Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Michel Houellebecq et BHL, le duo de la rentrée littéraire

Livres, pour AFP - Google

Exclusif: les extraits d'«Ennemis publics»PARIS (AFP) — Michel Houellebecq, romancier provocateur, et Bernard-Henri Lévy, essayiste médiatique, conjuguent leur plume dans un livre « Ennemis publics » qui prend la forme d’une correspondance entre ces deux vedettes de l’édition, souvent cibles de critiques.

Co-édité par Flammarion et Grasset, le livre, à paraître le 8 octobre, sera tiré au départ à 150.000 exemplaires, un chiffre très important, a-t-on indiqué lundi chez Flammarion.

Depuis le mois de juin, le monde de l’édition bruissait de rumeurs sur ce livre à quatre mains dont le nom des auteurs était soigneusement tenu secret. On avait fini par apprendre que Michel Houellebecq était de la partie. Restait à découvrir son partenaire.

Le Journal du Dimanche a mis fin au suspense, en révélant dimanche le nom de Bernard-Henri Lévy et en publiant la couverture qui présente les photos des deux écrivains sous forme de timbres-poste oblitérés.

La correspondance entre les deux auteurs s’étend entre janvier et juillet 2008. Pour l’instant, Flammarion, qui contrôle la communication à propos de l’ouvrage, consent uniquement à lever le voile sur la couverture et la quatrième de couverture.

Sur cette dernière, on peut lire quelques citations extraites du livre. « Tout, comme on dit, nous sépare -à l’exception d’un point, fondamental: nous sommes l’un comme l’autre des individus assez méprisables », écrit Houellebecq.

« Je peux faire toutes les mises au point possibles et imaginables: je ne ferai qu’aggraver mon cas de salaud de bourgeois qui ne connaît rien à la question sociale et qui ne s’intéresse aux damnés de la terre que pour mieux faire sa publicité », considère Bernard-Henri Lévy.

Le philosophe, qui s’est rendu en août en Géorgie au plus fort du conflit avec la Russie, a vu son témoignage « Choses vues » (publié dans Le Monde) contesté par le site d’informations en ligne Rue 89.

Sorti le 10 septembre, « La possibilité d’un île », le film de Houellebecq, adapté de son roman paru en 2005, a été éreinté par la critique et boudé par le public. Il n’a fait que 14.230 entrées douze jours.

(Ennemis publics, de Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy. Flammarion/Grasset. 336 pages. 20 euros. A paraître le 8 octobre)

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