Site édité par le professeur Liliane Lazar, Hofstra University, USA

Bernard-Henri Lévy

L’art de la philosophie ne vaut que s’il est un art de la guerre...

Philosopher contre Hegel et les néo­hégéliens. Philosopher contre l'inter­prétation pré-Bataille, et pré-Collège de sociologie, de la politique de Nietzsche. Philosopher contre le néo-platonisme et son démon de l'absolu. Philosopher contre Bergson et son avatar, justement, deleuzien. Philosopher contre la volonté de pureté, ou de guérir, dont j'ai démontré ailleurs qu'elle est la vraie matrice de ce qu'on a appelé, trop vite, les totalitarismes et qu'une guerre conceptuelle bien menée permet de mieux nommer. Philosopher pour nuire à ceux qui m'empêchent d'écrire et de philosopher. Philosopher pour empêcher, un peu, les imbéciles et les salauds de pavoiser. Philosopher contre Badiou. Philosopher contre la gidouille Zizek. Philosopher contre le parti du sommeil, des clowns ou des radicalités meurtrières. Pardon, mais c'est la vérité. Chaque fois que j'ai, depuis trente ans, fait un peu de philosophie c'est ainsi que j'ai opéré : dans une conjoncture donnée, compte tenu d'un problème ou d'une situation déterminés, identifier un ennemi et, l'ayant identifié, soit le tenir en respect, soit, parfois, le réduire ou le faire reculer. Guerre de guérilla, encore. Harcèlement. Et à la guerre comme à la guerre.

Ce jour-là...

Le 30 juin 1980…

Le 30 juin 1980…

BHL 1980… Etudiante à NYU, ma première rencontre avec Bernard-Henri Lévy
La Barbarie à visage humain avait été récemment publiée. Elle avait été non seulement saluée par la critique française, mais il y avait eu aussi de nombreux échos dans la presse Outre-Atlantique. J’avais lu cet ouvrage avec un vif intérêt. Enseignante à New York, une amie m’apprit que Bernard-Henri Lévy allait faire un cours à New York University, sur « Les intellectuels français depuis l’Affaire Dreyfus ». Alors, étudiante à Columbia University, je décidai de m’inscrire à NYU pour ce cours et de retarder mon voyage annuel en France.
Ce cours avait lieu du lundi à vendredi, de 9h à 12h30, mais le premier jour du cours, avec la chaleur étouffante du printemps new-yorkais, un professeur de NYU annonça que malheureusement Monsieur Lévy, notre professeur, ne pourrait pas venir ce matin-là et qu’il le remplacerait au pied levé. Vive déception. Pendant le cours, quelques minutes plus tard, un étudiant entra. Mais, à mon étonnement, au lieu de s’asseoir parmi nous, il resta debout. Le professeur de NYU s’arrêta de parler et annonça : « Eh bien, finalement, je vous présente votre professeur Monsieur Bernard-Henri Lévy. » Cet étudiant en tee-shirt blanc, pantalon de velours côtelé, chevelure longue et désordonnée, c’était le fameux Bernard- Henri Lévy ! J’étais bouche bée. Vivant à New York, je ne l’avais pas vu aux nombreuses émissions de télévision en France où il était apparu. BHL commença à parler. Nous étions silencieux, fascinés, médusés par son éloquence et ce flot de paroles qui s’envolait vers nous. Ses cours étaient toujours fort animés, car le professeur Lévy encourageait comme nul autre les questions et les débats. Notre classe qui se composait surtout de professeurs de français découvrit en quelques semaines « Le Pétainisme rouge », « Berlin la brune et Moscou la rouge », La France des résistants, mais aussi des collaborateurs connus tels Charles Maurras, Drieu de la Rochelle, Robert Brasillach , ainsi que ceux moins connus d’autant plus pernicieux. De nature timide et réservée, je me surpris plusieurs fois à prendre la parole pour abonder dans le sens de ce jeune professeur qui nous révélait les traits d’un fascisme ‘à la française’ que certains dans la classe n’acceptaient pas.
Trente ans ont maintenant passé, mais ce cours reste toujours aussi vivant et mémorable dans mon souvenir. Je crois que notre groupe d’une vingtaine d’étudiants, à New York University, se doutaient peu qu’ils et elles assistaient à la naissance de L’idéologie française, publié en 1981 et qui souleva de vives réactions et des discussions passionnées parmi les intellectuels français, tels Raymond Aron et Jean-François Revel, les media et le grand public.
Liliane Lazar

2 commentaires »

  1. Dans les années qui ont suivi, jai fait des comptes-rendus de ses livres et plusieurs conférences sur son oeuvre. Pour une revue, Il m’accordé un entretien qui a été publié. J’ai fait aussi 3 entretiens pour la règle du jeu. en 1999, j’ai crée un site d’archives avec quelques étudiants sur son oeuvre. Liliane Lazar

    Commentaire par Liliane Lazar — lundi 14 décembre 2009 @ 07:00

  2. comment avez vous fait pour rencontrer personnellement BERNARD-HENRI LEVYV?

    JE L AI SOUVENT VU ET ENTENDU LORS DE SES CONFERENCES …………………………….

    MERCI DE ME REPONDRE PAR MAIL ……………………………………….

    Commentaire par HADAD — vendredi 13 novembre 2009 @ 13:52

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