Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

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Les doutes de Bernard-Henri Lévy face à la nouvelle de la « libération » de Sakineh

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SAKINEH26Sakineh Mohammadi Ashtiani est-elle libre ? Tout a commencé par une information du Comité anti-lapidation annonçant la libération, tant attendue, de Sakineh. Puis une dépêche de l’AFP, à Berlin, confirmant l’information. Puis le « fil photos » de la même AFP qui a diffusé des images de Sakineh présentées comme prises dans son jardin, chez elle, avec son fils. Et c’est la planète media mondiale, la blogosphère dans son entier, tous les réseaux sociaux, qui se sont alors enflammés.
Nous, ici, à la Règle du Jeu ? Eh bien nous, nous avons d’abord hurlé notre joie. Nous avons pleuré d’émotion. Nous avons rédigé des communiqués fiévreux, euphoriques, victorieux. Mais pardon, amis lecteurs. Pardon à vous tous qui nous avez accompagnés dans cette mobilisation de longue durée. Pardon à toutes et tous ceux qui nous adressez des messages de félicitations, de bonheur partagé, de victoire. Pardon, oui, si je vous parais trop prudent, ou exagérément pessimiste, ou rabat-joie. Mais, à l’heure où j’écris ces lignes, ce jeudi soir, 21h15, je ne suis, nous ne sommes, pas en mesure de confirmer la nouvelle.
Tout est possible, naturellement. Possible qu’elle soit, en effet, libre. Mais possible, aussi, que les Iraniens, comme ils l’ont déjà fait si souvent, soient en train de jouer avec nos nerfs, avec ceux de l’opinion mondiale, avec ceux de Sakineh elle-même et de ce qui reste de sa famille. Je suis si triste d’avoir à le dire ainsi, si accablé de ne pouvoir vous donner, à tous, la bonne nouvelle que vous attendez et pour laquelle vous vous battez depuis si longtemps : mais il faut attendre encore ; il nous faut quelques heures encore avant de pouvoir vous dire si nous sommes en présence de l’événement magnifique que nous espérons si fort – ou d’une intoxication gigantesque et abjecte.

Bernard-Henri Lévy

3 commentaires »

  1. Oui j’espère aussi, soyons positif pensons tous à SAKINEH et son fils oui je souhaite de tout coeur qu’ils soient libres, qu’ils soient en famille.. Oui il faut attendre en esperons que nous aurons des nouvelles en directes vers un pays qui comme la france pourra les accueillir…La nous verrons et nous pourrons tous avoir la joie au coeur…Claire Chalimand Abderrahmine

    Commentaire par Chalimand Abderrahmine Claire — vendredi 10 décembre 2010 @ 06:41

  2. Nous vous féliciter au nom de tous les peuples du monde! C’est un jalon dans l’histoire difficile de travailler plus grande partie doit être effectuée à d’autres prisioner gratuit! Permet de ne pas abandonner jusqu’à ce que nous voyons la victoire!

    Commentaire par Leyla75 — vendredi 10 décembre 2010 @ 05:11

  3. Monsieur Levy – Bernard Henri.

    Un pays comme l’Iran dirigé par Mahmoud Ahmadinejad, un antisémite, satanique terroristes et qui nie l’Holocauste,
    que nous croyons que Mme Mohammadi Sakineh Ashtiani est gratuite si elle quitte le pays avec son fils et son avocat.
    Nous ne pouvons pas rester silencieux face à la barbarie que l’Iran veut faire avec cette dame, je parle comme une femme et en tant que personne.
    Zuzu Demelo
    Belém-Pará-Brésil
    Région Amazonienne

    (Excusez mon français)

    Commentaire par Zuzu Demelo — vendredi 10 décembre 2010 @ 02:29

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