en occultant les sanglantes dérives des guerres ethniques africaines. Pour lui, l’unique souci des dictateurs est « de faire oublier les discriminations, humiliations, violations massives des droits de l’homme et de la femme » dans leurs propres pays. BHL stigmatisera Kadhafi tout le temps que celui-ci semblera encore intouchable aux responsables européens. Jusqu’au jour où fleurira le « printemps arabe », qui ne tardera pas à devenir le « printemps libyen ». BHL s’élèvera cependant contre le sanglant lynchage de Kadhafi.

Citations de Bernard-Henri Lévy sur Mouammar Kadhafi

« Jeudi 20 octobre (Epilogue, la mort de Kadhafi) – Ces images de son cadavre. Ce visage, encore vivant, mais en sang, sur lequel il semble que l’on s’acharne. (…) J’ai beau me dire que ce criminel était un monstre. J’ai beau me passer et repasser les autres images, celles qui me hantent depuis huit mois et qui sont infiniment plus bouleversantes : fusillés en masse des années noires de la dictature ; visages des torturés ; pendus du 7 avril, puis de tous les 7 avril ou presque, qui faisaient sa joie de Caligula moderne ; charniers ; murs maculés de sang, découverts à toutes les étapes de mes voyages ; emmurés vivants que la révolution a extraits de leurs geôles et qui n’ont enfin plus peur. J’ai beau me répéter qu’il a eu, ce mort, mille occasions de négocier, de tout stopper, de se sauver – et que, s’il ne l’a pas fait, s’il a préféré saigner son peuple jusqu’à la nausée, c’est qu’il est allé, en connaissance de cause, au-devant de son destin. J’ai beau songer que nous sommes mal placés pour infliger à quiconque des leçons d’humanité révolutionnaire, nous, Européens, qui avons sur la conscience les massacres de Septembre, les femmes tondues à la Libération, Mussolini pendu par les pieds et outragé, les Ceaucescu abattus comme deux vieilles bêtes. N’empêche. Je dois être une incurable « belle âme ». Un adversaire irréductible de ce mal absolu qu’est, en toute circonstance, la peine de mort. Car il y a quelque chose, dans ce spectacle, qui me révulse.
(…)
De deux choses l’une. Ou bien ce crime commis en commun est l‘un des actes fondateurs de l’ère qui s’annonce et c’est un triste présage. Ou bien c’est le dernier acte de l’âge barbare, le bout de la nuit libyenne, le râle ultime d’un kadhafisme qui aurait eu besoin, avant d’expirer, de se retourner contre son auteur et de lui inoculer son propre venin – et viennent, alors, les temps nouveaux. C’est mon acte de foi. Et c’est, ce soir, mon vœu le plus cher. » (La Guerre sans l’aimer – Journal d’un écrivain au cœur du printemps libyen)


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