Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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L’Hommage de Bernard-Henri Lévy à Jorge Semprun, au Musée du Prado, le 28 juin 2011

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JS PRADOJorge Semprun a toujours eu une relation forte avec le musée du Prado au cours de sa vie. C’est donc dans ce haut lieu que Bernard-Henri Lévy a rendu ce très bel hommage à Jorge Semprun « l’antifasciste », à Jorge Semprun « l’antitotalitaire », à Jorge Semprun « l’écrivain, un des plus grands prosateurs de la seconde moitié XXè siècle » et, enfin, à Jorge Semprun « l’Européen ». Voici, en images, tel qu’il fut prononcé cet hommage que Bernard-Henri Lévy, une fois n’est pas coutume, n’improvise pas mais lit. Parce qu’il le dit en espagnol? A cause de l’importance qu’il attache à cet hommage? A vous de juger.

Laurence Roblin.

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