Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Libye : Sarkozy s’explique sur le rôle de BHL

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BHL - NSarkozyNicolas Sarkozy a répondu aux questions de L’Express, dans un long entretien à paraître aujourd’hui, mercredi.

Au menu, le terrorisme, les otages, la Libye. A propos de la Libye, une question de L’Express sur le rôle de Bernard-Henri Lévy et les critiques des diplomates à ce sujet. Réponse du Président de la République :

Je dois écouter toutes les critiques et tenir compte de toutes les opinions. Je souris néanmoins quand on me dit que je fais jouer un trop grand rôle à Bernard-Henri Lévy, qui est de gauche, qui a soutenu Ségolène Royal en 2007 et dit qu’il ne votera pas pour moi. Il y a une tradition française d’engagement des intellectuels, qui est à l’honneur de notre pays. Pourquoi leur reprocher un réel courage? Souvenez-vous de son engagement en Bosnie où il a emmené François Mitterrand à Sarajevo: j’ai approuvé à l’époque ! Quand la France est intervenue pour la Géorgie, en août 2008, afin que les chars russes s’arrêtent à 40 km de Tbilissi, les intellectuels comme Bernard-Henri Lévy ou André Glucksmann étaient là : c’est salutaire et c’est à l’honneur de la France d’avoir des intellectuels qui s’engagent. Ils ne dirigent pas pour autant notre politique étrangère. Bernard-Henri Lévy est allé en Libye et a amené les dirigeants rebelles à Paris: je m’en réjouis. Mais il n’est pas mon porte-parole et je ne suis pas le sien.

Le Président de la République, une fois n’est pas coutume, est fair play. Il reconnaît le rôle de Bernard-Henri Lévy. Il salue son courage. Il dit que l’existence de grands intellectuels est l’honneur de la France. Mais il ne cherche pas, pour autant, à “récupérer” BHL.

Il ne dissimule rien des désaccords que celui-ci a avec lui et réciproquement. Et, quant à la formule: “BHL n’est pas mon porte-parole et je ne suis pas le sien” – on ne saurait mieux dire !

Maria de França, la Règle du Jeu

2 commentaires »

  1. Si j’avais écrit « fatigants » comme il faut , il n’en aurait que mieux !… C’est comme pour les journalistes, ils devraient se relire !!!

    Commentaire par Catherine Bucholzer — mercredi 4 mai 2011 @ 14:22

  2. Le Président de la République n’est pas toujours  » il  » , il est avant tout « nous » et nous sommes forcément différents dans une République , non? Un intellectuel qui ne s’engage pas est un intellectuel sans fesse ! Encore heureux qu’il y a encore quelques intellectuels qui nous distraient des journalistes qui sont de plus en plus fatiguants…

    Commentaire par Catherine Bucholzer — mercredi 4 mai 2011 @ 13:13

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