le jour et la nuit

Le jour et la nuit

Date d`e sortie :
1997
Réalisateur :
Bernard-Henri Lévy
Avec :
Alain Delon, Arielle Dombasle, Lauren Bacall, Francisco Rabal, Karl Zéro, Xavier Beauvois, Marianne Denicourt, Jean-Pierre Kalfon
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Le Jour et la Nuit, le film tourné par Bernard-Henri Lévy en 1995, avec Alain Delon, Lauren Bacall, Arielle Dombasle, Xavier Beauvois, est disponible en DVD depuis 2010.

Ce film, dont tout le monde a entendu parler mais que si peu ont pu voir, paraît accompagné d’une enquête sur son histoire et sur l’histoire et de son assassinat, “Autopsie d’un massacre”, qui donne la parole aux deux camps : critiques et défenseurs.

Il faut juger sur pièces et non uniquement sur une ravageante réputation : on a écrit, à l’époque, que c’était “le plus mauvais film de l’histoire du cinéma”. Les cartes sont désormais sur la table, qui veut voir verra.

Vingt ans ont passé et il y a des choses, dans ce film, dans ce qu’a voulu Bernard-Henri Lévy et dans ce qu’il a surtout tourné (peu importe, disait Malraux, ce qu’a voulu l’artiste, seul compte ce qu’il a fait) qu’on comprendra peut-être mieux, aujourd’hui, avec le recul; question que je pose souvent à mes étudiants quand nous analysons une œuvre, une grande œuvre de la littérature universelle: comment est-elle le mieux lisible, tout de suite ou avec sa patine? Dans quel contexte, celui de l’histoire du genre (en l’espèce, le cinéma) ou de l’histoire de l’œuvre (en l’occurrence, le système des livres de Lévy dont ce film est, à l’évidence, quand on le revoit avec sérénité, la pièce manquante)?

Le remarquable “bonus”, constitué par l’enquête de deux jeunes producteurs-journalistes, Carole Mathieu et Thierry Humbert, parvient à arracher au réalisateur du film d’incroyables moments d’émotion sur son œuvre la plus maltraitée mais peut-être la plus chère.

On y voit également Bernard-Henri Lévy revenir au Mexique, à la recherche de l’hacienda de Cuernavaca où il avait fait vivre son héros incarné par Alain Delon.

On y voit Alain Delon justement, mais aussi Karl Zéro ou Xavier Beauvois (qui avait, dans le film, le second rôle masculin) raconter l’entreprise et la défendre.

On voit le lieu de la scène de boxe, intact, où Delon, à la dernière minute, un soir, tenta un coup de force: “Alain Delon, déclara-t-il à Lévy, ne peut pas se faire mettre KO, à la boxe, par un gringalet comme Xavier Beauvois; on va donc changer le scénario; c’est moi qui le battrai à la loyale; je lui tournerai le dos pour saluer chevalesquemenent les quatre femmes assistant à notre joute (Bacall, Dombasle, Du Page, Denicourt) et c’est alors que, lâchement, par derrière, il me frappera”. Bernard-Henri Lévy ne put l’obliger à tourner ce qui était écrit qu’en menaçant de tout arrêter, de renvoyer chez eux, jusqu’à plus ample réflexion, les 100 techniciens américains et mexicains présents, cette nuit-là, sur le tournage et réveiller, ainsi, sa fibre de grand professionnel du Cinéma.

On y voit les documents d’archives inédits où Lévy, au Festival de Berlin, tient bon sous les crachats; et on y voit Delon, Beauvois, le soutenir.

On y voit, enfin, quelques uns des plus féroces critiques qui avaient, à l’époque, démoli le film au point d’en faire, à proprement parler, un film maudit.
Peut-être Le jour et la Nuit a-t-il déjà commencé sa nouvelle carrière : celle de film-culte.

Liliane Lazar.


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