Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Son actualité

L’éthique au centre (Les Inrocks, article de Nelly Kaprièlian, le 23 novembre 2011)

Les Inrocks

logo-lesinrocks-239x72De la cohérence entre les mots et les actes : et si c’était là la base de tout engagement et de toute vérité ?

La semaine dernière, nous consacrions un dossier à la question des intellectuels engagés. Le prétexte : l’action de Bernard-Henri Lévy en Libye, narrée dans un livre qui restera et que l’on relira comme son grand texte, La Guerre sans l’aimer. Chacun des intellectuels contribuant à notre dossier posait la question de l’éthique au centre de celle de l’engagement. Même si l’écriture est déjà une action, comme disait Sartre, l’éthique résiderait dans une cohérence, si ce n’est un prolongement, entre les mots et les actes. En cela, il va bien falloir enfin reconnaître ce sens de l’éthique à BHL après son intervention durant le printemps libyen : le philosophe n’a jamais cessé de faire coïncider ses écrits, sa conception de la philosophie comme art de la guerre, et ses actes (en Bosnie, au Darfour, auprès de Massoud, etc.), fidèle à ce qu’il écrit depuis toujours.
Nous-mêmes, qui nous sommes longtemps méfiés du personnage, de son image, et puisqu’il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis, nous reconnaissons aujourd’hui cela en lui comme une sorte d’exotisme précieux en un temps où la scission entre le dire et le faire semble être devenue la norme cynique. En politique, dans les médias, chez certains intellectuels (ou qui se prétendent tels), nous consommons tous les jours leur mantra, « faites ce que je dis mais pas ce que je fais », avec de plus en plus d’écoeurement. Seuls les saints sont dans leurs mots, me direz-vous. Non, il y a aussi les philosophes dignes de ce nom.
Spinoza le fut. Sartre aussi.
Et aujourd’hui, Bernard-Henri Lévy, que cela nous plaise ou non.
Nelly Kaprièlian

Un commentaire »

  1. Bonjour,
    Depuis le début de la révolution Libyenne j´été du coté du CNT. Je suivais jour par jour les événements, qui au début ne donnait pas une assurance qu´un jour elle trouvera la victoire. Il faut bien admettre que lutter contre un fou, tel que Gaddafi, été comme un acte de suicide. Ce n´est qu´après l´intervention de l´ONU que le rêve Libyen commencait à devenir une réalité future.
    J´été heureux de voir la chute du régime du Gaddafi, mais j´été vraiment choqué par la barbarie des militants du CNT qui l´on attrapé. C´est comme si on été dans un autre temps qui bien loin de notre époque et qui a surtout déshonoré la révolution Libyenne. La CNT aurait du penser à l´événement de l´arrestation de Gaddafi et envisager des instructions et des ordres pour éviter un vandalisme pareil.
    Je trouve que votre argument est excellent lorsque vous avez dit: La noblesse du vainqueur se résume avec le sort que celui là laisse au vaincu !
    Khalid

    Commentaire par Khalid MOussabih — dimanche 27 novembre 2011 @ 18:56

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